A la une 29/05/2011 à 10h40

Pourquoi et comment un simple concombre peut tuer

Jean Desmaison | Riverain


Des concombres (La Grande Farmers’ Market/Flickr/CC)

Samedi, ayant passé huit heures dans une cabine de tracteur pour aider mon voisin à rentrer ses bottes d’enrubannage, j’ai eu le loisir d’écouter la radio et j’ai appris qu’une bactérie tueuse et mystérieuse sévissait en Europe sous le nom d’EHEC, ou « escherichia coli entéro-hémorragique ». Elle provoque des hémorragies du système digestif et parfois des troubles rénaux extrêmement grave.

Cette bactérie a commencé à semer la panique en Allemagne, où dix personnes seraient mortes et mille autres malades selon le site d’un quotidien de Hanovre. En France, trois personnes ont été hospitalisées en Bretagne ; deux d’entre elles auraient transité par l’Allemagne.

Des cas ont été relevés également en Suède, au Danemark, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en Autriche et en Suisse. Des analyses devraient confirmer si elles sont bien atteintes par ce germe. En cause, des concombres cultivés en Andalousie, entre Malaga et Almeria. Mais en Allemagne, certaines patientes n’auraient jamais mangé de concombre...

Au choix : infection urinaire, typhoïde, dysenterie

Le petit nom de « coli » m’a fait tout de suite penser à « escherichia coli » (prononcer « échérichia coli »), connue aussi sous le nom de « E. Coli » ou de « colibacille », que ceux qui ont eu une infection urinaire connaissent sûrement. E. Coli est un bacille de la famille des entérobactéries, très commun : nous en avons tous (humains comme mammifères) en grande quantité dans les intestins.

Cependant, certaines souches fabriquent des toxines proches de celles générées par d’autres entérobactéries, comme les « shigella » (dysenterie) ou les « salmonella » (typhoïde).

A partir d’une culture de bactéries, on peut identifier très facilement une souche pathogène connue grâce à des solutions d’anticorps : ces dernières agglutinent en quelques secondes si la souche possède l’antigène. Il y a essentiellement deux types d’antigènes :

  • les O (somatiques, de paroi)
  • les H (de flagelle)

La souche qu’on retrouve dans les concombres incriminés est un E. Coli O157 : H7, qui provient en général de l’intestin des bovins, une souche très bien connue et responsable d’entéro-infections le plus souvent chez les enfants très jeunes. Il y a donc eu très probablement une contamination des cultures de concombres par des excréments de vaches.

Une bactérie championne du monde de la reproduction

E. Coli a une particularité exceptionnelle : dans des conditions optimales, il se divise toutes les vingt minutes. A partir d’un bacille à qui on donnerait suffisamment à manger, on aurait une couche de plusieurs mètres recouvrant toute la planète au bout d’un an...

Une mauvaise conservation ou un lavage insuffisant des concombres suffisent à expliquer la prolifération de ce champion du monde de la reproduction. L’ingestion d’une grande quantité du bacille provoque une rapide prolifération intestinale, avec des conséquences graves : le nombre important de toxines hémorragiques produit peut entraîner, si le patient n’est pas soigné rapidement, un état catastrophique.

Cité par Le Parisien, qui reprend un article du quotidien allemand Die Welt, Reinhard Brunkhorst, président de la Société allemande de néphrologie et praticien à Hanovre (Basse-Saxe), estime :

« Cette forme de la bactérie Eceh est beaucoup plus grave que la grippe porcine. Parmi les malades, il y a des femmes de 20 à 30 ans qui étaient en parfaite santé jusqu’ici. »

Parmi ses patientes, « certaines n’ont jamais mangé de concombres ». Pour lui, il y a un autre vecteur en cause, ce qui lui fait croire qu’il se passe là quelque chose d’unique en Allemagne et en Europe.

La clinique universitaire d’Eppendorf, à côté de Hambourg, où a été enregistré l’un des décès de samedi, a annoncé avoir mis en place un nouveau traitement pour les patients les plus sévèrement touchés.

« Il s’agit d’un anticorps qui doit mieux lutter contre les modifications neurologiques et les dommages infligés aux reins », explique le professeur Rolf Stahl dans le MorgenPost, reconnaissant qu’il ne saura « que dans quelques semaines si ce traitement est efficace ».

Avec Blandine Grosjean

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  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 13h02 le 29/05/2011
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    et si cette épidémie c’était pour dire que les exportations espagnoles ne sont pas bonnes, histoire de contrer « Democracia Real Ya » qui prend de l’ampleur dans plusieurs pays européens ?

    Sacrés espagnols ! la contre révolution avance masquée ...

    puisqu’il faut combattre le mal par le mal, si on essayait un ragout de vache folle aux concombres cuits dans de l’huile espagnole soigneusement gardée depuis 1981 ?

  • wintay
    wintay
    enseignant
    • Posté à 15h34 le 29/05/2011
    • Expert 74519
      enseignant

    Ici au Québec, on a des échos d’événements semblables chez nos voisins américains plusieurs fois par années. Mais les concombres sont rarement incriminés. Ce sont les laitues et les fraises californiennes qui sont les plus souvent contaminées. On nous précise habituellement la source de la contamination : les matières fécales HUMAINES. Les travailleurs agricoles qui bossent dans les fermes de la Californie n’ont pas toujours accès à des installations sanitaires décentes.

  • Theodore
    Theodore
    directeur technique
    • Posté à 15h54 le 29/05/2011
    • Internaute 57357
      directeur technique

    Revenons aux bonnes pratiques de mon enfance en afrique
    rinçage systématiques des fruits et légumes à consommer crus au permenganate de potassium , congélation systématique des viandes et poissons frais (ça tue les vers et quelques bactéries).
    Mais basiquement la plupart de problèmes sont liés à nos pratiques domestiques (tempé frigo trop haute, décongélations « sauvages », manque d’hygiène, qui se lave systématiquement les mains avant de préparer ?), nombre de mères stérilisent les biberons mais ne se lavent pas les mains et ne nettoit jamais la cuillère doseuses (incubateur parfait).
    Enfin un truc pour ceux que cela gonfle, un petit tour de légumes frais au lave vaisselle programme BT ;
    Enfin un auteur américain célèbre avait prophétisé la chose dans un de ses romans (toxine de R.Cook)

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon répond à wintay
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 15h59 le 29/05/2011
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Z’en ont d’la chance aussi les Haïtiens contaminés par les déjections
    des forces militaires onusiennes (ou des casques bleus) non traitées.

    Ils ont une longueur d’avance : Morts du Choléra, ...certains ne risquent plus d’être contaminés par l’E.Coli du concombre.

  • Tariec
    Tariec
    « Radio Paris ment », « Radio (...)
    • Posté à 16h14 le 29/05/2011
    • Internaute 37287
      « Radio Paris ment », « Radio (...)

    « E. Coli a une particularité exceptionnelle : dans des conditions optimales, il se divise toutes les vingt minutes. A partir d’un bacille à qui on donnerait suffisamment à manger, on aurait une couche de plusieurs mètres recouvrant toute la planète au bout d’un an… »

    Whaouuuu, E.Coli plus fort que les algues vertes.

    Bon sinon, on va encore tous mourir, c’est ça ?
    On n’arréte pas de mourir dans cette société hygiéniste : un coup c’est la fellation/cuni, un autre la grippe Porcine ou autres cousines à Bachelot, hier et demain Fukishima et maintenant l’invasion du E.Coli...

    Bon ben du coup, je peux m’allumer une clope... ?