14/05/2011 à 10h47

« Donnons le droit de vote à 16 ans, ou retirons-le aux vieux »

Mathieu Deslandes | Rédacteur en chef adjoint Rue89

A 16 ans on peut travailler, être jugé, payer des impôts... Et pourquoi pas voter ? Entretien avec le sociologue Julien Damon.


Une lycéenne dans une manifestation contre la réforme des retraites à Paris en décembre 2008 (Charles Platiau/Reuters)

Le sociologue Julien Damon, professeur associé à Sciences Po, s’est fait connaître comme spécialiste des questions sociales. Il est ensuite devenu expert des questions urbaines. Voici qu’il se passionne pour l’insertion politique des jeunes.

A un an de l’élection présidentielle, voyez-vous émerger un « candidat des jeunes » ?

Non. Pour l’instant, un seul point est clair : on entend régulièrement scander « la jeunesse emmerde le Front national », mais une partie croissante de cette jeunesse semble prête à donner sa voix à Marine Le Pen. Pour une élection présidentielle, c’est assez nouveau.

Comment expliquer l’apparente moindre défiance des jeunes vis-à-vis du vote FN ?

Une partie de la jeunesse entend que Marine Le Pen lui propose, contre la précarité et l’insécurité sociale, des solutions radicales. Je ne suis pas sûr qu’il faille chercher d’autres explications.

Les autres partis répondent-ils à cette demande de radicalité ? Quels signaux envoient-ils à l’électorat jeune ?

Le PS nous ressort les emplois jeunes. C’est un signal. Mais il a quinze ans. Quoi d’autre ? François Hollande et Rama Yade se sont précipités dans les studios de Skyrock : on se serait crus aux Guignols ! C’est comme quand Jack Lang se réjouit d’être si populaire dans les rangs de la jeunesse... Cela n’a pas de sens politique. Ce qui s’est joué à Skyrock, c’était un conflit capitalistique, pas l’avenir de la jeunesse de France.


Julien Damon (DR)

Trouvez-vous le rapport des politiques aux jeunes essentiellement cynique ?

Pas du tout. Depuis le milieu des années 90 et le Comité consultatif de la jeunesse qu’avait mis en place Edouard Balladur, on en est à peu près à un nouveau rapport tous les deux ans.

A chaque fois, des politiques consultent, l’espoir d’une nouvelle dynamique prend corps, mais cela ne débouche jamais sur la moindre transformation d’envergure. Pourtant, pour avoir participé à quelques unes de ces consultations, je peux témoigner du fait que les responsables politiques croient vraiment pouvoir faire quelque chose...

Mais ?

Mais les administrations s’en mêlent et bloquent tout, au nom du coût politique et économique de ces mesures. La France est un pays très conservateur. Il faudrait que tout le monde prenne conscience du fait qu’il s’agit d’une question de Justice, ce concept avec un grand J que tout le monde chérit : la justice générationnelle.

La jeunesse est la catégorie la plus défavorisée pour l’emploi, le logement, la protection sociale. Notre société n’a rien à gagner à rester à ce point déséquilibrée.

Pour rééquilibrer notre société en faveur de la jeunesse, quelles mesures concrètes préconisez-vous ?

Une dotation en capital pour tous les jeunes serait intéressante à mettre en œuvre. Plutôt que de disperser des sommes colossales dans des fonds d’aides aux jeunes, dans les missions locales, dans des prestations sociales versées à leurs parents, distribuons cet argent directement aux jeunes.

Sans dépenser plus qu’aujourd’hui, on pourrait verser au moins 10 000 euros à chacun des 800 000 jeunes d’une classe d’âge. Et d’un seul coup. En donnant de l’argent mensuellement à quelqu’un, vous changez sa vie quotidienne ; mais en installant chaque adolescent dans l’idée qu’il touchera un capital conséquent à sa majorité, vous changez sa vie.

C’est une proposition radicale. Aux sceptiques, rappelons qu’en 1945 personne ne croyait qu’on arriverait à bâtir un tel système de sécurité sociale, d’assurance maladie et d’assurance retraite. C’est d’un sursaut comparable dont la France a besoin.

Comment donner plus de poids aux volontés politiques qui sont favorables aux jeunes ?

Avec une mesure qui a l’avantage de ne pas coûter un rond : octroyons le droit de vote à 16 ans. Les partis se sentiraient obligés de rendre leurs programmes enfin plus favorables à la jeunesse, à l’avenir.

Vous connaissez l’objection : a-t-on, à 16 ans, la maturité nécessaire ?

On n’est pas mûr à 16 ans ? Mais dans ce cas, retirons le droit de vote aux vieux gâteux à qui l’on fait faire des procurations dans les maisons de retraite ! La maturité s’atteint, puis se dégrade, c’est comme ça.

Dans les centres de recherche en sciences politiques, l’idée de pondérer le vote en fonction de l’âge jouit d’un certain succès. Mais elle est impossible à mettre en oeuvre : on serait obligé de savoir qui vote quoi.

Lorsqu’ils sont interrogés par des sondeurs, les 16-17 ans semblent très réservés...

C’est ce que Martin Hirsch m’avait répondu lorsqu’il préparait son « livre vert » pour la jeunesse. Mais ce n’est pas un argument suffisant. Avant 1945, le droit de vote des femmes ne faisait pas l’unanimité parmi elles. Il est normal qu’une responsabilité nouvelle intimide.

Si cela peut rassurer les jeunes Français : le droit de vote à 16 ans est en vigueur en Autriche, dans plusieurs Länder allemands et dans plusieurs cantons suisses. Les Croates peuvent aussi voter dès 16 ans s’ils ont un emploi à temps plein.

Les opposants à une telle réforme disent aussi que les jeunes s’abstiendraient ou voteraient forcément à gauche...

Qu’en sait-on ? De l’UMP au NPA, les mouvements de jeunesse de tous bords sont plutôt favorables au vote à 16 ans. Techniquement, il n’y a aucune raison de s’y opposer. A 16 ans, on peut bosser, payer des cotisations, participer aux élections professionnelles, payer des impôts.

On peut avoir des relations sexuelles, recourir à l’IVG sans le consentement d’un parent, exercer soi-même l’autorité parentale, être entendu par la justice et condamné... Un individu doit acquérir les capacités civiles à hauteur des responsabilités pénales qu’il encourt.

