Témoignage 02/06/2011 à 17h17

J’ai été violée, mais je ne porte pas plainte. Voilà pourquoi

Laure_TA | Journaliste

Un article sur l’affaire DSK lui a fait sauter le pas : victime d’un viol, une riveraine raconte pourquoi elle ne se tourne pas vers la justice.


Voici le ressenti, banal je pense, d’une fille violée. C’est un témoignage. Je n’ai pas la prétention de me sentir porte-parole de qui que ce soit. C’est juste le sentiment que j’ai, qui pourra peut-être vous aider à comprendre pourquoi le viol est encore un sujet tabou et que les victimes ne portent plainte que dans 10% des cas.

Violée par un ami d’amis d’amis, dans une grande maison

J’y pensais depuis l’affaire DSK sans oser, et votre article [ « L’affaire DSK libère la parole des femmes mais pas les plaintes », ndlr] m’a fait sauter le pas.

Je suis une toute nouvelle riveraine. Je n’avais jusqu’ici jamais écrit pour Rue89, que ce soit des commentaires ou des articles. Je suis journaliste, j’ai presque 30 ans. Comme des milliers de gens chaque année, hommes et femmes, en France, des dizaines chaque jour, j’ai été violée. C’est à dire qu’un homme a pénétré mon corps alors que je ne le voulais pas. C’était en 2007, au cours d’une année à l’étranger en Amérique du Sud. Une soirée dans une grande maison. Un ami d’amis d’amis.

Comme la plupart des gens dans ce cas-là, je n’ai pas porté plainte. Pourquoi ? D’abord, parce que j’étais détruite. Les conséquences d’un viol sur la personnalité sont douloureuses et tenaces.

Se laver, encore et encore

Pourquoi je lui ai pas foutu un coup de pied dans les couilles, bordel ? Pourquoi j’ai pas crié ? Quelle conne !

La réaction physique est immédiate. La douche ! Se laver, encore et encore. Trois fois par jour. L’objectif est clair : enlever les traces, frotter, nettoyer, oublier ce qui s’est passé. Mais le sentiment étrange de se sentir sale reste quand même omniprésent. Mon corps me dégoûte, je voudrais m’en séparer. Il me met trop mal à l’aise.

Dépression. Je ne mange plus, je n’arrive plus à me regarder dans la glace, je suis moche. A ce stade, il n’y a aucun mot à mettre sur ce mal-être. Le mot « viol » ne vient pas forcément à l’esprit. C’est le silence, la honte et la boule au ventre qui s’imposent. Le sentiment d’être une dépravée qui a laissé son corps à n’importe qui, d’être une moins que rien qui s’est laissé faire sans rien dire, d’être faible.

Mais surtout ne pas en parler, à personne. Ça va passer.

Et si je l’avais un peu voulu, aussi ?

Et les images reviennent, violemment. J’aurais pu le frapper là, et à tel moment. Comment je n’ai pas anticipé ? Je lui avais dit que je ne voulais pas. Mais il a insisté. Il a peut-être cru que je le draguais. Je lui avais souri en arrivant, peut-être. Ça s’est passé tellement rapidement, j’ai rien compris.

C’était un ami d’amis d’amis, je ne le connaissais pas il y a trois heures. Il m’avait coincée dans un endroit isolé. Je me rappelle m’être dit : « Si je refuse, il va me frapper ou me faire mal. » Il avait cette emprise physique, cette menace, je sentais bien que j’étais devenue une chose, un objet, je ne voyais pas d’échappatoire.

J’ai voulu oublier, mais le film est repassé devant mes yeux. Et insidieusement, tout doucement, j’en étais convaincue : le coupable, c’était moi. J’ai rien fait, j’en étais incapable, comme si j’avais plus la maîtrise de mes muscles. « Et si je l’avais pas un peu voulu, aussi ? », c’est ce que j’ai fini par penser. J’en devenais folle, honteuse.

Le mal-être de ne plus assumer sa sexualité

Après coup, après deux ans de psychothérapie aussi, je le vois comme un instinct de survie. En danger, le corps s’est séparé de l’esprit. J’ai voulu faire abstraction, me faire passer pour morte pendant quelques secondes.

C’est un peu comme si on m’avait braquée dans la rue pour mon portefeuille. Par peur de représailles, j’aurais donné ma carte de crédit sans hésiter, en me disant que je serais au moins rentrée sauve. Là, j’ai sacrifié mon vagin, pensant réussir à me sauver moi-même. J’ai eu du mal à me récupérer.

