Sur le terrain 07/05/2011 à 11h30

A Tunis, on revit « en attendant que tout rentre dans l'ordre »

Ramses Kefi | Journaliste


(De Tunis) Jour de marché oblige, le taxi zigzague pour se frayer un chemin entre les piétons. Tout près d’un feu rouge, deux hommes s’empoignent violemment. Une patrouille de police les regarde mais n’intervient pas. Les agents continuent leur ronde, comme si de rien n’était. Des noms d’oiseaux fusent à leur encontre. Là encore, ils ne bronchent pas.

Bienvenue en Tunisie post-révolutionnaire. Un peu plus d’insécurité certes, mais finalement, « pas vraiment plus qu’ailleurs » comme le souligne Maher, ingénieur à Berlin. Un passant, plutôt âgé, lui emboîte le pas :

« C’est le prix à payer pour se débarrasser de Zine [Ben Ali]. Moi, depuis qu’il est parti, je revis. »

« Aujourd’hui, même quand on n’a rien à dire, on l’ouvre »

Le clan Ben Ali, autrefois si craint, est désormais au cœur de toutes les railleries, Leila en tête. L’ex-première dame est unanimement honnie. Alcool, drogue, adultère : les Tunisiens ne lui épargnent rien.

Je rencontre Anis, étudiant en informatique, dans un petit café de la capitale. Il rit aux éclats quand il entend deux jeunes filles, attablées près de nous, jurer que Ben Ali, de son exil saoudien, arbore une calvitie, et que sa femme cherche par tous les moyens à divorcer :

« Tu vois, avant nous avions tellement de choses à dire mais nous étions contraints de la fermer. Aujourd’hui, même quand nous n’avons rien à dire, nous l’ouvrons. »

Sur son ordinateur portable, il insiste pour me montrer des photos et des vidéos prises au plus fort de la répression. Les images sont sans équivoque. Le 11 janvier, lui-même est pris en chasse par des policiers qui n’hésitent pas à lui tirer dessus à balles réelles. Caché par un voisin, ils perdent finalement sa trace :

« La dictature n’est plus la bienvenue en Tunisie. Le prochain combat ? Transformer l’essai et faire du pays une véritable démocratie. Ça mettra du temps, mais nous sommes sur la bonne voie »

Entre deux cigarettes, il me raconte dans un français impeccable comment au mois de mars, dans un lycée de Sfax, des étudiants ont manifesté pour réclamer la tête des professeurs qu’ils jugeaient mauvais. « Chacun veut s’essayer à la démocratie » surenchérit Anis. A tâtons. Il y a encore quelques mois, exprimer une opinion était quelque chose de tout simplement inimaginable.

Le Président idéal ? « Tous, sauf les islamistes »

Haykel nous rejoint quelques minutes plus tard. Il parle fort, sans vraiment se soucier des autres. La discrétion d’antan n’est plus de mise. Après les présentations d’usage, il se lance dans une diatribe acerbe contre les islamistes, qu’il accuse de « complot contre la nation » :

« Ben Ali était à la solde de l’Occident, eux sont à la solde de l’Arabie saoudite. Le peuple veut avancer mais sans eux. Avec Ennahda [mouvement islamiste, ndlr], c’est le retour en arrière assuré. »

Pour justifier sa dictature, le régime déchu n’hésitait pas à agiter le spectre islamiste, contre lequel Ben Ali se disait être un bouclier. Emprisonnés, exilés ou morts, les islamistes tunisiens du parti Ennahda sortent peu à peu de leur clandestinité. Si leur leader historique Rached Ghannouchi parle d’un islam politique calqué sur l’AKP turc, beaucoup dénoncent un double discours. Dont Anis :

« Je suis pratiquant. Seulement, je ne voterai pas pour Ghannouchi. Il joue avec la presse. Devant le peuple, il a un discours, devant ses partisans, en comité réduit, il en a un autre. »

Anis doit retourner en cours. Avant de nous quitter, je lui demande qui selon lui serait le Président idéal. Il réfléchit quelques secondes et, en guise de réponse, je reçois un slogan : « Tous, sauf les islamistes. »

Explosion du chômage, économie au ralenti

La nuit tombe sur Tunis. Fekhri rentre du Kram, à quelques kilomètres du centre-ville. Depuis janvier, il ne travaille plus. « Il faut vite que tout rentre dans l’ordre » soupire-t-il.

Car l’économie tunisienne tourne au ralenti. Le tourisme est en berne tandis que beaucoup de petites entreprises n’ont pas résisté à la Révolution et ses semaines d’inactivité forcée. Alors, le chômage a littéralement explosé. D’ailleurs, le conflit qui traîne en Libye n’arrange rien. Des dizaines de milliers de Tunisiens qui y travaillaient sont rentrés. Sans le moindre sou.

Comme beaucoup, Fekhri voit dans les élections la fin des incertitudes. Lui aussi n’a pas vraiment de favori, même s’il n’exclut pas de voter Ennahda :

« L’islam démocratique, c’est possible. Et un retour à la morale ne nous ferait pas de mal. Je ne dis pas que je voterai pour le parti de Ghannouchi mais si leur programme me convient, pourquoi pas. »

« La matraque, il n’y a que ça qu’ils comprennent »

Une voiture passe près de nous. Ses occupants, éméchés, chantent à tue-tête. Le chauffeur manque de heurter un lampadaire, avant de repartir à toute berzingue. Fekhri interpelle un policier :

« Tu as vu ça ? Ils auraient pu tuer quelqu’un. »

Le policier sourit poliment. Une courtoisie de façade seulement :

« Je les connais, ils habitent pas très loin de chez moi. Ils me narguent. Quand tout rentrera dans l’ordre, nous irons les tabasser. La matraque, il n’y a que ça qu’ils comprennent. »

► Cet article a été écrit avant le regain de tension de ces derniers jours.