Ajustons les majorités civiles, fiscales, pénales, sexuelles. On aura au moins contribué à réduire la confusion sur les âges de la vie.

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  • A déménagé le 27-01-2012
    • Posté à 13h26 le 14/05/2011
    • Internaute 19993
      nc

    « un candidat à la présidentielle ne connaît pas forcément tous les dossiers, et il doit faire face à des difficultés, une fois élu, qu’il n’avait peut être pas imaginé. »

    Dans ce cadre les promesses n’ont pas leur place, puisqu’elle ne peuvent pas être tenues…

    « Il est un effet “tampon” qui régule les instincts du peuple. »

    Où est le tampon qui régule les instincts des dirigeants dans un système représentatif ? Le problème est exactement le même, il suffit de voir les lois HADOPI ou LOPPSI par exemple…

    Serait-ce pire si on écoutait les instincts populaires plutôt que les instincts des dirigeants ? Bonne question… Sachant que les dirigeants viennent et sont élus du peuple, j’opterais plutôt pour la première solution, au moins ça évitera la corruption et les conflits d’intérêt.

    De plus, si les représentants se permettent de « réguler » le peuple, ça veux dire parfois aller à l’encontre des idées populaires. Les représentants représente qui dans ce cas ?

    • Guillaume Delarue
      Guillaume Delarue répond à A déménagé le 27-01-2012
      Expatrié apatride
      • Posté à 14h16 le 14/05/2011
      • Internaute 36332
        Expatrié apatride

      Tout-a-fait. En outre, les « instincts poulaires » seraient quand meme pas mal régulés par la nécessité d’obtenir la majorité. Ca lisserait quand meme pas mal les extremes et les instincts.

      • paulrue
        paulrue répond à Guillaume Delarue
        médecin
        • Posté à 22h18 le 14/05/2011
        • Internaute 116627
          médecin

        Vous avez raison. Le libre cours aux promesses non tenues serait, comme d’ailleurs actuellement, la règle. Et l’on appelle ça la démocratie ! Qui est bafouée comme lors du référendum sur le projet de constitution européenne, suivi d’une entourloupe pour le faire adopter tel quel par voie législative.
        Il conviendrait de :
        - rendre le vote obligatoire à partir de 16 ans ou pas,
        - avec calcul de la majorité des voix en tenant compte des votes blancs ce qui élèverait la quantité de voix pour l’élection d’un « représentant du peuple »
        - éjecter les représentants (députés, président de la république...)qui ne tiendraient pas leurs promesses
        - mettre en route les référendums populaires qui permettent l’expression des citoyens en cours de législature
        - virer les élus fraudeurs après une peine de travaux forcés (cassage de cailloux en camisole rayée et visualisation par internet)
        Celà modifierait un peu les moeurs ! ! ! !

  • expat
    expat répond à YZ
    • Posté à 17h06 le 14/05/2011
    • Internaute 25627

    LEs ccandidats elus aux dernieres elections avaient tous ete ministres a un moment ou un autre, et si on regarde le dernier ses promesses devraient etre contractuelles, il a ete ministre de l’interieur et ministres des finances, je ne me souviens plus ce qu’il faisait avant Jospin, mais il n’y a aucune raison de croire qu’il n’etait pas au courant des dossiers-
    D’autre part si les promesses electorales sont sans valeurs on se demande pourquoi on doit payer si cher leurs campagnes, si on vote juste pour le mieux fringue, la plus belle voix ou la plus belle gueule, une enregistrement et une photo suffisent.
    Si on regarde on a aucun recours, on accepte la reforme des retraites et des impots qu’elles soient necessaires, justes ou non, ce n’est pas democratique, si on regarde le traite de Libonne qui a ete adopte sans referendum alors que la constitution dont il s’inspire a ete refusee ca dit tout, oui les politiciens devraient pouvoir etre renvoye dans leur penates la queue entre les jambes si leur promesses tournent en eau de boudin et qu’ils nous font cocu. Tout ceux qui sont paye au SMic peuvent se faire virer par leur employeur (avec justes raisons) ceux la qui sont paye plus de 10 SMIC par mois on ne peut meme pas leur dire ce qu’on pense de leur action !

  • Variation
    Variation répond à YZ
    Ouvrier
    • Posté à 17h11 le 14/05/2011
    • Internaute 148122
      Ouvrier

    Il est vrai que si, en 1981, c’est par référendum que l’on avait décidé de la suppression ou non de la peine de mort, celle-ci n’aurait jamais été supprimée.

    Bon, il ne faudrait pas pour autant rejeter impitoyablement ce type de consultation en rappelant sans cesse les mêmes loupés ou les dangers auquels nous avons échappé. Après tout, on n’en finirait pas d’énumérer les situations scabreuses où ont abouti certains votes populaires, de l’élection d’Hitler à celle ce Bush, on en passe et des meilleures (certains malpolis y ajouteraient Sarkozy, mais là...).

    Disons que l’organisation d’un référendum nécéssite beaucoup de prudence et d’attention. Et puis, de toute façon, il est toujours possible de le refaire autant de fois que necessaire pour aboutir au résultat souhaité. Ou d’en annuler le résultat par un traité comme celui de Lisbonne effaçant le NON du référendum sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe.

    • vivivivi
      vivivivi répond à Variation
      indépendant
      • Posté à 17h45 le 14/05/2011
      • Internaute 123431
        indépendant

      seulement............. a t-on vraiment le choix ?
      je me demande si ce n’est pas tout simplement le mieux entraîné qui gagne les élections présidentielles, le mieux coaché celui qui a reçu le plus d’argent pour se payer sa campagne donc celui qui aura des obligations de retour sur investissement.............. donc le plus corrompu et corruptible non ?

      on voit aussi le résultat :

      Sarko a dit ; « je ne vous trahirais pas » mais à qui parlait-il ?
      sans doute à Kadhafi et aux patrons du CAC 40 qui ont financés sa campagne ! !

