Tchat avec Eva Joly 08/06/2011 à 14h45

Revenir à un taux d'imposition de 50% pour les revenus supérieurs à 70 000 €, ça risque de pénaliser les salariés...


« Le système fiscal français est terriblement injuste. Je proposais d’imposer les revenus supérieurs à 500000 euros par an à un taux de 70%. A 500000 euros par an c’est rarement des revenus du travail, il y a dans cette somme beaucoup de revenus du capital. Il n’y a rien de choquant à imposer le bonus des banquiers ou des traders à un taux qui est proche d’un taux confiscatoire, parce c’est aussi une mesure de justice sociale. »

« Nous vivons dans une société où les écarts de rémunération se sont terriblement creusés, et la part des salaires dans le PIB s’est réduite alors que la part du capital a augmenté. C’est ce que je veux changer en imposant à un taux très fort des revenus exceptionnels, comme les parachutes dorés ou les bonus, qui se gagnent en quelques minutes parfois et souvent au détriment de l’économie réelle. »

« Les niches fiscales sont des instruments de politique publique qui doivent être passées au peigne fin. Certaines d’entre elles sont carrément anti-écologiques : nous allons abroger le taux de TVA abaissé de 5,5% sur les pesticides, tout comme l’absence de TVA sur les carburants sur les vols intérieurs. Mais il faudra peut-être créer de nouvelles niches : parce que l’instrument fiscal est un instrument puissant pour orienter l’épargne, par exemple, la où vous voulez qu’elle aille. »

« On ne va pas dire que les niches fiscales sont négatives, mais telles quelles sont aujourd’hui elles favorisent trop les contribuables aisés et les multinationales. »

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  • bjone
    bjone
    dev 3D
    • Posté à 19h09 le 08/06/2011
    • Internaute 62791
      dev 3D

    Si ça permet de détaxer les PME/PMI naissantes d’une manière ou d’une autre....

    • LesCayes
      LesCayes répond à bjone
      Dirigeant d'entreprise
      • Posté à 19h25 le 08/06/2011
      • Internaute 145809
        Dirigeant d'entreprise

      Taxer pour détaxer : le tour de magie habituel.

      Martine ? Tu es là ?

      Tu peux répondre c’est pour toi...

       
      • Mme Berthe
        Mme Berthe répond à LesCayes
        grmbl
        • Posté à 19h52 le 08/06/2011
        • Internaute 113627
          grmbl

        Ça s’appelle la redistribution des richesses, mais on ne vous a sans doute pas appris ça à l’école...

        • LesCayes
          LesCayes répond à Mme Berthe
          Dirigeant d'entreprise
          • Posté à 21h31 le 08/06/2011
          • Internaute 145809
            Dirigeant d'entreprise

          Quand celui ou celle qui innove, produit, fabrique, se lève le matin pour gagner sa croûte ne reçoit qu’une faible proportion de ce qu’il a généré, çà s’appelle du racket.

          Cela ne s’apprend pas à l’école.
          C’est juste du bon sens.

           ; -)

          • Mme Berthe
            Mme Berthe répond à LesCayes
            grmbl
            • Posté à 22h12 le 08/06/2011
            • Internaute 113627
              grmbl

            Du bon sens, voilà, c’est ça. La difficulté est juste d’admettre que, dans la bouche des « dirigeants d’entreprise », « celui ou celle qui innove, produit, fabrique » est une imposture. Je vais vous en faire rencontrer, moi, des gens qui produisent, qui fabriquent : ils ne reçoivent qu’une faible proportion de ce qu’ils ont généré, mais le « racket » ne provient pas des services du Trésor Public.

            Non mais, qu’est-ce que vous avez cru que vous étiez, pour mériter gagner des milliers de fois plus que le larbin ? (enfin, je vous surestime sans doute)

            Bon. Et si certains accaparent à leur bénéfice la quasi-totalité de ce qu’ils ont contribué à « générer », n’y a-t-il pas un soupçon de justice à mettre son nez là-dedans, et à rééquilibrer la balance en faveur des victimes de « racket » ?

            Alors, si vous voulez, les impôts pratiquent le vol, en toute justice, puisqu’à la hauteur de celui commis par les patrons, les grandes fortunes et les spéculateurs.

            • LesCayes
              LesCayes répond à Mme Berthe
              Dirigeant d'entreprise
              • Posté à 10h46 le 09/06/2011
              • Internaute 145809
                Dirigeant d'entreprise

              Vous fantasmez Madame.

              Je ne m’attendais pas à ce que vous reportiez votre aversion des « patrons profiteurs » dans ces lignes. On se croirait chez les maoïstes de mai 68.

              Je ne vais pas vous convaincre.
              Mais pour qu’une société vive en harmonie, il ne serait pas vain de rappeler que toutes les fonctions sociales ont leur place : ouvrier, patron, cadres, vendeurs...
              La stigmatisation d’une classe par une autre quelle qu’elle soit est une régression sociale et politique.

              La France a un malaise avec l’argent car sa classe moyenne gagne misérablement sa vie (privé ou public). En Allemagne ou dans les pays du Nord de l’Europe, il est commun de trouver un ouvrier gagnant plus de 3000€ net après 10 ans d’expérience.

              On en est loin en France. Alors on casse les patrons et on chante l’Internationale. La gauche a pourtant gouverné, mais rien n’y a changé.

              Eva Joly, créditée à ce jour de 1.9% des suffrages risque de ne pas changer la donne.

              • Mme Berthe
                Mme Berthe répond à LesCayes
                grmbl
                • Posté à 11h12 le 09/06/2011
                • Internaute 113627
                  grmbl

                Arf ! Tant que vous y êtes, tout le monde a sa place, et la tire directement de Dieu (et du Pape) : Roi, cardinal, chevaliers, et puis loqueteux et lépreux, il faut de tout pour faire un monde ! pour que la « société vive en harmonie » ! !
                Qu’est-ce qu’il faut pas entendre (enfin, lire)...

                Vous confondez les professions avec les catégories sociales, qui elles, sont tout à fait sujettes à caution. Si vous êtes si fort attaché à votre profession de patron, sans doute ne verrez-vous pas d’inconvénient à ce que le statut qui y correspond soit dévalorisé en termes symboliques, ni à être dorénavant payé au SMIC ? C’est pour « l’harmonie de la société » !

                La France n’a pas de « malaise avec l’argent’, c’est juste que certains Français se gavent au détriment des autres. Et, sans vouloir “stigmatiser” de manière générale une classe sociale, si certains ont tout et que d’autres n’ont rien, je ne vois pas comment on pourrait éviter le sentiment d’injustice.

