Revue de web 17/06/2011 à 17h04

Clash dans « Capital » (M6) : Eric Besson rattrapé par le buzz

François Krug | Journaliste Rue89


Dessin de Baudry.

« J'me barre » : en quittant brutalement le plateau de « Capital », Eric Besson a gagné sa place dans les bêtisiers de fin d'année. M6 entretient le buzz en mettant la séquence en ligne. Le ministre de l'Industrie réussira-t-il à transformer ce mouvement d'humeur en moment de bravoure ?

Sur les réseaux sociaux, l'affaire éclipse le limogeage d'Anne Lauvergeon, patronne d'Areva et grande prêtresse du nucléaire français. Mercredi après-midi, Eric Besson était justement invité à parler de nucléaire sur le plateau de « Capital ». L'enregistrement de l'émission ne s'est pas vraiment déroulé comme prévu.

L'émission ne doit être diffusée que dimanche soir, mais M6 a déjà mis en ligne l'intégralité de l'interview. Ou plutôt, la tentative d'interview. « Je m'inscris en faux » : dès le départ, le ministre de l'Industrie et de l'Energie n'apprécie pas les questions. Et lorsque le présentateur Guy Lagache met en doute la sécurité des centrales françaises, Eric Besson n'en peut plus :

« Bon, j'vous laisse, j'me casse. J'me barre. » (Voir la vidéo)

« Fait chier », aurait même précisé Eric Besson selon un témoin cité par l'AFP – une remarque inaudible dans la vidéo mise en ligne, peut-être parce que le ministre avait retiré son micro.

Eric Besson : « Cool, cool, comme disent les jeunes »

Evidemment, c'est une excellente publicité pour l'émission. Un peu moins pour Eric Besson. Dès jeudi matin, il tente donc de retourner la situation à son avantage. Sur son compte Twitter, il avertit :

« Ne vous excitez pas pour rien et ne soyez pas dupes des tempêtes dans un verre d'eau. Attendez l'émission de M6 et vous verrez. »

« Je ne serais aucunement gêné que M6 diffuse toute la séquence. De mon arrivée sur le plateau à mon départ. Rien à craindre. »

Le cabinet du ministre est mis à contribution. Ce vendredi après-midi, son compte Twitter officiel lance une opération de contre-buzz en signalant l'explication fournie par Eric Besson au site du Progrès, en marge d'un déplacement dans la région lyonnaise :

« Cool cool, comme disent les jeunes. » (Voir la vidéo)

Aux journalistes : « Marre de répondre à vos questions »

Surtout, éviter que cette séquence ne gâche les efforts d'Eric Besson pour améliorer son image. Le ministre de l'Industrie, également en charge du numérique, est ainsi devenu très actif sur Twitter. Là où la plupart de ses collègues se contentent de copier-coller leur agenda officiel, il prend le temps de dialoguer avec les autres utilisateurs, et il ne cache rien :

« Vu le dernier Woody Allen hier soir. Du coup viens de faire un petit footing au pied de la tour Eiffel.. Bonne nuit. Bon w end. »

Guy Lagache aurait peut-être dû lire les « tweets » du ministre avant de le recevoir. Eric Besson ne manque pas d'y partager son avis sur ces journalistes qui, décidément, posent toujours les mauvaises questions :

« Tweet ouvert aux journalistes. Marre de répondre à vos questions sur les “affaires”, le “climat” etc. Please du fond, du fond, du fond. »

Illustration : dessin de Baudry.

Aller plus loin
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  • GBG
    GBG
    • Posté à 17h12 le 17/06/2011
    • Internaute

    Entre un ministre qui n'a pas sa place au gouvernement dans quelque ministère que ce soit et un journaliste qui ne maîtrise pas bien son sujet : j'appellerais ça l'appauvrissement de notre monde politique et médiatique à la fois !

  • laloose
    • Posté à 17h17 le 17/06/2011

    « J'me casse, j'me barre »

    Pfffttt... des promesses toujours des promesses.

  • koz
    koz
    Blogueur
    • Posté à 17h18 le 17/06/2011
    • Internaute
      Blogueur

    De bout en bout, Lagache ne pose pas des questions, il affirme ses convictions. Si c'est le droit de chacun, ce n'est pas le rôle d'un journaliste. Et lorsqu'il dit : « le nucléaire pose des problèmes de sécurité en France », il affirme, il ne se contente pas de « mettre en doute ». Pareil lorsqu'il dit que le gouvernement doit « respecter la volonté du peuple », ce qui, en outre, n'a pas de sens, quand on se base sur un sondage.

    Si Lagache veut faire de la politique, il en a le droit, tout comme il a le droit d'avoir des convictions. Mais, a priori, ce n'est pas son taf. Même s'il aura réussi à gagner son 1/4 d'heure de gloire, ce qui fera une bonne pub à Capital, qui pourra passer pour un magazine de rebelle, maintenant.

  • Inquisiteur
    Inquisiteur
    Chanteur de charme
    • Posté à 17h21 le 17/06/2011
    • Internaute
      Chanteur de charme

    Se « barrer » comme ça après avoir accepté l'invitation à l'émission, c'est inélégant, peu professionnel, et peu en phase avec la mesure et la tempérance que l'on est en droit d'attendre d'un ministre de la république.

    Ceci étant, cet épisode est aussi à juger dans son contexte : que s'est il passé durant les dix minutes précédant le départ de Mr Besson ?
    Les reportages étaient-ils tous orientés ? Mr Lagache maîtrisait-il suffisamment son sujet ? N'a-t-il posé que des questions à charge ? ....

    M'est avis que « Capital » n'est pas l'endroit le moins confortable pour un ministre de la république, que Guy Lagache n'est pas un dangereux écolo-communiste, et que Besson a eu ici une longue tribune pour défendre sa politique, avec une contradiction naturelle et légitime de Lagache.

    Se dire « cool cool » quand on a perdu son sang froid, c'est continuer à se décridibiliser

  • Chilem2.0
    Chilem2.0
    Distributeur Automatique
    • Posté à 18h22 le 17/06/2011
    • Internaute
      Distributeur Automatique
  • -Candide-
    -Candide-
    Jardinateur
    • Posté à 18h37 le 17/06/2011
    • Internaute
      Jardinateur

    La comparaison avec le « casse-toi, povcon » n'est pas évidente.

    Besson marque sa désapprobation, dit clairement qu'il se barre car il se fait chier, mais n'insulte pas vraiment le journaliste.

    Sur la forme,
    Je trouve sa réaction à mi-chemin entre Mélanchon qui prend a parti un journaliste-stagiaire et se casse,
    (Lien)
    Et celle d'un Peillon qui sèche délibérément une émission après avoir confirmé qu'il venait.
    (Lien)