  • Salaves
    Salaves répond à YZ
    Métallo
    • Posté à 20h53 le 14/05/2011
    • Internaute 5988
      Métallo

    Un bon candidat connait tous les dossiers.
    N’importe quel candidat est entouré d’experts en tout genre, sinon c’est un rigolo.
    En général il est issu d’un parti politique et un parti politique qui est dans l’opposition entre deux élections, se conduit en interne comme s’il allait accéder au pouvoir. Normalement, il est prêt. Dans un parti, il y a des tas de commissions, sous-commissions et de spécialistes qui planche sur tous les dossiers. Bref, un bon parti d’opposition à comme un gouvernement de transition prêt à servir.
    Mais pour savoir cela, il faut être dans un parti et ne pas avoir peur de laisser un peu de son individualisme à la porte pour donner au collectif. En France les partis sont dénigrés, une infime minorité y adhère. Le citoyen est un consommateur qui regarde la politique comme un spectacle. Il n’est pas acteur de sa vie, il est voyeur, passif, soumis et comme signe de révolte ou de mécontentement, car le terme révolte est un peu fort, il est tout juste capable d’émettre un râle.

  • lifka
    • Posté à 13h05 le 14/05/2011
    • Internaute 37623

    Vive la loi du plus fort. C’est ça la prétendue « démocratie directe » : chacun prend tout ce qu’il peut prendre et tant pis pour les autres, ils avaient qu’à savoir se battre.

    C’est sur que ça c’est bien mieux que la démocratie représentative !

     
    • Shakana
      Shakana répond à lifka
      (Entre parenthèses)
      • Posté à 13h41 le 14/05/2011
      • Internaute 30512
        (Entre parenthèses)

      Faites une étude sociologique du parlement. Vous pourrez ensuite nous parler de démocratie « représentative » pour qu’on se marre...
      Poniatowski, Debré, par exemple (la liste est longue) sont représentatifs de qui ? de leur famille ? et par delà de leur milieu ?

      • lifka
        lifka répond à Shakana
        • Posté à 14h51 le 14/05/2011
        • Internaute 37623

        Ils représentent un programme sur lequel ils ont été élus.

        Ensuite, rien n’empêche d’améliorer la représentativité des élus....

        • had
          had répond à lifka
          aspicoteur
          • Posté à 19h22 le 14/05/2011
          • Internaute 21439
            aspicoteur

          c’est tout le problème. Les politiques croient que l’on vote pour un programme, et qu’ainsi nous leur signons un cheque en blanc. Cette façon grand-papa de voir la politique est obsolète.

          Nous voulons des Représentants : des personnes qui travaillent pour nous (citoyens, d’une zone geographique), qui nous rendent des comptes en direct (et pas tout les 5 ans), et que l’on peux virer.

          Il ne faut jamais oublié qu’un politique est un employé des citoyens d’un territoire.

          • lifka
            lifka répond à had
            • Posté à 19h28 le 14/05/2011
            • Internaute 37623

            « qui nous rendent des comptes en direct (et pas tout les 5 ans), et que l’on peux virer. “

            En même temps si vous menacez de les virer à chaque fois que vous n’êtes pas content, ça rend un peu difficile leur action et ils ne feront plus rien et ne diront plus rien de peur de faire un faux pas. En plus vous aurez du mal à recruter des représentants en leur mettant un couteau sous la gorge.

            Il faut laisser un minimum de temps pour voir l’efficacité à long ou au moins à moyen terme d’une action et pas juger au coup par coup. D’où les 5 ans.

            Si vous virez vos représentants toutes les 5 minutes, vous ne trouverez plus personne qui voudra se mouiller.

            • had
              had répond à lifka
              aspicoteur
              • Posté à 19h40 le 14/05/2011
              • Internaute 21439
                aspicoteur

              C’est en effet un problème pour eux : « comment être sur de payer les traites de la maison secondaire sur la cote d’azur, si je peux me faire virer, comme n’importe qui dans le privé ? »

              Il s’agit d’éviter de se retrouver avec une « élite » tourné sur elle même, vivant en microcosme. On ne fait pas carrière en politique, on s’y engage.

              par exemple, n’offrir que 2000e de plus que le salaire du précedent poste occupé à un député, avoir une transparence absolue de ses dépenses, l’obliger à être présent dans l’hémicycle, interdire toutes réunions de lobbying non déclarés à ses électeurs, être présent le reste du temps dans sa région -à écouter, rendre compte, et prendre des claques, voir de se faire virer-, ....

              Dans un cadre comme celui ci, il y aurait bcp bcp bpc de monde à bien vouloir se mouiller. Mais pas ce qui vivent de/par leurs réseaux (capital relationnel), ni par « naissance » (être né à Neuilly est semble t il un avantage en politique ... ;)

              Mettre le couteau sous la gorge, c’est bien la seul solution pour que le « bon peuple » se réaccorde avec ses « representants »

              • lifka
                lifka répond à had
                • Posté à 20h17 le 14/05/2011
                • Internaute 37623

                « si je peux me faire virer, comme n’importe qui dans le privé ? » »

                Comme si on pouvait se faire virer si facilement aujourd’hui dans le privé comme dans le public !

                Mais quoi qu’il en soit, le problème n’est pas là. La question est de laisser aux représentants le temps de faire quelque chose. En politique ou en économie les résultats se voient sur le long terme, on ne juge pas des résultats au mois ou à la semaine.

                Et si vous voulez avoir des candidats sérieux, capables de prendre des responsabilités, il faut les respecter un minimum.

                « l’obliger à être présent dans l’hémicycle, interdire toutes réunions de lobbying non déclarés à ses électeurs, être présent le reste du temps dans sa région -à écouter, rendre compte, et prendre des claques, voir de se faire virer- »

                Et il étudie quand ses dossiers ?

                • had
                  had répond à lifka
                  aspicoteur
                  • Posté à 20h58 le 14/05/2011
                  • Internaute 21439
                    aspicoteur

                  Rien de plus dur que de mettre un politicien à la retraite. Même Juppé (délinquant), Hortefeux (Multirécidiviste), Vaneste (Multirécidiviste) ... sont encore dans le jeu politique. Il en va de même à gauche.

                  Les virer est donc très difficile. C’est sans doute plus facile de radier un fonctionnaire (et c’est pourtant dur !). Passons.