De ce mal-être physique, c’est un mal-être plus profond qui s’installe. Celui ne plus assumer sa sexualité et donc sa féminité. Pendant des années, la sexualité me dégoûtait, je refusais d’être une femme. Mettre des talons, me maquiller, bien m’habiller, c’est être une « pute ».

Une blessure profonde à surveiller de près

Pas question non plus de regarder un garçon dans les yeux, de lui sourire. Je pensais ça de moi, pas des autres femmes que j’admirais d’assumer aussi fièrement leur féminité.

Aujourd’hui, tout doucement, je réapprends le plaisir de séduire, de me faire belle, sans avoir le sentiment que c’est un appel à la séduction, que c’est mal. Sentir le regard des hommes sans le prendre comme une menace mais comme un compliment.

Faire l’amour avec confiance et plaisir, je pensais plus que c’était possible. Même s’il m’a enlevé pour toujours l’insouciance de complètement s’abandonner au désir, le salaud. Maintenant, ce viol reste pour moi une cicatrice. J’y repense régulièrement mais comme une guerre passée, une blessure profonde qu’il faut toujours surveiller de près.

Un psy en CDI

Pourquoi ne pas avoir porté plainte ? Parce que c’était extrêmement compliqué à l’étranger. Sur le moment, le consulat m’a conseillé de ne pas bouger. Parce que je ressentais aussi ce regard méprisant, confirmé aujourd’hui par certains qui l’affirment haut et fort, et dont je me suis longtemps persuadée moi-même. « Y a pas mort d’homme. » C’est juste une très mauvaise expérience.

Et maintenant ? Trop dur, trop pénible. J’ai mis trop de temps à m’en remettre. La honte, ensuite, d’exposer son intimité. Et puis savoir qu’on va remettre en doute tout ce que je dis alors que cette histoire m’a fait moi-même perdre toute confiance, ça pourrait me détruire à nouveau.

En plus, il va falloir donner des preuves, écarter les cuisses. Ça veut dire quoi concrètement ? Déjà que j’ai eu du mal à réassumer mon corps, alors le dévoiler à tout le monde…

Et lui ? Qu’est-ce qu’il dirait ? Sûrement que j’étais consentante, que c’était il y a longtemps, que c’était qu’un coup comme ça, pas besoin d’en faire un drame. Et je devrais justifier que je ne suis ni une fille facile, ni une petite mijaurée, ni une naïve trop sensible, ni même une allumeuse, une chaudasse, une salope… J’aurais plus qu’à réengager mon psy, en CDI cette fois.

Je n’ai plus assez de forces pour convaincre un tribunal

J’aimerais bien le revoir cet homme. Lui foutre un et même plusieurs bons coups de pieds dans les couilles maintenant, en face à face, ça me ferait sincèrement plaisir. Mais j’ai pas la force d’affronter un tribunal et tous ces regards pour me demander si je n’étais pas consentante, si je ne l’avais pas cherché un peu.

Je sais que toutes ces questions seraient légitiment posées devant un tribunal, mais j’ai déjà assez lutté contre moi-même, assez gâché de mouchoirs chez le psy pour me convaincre que j’étais victime et que ce qui s’est passé est grave, j’ai plus assez de forces pour convaincre un tribunal et des mentalités.

Autour de moi, peu de personnes connaissent mon histoire. Personne, dans mes amis, ne se doutera que je puisse être l’auteure de ce témoignage. Parce que ça ne se voit pas sur mon front ! Pour eux, je suis juste une fille qui sort d’une longue déprime, qui est beaucoup plus jolie épanouie, et qui va très bien maintenant. Je fais de mon mieux pour que ça le reste.

Laure_TA est un pseudonyme.

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  • Jean-Jacques M’U
    Jean-Jacques M’U
    Enseignant de Lettres modernes (...)
    • Posté à 19h00 le 02/06/2011
    • Expert 145384
      Enseignant de Lettres modernes (...)

    Bonjour. Sensible à votre témoignage.
    Une jeune femme de votre âge ou guère plus, violée par des parents durant son adolescence, m’a confié qu’il lui avait fallu porter plainte et, pendant six longues années de procédures jusqu’au procès, tenir tête à sa famille entière. Que, durant toute cette période, elle aura presque autant souffert des faits pour lesquels elle estait en justice que de ces réactions-là, et de ces peurs, et de ces colères, chez ses proches, sceptiques ou partisans. Aujourd’hui, c’est fini. Il a été condamné. Il a reconnu les faits. Elle se sent libérée. C’est lui qui doit, depuis lors, porter le tourment des insomnies et le poids du regard des autres, de leurs silences et de leurs paroles, de leurs éloignements.