                Vous parlez de pays où les ouvriers gagnent 3000€, très bien ! Vous commencez à entrevoir ce que pourrait donner une plus juste répartition des richesses. Reste plus qu’à faire en sorte que d’autres ne gagnent pas des centaines de milliers de fois plus, et nous commencerons à apporter un semblant de justice sociale là-dedans. Notez bien, je me fiche complètement du fait que ce soient des patrons, des spéculateurs ou des ouvriers qui bénéficient de revenus incroyablement élevés, je dis juste que c’est impossible. Rien ne peut justifier qu’une personne reçoive en une journée ce qu’une autre gagne en une année, particulièrement dans le même pays, dans la même entreprise, etc.

                “La gauche a pourtant gouverné, mais rien n’y a changé”
                Oui, enfin, la gauche a gouverné pendant quelques mois, avant que ses voisins se chargent de lui rappeler que bon, c’est bien gentil l’humanisme, mais on a des fortunes à amasser, là.

                “Eva Joly, créditée à ce jour de 1.9% des suffrages risque de ne pas changer la donne”
                Hébé, vous irez loin, vous ! Ça ne vous a pas effleuré l’esprit que le monde politique français pouvait être verrouillé par le bipartisme qui arrange tout le monde (du moins tout le “beau” monde), et qui étouffe les alternatives ? Que le pragmatisme pouvait avoir ses limites, et que pour faire vivre une idée, il faut y croire même quand elle n’est pas donnée gagnante ?

                • LesCayes
                  LesCayes répond à Mme Berthe
                  Dirigeant d'entreprise
                  • Posté à 11h51 le 09/06/2011
                  • Internaute 145809
                    Dirigeant d'entreprise

                  J’ai aimé votre réponse qui est argumentée.

                  Voir un patron qui gagne des fortunes est d’une banalité affligeante. Lorsqu’une entreprise est créée, elle ne l’est pas à but non lucratif. Si celle-ci tourne bien, il est normal que les actionnaires touchent une part des bénéfices.

                  Mais deux choses me choquent :

                  1/ les patrons qui touchent de conséquentes indemnités alors qu’ils ont mis une partie de personnel dehors ou qu’ils ont tout simplement échoué dans leur fonction

                  2/ une classe moyenne qui est insuffisamment payée car elle a toujours constitué une variable d’ajustement des finances publiques. Songez que les charges patronales peuvent atteindre près 50% de la totalité décaissé par un patron à son salarié.

                  Pourquoi ne pas réduire ce taux à 30 et donner la différence au salarié ? Parce-que l’Etat omniprésent a créé un gouffre financier pour fonctionner. Il a besoin de 50, demain 55 et ensuite 60, 70...

                  Jusqu’où cela va t-il s’arrêter ? Les classes moyennes seront les premières victimes d’une nouvelle hausse des impôts ou des charges et leur niveau de vie ne cessera de décliner.

                  • Mme Berthe
                    Mme Berthe répond à LesCayes
                    grmbl
                    • Posté à 12h26 le 09/06/2011
                    • Internaute 113627
                      grmbl

                    Admettons... on commence à trouver un terrain d’entente, qui l’eût cru ? : -)

                    « Voir un patron qui gagne des fortunes est d’une banalité affligeante »
                    Oui et non. Je ne remets pas en cause fondamentalement le « capitalisme à l’ancienne », au sens où il serait absurde de déconsidérer l’énergie de celui ou celle qui veut créer une activité. Il y a seulement lieu de tempérer sacrément les privilèges auxquels cette action ouvre droit : le plus souvent, les patrons sont initialement ceux qui disposent du capital leur permettant l’initiative de la création d’entreprise, et par ce biais, ils soumettent leurs semblables à leur désir (c’est-à-dire, la direction dans laquelle ils veulent voir le monde évoluer - lire à ce sujet « Capitalisme, désir et servitude » de Frédéric Lordon), tout en gardant la haute main sur la rémunération (et donc, sur le statut social) des uns et des autres. Ça fait beaucoup. Surtout si l’on considère que la possibilité de s’engager dans ce genre d’aventure est loin d’être équitablement répartie.

                    « les patrons qui touchent de conséquentes indemnités alors qu’ils ont mis une partie de personnel dehors ou qu’ils ont tout simplement échoué dans leur fonction »
                    Je trouve ça choquant également, bien sûr ; mais je ne conditionne pas mon indignation au fait que les patrons soient en situation « d’échec ». Je veux dire par là que le patron devrait presque être un salarié comme les autres, puisque son travail n’est pas incomparablement meilleur que celui de ses semblables. Qu’il y ait besoin de dirigeants, dotés d’une vision intéressante, de charisme et de qualités de gestion, d’accord ; que ces personnes-là s’arrogent une position incommensurable à celle des larbins, non. C’est bien de cela qu’il s’agit quand on parle de plafonner les revenus.

                    « une classe moyenne qui est insuffisamment payée car elle a toujours constitué une variable d’ajustement des finances publiques »
                    Là encore, mon avis n’est pas aussi tranché. Les finances publiques sont destinées, in fine, aux contribuables, et donc entre autres aux classes moyennes. Ce qui signifie que si ce qui est actuellement prélevé par l’impôt était directement versé aux ménages, peut-être que les équipements et services collectifs seraient moins performants, ce qui coûterait sans doute plus cher aux ménages à la fin - et qui, surtout, réduirait la fonction de solidarité qu’assure la gestion par l’État de l’argent public. Je ne sais pas exactement quelle serait la juste part à prélever du revenu de chacun, mais je me rends compte qu’à vouloir réduire les dépenses de l’État, le gouvernement actuel est en train de gripper les mécaniques, et que ça coûtera probablement très cher à l’avenir. Le but étant évidemment de démontrer que c’est une machine qui ne marche pas, afin d’en dépecer et offrir en pâture au secteur privé les plus belles pièces...

                    • LesCayes
                      LesCayes répond à Mme Berthe
                      Dirigeant d'entreprise
                      • Posté à 15h47 le 09/06/2011
                      • Internaute 145809
                        Dirigeant d'entreprise

                      Je pense que vous avez de bon arguments et que vous connaissez votre sujet.

                      Sur vos trois remarques, j’ai trois ou quatre nuances et une conclusion :
                      Je remarque que l’emploi des formules concernant les chef d’entreprise telles que « ils soumettent leurs semblables à leur désir », « servitude », « garder la haute main sur la rémunération » trahit bien ce qui se passe en France : nous sommes encore dans une lutte des classes et certains patrons par leur comportement ou leur motivation ont entretenu ce fossé immense et frustrant. Pour la majorité des patrons en France cependant, on ne peut les associer à ces formulations.