                  Ses dossiers ? il les partagent avec ses concitoyens, les consultent, puis enfin, va les représenter à l’assemblé. Il n’est qu’un passeur.
                  Et c’est ce comportement qui est responsable et *Respectable*.

          • ge rard
            ge rard répond à had
            libre
            • Posté à 19h34 le 14/05/2011
            • Internaute 50781
              libre

            16 ans... ! ! !
            le flirte.....le chat...la branl...
            et les études..
            c’est déjà pas mal... ! ! !

    • Homere elmero
      Homere elmero répond à lifka
      communiste primitif
      • Posté à 13h46 le 14/05/2011
      • Internaute 87706
        communiste primitif

      c’est deja la loi du plus fort.

      • lifka
        lifka répond à Homere elmero
        • Posté à 14h53 le 14/05/2011
        • Internaute 37623

        Si on tient compte du fait qu’aujourd’hui il suffit d’aller hurler à quelques milliers dans la rue et bloquer tous le monde pour obtenir tout ce qu’on veut, ce n’est pas faux.

        • had
          had répond à lifka
          aspicoteur
          • Posté à 19h42 le 14/05/2011
          • Internaute 21439
            aspicoteur

          c’est de l’intox ça !

          • lifka
            lifka répond à had
            • Posté à 20h20 le 14/05/2011
            • Internaute 37623

            De l’intox ? Combien de lois sur l’éducation nationale sont arrivées au bout ?

            A la fin de son mandat, Chirac ne faisait plus rien pour ne plus avoir à déclarer nulles et non advenues des lois aussitôt votées aussitôt mises au panier....

        • Autodéfense_Intellectuelle
          Autodéfense_Intellectuelle répond à lifka
          ingénieur
          • Posté à 11h19 le 15/05/2011
          • Internaute 87535
            ingénieur

          2 millions dans la rue pendant des semaines et le gouvernement reste pourtant inflexible. La France est la seule dictature au monde à réussir un tel exploit !

          Alors, le pouvoir de la rue, laissez-moi rire... Quand on sortira armés peut-être, ils en tiendront compte.

          • lifka
            • Posté à 17h04 le 15/05/2011
            • Internaute 37623

            2 millions ? Vous prenez quels chiffres ? Mais même si c’est le cas, 2 millions, ce n’est que 3 ou 4 % de la population en âge de voter.

            Et en effet, en démocratie un gouvernement élu - sans être pour autant une dictature - l’a été par plus de 50% des électeurs pour conduire une politique et pour faire certaines réformes qu’ils jugent nécessaires et pas pour obéir à chaque caprice de ceux pour qui cette réforme est impopulaire et qui essayent par la force d’obtenir ce qu’elle n’a pas obtenu par les urnes.

            Et cela même si une minorité un peu nombreuse et agissante fait beaucoup de bruit. Un bon gouvernement peut même parfois se reconnaître à sa capacité à faire passer des lois qu’il juge nécessaires (par exemple pour sauver l’économie du pays ou pour le moderniser) contre la volonté de ceux qui l’ont élu.

            Ca a été le cas de la loi sur la retraite, mais aussi de lois contre la peine de mort, de la légalisation de l’avortement, de lois instaurant la rigueur en France ou ailleurs.....

            En démocratie, le propre d’un gouvernement n’est pas de faire plaisir à tout le monde.

            • Autodéfense_Intellectuelle
              Autodéfense_Intellectuelle répond à lifka
              ingénieur
              • Posté à 20h16 le 15/05/2011
              • Internaute 87535
                ingénieur

              Peu importe les chiffres exacts des personnes dans la rue, on sait par les sondages que la population était massivement contre cette réforme. Le gouvernement a donc décidé d’agir contre la volonté du peuple : ce n’est pas vraiment démocratique.

              Le gouvernement n’a pas été élu sur un programme et des promesses en lien avec la réforme des retraites, c’est donc en tant qu’élite éclairée autoproclamée que le gouvernement a agi. On appelle cela une dictature, peu importe que l’on soit d’accord ou non avec les mesures prises par les dictateurs (il y en a eu de bons et très honnêtes, comme Cincinnatus dans la Rome antique), ça n’en fait pas des démocrates pour autant.

              • lifka
                • Posté à 00h54 le 16/05/2011
                • Internaute 37623

                « Le gouvernement n’a pas été élu sur un programme et des promesses en lien avec la réforme des retraites, c’est donc en tant qu’élite éclairée autoproclamée que le gouvernement a agi. »

                Bien sur que la réforme des retraites était au programme. Et tout le monde le savait. Tout le monde savait qu’il faudrait la faire et que plus on retardait l’échéance, plus dure elle serait, mais jusque là tous les gouvernements avaient retardé l’échéance par peur de leurs électeurs.

                C’était le serpent de mer de tous les gouvernements depuis des années, et on le ressortait régulièrement pour le remettre immédiatement au placard à la moindre protestation..

    • Guillaume Delarue
      Guillaume Delarue répond à lifka
      Expatrié apatride
      • Posté à 14h26 le 14/05/2011
      • Internaute 36332
        Expatrié apatride

      Je ne comprends pas bien. En quoi la démocratie directe serait-elle la loi du plus fort ? Ca voudrait simplement dire que le peuple vote toutes les lois et les propositions, et la majorité est nécessaire pour toute décision.

      On peut etre pour ou contre, mais si on est démocrate, on est forcément pour. Je sais, il n’y a pas beaucoup de démocrates. Et on a le droit de ne pas l’etre.

      La majorité des gens avec qui je discute de ces théories, bien qu’ils se disent démocrates, dont plutot pour une sorte de « dictature éclairée » ou d’élitisme masqué par le vote. En gros, parce que le peuple serait trop con pour décider de ce qui est bien pour lui, et qu’il est donc normal que quelqu’un prenne les décisions pour lui (pour son bien, bien sur). Vous avez le droit bien sur, mais appeler ça démocratie est au mieux un contre-sens, au pire une escroquerie.

      • lifka
        • Posté à 14h49 le 14/05/2011
        • Internaute 37623

        « On peut etre pour ou contre, mais si on est démocrate, on est forcément pour. “

        C’est ça votre idée de la démocratie ? Il faut être d’accord avec ma proposition sinon on est un méchant ?