    Chaque expérience est unique, je sais. Comparaison n’est pas raison, et vous y avez sans doute pensé, on vous aura certainement évoqué des expériences et des décisions similaires. Je n’ai rien d’autre à ajouter.
    Si ! ... Je ne sais pas pourquoi, moi qui n’ai jamais souffert de ça, jamais connu ça autour de moi, ça me bouleverse beaucoup plus qu’aucun autre crime au monde, et pourtant, question tortures et humiliations, les hommes sont pleins de ressources pour atteindre les autres ! ... Peut-être au fond, faut-il que des femmes osent dire ce que vous dites pour que l’humanité prenne conscience de ses responsabilités.
    D’autres sensibilités s’installent, grâce à la parole de gens comme vous. Merci.
    Jean-Jacques M’µ

  • Di
    Di
    • Posté à 19h11 le 02/06/2011
    • Internaute 8231

    On sent la sincérité dans ce témoignage simple, bien exprimé et très courageux.
    Vous vous sentez peut être pas « porte parole de qui que ce soit », mais vous l’êtes malgré vous car votre cas et votre réaction : « je le vois comme un instinct de survie. En danger, le corps s’est séparé de l’esprit. » ressemble à beaucoup d’autres. Je ne doute pas qu’il aidera beaucoup de femmes. Merci !

  • Alice007
    Alice007
    familiale ?
    • Posté à 19h17 le 02/06/2011
    • Internaute 153244
      familiale ?

    Merci Laure pour votre témoignage. Je me reconnais souvent dans ce que vous dites. Je vous souhaite beaucoup de courage.

    Je n’en ai jamais parlé en public, mais c’est l’occasion alors je me lance (vive l’anonymat du Net)

    En ce qui me concerne, j’avais 16 ans, j’étais ivre, et c’était un animateur de l’hôtel où je passais mes vacances avec mes parents.
    Pourquoi je ne porte pas plainte ? Parce que je ne peux pas, tout d’abord. C’était à l’étranger, moi aussi.
    Bien sûr, j’ai envie parfois... J’ai envie d’être devant un juge, et d’expliquer que non, je n’étais pas consentante. J’ai envie de le clamer haut et fort. Je me fiche que mon agresseur « paye ». Ça n’a aucune importance pour moi. Ce qui compte pour moi, c’est que la justice, et donc la société, reconnaisse qu’il s’agissait d’un viol. Peut-être que l’agresseur le comprenne aussi. Ce que je voudrais, c’est une reconnaissance : non, tu n’es pas coupable. Le coupable, c’est lui. Alors pourquoi pas ? Parce que je ne fais pas confiance en la justice. Je ne crois pas, étant donné les circonstances, à une possibilité d’obtenir gain de cause. Je les entends déjà, les arguments : pourquoi vous l’avez suivi si vous ne vouliez pas ? Pourquoi vous ne vous manifestez que maintenant ? Pourquoi, quand vous en avez parlé à quelques amis, vous n’avez pas parlé de viol mais de relation sexuelle consentie ? Et n’êtes-vous pas féministe (je rappelle que c’était un des arguments utilisés pour décrédibiliser la parole d’une des femmes ayant accusé Julian Assange de viol) ? Et il faudra se justifier. Ce serait moi la mise en accusation, et ce serait à moi de me défendre. Me défendre d’avoir trop bu, de m’être « laissée faire », d’avoir commencé un flirt sans avoir voulu aller jusqu’à la relation sexuelle. J’ai moi-même mis beaucoup de temps à considérer cela comme un viol, je ne peux même pas en vouloir à ceux qui ne le croiraient pas. En fait, les choses sont simples : y avait-il consentement ? La réponse est évidente : non. Il n’y avait pas consentement, je ne voulais pas coucher avec lui, et je lui avais dit, clairement, plusieurs fois. Le reste ne devrait pas compter. Pourtant, je sais que devant un juge, ça compterait.

    Et puis, faire un procès, ça implique de le rendre public. Être considérée, peut-être à vie, comme une victime. Attention, que les choses soient claires : je me considère moi-même comme une victime dans cette affaire. Mais victime d’un crime précis, par un agresseur précis, à un moment précis. Je ne suis pas une victime à vie. Je refuse d’être enfermée dans ce statut. Je sais le regard que la société porte sur les victimes de viol : des femmes sans ressource, condamnées à ne plus avoir de relation amoureuse ou sexuelle normale. Plus personne n’osera me faire des blagues sur le viol ou sur l’alcool. Alors que j’ai envie qu’on continue de m’en faire ! J’ai envie qu’on me traite comme tout le monde, je ne veux pas de traitement différencié. Je ne veux pas que, lorsque j’ai une discussion politique sur ce sujet, on me renvoie à mon expérience personnelle.

