Aux Etats-Unis, l'affaire Weiner fait écho à l'affaire DSK
C’est un cri du cœur d’une journaliste du magazine Time : nous (les Américains), avons pris un malin plaisir à humilier Dominique Strauss-Kahn pour le viol présumé de la suite 2806, mais sommes-nous mieux lotis en matière d’égalité des sexes ?
La réponse à sa propre question est fournie à Susanna Schrobsdorff par l’« affaire Weiner », du nom de cet élu de New York qui a dû admettre mardi avoir mis sur Twitter des photos compromettantes à destination d’une femme qu’il ne connaissait pas.
L’une le présente torse nu ; l’autre présente un gros plan vers son caleçon énormément moulant.
L’article de Susanna Schrobsdorff, sur le site Time.com, commence par cet aveu :
« Nous, les Américains, ne pouvons nous empêcher de ressentir un plaisir très “tabloïd” à chaque fois que le richissime et très influent Dominique Strauss-Kahn fait une apparition humiliante au tribunal en liaison avec l’accusation de viol lancée par une femme de chambre d’un hôtel de New York.
Après tout, nous n’aimons rien de plus que de voir les puissants et hier arrogants placardés en une dans une position d’ignominie.
Surtout lorsque l’homme en question doit se frayer un chemin entre des membres du syndicat des femmes de chambre criant “honte à vous”. Même les Français admettent que ce type de collision entre genre et classe sociale n’aurait pas pu se dérouler en France. »
La rédactrice en chef adjointe de Time ajoute :
« Mais avant de demander aux Français de nous remercier sur la manière de traiter les femmes, nous devrions nous interroger : est-ce que nous, Américaines, sommes mieux traitées ? N’est-il pas possible que nous soyions confrontées à autant de sexisme, mais sans les généreux soutiens gouvernementaux ? »
C’est l’affaire Weiner qui provoque ce soudain questionnement, et cet aveu candide concernant DSK et l’« humiliation » des grands et des puissants.
Côté humiliation, Anthony Weiner, congressiste démocrate de New York, en a eu son lot mardi, en devant admettre, devant les caméras de télévision, qu’il était bien à l’origine des photos suggestives de lui en slip postées sur Twitter, ce qu’il avait formellement nié. Il avait mis ses photos sur le réseau public alors qu’il pensait les avoir envoyées en privé... (Voir la vidéo)
Les télés américaines passaient en boucle, mardi soir, les images de l’interview de Weiner au journaliste vedette de CNN, Wolf Blitzer, il y a quelques jours seulement, dans laquelle il niait tout et affirmait avec le sourire que c’était un « hoax », un mensonge face-caméra que l’Amérique ne pardonne pas.
Circonstance aggravante, Weiner est marié depuis à peine un an à une jeune et jolie conseillère d’Hillary Clinton, qui, question mensonge et mari volage, a eu son compte.
Comportement « animal »
Toujours sur CNN, une psychologue américaine qualifiait l’attitude d’Anthony Weiner d’« animale », et se réjouissait que, contrairement à Anne Sinclair présente aux côté de DSK, ou d’Hillary Clinton qui avait défendu son président de mari lors de l’affaire Lewinsky, la femme de l’élu de New York avait choisi de ne pas subir la « double peine » en apparaissant aux côtés de son mari lors de sa confession publique.
Dans son essai de Time, Susanna Schrobsdorff met en parallèle cette mise à mort publique et dévastatrice des hommes qui trompent leur femme, et l’absence d’égalité sociale entre hommes et femmes aux Etats-Unis :
« Condamner Weiner et Strauss-Kahn (et John Edwards) nous donne le sentiment que les femmes s’en sortent mieux aux Etats-Unis qu’en France. Le problème est que les chiffres montrent que tout ce bruit à propos de ces hommes malhonnêtes n’améliore en rien le sort des femmes aux Etats-Unis. Pas si on regarde du côté de l’égalité salariale. Et les chiffres montrent que l’écart entre les sexes pour le travail à temps plein salarié est légèrement plus grave aux Etats-Unis qu’en France, selon les chiffres de l’OCDE.
Et il est certain que tous les détails salaces qui sortent à propos du compte Twitter d’Anthony Weiner ne vont pas aider les millions de femmes américaines qui n’ont même pas droit à un jour de congé pour prendre soin d’un enfant malade ou d’elles-mêmes.
Pour de nombreuses femmes qui nettoient les chambres d’hôtels ou servent à table, prendre un jour off représente une amputation sérieuse de leur salaire hebdomadaire. Voilà quelque chose que les femmes françaises ne tolèreraient sûrement pas. »
DSK-Weiner, France - Etats-Unis 1-1 ? Machisme contre social ? L’histoire est moins simple et, entre l’accusation de viol et la photo en slip sur Twitter, il y a une différence que la loi, et la morale, traitent différemment, et à juste titre.
Mais l’essai en ligne de Susanna Schrobsdorff montre que le grand déballage déclenché en France par l’affaire DSK, sur les rapports hommes-femmes, ou sur les relations médias-vie privée, pose des questions d’un autre ordre aux Etats-Unis où, derrière la posture morale, le statut des femmes et l’égalité des sexes est un combat jamais terminé.
- Sur Rue89Féminisme, religions : pourquoi l'affaire DSK nous rend tous fous
- Sur time.comDe DSK au Weinergate, les Américaines sont-elles mieux traitées que les Françaises ? sur Time.com (en anglais)
- Sur lemonde.frLe démocrate Anthony Weiner, nouvelle cible des tabloïds new-yorkais, sur LeMonde.fr
- Sur rue89.comTous nos articles sur l'affaire DSK
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Gabriel Nadeau-Dubois, talentueux porte-parole des étudiants québécois 








la berlue
la berlue
Les 2 cas n’ont rien à voir , l’un se branle sur le net (ça concerne sa vie privée même s’il y a eu des fuites) et l’autre est accusé de viol( cour pénale , passible de 74 ans de prison)..Le fait de les voir classés dans la même catégorie révèle un peu les ressorts de la fascination que suscite ce genre d’affaire : |




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