        La démocratie directe est la loi du plus fort, d’abord parce qu’on ne peut pas faire appel au peuple à chaque décision, ne serait-ce que parce qu’il y en a à prendre en urgence et qu’organiser des élections ‘démocratiques’ suppose du temps.

        Ensuite parce que ça suppose une entière transparence, une totale information (ce qui est quasi impossible) et surtout une capacité de tous égale à la fois à tout comprendre et à tout analyser (économie, relations internationales etc.) et à exprimer son point de vue.

        Ce qui est bien sur impossible. Une des raisons pour lesquels il faut la plupart du temps déléguer à des commissions qui étudient les dossiers, et même comme ça, je ne suis pas sure que je comprendrais leur rapport et qu’il me permettrait de voter de façon éclairée.

        • Guillaume Delarue
          Guillaume Delarue répond à lifka
          Expatrié apatride
          • Posté à 15h02 le 14/05/2011
          • Internaute 36332
            Expatrié apatride

          Vous entrez exactement dans la catégorie des gens qui pensent que le peuple est trop con pour la démocratie.

          Certes, vous rebaptisez le systeme « démocratie représentative » (je comprends, c’est moins culpabilisant que de se dire qu’on vit sous une dictature élue et qu’on est tres heureux avec) mais ça n’en fait pas un systeme démocratique, désolé.

          A la rigueur, comme je le disais plus haut, si on forçait les hommes politiques a au moins essayer d’appliquer les promesses officielles faites pendant la campagne, ça rajouterait beaucoup de démocratie dans le systeme. Mais quand on laisse quelqu’un d’autre décider des lois pour nous, meme quand on l’a élu pour ça, ça veut dire qu’on n’a plus le pouvoir. Je ne comprends pas comment on peut parler de démocratie a ce moment-la.

          Toute décision, toute loi votée lorsqu’elle est soutenue par moins de 50% d’opinions favorables, prouve que l’on ne vit pas en démocratie. Comme je le disais, on peut le déplorer (c’est mon cas) ou en etre parfaitement satisfait (c’est le votre). Je ne critique pas votre position, j’explique simplement la mienne.

          • lifka
            • Posté à 15h10 le 14/05/2011
            • Internaute 37623

            « Vous entrez exactement dans la catégorie des gens qui pensent que le peuple est trop con pour la démocratie. »

            Ca c’est votre lecture, pas la mienne. Je pense juste qu’on ne peut pas être expert en tout, ce qui est différent d’être « trop con »

            En outre les exemples de cas où le peuple s’est trompé sont innombrables :

            La démocratie directe, ça a donné la Terreur. Ca donne le lynchage. De quoi réfléchir un peu.

            La démocratie suppose qu’il y ait des garde-fous, des contre-pouvoirs, des personnes chargées du maintien de l’ordre pour que ça ne se transforme pas en usine à lynchage.

            • Guillaume Delarue
              Guillaume Delarue répond à lifka
              Expatrié apatride
              • Posté à 15h43 le 14/05/2011
              • Internaute 36332
                Expatrié apatride

              Pardon ? La Terreur comme résultat de la démocratie directe ? C’est une intéressante lecture de l’histoire. Donc il y a eu un vote démocratique, tout le monde a participé, et la majorité a décidé d’instaurer la Terreur c’est ça ?

              Non désolé c’est exactement l’inverse : révolution populaire, confisquée par une caste qui décide de gouverner « au nom du peuple », en leur volant le pouvoir donc.

              Quant au reste de votre message, bien sur, je n’ai jamais dit qu’il ne fallait ni police ni ordre, ni contre-pouvoir, on est d’accord.

              • lifka
                • Posté à 19h34 le 14/05/2011
                • Internaute 37623

                Non, la Terreur c’est ce qui se passe quand on veut laver plus blanc que blanc et qu’on veut faire « justice » à tout moment et pour tout. Plus de droit à l’erreur, chaque personne qui prend un jour une responsabilité est à tout moment susceptible de se retrouver mis en jugement et exécuté.

                La majorité n’a pas besoin de « voter » la terreur, elle l’applique quand elle se charge de prendre tous les pouvoirs, toutes les décisions sans passer par une instance médiatrice. La majorité votera la mort de toute personne déviante.

                • paulrue
                  paulrue répond à lifka
                  médecin
                  • Posté à 22h29 le 14/05/2011
                  • Internaute 116627
                    médecin

                  Guillaume Delarue a d’autant plus raison que « nos représentants » ne sont même pas foutus de publier sur leurs sites les votes qu’ils ont émis lors des votes à l’Assemblée Nationale par exemple. Comment pourrait-on les sanctionner en fin de mandat ?

                  • lifka
                    lifka répond à paulrue
                    • Posté à 16h49 le 15/05/2011
                    • Internaute 37623

                    Les votes à l’assemblée nationale sont publics et la plupart du temps par groupe.

                    Lien

                    Pas besoin d’aller sur le site de chaque député pour ça. Les votes sont publiés au JO et Il suffit d’aller sur le site de l’Assemblée pour savoir qui a voté quoi.

                    Par exemple :

                    Lien

            • trotter
              trotter répond à lifka
              • Posté à 15h52 le 14/05/2011
              • Internaute 10738

              C’est exactement ce que tu dis pourtant, « le peuple est trop bête pour prendre les bonnes décisions, preuve en est avec ces exemples X et Y ».

              Dans la gestion d’un état il n’y a pas de « bonne décision », on ne se « trompe » pas. On ne peut pas faire de réunion d’experts pour trouver LA solution. Ce sont juste différentes valeurs, différentes façons de voir le monde qui s’affrontent.

              Si on avait demandé au peuple de voter pour l’abolition de la peine de mort, elle n’aurait peut être pas été supprimée. Le peuple se serait trompé ? Selon TES valeurs, sans doute, mais l’avis de la majorité aurait été respecté, et contenter la majorité, c’est pas ce qu’on cherche dans une démocratie ?

