Surprise ! Pôle emploi vous avait caché l'allocation équivalent retraite
Mais qu’est-ce que l’Allocation équivalent retraite (AER), cette mesure d’aide destinée aux seniors au chômage qui n’ont pas encore l’âge de prendre leur retraite ? Des témoignages envoyés à Rue89 dénoncent un manque d’information sur une aide à laquelle ils avaient droit. Pôle emploi s’en défend et rappelle qu’une aide se demande.
Allocation équivalent retraite
- L’AER a été instaurée en 2002.
- Depuis cette date, elle a été
à plusieurs reprises arrêtée, puis relancée, jusqu’à être de nouveau
arrêtée au 1er janvier 2011.
- Un processus législatif sur lequel Pôle emploi n’a pas de prise.
Anthony Cerveaux.
L’AER est une allocation de 995,40 euros par mois. Pour la toucher, trois conditions sont nécessaires :
- avoir perdu son emploi,
- être âgé de moins de 60 ans,
- justifier du nombre de trimestre permettant de bénéficier d’une retraite à taux plein.
Créée en 2002, l’AER a été arrêtée le 1er janvier 2011.
Des éligibles à l’AER qui n’étaient pas au courant
De nombreux chômeurs (des centaines, des milliers ?) n’ont pas été avertis de l’existence de cette allocation et les demandes rétroactives, faites en 2011 pour l’année 2010, sont en principe refusées. Pour beaucoup, la connaissance de cette AER s’est faite de manière fortuite.
Pour ma part, j’ai appris l’existence de cette prime par un ami qui lui même l’avait appris par hasard. Pôle emploi n’a rien fait pour avertir de leurs droits les chômeurs remplissant les conditions. Le scandale est évidemment le suivant : des gens vivant avec 450 euros par mois auraient vu leur quotidien nettement s’améliorer en doublant leur allocation.
Un publicité discrète
- Une description est disponiblesur le site internet de Pôle emploi. Sans dire qu’il est évident de tomber dessus, l’information est accessible en trois clics dans la rubrique Réglementation, puis Etat. On ne peut pas tout mettre en première page du site.
- Les gens peuvent également se renseigner en appelant le 39 49 et en demandant les aides auxquelles ils ont droit.
- Les brochures concernant le chômage des seniors sont régulièrement mises à jour et la dernière version intègre un passage sur l’AER.
A.C.
On fait des économies sur des « pauvres », alors que l’on n’a pas hésité à « sauver » le système financier avec l’argent public et rembourser au titre du bouclier fiscal 560 millions d’euros en 2011.
Pourtant, Pôle emploi a les moyens de cibler les personnes concernées et de les informer. Il s’en donne bien la peine pour annoncer que l’heure de la retraite est venue, et que nous ne serons plus payés dès le premier jour où nous pourrons prétendre à cette retraite.
De longs délais de traitement
J’ai personnellement déposé un dossier en janvier 2011. Nous sommes en mai. A ce jour, malgré mes nombreux appels téléphoniques et mes courriers, je n’ai reçu aucune réponse. Lorsque je me suis déplacé à l’agence qui gère mon dossier, il m’a été répondu que mon dossier avait été transmis à la direction régionale, qu’ils avaient de nombreux dossiers de ce type à traiter.
A la question :
« Pourquoi n’ai-je pas été averti de mes droits ? »
On m’a rétorqué :
« Pôle emploi n’a pas d’obligation d’information, hormis pour les allocations de chômage. »
Je ne comprends toujours pas la logique de l’Etat : créer une allocation pour ne pas en assurer la publicité auprès des personnes concernées, par l’intermédiaire de l’organisme qui gère les fonds et la mise en application.
On peut par ailleurs se demander comment cette information n’est pas abordée lors des
rendez-vous entre les seniors et leurs conseillers.
Comme dans l’ensemble des aides disponibles à Pôle emploi, c’est une demande qui doit venir de la part des personnes. AC.
- Sur Rue89« Vous allez être déçue »... Couac kafkaïen à Pôle emploi
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alchimiste
alchimiste
Cette situation dure depuis longtemps, elle est antérieure à la (con)fusion ANPE/ASSEDIC.
Je la crois fort répandue, pour l’avoir rencontrée souvent, avec parfois un préjudice énorme chez des personnes isolées et précarisées (perte de logement, etc), réactualisant régulièrement leur dossier RMI depuis des années sans que personne ne leur signale leurs droits à l’AER.
Typiquement, ceux qui ont commencé très jeunes dans des métiers pas ou peu qualifiés. Je crois que l’on pourrait chiffrer le montant de ces droits non perçus et le comparer à celui de la fraude sociale, ce serait drôle...
Merci d’en parler, donc, mais ce qui est nouveau c’est la généralisation et la normalisation de ce principe depuis le RSA. Entre les divers dispositifs d’aide du département et de l’état, ce que la commune fait ou pas, ce que font ou pas les associations para-publiques ou pas, l’aide sociale n’est un droit que pour ceux qui en connaissent l’existence et les modalités d’obtention précises.
On ne viendra pas vous chercher, pour survivre il faut aller réclamer, frapper à toutes les portes et mendier dans les formes, ce qui nous fabrique un personnage de l’assisté professionnel qui va bouffer à tout les râteliers dans un système où les plus fragiles ne sont pas les mieux aidés.




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