                      Ensuite reconnaissons que celui qui entreprend n’a nul envie de voir plafonner ses revenus. Dans ce cas retournons à Cuba où au fin fond du collectivisme. Tout ceci à été tenté avec l’échec que l’on connait. Faites l’exercice autour de vous : de la caissière de supermarché au manutentionnaire chez Renault, tout le monde aimerait gagner au moins 1000 euros de plus net tous les mois. Ils ne pensent pas cela parce-que les patrons gagnent trop bien leur vie, mais parce-qu’ils sont reclus dans des salaires qui ne leur permettent plus de vivre décemment.

                      Relever les taux d’imposition pour payer des dépenses de fonctionnement n’est pas crédible. Ceux qui menacent que la non-augmentation de l’impôt entrainerait une dégradation de nos services publics nous mentent. On sait ce que coûtent nos routes, nos hôpitaux, nos écoles, nos administrations lorsqu’ils fonctionnent correctement. Mais les gouvernements ont peur d’assumer leurs responsabilités quand il faut s’attaquer aux vrais dysfonctionnements qui mettent nos finances hors de contrôle. Il vaut mieux faire croire que l’école a toujours plus besoin d’argent, plutôt que de reconnaître que les enseignants n’assument plus leur rôle d’enseignant mais d’éducateur, de maton, ou de garde-chiourmes où l’irrespect est devenu commun et banal. Ces insidieuses dérives coûtent très cher à la collectivité.

                      On ne le sait que trop, le nombre de fonctionnaires n’est en aucun cas un baromètre de l’efficacité et de la santé dun pays. Ainsi, au rang de ceux qui comptent le moins de fonctionnaires, on trouve certes la vertueuse Allemagne avec 50 fonctionnaires pour 1000 habitants en 2008 - et si la France veut converger vers elle également en la matière, elle a du chemin à faire. La France dispose de 90 fonctionnaires pour 1000 habitants, tout juste devant le Royaume-Uni. Pour le coté financier là encore, c’est l’Allemagne qui fait partie des meilleurs élèves avec un ratio de traitements et salaires des fonctionnaires ne dépassant pas 7% de son PIB, le produit intérieur brut. La France est cinq points au-dessus avec plus de 12%. (Source : La Tribune.fr - 09/02/2011)

                      1/ Il faut générer suffisamment de richesses dans un pays pour que chacun puisse vivre de son travail
                      2/ L’impôt, lorsqu’il est excessivement employé finit par tuer la production de richesse
                      3/ Un état juste est un état qui ne laisse pas ses classes moyennes ou défavorisées en lisière du seuil de pauvreté.

                      • Mme Berthe
                        Mme Berthe répond à LesCayes
                        grmbl
                        • Posté à 18h24 le 09/06/2011
                        • Internaute 113627
                          grmbl

                        Bon, je suis à peu près d’accord avec vos conclusions, alors on va en rester là pour le moment si vous voulez bien ^^

                        Juste pour rebondir un peu sur vos remarques :
                        - il y a une lutte des classes, cela ne fait aucun doute, et pour reprendre l’expression de Warren Buffet, ce sont les patrons et les possédants qui sont en train de la gagner...
                        - En effet, la caissière de Prisunic ou le plombier aimeraient gagner 1000€ de plus par mois, je ne crois pas que ce soit illégitime. Par contre, si on leur expliquait qu’ils peuvent tout à fait gagner 1000€ de plus, mais pas 100 000 € de plus par mois, parce que sinon ça va en mettre d’autres dans la merde, je pense qu’ils comprendraient. C’est ce message-là qu’il faut maintenant faire passer dans les « hautes sphères » de la finance et de l’industrie.
                        - Sur le coût des services publics, je n’ai pas assez de renseignements. Ça me semble juste un peu facile de leur jeter la pierre, ce d’autant que c’est exactement la stratégie voulue par la droite : les affaiblir pour justifier leur démantèlement (c’est écrit texto dans des rapports de l’OCDE). Et j’ai quand même vu de mes propres yeux des situations affligeantes de fonctionnaires réduits à l’inactivité faute de moyens pour travailler.

                        Ça fait plaisir en tout cas de constater que cette élection commence déjà à faire la - presque - seule chose à laquelle elle peut servir : faire parler de politique.

                        Bonne soirée !

                        • LesCayes
                          LesCayes répond à Mme Berthe
                          Dirigeant d'entreprise
                          • Posté à 18h34 le 09/06/2011
                          • Internaute 145809
                            Dirigeant d'entreprise

                          Absolument

                          Bonne soirée !

          • Air One
            Air One répond à LesCayes
            Corsaire de l » espace
            • Posté à 23h27 le 08/06/2011
            • Internaute 84964
              Corsaire de l » espace

            Vous parlez des ouvriers, je présume ?
            Parce que si j’ai souvent vu des ouvriers bosser du matin au soir, voir même les Samedi pour certains d’entre eux pour rattraper les jours fériés, les patrons, eux, étaient barrés depuis longtemps et jamais là le Samedi.
            Arrivera un jour où, que ça vous plaise ou non, vous cesserez d’avoir ce discours méprisant, la morgue aux lèvres, en considérant que « vous » bossez et que les autres sont des fainéants qui devraient s’estimer heureux de gagner le SMIC.
            Si ça vous refoidit, barrez vous en Suisse, bon débarras.

            • LesCayes
              LesCayes répond à Air One
              Dirigeant d'entreprise
              • Posté à 10h59 le 09/06/2011
              • Internaute 145809
                Dirigeant d'entreprise

              Les patrons ne font rien et gagnent des fortunes qui tombent du ciel grâce à l’ouvrier qui trime et se tue pour ses patrons.

              Vous nous rejouez Cosette.

              Avec ce même discours, Besancenot du NPA a fait 3,4% en 2010.

              Même la classe ouvrière n’y croit plus...

          • kevangel
            kevangel répond à LesCayes
            Chercheur
            • Posté à 09h52 le 09/06/2011
            • Expert 24356
              Chercheur

            Et celui qui reste au lit et gagne des milliards grace à ses revenus du patrimoine, il faut pas le taxer ?

          • Gilles31
            Gilles31 répond à LesCayes
            Gaucho
            • Posté à 10h37 le 09/06/2011
            • Internaute 57081
              Gaucho

            Mais oui sauf que tu utilises les routes pour tes marchandises, les réseaux eaux, télécom ..... si tu te fait défoncer la tête sur ton parking, le samu vient. Les flics pourchasseront ton comptable qui s’est tiré avec la caisse et faut aussi financer la justice quant tes salariés te mettent aux prud’hommes.

            Quant à tes salariés, s’ils ne pouvaient laisser leurs gosses en crèche ou à la maternelle, ou ne pourrait se soigner décemment, ils bosseraient moins et tu gagnerais moins
            Bref....juste du bon sens

            • LesCayes
              LesCayes répond à Gilles31
              Dirigeant d'entreprise
              • Posté à 11h29 le 09/06/2011
              • Internaute 145809
                Dirigeant d'entreprise

              Tu vis en France ? Ca m’étonnerait...