    Pourquoi j’en ai parlé en tant que relation sexuelle consentie à des amis après ? Pourquoi j’ai mis autant de temps à considérer cela comme un viol ? Je ne sais pas. Pendant des années, j’ai plus ou moins occulté cet événement. En fait, c’était toujours présent dans un coin de ma tête. Quand on me parlait de viol, j’étais toujours mal à l’aise. J’avais besoin de mettre un mot dessus, mais je n’arrivais pas. Pour moi, un viol, c’était dans une ruelle sombre, avec un inconnu. Pas avec un homme qu’on avait embrassé, avec lequel on avait flirté. Et puis je ne me suis pas débattue. Pendant longtemps, j’ai cru que puisque j’étais inconsciente, ça signifiait que j’étais consentante. Même si j’avais dit non, même si, au moment où l’alcool cessait de faire son effet et que j’ai réalisé ce qu’il se passait, je l’ai repoussé, je me suis mise à pleurer, je me suis traitée de salope. Dès le début, c’était moi la responsable, celle qui ne savait pas se protéger, celle qui se mettait en danger, celle qui avait trop bu parce qu’elle était mal et qui avait bien réussi à s’en faire. Je l’avais bien cherché.
    Et puis j’ai toujours refusé que cela ait une quelconque implication sur ma vie. J’ai couché avec des hommes, j’ai eu des relations amoureuses. Là aussi, je ne correspondais pas à l’image que je me faisais d’une fille violée. Même maintenant, je me sens coupable d’aller aussi bien quand d’autres sont détruites. Mauvaise fille d’abord, et mauvaise victime ensuite. J’ai longtemps continué de boire. J’ai eu des coups d’un soir. C’est seulement quelques années après que je ne me suis plus sentie en sécurité quand j’étais ivre. J’ai mis du temps à comprendre que c’était à cause de ça. A présent, je retrouve un peu le plaisir de boire un verre ou deux.
    Des conséquences ? C’est rare mais parfois -j’en ai honte- je ne me sens pas en sécurité avec un homme, même si c’est un ami. Je vis mal de ressentir le désir d’autrui sur moi (en-dehors de mon compagnon). C’est toujours moi qui drague, l’inverse n’est pas sécurisant. J’ai aussi fait une dépression, deux ans plus tard. J’ai toujours des problèmes d’angoisses. Mais est-ce que ça vient vraiment de là ? Après tout, j’étais déjà une enfant très angoissée... Impossible de savoir ce qui relève de ma personnalité et dans quelle mesure cet événement l’a modifiée. S’il y a une chose dont je suis sûre, c’est que ça m’a coupée de mon ressenti. Pendant des années, je ne savais pas ce que c’était, je ne savais pas ce que je ressentais, ni pourquoi. J’ai du mal à me retrouver.

    Il y a une chose qui m’agace particulièrement dans ce qu’on entend sur le viol, c’est quand on en parle comme un trop-plein de désir. Ça n’a rien à voir. Mon agresseur était un séducteur, il était beau, il pouvait avoir toutes les relations sexuelles consenties qu’il voulait. Il n’était pas du tout dans une situation de « misère sexuelle ». Le viol, c’est pas ça. Le viol, ça veut dire je me fiche de ton consentement, ça ne m’intéresse pas. Je prends ton corps sans ta permission, il m’appartient, il n’est plus à toi.

    Récemment, à un repas de famille, mon père lance que seuls les « cas sociaux » sont violés. J’entends aussi dire que si Tristane Banon avait vraiment vécu ce qu’elle prétend avoir vécu, elle n’en parlerait pas de façon aussi détachée. J’entends Marcela Iacub dire que le consentement, ce n’est pas évident, et trouver anormal qu’on considère que si la femme est ivre, il s’agit d’un viol. A chaque fois, je le prends pour moi. C’est ce qui m’attend si je parle. Ce sont ces jugements de valeur qui m’attendent et que je ne me sens pas le courage d’affronter.

  • nath83
    nath83
    profession libérale
    • Posté à 19h29 le 02/06/2011
    • Internaute 158649
      profession libérale

    Bonjour,
    Voici un moment que je vous lis.

    Mon histoire est simple. J’ai été violée par deux garçons de ma classe le soir de la fête du bac. Je me suis débattue mais en vain. Je suis rentrée chez moi, au petit matin, toute abîmée et pleine de sang. Ma mère m’a vue, toute sale. Je crois qu’elle a eu peur. Elle m’a mis deux claques. Je me suis enfermée dans la salle de bain. Nous n’en avons plus jamais parlé. J’ai cru comprendre plus tard qu’elle avait dû vivre une histoire similaire dans sa jeunesse, mais je n’en suis pas sûre.

