Tribune 31/05/2011 à 11h25

Le vaccin contre la rougeole, une nécessité à relativiser

Anny Poursinoff | Députée Europe Ecologie - Les Verts

La France et d’autres pays comme la Suisse connaissent une forte recrudescence de la rougeole avec de nombreux cas chez les adultes et les très jeunes nourrissons et de fréquentes hospitalisations. Ainsi, d’après les données de la DO (déclaration obligatoire), il a été recensé 604 cas en 2008, 1 544 en 2009, 5 021 en 2010 et déjà plus de 3 700 pour janvier-février 2011.

En 2010, 8,3% des cas étaient des nourrissons de moins d’1 an, parmi lesquels 38% ont été hospitalisés et 34% des cas étaient des adultes de plus de 20 ans parmi lesquels 47% ont été hospitalisés. C’est dire la gravité de la rougeole dans ces deux groupes d’âge.

La vaccination est-elle la solution à ce problème ? Prévention rime-t-elle toujours avec vaccination ? Il semble que nous ayons perdu la mémoire. Résumons le fil de l’histoire.

► Dès 1950, à propos d’un éventuel vaccin contre la rougeole qui n’existait pas encore, l’OMS écrivait :

« Son emploi devrait être limité à moins qu’il ne soit prouvé qu’il confère une immunité pour toute la vie au prix de risques très restreints. Une méthode assurant une immunité de quelques années seulement aurait pour effet de retarder l’apparition de la maladie (alors que c’est pendant la seconde enfance qu’elle présente le moins d’inconvénients et de dangers) jusqu’à l’âge adulte, où elle a un caractère plus sérieux. »

► Dans les années 70, on pouvait lire dans la presse médicale (revue Le Concours médical) :

« La rougeole, une des maladies dites bénignes de l’enfance, mérite pleinement cette appellation en France. »

Ou encore, sous la plume du professeur Bastin :

« Il est évident qu’une vaccination générale fait courir le risque de rougeoles d’adulte et de rougeoles du nouveau-né plus graves ; cette vaccination ne doit pas être systématique. »

Dix décès en 1987, mais un vaccin français

► En 1983, la rougeole étant devenue subitement, selon Le Quotidien du médecin, une maladie grave aux lourdes conséquences. Cette année-là, comme par hasard, l’Institut Mérieux mettait sur le marché un vaccin mixte rougeole-rubéole, et une grande campagne d’incitation à la vaccination commençait.

Quelle était donc la situation à l’époque ? L’annuaire statistique de la France montre que la mortalité par rougeole avait diminué de 99,6% entre 1906 et 1983 malgré une augmentation de la population de 33%. En 1987, avec une couverture vaccinale d’à peine 10%, il y eut dix décès. Etait-ce un problème majeur de santé publique ?

L’élargissement de la couverture vaccinale a réduit la circulation du virus sauvage et les rappels naturels qu’elle permettait ne se font plus, d’où la survenue de rougeoles chez les adultes ; les nourrissons, quant à eux, sont également exposés car ils ne reçoivent plus d’immunité de leur mère. A-t-on vraiment eu raison de ne pas tenir compte des mises en garde du corps médical d’il y a 35 à 60 ans ?

Comme pour le BCG, une conférence de consensus est nécessaire

Il reste à faire le bilan des politiques vaccinales mises en place depuis des décennies : il s’agit d’évaluer objectivement l’évolution épidémiologique de la maladie et de ses complications, mais aussi de recenser réellement les accidents vaccinaux, avec un système de recueil des données fiable.

Une conférence de consensus a été organisée sur le vaccin antituberculeux et a abouti à lever l’obligation légale de vaccination pour l’ensemble de la population. Il est temps de mettre en place une mission de l’Office parlementaire des choix scientifiques et techniques sur le bilan de chaque vaccination et il est particulièrement pertinent aujourd’hui d’organiser une conférence de consensus sur la vaccination contre la rubéole et la rougeole.

Avec Michel Georget, agrégé de biologie, auteur de l’ouvrage « Vaccinations, les vérités indésirables » et Jean-Luc Veret, responsable de la commission santé d’Europe Ecologie - Les Verts.

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  • bengatar
    • Posté à 11h50 le 31/05/2011
    • Internaute 12236

    Bonjour,

    J’ai pas vraiment compris la thèse de l’article ! ?

    Faut il selon vous rétablir la vaccination systématique de la rougeole ou au contraire la combattre ?

    C’est très bien de nous mettre l’hstorique dès 1950 mais qu’en est il aujourd’hui ? Les vaccins ont ils évolués ? sont ils efficace « à vie » maintenant ou sont ils toujours à efficacité restreinte ? ?

    Quelle est la prévalence de cette maladie de nos jours ?
    En France ? dans le Maghreb et l’Afrique Subsaharienne ?
    (car parfois, les décisions de santé publique prennent ces données en compte compte tenu de l’immigration)

    voili voilo....

  • damienl
    damienl
    Chercheur
    • Posté à 12h36 le 31/05/2011
    • Expert 101560
      Chercheur

    Tout les paradoxes des Verts dans cet article. D’un côté, on doit écouter les scientifiques lorsqu’il s’agit de réchauffement climatique (que, notez bien, je ne nie absolument pas). S’il y a consensus, c’est qu’il y a de bonnes raisons, il ne faut pas être obscurantiste, etc.

    De l’autre, lorsqu’il s’agit de vaccins, le consensus scientifique ne vaut plus rien et l’on constate l’utilisation de tactiques similaires à celles utilisées par ceux qui nient la réalité du réchauffement climatique. Ressortir de vieilles études et coupures de presse (innocuité de la maladie pour les uns, « global cooling » pour les autres), théorie du complot de la communauté scientifique (à la solde des fabricants de vaccins pour les uns, de l’État qui finance les recherches pour les autres), etc.