              Les Flics : ils vont te mettre un pv parce-que t’es à 112 au lieu de 110. Dans les zones de non droit ou dans les cages d’escalier des cités, ils sont invisibles. Tu as besoin d’eux ? : ils ne sont pas là.

              Samu : vas faire un tour et regarde ta montre. Tu verras dans quelles conditions de honte travaillent les salariés de l’hôpital public.

              Justice : dépose un dossier. Et regarde comme le temps passe.
              La justice en France : demande à Chirac...

              La crèche : si tu avais déjà demandé une place en crèche, tu n’aurais pas pris cet exemple.

              Les services eaux et télécom sont privés depuis longtemps. Tes impôts n’y sont pour rien.

              Pourtant la France est considérée comme le pays ayant le régime fiscal le moins accueillant, selon le classement 2009 de la pression fiscale établi par Forbes. Chaque année, le magazine calcule le niveau de pression fiscale en additionnant les impôts sur les sociétés et sur le revenu, les charges patronales et salariales et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Sur les 50 pays du monde présents dans le classement, la France arrive donc en tête avec un impôt sur les sociétés qui atteint 34,4%, l’impôt sur le revenu 52,1%, les charges patronales 45%, les charges salariales 14% et la TVA 19,6%.

              Alors où part le fric ?

              • Gilles31
                Gilles31 répond à LesCayes
                Gaucho
                • Posté à 11h42 le 09/06/2011
                • Internaute 57081
                  Gaucho

                Que le fric ne soit pas utilisé optimumement, et j’en conviens, ne signifie pas que les services publiques sont inutiles.

                T’es le genre à gueuler contre les flics quand ils te foutent un PV, mais à les rameuter bien fort quant tu en as besoin.
                Pareil pour le SAMU, tu seras heureux qu’ils viennent sauver ta vie et que tu seras opéré en urgence dans un hôpital (peut être trouvera tu alors indigne leurs conditions de travail...et accepterais de payer plus d’impôts pour ça)

                Sans ces impôts et autres taxes pour financer tout ça, si tu n’en a plus, tu paieras de ta poche.... ton assurance maladie privée, ton école privée, tes vigiles privés ........ es tu sûr d’être gagnant en fin de compte ?
                Les seuls gagnant dans ce jeu, se sont les 2 ou 3% les plus fortunés.

                • LesCayes
                  LesCayes répond à Gilles31
                  Dirigeant d'entreprise
                  • Posté à 12h14 le 09/06/2011
                  • Internaute 145809
                    Dirigeant d'entreprise

                  Tu seras heureux de voir un patron embaucher tes enfants parce-que aujourd’hui le chômage des jeunes c’est 23%.

                  Tu seras heureux de pouvoir construire une maison ou d’acheter ton appartement parce-que ton salaire en bas de la page est décent et que ton banquier ne va pas pouffer de rire en te disant qu’il faut le triple.

                  Tu seras heureux d’avoir ta femme prendre un congé parental parce-que tu peux subvenir aux dépenses.

                  Et je me fous des vigiles privé, des écoles privées et du tout privé. Arrête de croire les conneries de la télé. Les services publiques : qui aurait la naïveté de penser qu’ils sont inutiles (à part Serge Dassault...)

                  Mais quand tu paies beaucoup d’impôt parce-que tu souhaites une vraie société pour ta famille, tu dois aussi penser à ce qui rentre dans la caisse. Si tu connaissais des entrepreneurs, tu ne serais pas aussi vindicatif.

                  • Gilles31
                    Gilles31 répond à LesCayes
                    Gaucho
                    • Posté à 12h20 le 09/06/2011
                    • Internaute 57081
                      Gaucho

                    ben j’en connais, dans ma famille même ! Ils gueulent aussi contre tous ces impôts (comme presque tout le monde d’ailleurs) mais ont un train de vie assez sympa.

                    Quant à tes salariés que tu embaucherais en plus, je serais surpris que tu les paies assez dans ce système pour devenir l’unique soutient de famille capable de s’acheter une baraque.

                    Et ma femme est plus heureuse professionnellement que femme au foyer...

              • bjone
                bjone répond à LesCayes
                dev 3D
                • Posté à 12h21 le 09/06/2011
                • Internaute 62791
                  dev 3D

                La question n’est pas -que- où part le fric, mais d’où il part : plus de la classe moyenne que de la classe supérieure.

                Les entreprises du CAC40 sont très très faiblement taxées, et les PME/PMI sont rincées.

        • Iv
          Iv répond à Mme Berthe
          Roboticien utopiste
          • Posté à 09h18 le 09/06/2011
          • Internaute 39192
            Roboticien utopiste

          Voila. Des mesures que le PS n’ose pas proposer.

          Qu’on arrête désormais de dire qu’Eva Joly est une centriste. C’est le seul vrai candidat de gauche qu’on ait.

      • bjone
        bjone répond à LesCayes
        dev 3D
        • Posté à 00h33 le 09/06/2011
        • Internaute 62791
          dev 3D

        Vous servez à rien là....

      • bjone
        bjone répond à LesCayes
        dev 3D
        • Posté à 00h33 le 09/06/2011
        • Internaute 62791
          dev 3D

        -

      22 autres commentaires
  • Malzieux
    Malzieux
    Ex-chomeur
    • Posté à 18h16 le 08/06/2011
    • Internaute 124404
      Ex-chomeur

    y a beaucoup de salariés qui sont à ce salaire ?

    • spatz
      spatz répond à Malzieux
      bâtisseur de mondes
      • Posté à 19h22 le 08/06/2011
      • Internaute 106671
        bâtisseur de mondes

      0.1% des français toucheraient plus de 756000 euros par ans soit environ 50000 personnes. Les taux effectifs d’imposition sont de l’ordre de 35% voire moins pour cette catégorie de la population alors qu’ils varient entre 45 et 50% pour les classes populaires et les classes moyennes.
      La France possède clairement un système qui est devenu dégressif avec le temps et notamment l’accumulation des niches fiscales.

  • kakoulite
    kakoulite
    Intermediation & Imprecation
    • Posté à 19h07 le 08/06/2011
    • Internaute 126452
      Intermediation & Imprecation

    Un qui doit vraiment mais vraiment rigoler c est NS...suis sure..(intuition ! intuition !) qu il doit se dire « mais avec des guignols pareil ...des fois je m’dis qu’ c ’est meme plus du jeu ! »

    • Mme Berthe
      Mme Berthe répond à kakoulite
      grmbl
      • Posté à 19h19 le 08/06/2011
      • Internaute 113627
        grmbl

      Bah ! c’est sûr qu’en adoptant le présupposé que le pouvoir se trouve du côté des riches, parler de taxer très fortement les salaires abusivement élevé c’est rien d’autre que de la guignolade... Mais la donne ne s’inverserait-elle pas, un jour ? En tout cas, il est nécessaire de parier là-dessus pour que ça arrive, donc je crois qu’il faut ici saluer le courage politique de Mme Joly et d’EELV.