              • lifka
                lifka répond à trotter
                • Posté à 19h40 le 14/05/2011
                • Internaute 37623

                « Si on avait demandé au peuple de voter pour l’abolition de la peine de mort, elle n’aurait peut être pas été supprimée. Le peuple se serait trompé ? Selon TES valeurs, sans doute,

                Et le peuple a mis Hitler au pouvoir, elle ne voulait pas mourir pour Dantzig. Le peuple a mis au pouvoir bien des dictateurs et soutenu bien des lynchages et des génocides.

                Alors oui, je pense qu’il arrive que le peuple se trompe et pas seulement selon “mes” valeurs, mais selon les valeurs universelles et pour son propre bien. Et je crois qu’il est nécessaire d’avoir des institutions solides pour que ces erreurs ne donnent pas des catastrophes.

                • had
                  had répond à lifka
                  aspicoteur
                  • Posté à 19h52 le 14/05/2011
                  • Internaute 21439
                    aspicoteur

                  il est arrivé au pouvoir grâce à la propagande : par manipulation. Ce n’est pas le peuple qui doit être blâmé, mais ceux qui l’on laisser faire.

                  • lifka
                    lifka répond à had
                    • Posté à 20h24 le 14/05/2011
                    • Internaute 37623

                    Ben oui, vous avez tout compris, le peuple se laisse manipuler par la propagande.

                    Mais je constate que quand ça vous arrange, c’est le peuple qui doit être responsable mais quand ça ne vous arrange pas ce n’est plus sa responsabilité.

                    Et bien si, le peuple c’est aussi ça. C’est les révolutions, mais c’est aussi les pogromes, les lynchages....

                    • had
                      had répond à lifka
                      aspicoteur
                      • Posté à 21h00 le 14/05/2011
                      • Internaute 21439
                        aspicoteur

                      Sans doute, ça m’arrange. Neanmoins, durant cette sombre période de l’Histoire, il n’y avait pas de gvt en Autriche et en Allemagne ? Pas de règles dans le jeu politique ?

                      • lifka
                        lifka répond à had
                        • Posté à 16h24 le 15/05/2011
                        • Internaute 37623

                        « il n’y avait pas de gvt en Autriche et en Allemagne ? Pas de règles dans le jeu politique »

                        Une fois arrivés au pouvoir grâce au peuple, les dictateurs ont en général pour tendance de capter tous les pouvoirs et de supprimer tous les contre-pouvoirs....

                        Et le peuple a préféré le dictateur qui lui proposait des solutions simples aux démocrates.....

              • Guillaume Delarue
                Guillaume Delarue répond à trotter
                Expatrié apatride
                • Posté à 19h44 le 14/05/2011
                • Internaute 36332
                  Expatrié apatride

                Exactement. Je suis moi-meme contre la peine de mort, mais ça me fait mal de penser que son abolition a été imposée malgré l’avis de la majorité. Une vraie démocratie aurait d’abord essayé de convaincre les gens, et une fois la majorité obtenue, aboli la peine de mort.

                De quel droit les « élites » prétendent-elles connaitre ce qui est bon pour le peuple ? Si on pense que quelque chose est bon, alors convainquons la majorité.

        • Guillaume Delarue
          Guillaume Delarue répond à lifka
          Expatrié apatride
          • Posté à 15h03 le 14/05/2011
          • Internaute 36332
            Expatrié apatride

          En outre, je ne dis pas qu’une vraie démocratie serait facile a réaliser, je ne donne pas de solution poury arriver (bien que j’y réflechisse), je fais juste un constat.

        • Autodéfense_Intellectuelle
          Autodéfense_Intellectuelle répond à lifka
          ingénieur
          • Posté à 11h35 le 15/05/2011
          • Internaute 87535
            ingénieur

          Vous semblez supposer que les députés connaissent les lois qu’ils votent.
          Les députés n’ont ni le temps, ni aucun intérêt à se plonger dans le détail des lois. Ils suivent seulement les ordres du parti, les impératifs de la communication autour du sujet de la loi par rapport à leur positionnement électoral (est-ce que je veux donner une image de gardien de la paix ou de défenseur des droits de l’homme ?), et les pressions des lobbys ((je dis juste pression pour être gentil, mais on pourrait souvent parler de corruption je crois)

          Dans une démocratie directe comme représentative, les décideurs se basent sur l’avis d’experts, les députés n’ayant jamais été experts sur les sujets qu’ils votent.

          Dans une démocratie directe, tout le monde ne doit pas forcément voter à chaque fois (c’est d’ailleurs la même chose avec nos députés), mais tous doivent avoir le droit de voter. Il faut bien sûr prévoir des mécanismes pour éviter que des lois soient passées en douce, mais ce n’est pas très dur à concevoir (cela existe aussi en démocratie représentative, pas de grosse différence là-dessus non plus).

          La seule raison historiquement valable pour la démocratie représentative, c’est la faiblesse des moyens de communication. Aujourd’hui, ces contraintes ont disparu.

          La démocratie est possible, encore faut-il la vouloir... Je pense qu’on aurait du mal à trouver 10 démocrates parmi tous nos dirigeants !

      • Yuca965
        Yuca965 répond à Guillaume Delarue
        Etudiant
        • Posté à 15h59 le 14/05/2011
        • Internaute 141320
          Etudiant

        La démocratie directe, cela m’a l’air d’un grand pas en avant, mais il faudrait en effet qu’en premier les gens arrêtent d’abdiquer tout leur pouvoir de décision à des gens qui n’en on pas grand chose à faire de nous et deuxièmement j’aimerais savoir comment faire la transition ?