    J’ai poursuivi mes études. Je me suis nourrie de littérature, ma planche de survie, puis de voyages. J’exerce aujourd’hui une profession de soin. J’ai quatre fils magnifiques et mon mari est le meilleur des hommes. J’ai 40 ans et je suis heureuse.

    Au fil des ans, j’ai côtoyé de nombreuses personnes. Je ne suis pas « psy’, mais j’ai une écoute empathique et les gens se confient facilement. J’ignore comment sont réalisées les statistiques, mais il me semble que le nombre de femmes (surtout) et d’hommes qui ont été victimes d’agression sexuelle est sous-évalué. Sur le nombre, je ne connais personne qui ait témoigné, à part une copine de classe : elle a trouvé la force de dénoncer son père (professeur) qui abusait d’elle lorsqu’il a voulu s’attaquer à ses petites sœurs… D’ailleurs, c’est le constat que j’ai pu faire à de nombreuses reprises : j’ai eu un peu de chance dans mon malheur. Au moins, ce n’était pas quelqu’un de la famille….

    Juste un mot pour finir : la complaisance que les français ont témoigné lors de l’affaire DSK m’a atterrée. “ L’affaire DSK …Ah, ah, ah ”…Les gros rires des hommes, les sourires en coin de quelques dames. Même ma mère, elle a rit. Ca me fait de la peine, ça fait des jours que ça me déchire, à chaque fois qu’on en reparle. D’autant que cette histoire, c’est le cliché de toutes les oppressions du monde : les hommes contre les femmes, les riches contre les pauvres, les noirs contre les blancs.
    Et on rigole ? Moi, ça me fait pleurer.

  • Alice007
    Alice007
    familiale ?
    • Posté à 19h41 le 02/06/2011
    • Internaute 153244
      familiale ?

    Je voudrais aussi rajouter que les victimes peuvent contacter le Collectif féministe contre le viol qui a une permanence téléphonique, du lundi au vendredi de 10 à 19 heures, appel gratuit pour toute la France : 0 800 05 95 95

    Je me souviens très bien du jour où je les ai appelés, les larmes aux yeux et la voix tremblante, et du grand sourire que j’avais aux lèvres en raccrochant. :) Elles font un travail formidable. C’est anonyme, et on peut les rappeler autant de fois que nécessaire. Il y a aussi des groupes de parole, mais il me semble que c’est uniquement en région parisienne.

  • capuchonvert
    capuchonvert
    citoyen
    • Posté à 20h02 le 02/06/2011
    • Internaute 158659
      citoyen

    Laure,

    J’ai honte d’être un mec quand je te lis et j’ai envie de te partager que si ça pouvait te consoler moi aussi j’irai bien le pendre par les couilles cet animal !

    Si ton témoignage est important pour toi il l’est aussi pour nous les mecs, pour qu’on se rappelle et qu’on rappelle à nos ptits gars que rien ne justifie une relation non consentie... que c’est tellement beau et bon une relation partagée !

    Puisses te regarder dans la glace en te disant que ton article me fait du bien, me renvoie à mes propres relations à l’autre et que tu as du cran pour l’écrire comme cela ! Ton article, au delà de la douleur que tu as pu vivre, me permet de rester humain et non un animal... Bon sang si on pouvait à chaque fois rappeler à nos enfants combien le viol est une saloperie et que la vie est bien + belle quand on se respecte !

    Je t’envoie plein d’énergies renouvelables pour te dire que tu es une femme qui a du cran et que tu dois être géniale pour savoir poser de cette manière ce viol !

  • citoyendelaterre
    citoyendelaterre
    citoyendelaterre
    • Posté à 21h01 le 02/06/2011
    • Internaute 147396
      citoyendelaterre

    vous faites déjà beaucoup en écrivant ce témoignage.
    d’autres viendront témoigner et ce sera important pour tous.
    à tout moment vous pouvez contacter des associations qui luttent contre cette ignominie et ne croyez surtout pas que ce sont des bonnes soeurs ou qu’elles vous inciteront à porter plainte ;
    non, vous pourrez d’ailleurs aider d’autres personnes à votre tout, rien qu’en parlant comme vous venez de le faire.
    quand on sait que l’on ne veut pas et que l’on est contraint c’est un viol, même si on pense n’avoir rien fait pour l’éviter. notre corps lui le sait.
    bonne continuation.

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