      • kakoulite
        kakoulite répond à Mme Berthe
        Intermediation & Imprecation
        • Posté à 19h31 le 08/06/2011
        • Internaute 126452
          Intermediation & Imprecation

        Parlons paris....NS a 1.1/1 (genre « pari valeur sure »..aucun interet), Joly a 33..Hulot lui ’pas cote’ (quand la cote serai trop delirante ...ca cote pas). 33/1 vous aimez le ’spiele’ !

        Lien

         
        • Mme Berthe
          Mme Berthe répond à kakoulite
          grmbl
          • Posté à 19h51 le 08/06/2011
          • Internaute 113627
            grmbl

          Beurk... Ben, continuez à faire du turf avec vos idées, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise...

        • -Candide-
          -Candide- répond à kakoulite
          Jardinateur
          • Posté à 22h25 le 08/06/2011
          • Internaute 40778
            Jardinateur

          Intéressant,

          D’autant que contrairement aux sondages (photographie à l’instant t), les paris intègrent plus les perspectives d’évolution.
          Des études ont montré que plus une échéance est lointaine, plus les côtes sur les élections sont pertinente (par comparaison aux sondages)

          Corrigés des marges que se prennent les bookmakers sur les mises, les pourcentages ramenés à 100 sont :

          Sarkozy 36,7%
          Hollande 29,8%
          Aubry 16,1%
          DSK 3,8%
          LePen 3,8%
          Royal 3,4%
          Bayrou 2,5%
          Villepin 1,9%
          Joly 1,9%

          • kakoulite
            kakoulite répond à -Candide-
            Intermediation & Imprecation
            • Posté à 23h45 le 08/06/2011
            • Internaute 126452
              Intermediation & Imprecation

            Merci pour les % qui sont dans ce cas ci plus parlants que les cotes. Interessant aussi la pertinence par comparaison aux sondages j essaierai de trouver des papiers la dessus.

            • -Candide-
              -Candide- répond à kakoulite
              Jardinateur
              • Posté à 00h45 le 09/06/2011
              • Internaute 40778
                Jardinateur
              • kakoulite
                kakoulite répond à -Candide-
                Intermediation & Imprecation
                • Posté à 08h47 le 09/06/2011
                • Internaute 126452
                  Intermediation & Imprecation

                Super ! je mets ca de suite dans mes Favoris car c’est tout a fait le genre de papier que j adore lire sur une chaise longue sous un parasol face a la mer avec un bon Mojito ! Merci.

          • Xavtak
            Xavtak répond à -Candide-
            Père de famille, bobo, parisien
            • Posté à 12h06 le 10/06/2011
            • Internaute 14855
              Père de famille, bobo, parisien

            Oui, enfin ces résultats ne peuvent absolument pas être représentatifs des résultats au premier tour, puisqu’ils mettent en compétition, à gauche, des personnes qui ne seront pas en compétition pour la présidentielle !

            Citer des études, c’est bien, mais les comprendre et les appliquer correctement, c’est mieux...

            • -Candide-
              -Candide- répond à Xavtak
              Jardinateur
              • Posté à 13h21 le 10/06/2011
              • Internaute 40778
                Jardinateur

              ces résultats ne représentent en rien des résultats d’élection (cf %age de vote pour untel) mais donne une idée des probabilités d’arriver au bout.

              Quand à roland-garros deux personnes doivent s’affronter au premier tour, tout le monde sait qu’il ne peuvent être tous les deux en finale.

              Ils ont pourtant au départ chacun une chance d’aller en finale.

              En faite, je n’ai pas bien compris ce qui vous gênait et encore moins ce qui vous permettait d’affirmer que je ne comprends pas l’étude que j’ai cité.

              • Xavtak
                Xavtak répond à -Candide-
                Père de famille, bobo, parisien
                • Posté à 17h10 le 11/06/2011
                • Internaute 14855
                  Père de famille, bobo, parisien

                Ce qui me gène, c’est que vous substituiez ces côtes aux sondages, alors qu’ils ne calculent pas la même chose.
                Cela semble dire : « regardez, les sondages mentent en disant que l’UMP est dans les choux, en fait il est en tête ! » ce qui ressemble à une manipulation - non pas des chiffres, mais de leur impact sur le lecteur.
                Votre rhétorique entière semble tournée dans cette direction, et l’invocation d’une étude scientifique pour y donner du crédit amplifie mon impression.

                Maintenant, je veux bien admettre que telle n’était pas votre intention, mais cela m’a littéralement sauté aux yeux !

        8 autres commentaires
  • Xavier Denamur
    Xavier Denamur
    Restaurateur
    • Posté à 21h23 le 08/06/2011
    • Internaute 48550
      Restaurateur

    Madame,

    Il est regrettable de prétendre incarner une autre voie politique et dans le même temps pratiquer la même langue de bois et les mêmes mensonges par omission que la plupart des autres représentants politiques.
    En omettant de répondre à ma question par une digression déjà entendue sur les revenus autres que ceux du travail, vous n’élevez pas le niveau du débat.
    Je me permets de vous rappeler que vous avez été juge et que le mensonge même par omission est un vilain défaut.
    Lien
    Libération : « Et côté impôts ? »
    Eva Joly : « Nous créerons une fiscalité plus juste. Les riches ne payent en moyenne que 20% d’impôt sur le revenu, un des plus bas niveaux d’Europe. En quinze ans, la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu est passée de 57% à 40%. Nous reviendrons à une imposition de 50% pour les revenus supérieurs à 70 000 euros par an. Et nous créerons deux nouvelles tranches : 60% pour les revenus entre 100 000 et 500 000 euros et 70% au-delà. »

    Très cordialement

    Xavier Denamur reste orateur libre d’attendre un minimum de cohérence et d’honnêteté de la part des représentants politiques.

    • Mme Berthe
      Mme Berthe répond à Xavier Denamur
      grmbl
      • Posté à 22h17 le 08/06/2011
      • Internaute 113627
        grmbl

      Bof... l’argument « A 500000 euros par an c’est rarement des revenus du travail » me semble plutôt pertinent... Qu’est-ce que vous vouliez dire exactement dans votre question ? Que le fait de ne pas avoir la perspective de gagner des millions va dissuader les gentils patrons de créer des emplois ? Merci pour la soupe capitaliste à l’ancienne ! (avec des vrais petits morceaux de syndicaliste)

      • Xavier Denamur
        Xavier Denamur répond à Mme Berthe
        Restaurateur
        • Posté à 23h07 le 08/06/2011
        • Internaute 48550
          Restaurateur

        Ne faites pas comme Eva Joly qui prétend ne pas très bien comprendre ma question et ses implications. Je vous rappelle que ma question part de sa proposition de taxer à 50% les revenus supérieurs à 70 000 euros par an soit 5500 par mois, ce qui correspond à des revenus de cadres ou de techniciens dont les compétences permettent de créer de la richesse et des emplois.
        Pour les revenus autres que ceux du travail, les taxer entre 60% et 70%, voir à 80% s’ils dépassent 500 000 euros par an ne me gène en rien même si je préférerais qu’on étaye bien les dispositifs afin que ce style de mesures ne soit pas contre productif. Mais la question n’était pas là.