      • no pasaran
        no pasaran répond à Guillaume Delarue
        psychosociologue
        • Posté à 17h54 le 14/05/2011
        • Internaute 67440
          psychosociologue

        Il y crise de la démocratie représentative , c’est un fait ! Mais de là à la remplacer par la démocratie directe , faut pas déconner hein ! La démocratie directe est impossible à réaliser sauf à vouloir installer ouvertement la dictature .Dans un tel système il y aura toujours quelqu’un ( le plus démagogue bien entendu !) qui viendra mettre un terme à l’affaire en disant aux français qu’il est l’incarnation du peuple . Ainsi les français , auront n’ont seulement perdu le droit de vote mais seront heureux de retourner à la pêche car un sauveur trouble les aura convaincu qu’ il est plus éclairé que le peuple lui -même !
        Pour repenser la démocratie représentative , il faudrait en France , réfléchir à une manière différente de former et produire les élites dans les partis , dans les syndicats , dans l’entreprise , dans la fonction publique , dans le monde associatif , à l’Ecole . Chacun sait que l’ascenseur social ne fonctionne plus , que la promotion sociale dans les institutions intermédiaires et politiques est devenue une chimère . Aujourd’hui la classe politique se confond avec la classe sociale dominante : des pans entiers de la société ( les ouvriers , les petits agriculteurs , les petits commerçants , les petits fonctionnaires ( catégorie B et C ) , les travailleurs précaires ou pauvres , les chômeurs ., les étudiants de l’université , les français d’origine étrangère , .....) ne sont plus aiguillés par des gens issus du même milieu qu’eux , des gens capables de remettre la question sociale et économique au coeur de l’action politique .
        Nous vivons dans un pays atomisé , fracturé par 30 années d’une idéologie néolibérale qui a fait l’apologie du Chacun pour Soi et de l’individualisme forcené . Cette idéologie a installé une nouvelle Noblesse à la tête de l’Etat et des grandes entreprises car ce sont les biens nés qui ont tiré le meilleur parti de ce courant idéologique . Ces gens là pensent , décident , légifèrent en fonction d’un mode de vie devenu très éloigné de la grande majorité des français , en fonction d’intérêts privés qui n’ont rien à voir avec l’intérêt général . Pour l’exemple la politique fiscale ou la politique du logement : toutes les lois votées dans ces matières sont conçues pour faire croire que quelque chose va changer alors qu’en réalité elles sont conçues pour le profit des plus riches ( des français rentiers , détenteurs d’un patrimoine important qui passent leur temps à s’enrichir en optimisant ou en spéculant sur des bulles ... parmi tous ces rentiers , les parlementaires du Sénat et de l’Assemblée ) .
        Il faudra probablement attendre une certaine forme d’explosion sociale en France ( et la France est coutumière historiquement de ces moments ) pour que des contre-pouvoirs émergent réellement et secouent l’ordre ambiant . Laissons de côté la démocratie représentative pour l’instant . C’est l’émergence de mouvements sociaux puissants et de contre pouvoirs citoyens qui transformeront la démocratie représentative , la vie politique et la vie de la plupart des français ... quand nous aurons compris qu’il n’y a plus de salut dans le chacun pour soi ou une citoyenneté politique qui ne s’exprime qu’au moment d’une élection ou d’un référendum !

        • Autodéfense_Intellectuelle
          Autodéfense_Intellectuelle répond à no pasaran
          ingénieur
          • Posté à 11h43 le 15/05/2011
          • Internaute 87535
            ingénieur

          « Dans un tel système il y aura toujours quelqu’un ( le plus démagogue bien entendu !) qui viendra mettre un terme à l’affaire en disant aux français qu’il est l’incarnation du peuple . Ainsi les français , auront n’ont seulement perdu le droit de vote mais seront heureux de retourner à la pêche car un sauveur trouble les aura convaincu qu’ il est plus éclairé que le peuple lui -même ! »

          Non, je ne vois pas le rapport. Des dictateurs comme Hitler sont parvenus au pouvoir dans une démocratie représentative. Ce qui empêche l’arrivée d’un dictateur, c’est une Constitution qui est au-dessus des votes, quelle que soit le type de démocratie, et qui interdit d’abolir cette démocratie. Relisez par exemple la Constitution de la Ve République. Naturellement, une telle Constitution ne doit pas pouvoir être changée par un simple vote, sinon elle n’a aucun sens.

      • Prom72
        Prom72 répond à Guillaume Delarue
        a.k.a Galan of Taa
        • Posté à 18h54 le 14/05/2011
        • Internaute 96237
          a.k.a Galan of Taa

        Ce que vous dites est élégant, mais en pratique ça peut être dangereux. L’exemple de la justice populaire est flagrant (justice expéditive émotionnelle, une catastrophe), pour certains domaines il faut des garde-fous, des tampons sinon ça peut vite dégénérer en dictature de la majorité, donc une sorte de loi du plus fort.

        Le referendum (qui est une des formes les plus direct de democratie) est aussi à manier avec des pincettes, savoir posez la bonne question et ç’est compliqué (voir Suisse/minaret, ou les résultats sur la peine de mort qui risque de nous faire reculer de 30 ans).

        De plus, nous ne sommes pas prés (comme dit Illidann, allusion WoW ^^ :)), ce n’est pas qu’on est trop con, c’est que l’on n’est pas formé à ça. La solution serait de commencer une démocratie directe au milieu local (ville), commencer petit et au fur et à mesure on pourra élargir, mais hélas notre génération ne verras pas ça.

    38 autres commentaires
  • Nepigo
    Nepigo répond à Guillaume Delarue
    robot-singe - blog.nepigo.net
    • Posté à 17h47 le 14/05/2011
    • Internaute 16957
      robot-singe - blog.nepigo.net

    Quelques réflexions sur votre désir de démocratie directe...

    Je pense que supprimer le vote serait une régression fondamentale et dramatique. Le droit de vote actuel n’est pas le résultat de la dégradation d’un âge d’or où le peuple se gouvernait réellement par lui-même, mais une conquête politique qu’il a fallu des siècles pour arracher à l’arbitraire du pouvoir de la force brute. Les révoltés du printemps arabe ne réclament pas autre chose, et c’est un rappel à l’ordre salutaire aussi pour nous.

    Le problème de la démocratie représentative n’est pas l’élection des responsables (nous sommes trop nombreux pour tous nous connaître et tout connaître donc il faut des gens à qui l’on confie une certaine responsabilité-spécialité à l’échelle de la population pour s’occuper de la survie du groupe ; cette responsabilité est la seule légitimité réelle du monde politique) mais l’interaction entre le représentant et ceux qu’il représente, ainsi que la façon dont les décisions sont prises et les possibilités de recours contre celles-ci. Si votre seule relation avec le monde politique se limite à des plaintes au comptoir et un bulletin dans l’urne tous les cinq ans il ne faut pas venir après vous plaindre que vos représentants se moquent de vous et ne décident que pour eux-mêmes et les intérêts particuliers des plus offrants : le « discours sur la servitude volontaire », qui décrit comment les gouvernants ne prospèrent que sur la passivité voire le désir de soumission des gouvernés, a cinq siècles et il est toujours d’actualité. La démocratie directe au sens d’une décision collective visant au consensus, à la pertinence et à l’équité est possible et nécessaire à l’échelle de décisions affectant votre environnement immédiat (famille, lieu de travail, voisinage etc.) mais aux échelles supérieures (ville, région, état) il faut des représentants pour organiser la survie collective dans la durée. Le vote n’est en réalité que la possibilité de remplacer ces représentants, pas de gouverner. Mais c’est déjà une avancée considérable.