    On ne comprend pas bien le but de la citation de l’OMS qui, comme l’article l’indique, date d’avant l’introduction d’un vaccin. Et qui n’apporte rien à la discussion vu que les vaccins RRO confèrent une immunité permanente.

    « les nourrissons, quant à eux, sont également exposés car ils ne reçoivent plus d’immunité de leur mère ». Il me semble (mais je ne suis pas médecin) que, le vaccin RRO étant issu d’agents vivants atténués, la réponse du système immunitaire est la même que s’il était en contact avec le vrai pathogène. Ce qui signifie que si la mère a été vaccinée (ce qui est une bonne idée étant donné que le vaccin protège également contre la rubéole), elle conférera la même immunité à son enfant. Immunité qui ne dure de toute façon que quelques mois : le risque se situe entre le moment où l’enfant perd cette immunité passive et peut être vacciné. Et c’est là que l’immunité grégaire joue un rôle important.

    Notons également que, en utilisant les sources citées par l’article (la DO), on voit bien que cette recrudescence est plus due à la non-vaccination qu’à l’excès de vaccination. Lorsque l’on connait l’état vaccinal des personnes qui ont été contaminée, on observe que 82% des nouvelles contaminations se sont faites chez des gens non vaccinés. L’essentiel des autres contaminations se font chez des gens qui n’ont jamais reçu le rappel (vaccination imparfaite). Seuls 2% des cas étaient des gens qui avaient reçu les deux doses.

  • irenedelse
    • Posté à 15h44 le 31/05/2011
    • Internaute 17435

    Par pitié, Rue89, ça ne pourrait pas cesser, la crédulité face au tribunes des anti-vaccinistes ? Cet article est du F.U.D. pur et simple (dois-je suggérer de googler le concept de « Fear, Uncertainty, Doubt » et son rôle dans les stratégies de communication...) qui, comme l’a bien fait remarquer damienl, se perd dans les contradictions.

    « La France et d’autres pays comme la Suisse connaissent une forte recrudescence de la rougeole avec de nombreux cas chez les adultes et les très jeunes nourrissons et de fréquentes hospitalisations. »

    Tiens, tiens, comme c’est bizarre... Une recrudescence qui se manifeste d’abord dans les familles qui n’avaient pas fait vacciner leurs enfants, et dans les écoles où sont scolarisés ces enfants ! Utiliser cette recrudescence comme pour arguer que le vaccin serait inefficace et donc inutile ( ? ?) est soit de l’ignorance, soit un travestissement volontaire de la vérité.

    Je laisserai le bénéfice du doute à l’auteur de l’article, mais je lui conseille dans ce cas de se renseigner avant de publier !

  • CIXI
    • Posté à 16h15 le 31/05/2011
    • Internaute 14149

    Dieux ce qu’il ne faut pas lire comme conneries parfois !

    « En 1987, avec une couverture vaccinale d’à peine 10%, il y eut dix décès. Etait-ce un problème majeur de santé publique ? “
    * Et bien oui Madame la Députée, il s’agit d’un problème de santé majeur.
    Petit extrait extrait du communiqué de l’OMS de mars 2011 :
    ‘La plupart des décès liés à la rougeole sont imputables à des complications d’ailleurs plus fréquentes chez les enfants de moins de 5 ans et les adultes de plus de 20 ans.

    Les complications les plus graves dues à la maladie sont notamment la cécité, l’encéphalite, des diarrhées graves et la déshydratation qui s’ensuit, des infections auriculaires et des infections respiratoires graves comme la pneumonie. Jusqu’à 10% des cas de rougeole s’avèrent mortels chez les populations atteintes de niveaux élevés de malnutrition et ne pouvant recevoir des soins de santé adéquats.

    La rougeole reste l’une des principales causes de décès chez les jeunes enfants dans le monde, malgré la disponibilité d’un vaccin sûr et efficace.’

    Alors Madame la Députée, vous ne voyez toujours pas pourquoi il s’agit là d’un problème de santé public ? Parce que, bien sûr, en France nous n’avons pas de problème de malnutrition, n’est-ce pas ? Voilà bien longtemps que la rougeole ne tue plus MASSIVEMENT chez nous.

    Oui, mais voilà, ça tue massivement AILLEURS. Et la rougeole ne demande pas sa carte d’identité française à celui qu’elle contamine. Un français malade peut contaminer une autre personne extra-nationale, qui en contaminera une autre, puis encore une autre, répandant le virus, le faisant voyager dans le monde ENTIER.

    Et si en France, attraper la rougeole ne s’avère pas trop méchant (quoi qu’en terme de coût, ce soit différent), c’est une toute autre histoire lorsque, mettons au hasard.. le petit cousin malien, après des vacances en France, rentre chez lui alors qu’il est en période d’incubation.

    Vous voyez, on ne se vaccine pas vraiment pour soi, Madame la Députée, mais surtout pour protéger les autres en s’empêchant de devenir un vecteur de la maladie.

    Et, selon l’OMS, la France à cause de son épidémie de rougeole mal maîtrisée est responsable de ‘petites flambées dans d’autres pays, à la fois dans la Région et ailleurs’.

    Lien

    Notre couverture de vaccination contre la rougeole est mauvaise. selon l’InVS, en 2005-2006, seulement 44% des enfants de moins de 6 ans avaient eu la double injection. Or on sait qu’une vaccination de 95% de la population peut à terme permettre la disparition de la maladie comme c’est le cas en Amérique du Nord et du Sud.

    Donc oui c’est un problème de santé public ! Un peu de sérieux !