         
        • Mme Berthe
          Mme Berthe répond à Xavier Denamur
          grmbl
          • Posté à 00h43 le 09/06/2011
          • Internaute 113627
            grmbl

          Ah. Dans ce cas, considérer le fait de taxer les revenus de plus de 5500 € par mois à 50% comme « une fiscalité plus juste » me semble tout à fait valable, et même courageux.

          70 000 € par an, ça n’est pas délirant, mais c’est tout de même très élevé (vous me trouverez des « techniciens » à ce salaire-là !). Les cadres qui ne sont motivés que par la conquête d’un revenu supérieur à cela peuvent bien aller « cadrer » ailleurs, on se débrouillera bien sans eux pour « créer de la richesse et des emplois ». Non mais, vous y croyez toujours, vous, au vieux mythe capitaliste de l’enrichissement des riches qui profite aux pauvres ? ?

          • Xavier Denamur
            Xavier Denamur répond à Mme Berthe
            Restaurateur
            • Posté à 07h15 le 09/06/2011
            • Internaute 48550
              Restaurateur

            Bon, je commence à voir où voulez en venir, certains régimes ont appliqué votre « idéologie » en se débarrassant en même temps d’un bonne partie des intellectuels et des journalistes, pensant que la misère généralisée créerait le bonheur du peuple. Ils en sont revenus et pas forcément pour le meilleur.
            Une juste réparation des richesses passe aussi par la reconnaissance des compétences.
            Un ancien pauvre devenu riche dont l’enrichissement a profité à de nombreuses personnes (j’ai juste multiplié par 5 à 10 le nombre de salariés chaque entreprise que j’ai racheté tout en relevant fortement la moyenne des salaires de ces entreprises) et à la collectivité (j’ai toujours payé avec plaisir mes impôts de la tranche supérieure). Je vous rappelle que je suis favorable à relever la tranche supérieure sur le revenu du travail et à en créer d’autres pour les revenus du capital quand ceux-ci dépassent le million annuel voir le demi million si cela peut vous rendre heureuse.

          • Xavier Denamur
            Xavier Denamur répond à Mme Berthe
            Restaurateur
            • Posté à 07h22 le 09/06/2011
            • Internaute 48550
              Restaurateur

            Vous m’expliquerez quand même pourquoi ça vous gène que des entreprises payent bien leurs salariés et mieux ceux qui contribuent plus que d’autres au développement de l’entreprise ?

            • Mme Berthe
              Mme Berthe répond à Xavier Denamur
              grmbl
              • Posté à 10h09 le 09/06/2011
              • Internaute 113627
                grmbl

              Ce qui me « gêne » (bel euphémisme !), c’est trois choses :

              - je ne trouve pas choquant de mieux rémunérer « ceux qui contribuent plus que d’autres au développement de l’entreprise » ; mais alors, je trouve ça sacrément fumeux comme formulation, les critères pour déterminer les « meilleurs » étant souvent beaucoup plus axés sur leur habileté dans le léchage de testicules que sur leur efficacité au travail. Et encore, l’efficacité peut-elle être relative : quelqu’un peut travailler mal car étant à un poste qui ne lui convient pas, ou parce que son projet nécessite du temps pour se dérouler, faut-il le/la pénaliser ?

              - tout le monde n’a pas la même capacité à « contribuer au développement de l’entreprise » (décidément, celle-là, je l’adore !), et plutôt que de considérer comme des fainéants ceusses qui travaillent moins ou moins bien, une pensée sociale serait d’essayer de reconnaître en chacun-e ce qui peut être dirigé vers le bien commun et individuel. Évidemment qu’il y un équilibre à trouver entre le libéralisme sauvage et « l’assistanat », mais payer bien quelqu’un qui accomplit une tâche médiocre ne me choque pas du tout, mais alors pas du tout. J’aurais même plutôt tendance à penser que plus le boulot est chiant, mieux il faut payer ceusses qui l’accomplissent. En lien avec ça, il me semble qu’il serait temps de sortir d’une vision des études comme un sacrifice consenti dans le but d’accéder à un niveau social et économique élevé.

              - ensuite, si ça ne me « gêne » pas que « des entreprises payent bien leurs salariés », je crois qu’il y a un art de la nuance à exercer. « Payer bien », ça n’est pas établir des rapports de revenus de 1 à 1000 (vous semblez d’accord avec ça). Dans le cas de rapports de 1 à 5, cela me semble déjà élevé, et ça ne me semble pas choquant de taxer assez fortement les revenus les plus élevés. En fait, nous sommes d’accord, c’est juste que nous ne sommes pas du même côté du manche !

              Qu’on s’y entende bien : considérer la perspective de gagner beaucoup de fric comme le seul moteur des activités humaines est une des pires ignominies que soit arrivé à nous faire gober le système capitaliste libéral ; si bien qu’on finit par se retrouver avec des types qui gagnent de quoi acheter des pays, et qui continuent à chercher à gagner plus, parce qu’ils ne savent faire que ça.
              Merci au passage pour la petite pique sur le communisme totalitaire : je ne pense pas que ça vous fasse gagner en crédibilité, ni que ça élève le débat, de tenter de faire passer la personne à qui vous répondez pour un mangeur d’enfants... Vous savez, il y a de la place, entre les goulags et le FMI...