    A propos des promesses de campagne, le problème est que le nombre de promesses que l’on peut tenir avec certitude sans prendre des décisions absurdes est trop réduit pour constituer un programme de gouvernement (et les organismes indépendants ça n’existe pas, il faut arrêter avec ce fantasme technocratique - et irresponsable politiquement, vous remarquerez). Le monde est de toute façon trop compliqué pour tout prévoir à l’avance, et il faut espérer que quelques leçons ont pu être gardées du siècle précédent à propos des conséquences tragiques des rêves de soumission intégrale du réel. Il n’empêche que le programme d’un candidat est essentiel car c’est le point de départ de la discussion ; mais ce n’est qu’un point de départ.

    La suite, à savoir la discussion qui mène à la décision puis à l’application de celle-ci, constitue la politique réelle. C’est de celle-là avant tout que s’occupent les lobbyistes, d’ailleurs. Il est possible de mettre du vote au niveau de la décision (référendums), bien sûr, mais pour l’instant cet outil a surtout été utilisé à des fins de légitimation (plébiscite), ou vidé de sa substance au moyen de questions auxquelles il était impossible de répondre correctement (cas d’école le TCE : répondre par oui ou par non à l’échelle nationale à l’adoption intégrale d’un texte de 400 pages qui est le fruit d’une négociation intergouvernementale de plusieurs années, donc impossible ou suicidaire politiquement d’invalider entièrement). J’attends le jour où un gouvernement français laissera ses électeurs prendre une vraie décision avec ce moyen, donc leur posera une question auquel il y ait du sens de répondre par oui ou par non et qui ne soit pas simplement une incantation. Par exemple, « pour ou contre le nucléaire civil à des fins de production d’énergie ? » ; « pour une contre une augmentation des budgets de défense ? » « pour ou contre l’utilisation de plantes hybrides et génétiquement modifiées en agriculture ? »

    La politique c’est donc l’art de poser des questions, mais aussi de les imposer. De ce point de vue, la maîtrise de l’agenda est cruciale, et ça vaut aussi pour la presse d’ailleurs : vous préférez un JT sur les enjeux des négociations actuelles de l’accord de libre-échange entre l’UE et l’Inde, ou sur une petite vieille qui s’est fait voler son sac ? On pourrait penser à une bonne question pour un référendum, tiens, à ce sujet : « pour ou contre une rémunération publique forfaitaire des journalistes et des chercheurs ? » ^^

    J’arrête, c’est un sujet énorme... Il faudrait encore rajouter un niveau de discussion sur la légitimité, entre la légitimité découlant du mode de décision et la légitimité découlant de sa pertinence. La Chine prend des décisions très pertinentes en général, d’un certain de point de vue, mais ce n’est pas une démocratie...

  • XavXav
    XavXav répond à pablico
    • Posté à 20h27 le 14/05/2011
    • Internaute 28444

    Oui historiquement il y a deux tendances qui s’affrontent en France, une venue du nord (tradition germanique) qui pose une majorité très jeune -et qui s’est appliquée au moyen-âge- et une venue du sud (tradition romaine) qui prône une majorité tardive lorsque le père se marie.

  • Dictateur Sam
    Dictateur Sam répond à pablico
    Imposable sur le Culte de la (...)
    • Posté à 00h29 le 15/05/2011
    • Internaute 152613
      Imposable sur le Culte de la (...)

    Bonjour Pablico, je tenais à vous dire que j’aimais bien les très réguliers commentaires que vous postez sur le site, mais également vous faire part de mes réflexions sur le sujet dont j’aurais aimé en débattre avec vous.

    Je pense sincèrement que le droit de vote se mérite et non un droit inné à chaque personne. Le militantisme est la seule chose que je trouve valable pour prendre des décisions politique et ce quel que soit l’âge, le sexe, la religion et ses opinions (en fixant une limite quant à la maturité).

    En quoi un jeune de 16 ans ne serait pas capable de comprendre la politique dans le cas où on la donne à ceux qui ont des idées et participent à la vie locale ?

    Je ne voudrais pas faire de discrimination mais quand on voit le peu d’intérêt que les 20 à 50 % des gens portent à chaque scrutin en France, j’estime qu’il serait intolérable que par la suite, ces mêmes gens puissent gueuler de la politique affichée (souvenez-vous des présidentielles de 2002 où les gens ont manifesté contre le FN qu’ils avaient indirectement fait passer au second tour par l’abstention !)

    Il existe des gens qui veulent vraiment faire quelque chose pour le pays et je pense que seuls eux ont un droit réel de parole et de vote. Fini l’abstention, fini les élites coupées du petit peuple !

    D’autre part, les personnes âgées complètement gaga (et je ne vous compte absolument pas dedans compte tenu que selon vos propos « personnellement, j’ai du attendre 21 ans » que vous avez au mieux dans la soixantaine) n’ont plus aucune conscience politique car déconnectées de la vie publique. Ne leur reste que la nostalgie de leur jeunesse. Ces personnes sont effectivement dangereuses (et dire que le papy boom a commencé !) de part leurs idées ultra conservatrices pour la plupart ...

    Sinon Pablico, j’aime bien votre humour et vos analyses pertinentes ! En vous souhaitant une bonne journée !

    • pablico
      pablico répond à Dictateur Sam
      Co-NOBEL de la Paix
      • Posté à 00h57 le 15/05/2011
      • Internaute 14278
        Co-NOBEL de la Paix

      chaque âge à sa fonction dans la société..

      il est un âge .. où il est bon de tenir le rôle de sage, de questionneur, .. avant de décrocher et de faire sa dernière révérence...

       : -)

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