              • Xavier Denamur
                Xavier Denamur répond à Mme Berthe
                Restaurateur
                • Posté à 08h06 le 10/06/2011
                • Internaute 48550
                  Restaurateur

                « les critères pour déterminer les “meilleurs” étant souvent beaucoup plus axés sur leur habileté dans le léchage de testicules que sur leur efficacité au travail. » Si ce genre de pratiques existe dans certaines grandes entreprises, c’est beaucoup moins fréquent pour les TPE et PME où le patron est en lien direct avec les salariés, inexistant dans les miennes où j’aimerais que le plongeur puisse occuper le poste du chef et gagner son salaire. Le problème c’est qu’il y a des réalité économiques et sociales qui semblent vous dépasser. Un plongeur à 1500 nets par mois ça ne manque pas les rues et je reconnais l’importance de son travail, un excellent chef en brasserie traditionnelle, c’est une perle rare qui contribue, comme je vous l’ai expliquer mais vous semblez un peu dure de la feuille, bien plus au développement de l’entreprise qu’un autre salarié.
                « Qu’on s’y entende bien : considérer la perspective de gagner beaucoup de fric comme le seul moteur des activités humaines est une des pires ignominies que soit arrivé à nous faire gober le système capitaliste libéral » ai-je prétendu le contraire ? Je vous accorde qu’il y a de la place « entre les goulags et le FMI... » alors évitez d’être caricatural, utilisez un nuancier.
                Entre « les types qui gagnent de quoi acheter des pays, et qui continuent à chercher à gagner plus, parce qu’ils ne savent faire que ça. » et des patrons ou salariés qui gagnent suffisamment pour participer à changer la société, il y a des petites différences, non ?

                • Mme Berthe
                  Mme Berthe répond à Xavier Denamur
                  grmbl
                  • Posté à 09h36 le 10/06/2011
                  • Internaute 113627
                    grmbl

                  Je vous cite, hein :

                  « évitez d’être caricatural, utilisez un nuancier. »

                  « certains régimes ont appliqué votre “idéologie” en se débarrassant en même temps d’un bonne partie des intellectuels et des journalistes, pensant que la misère généralisée créerait le bonheur du peuple. »

                  Bon, en gros, on est d’accord sur les principes, mais pas sur les montants ^^

        6 autres commentaires
    • -Candide-
      -Candide- répond à Xavier Denamur
      Jardinateur
      • Posté à 23h07 le 08/06/2011
      • Internaute 40778
        Jardinateur

      C’est sur qu’avec vos 800.000 euros par an, vous vous sentez visé : -)

      Lien

      Bien sur que taxer les revenus du capital c’est taxer l’investissement.
      Pour vous, taxer les revenus de votre prochain restaurant à 50% vous oblige à en créer deux pour un revenu équivalent « non taxé »,
      donc vous êtes obligé d’investir le double.
      et à ce compte là, le jeu en vaut-il encore la chandelle ?

      « Revenir à un taux d’imposition de 50% pour les revenus supérieurs à 70 000 €, ça risque de pénaliser les salariés… »
      Je ne suis pas sûr que vous pensiez nécessairement aux salariés qui gagnent plus de 70.000 euros par an, mais peut-être plus probablement à ceux qui dépendent d’un entrepreneur qui lui est imposé à 50% (voire plus)
      même si E Joly n’a pas répondu, une explication de votre « question » à la lumière de votre expérience serait la bienvenue.

      • Xavier Denamur
        Xavier Denamur répond à -Candide-
        Restaurateur
        • Posté à 23h52 le 08/06/2011
        • Internaute 48550
          Restaurateur

        En ce qui me concerne, j’ai toujours prôné de taxer à 50% les revenus du travail et entre 50 et 80 % les revenus autres que ceux du travail quand ils dépassent le millions d’euros. Je l’ai encore déclaré sur France Info il y a peu de temps. Pour votre information, et comme je l’avais indiqué dans l’article auquel vous faites référence, je gagne aujourd’hui plus d’un million d’euros et je suis donc classé dans les 1748 revenus les plus élevés de France. Mes propositions de relever les impôts me concernent tout autant que de proposer de relever la TVA dans la restauration.
        Lien
        En ce qui concerne ma « question », il est clair que de taxer à 50% des salariés qui gagnent entre 5500 et 10 000 euros par mois pourrait avoir un effet désastreux sur l’innovation et le développement des PME et TPE. Je pense qu’Eva Joly est consciente de sa mauvaise approche de ce dossier et qu’elle préfère répondre à coté.
        Si je prends mon exemple comme un cas d’école, mon chef de cuisine qui est passé de 2500 euros à 6900 euros nets en 8 ans m’a permis de créer une dizaine de postes supplémentaires et d’augmenter fortement les salaires de ses collègues grâce à ses compétences et son investissement. Le taxer à 50% demain alors qu’il profite d’une des rare bonne mesure du gouvernement actuel sur les heures supplémentaires, risque fort de le démotiver et ne pas forcément l’inciter à ouvrir dans quelques années son propre restaurant. A l’occasion d’un vrai bilan de la baisse de la TVA, je publierai mes comptes et vous constaterez que la politique sociale au sein des mon groupe mériterait d’être suivie en exemple.
        J’avais par ailleurs donné mes positions sur ce sujet dans un papier de libération suite à une altercation que j’avais eu avec Heré Novelli sur Inter où il m’avait lancé que je crachais dans la soupe. Lien
        Le problème des verts comme des autres partis politiques en compétition pour diriger notre pays c’est qu’ils ne proposent pas dans un même temps la bonne réforme fiscale, la méthode pour dynamiser les entreprises, les moyens pour augmenter les salaires et les idées novatrices pour entrer dans une politique durable sur une trentaine d’années.
        J’espère avoir répondu à votre juste interrogation.
        Good night and good luck
        Xavier reste orateur libre de ne pas jamais lâcher l’affaire qu’elle soit verte, bleue ou rose.

         
        • -Candide-
          -Candide- répond à Xavier Denamur
          Jardinateur
          • Posté à 10h43 le 09/06/2011
          • Internaute 40778
            Jardinateur

          Je note avec intérêt votre réponse, qui ne fait que me poser beaucoup d’autres questions.
          D’autant que votre situation particulière n’est pas nécessairement représentative :

          - Il ne faudrait pas risquer de démotiver votre chef cuisinier à 6900 euros net. Quelle est la différence fondamentale avec un cadre supérieur de salaire équivalent et qui ne bénéficie pas des avantages fiscaux liés aux heures sup (puisque salaire forfaitaire) ?
          Si la perspective est d’inciter votre chef cuisinier à épargner suffisamment pour pouvoir se lancer, pourquoi ne pas faire le même raisonnement avec un cadre sup ?
          Si Pierre Haski avait toujours gagné 1500 euros (après impots) à Libération, aurait-il eu la capital suffisant pour investir dans rue89 (et montrer aux co-investisseurs qui’ils s’engageait sur un projet mais aussi sur ses deniers propres) ?
          Pourquoi cette barre psychologique des 1 millions d’euros, ça repose sur quoi ? L’imposition devrait rester progressive (ce qui n’exclut pas de remonter les taux), et peut très bien se passer des effets d’annonce.

          TVA :
          Il me semble que vous rameniez trop votre expérience personnelle au cas général.
          Dans un quartier rénové du centre de Paris où le chaland ne manque pas, l’impact de la TVA n’est pas la même que pour le café-bar-restaurant de triffoullis les oies.
          Dans votre cas, une hausse ou baisse de TVA impacte avant tout l’utilisateur final de la même manière qu’une variation de TVA sur les box internet.
          Bien entendu, le temps que les équilibres concurrentiels interviennent, il peut y avoir opportunité ou préjudice sur une courte période, mais dans le temps ça se lisse.
          A triffoullis les oies, l’équilibre économique du troquet (qui est peut-être le dernier du village) n’est pas nécessairement régulée par la concurrence de l’offre, mais sans-doute plus par la capacité de la demande et le pouvoir d’achat des consommateurs.
          Le taux de TVA a un impact direct sur l’activité économique.
          Je me fait ici l’avocat du Diable (car je sais que c’est votre marotte) d’autant que je suis plutôt partisan d’un taux de TVA unitaire (à l’exception de quelques produits alimentaire de première nécessité). Mais il ne faut pas noircir le tableau.
          Dans un contexte de récession, la baisse de la TVA n’a évidement pas « créé » beaucoup d’emploi, mais bien malin celui qui pourra chiffrer objectivement combien elle en a sauvegardé.
          Surtout dans les bleds comme triffoulis les oies...
          Probablement pas très constitutionnel, mais j’aurais bien vu une baisse de la TVA limité aux communes de moins de 20.000 habitants. Les cafés, le petit restau du coin, au même titre que l’école du village ou la poste font partie de la structure sociale.

          Revenus salariaux ou du Capital ? :
          Sans remettre en cause vos talents, j’aurais du mal à vous classer (sans autres éléments) dans les 1748 français les plus méritants ou les plus talentueux ; -)
          Il semble que votre situation particulière (entrepreneur individuel) masque une réalité : vos revenus, soumis à l’IR, sont intrinsèquement beaucoup plus des revenus du capital que des revenus du travail, même si le « capital » est le fruit de travail d’années antérieures.
          Je m’explique : la rentabilité de votre affaire tient aux décisions des années antérieures qui ont contribué à vous implanter dans un quartier donné, à profiter de certaines opportunités de rachat et de bénéficier aujourd’hui de loyers bas (par rapport au marché).
          Une part d’intuition entrepreneuriale et peut-être aussi (y a pas de honte à l’avouer) une part de chance - Saviez-vous nécessairement il y a 10 ans que la rue du Trésor allait être complètement rénovée ? .
          Que cette opportunité générale soit la conséquence de réflexions intenses additionnées éventuellement d’une part de chance, il n’en reste pas moins qu’au jour d’aujourd’hui c’est un capital virtuel.
          Si par malheur (je ne vous le souhaite pas), il vous arrivait un accident vous rendant inapte à toute activité, je ne doute pas que vous trouveriez un directeur général pour vous remplacer pour moins de 200.000 euros charges comprises.
          Les revenus objectifs de votre travail sont donc de l’ordre de 200.000 euros, le reste, en dépit de la vision fiscale des choses, sont des revenus du Capital.

          Du reste, vous savez très certainement que bien des entrepreneurs dans une situation similaire à la votre ne sont pas comptabilisé dans les 1748.
          Si l’entreprise est montée en SA, les revenus (bloqués dans l’entreprise) sont taxés à 33%, et retaxés (à la sortie) à 28% au titre des plus-values ce qui revient grosso-modo au même.

          Le jour où l’on taxera les très revenus à 80%, tous les hauts salaires se monteront en sociétés (à l’instar des stars de la télé).
          On aura encore fait un effet d’annonce pour de bien maigres résultats, non ?

          • Xavier Denamur
            Xavier Denamur répond à -Candide-
            Restaurateur
            • Posté à 09h23 le 10/06/2011
            • Internaute 48550
              Restaurateur

            Cher Candide, à mon tour, j’ai lu avec intérêt vos questions et affirmations.
            Tout d’abord, j’aimerais replacer ma réponse dans le contexte dans laquelle vous souhaitiez à la base que je la fasse et qui semble finalement vous gêner.
            « même si E Joly n’a pas répondu, une explication de votre “question” à la lumière de votre expérience serait la bienvenue. »
            « D’autant que votre situation particulière n’est pas nécessairement représentative »
            Passons.
            « Si la perspective est d’inciter votre chef cuisinier à épargner suffisamment pour pouvoir se lancer, pourquoi ne pas faire le même raisonnement avec un cadre sup ? » Mon chef est cadre mais n’est pas au forfait. Vous n’êtes pas sans savoir que les cadres au forfait revendiquent en ce moment que soient reconnues les heures effectives qu’ils effectuent. L’esclavage moderne de nos sociétés n’est pas une exclusivité des « sales boulots ».
            « Si Pierre Haski avait toujours gagné 1500 euros (après impots) à Libération, aurait-il eu la capital suffisant pour investir dans rue89 (et montrer aux co-investisseurs qui’ils s’engageait sur un projet mais aussi sur ses deniers propres) ? » Désolé, je ne comprends pas cette question ni le lien avec le propos précédent.
            « Pourquoi cette barre psychologique des 1 millions d’euros, ça repose sur quoi ? L’imposition devrait rester progressive (ce qui n’exclut pas de remonter les taux), et peut très bien se passer des effets d’annonce. » Pourquoi le seuil symbolique de 1000 euros pour le Smic ? pourquoi le jeu des 1000 euros sur Inter ? ça ne repose sur rien, c’est juste des chiffres symboliques qui parlent aux gens. Je suis d’accord avec la notion de progressivité, de 50% à 70% à partir du million.

            « TVA :
            Il me semble que vous rameniez trop votre expérience personnelle au cas général. »
            Sur ce sujet, je vous recommande de lire mon blog Lien On remontera la TVA et mes propositions favorables aux petites PME et TPE seront certainement reprises. Si, je voulais juste gagner du fric et me foutre de l’intérêt général, j’aurais empoché 400 000 euros de revenus supplémentaires par an et fermé ma gueule comme tous les « grands patrons » de mon secteur dont une bonne partie devrait être classée avec moi dans les 1748....
            « Si par malheur (je ne vous le souhaite pas), il vous arrivait un accident vous rendant inapte à toute activité, je ne doute pas que vous trouveriez un directeur général pour vous remplacer pour moins de 200.000 euros charges comprises.
            “Les revenus objectifs de votre travail sont donc de l’ordre de 200.000 euros, le reste, en dépit de la vision fiscale des choses, sont des revenus du Capital.” Je me demande pourquoi je ne vous ai pas consulté plutôt. Pour votre information, il y a quelques années, j’ai bien essayé de mettre en place un directeur général. En trois ans , j’ai perdu près d’un million d’euros, licencié une dizaines de salariés et failli vendre 1 ou 2 affaires saines pour surmonter cette bonne gestion.
            Attendez mon vrai bilan de la TVA, et vous pourrez juger de ma gestion, de ma politique salariale et de la manière dont j’utilise mon argent après impôts.

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