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  • vilmorpheus
    vilmorpheus
    Idéaliste
    • Posté à 11h56 le 07/05/2011
    • Internaute 86413
      Idéaliste

    vous vous sentez moins libre quand vous buvez un coca ?

    • A déménagé le 10 mai
      • Posté à 12h19 le 07/05/2011
      • Internaute 102287

      J’en suis à 1,5L par jour : p
      Ca fait comme le tabac quoi, au début c’est par plaisir et à la fin y’a un manque quand on arrête.

      D’ailleurs vous pouvez faire un tour sur la toile, vous y trouverez tout un tas de monde accroc.

      Et il faut avouer que coca cola est une des marque représentative de l’over-capitalisme qui ne sait que détruire pour produire de la merde :)
      Liberté de la consommation addictive au nom de l’emploi (emploi de plus en plus remplacé par des machines pour économiser au maximum la main d’oeuvre, cherchez l’erreur : p )

      Ils vont devenir comme nous, profiter du capitalisme pour grandir et une fois grand il vont rencontrer un mur. Comme la religion quoi, un mal nécéssaire pour commencer son évolution mais dont il faut se débarrasser si on veut continuer à grandir.

       
      • cdmlyon
        cdmlyon répond à A déménagé le 10 mai
        citoyen du monde
        • Posté à 12h49 le 07/05/2011
        • Internaute 7540
          citoyen du monde

        Sincèrement, je ne comprends pas trop cet article qu’il faut lire sous plusieurs angles. Il veut donner l’impression qe tout est rentré dans l’ordre mais à la fin du texte, on parle d’un policier qui attend que les bonnes vielles habitudes reprennent le dessus avec la bonne matraque comme si pour le moment on endormait le peuple avec une carotte empoisonnée. Et puis, il y a ce réquisitoire habituel et classique contre le parti qualifié dans le texte d’islamiste. C’est cool, on fait intervenir un gars qui se dit musulman mais qui rejette ce parti qu’on décrit comme islamiste ; ensuite on prête à ce parti un double discours sans aucun élément permettant de justifier ce propos et on sort la belle formule tout sauf les islamistes ; C’est à dire que pour le gars qui a écrit le texte et qui fait dire au témoin ce qu’il veut, que le rcd revienne , ce n’est pas un problème.
        Permettez moi de vous signaler qu’en Tunisie, la révolution est en danger et en déplaise l’auteur du texte, ce n’est pas la faute des « islamistes » comme il appelle des gens qui s’identifient à l’islam. Les vieux démons reviennent et je suis étonné que le narrateur n’y voit rien. comme quoi une ville se visite différemment selon l’angle de perception.Lien

      1 autres commentaires
  • Gelone2010
    Gelone2010
    Sarkophobe
    • Posté à 12h30 le 07/05/2011
    • Internaute 99991
      Sarkophobe

    Et pourquoi est-ce que tout rentrerait dans l’ordre ?

    « Le Monde » du 2 avril parlait de 500’000 chômeurs, de 80’000 néo-dipômés qui arriveront sur le marché du travail en juin prochain, de 700’00 chômeurs à échéance de quelques mois, d’une saison touristique bousillée et, dans l’agriculture, de mauvaises perspectives pour la récolte 2012...

    Et l’auteur de l’article n’a rien dit des salariés - des privilégiés dans le contexte - qui se mettent en grève pour obtenir des augmentations de salaire...

    Alors, pour ce qui de rentrer dans l’ordre, on se demande lequel...

  • Rose.Arno
    Rose.Arno
    Enseignante
    • Posté à 12h34 le 07/05/2011
    • Expert 136988
      Enseignante

    Il est très bien le jeune Haykel !
    On pourrait penser que la Tunisie a des chances de réussir son passage à la démocratie.

    Mais ne fait il pas partie d’une élite intellectuelle pas forcément représentative des comportements électoraux du pays ?

    Prenez par exemple les jeunes élites intellectuelles que l’on peut trouver sur la R89 et ses débats. Sont elles représentative des votes à venir en France ?

    Ne pourrait il pas y avoir des surprises électorales peu agréables, à Tunis comme à Paris ?

    La question peut se poser, bien qu’aujourd’hui il y ait beaucoup de vent.

    • A déménagé le 10 mai
      • Posté à 12h46 le 07/05/2011
      • Internaute 102287

      Prenez par exemple les jeunes élites intellectuelles que l’on peut trouver sur la R89 et ses débats. Sont elles représentative des votes à venir en France ?

      Les gens choisissent bien souvent un site par « goût », ça ne représente qu’une partie de la population même si il y a des gens qui pensent de façon différente. Pour se rendre compte, il faut faire le tour de pas mal de journaux en ligne et de certain site ordurier du genre fdesouche (ou certaints types expriment clairement leur envie de casser la tête des « banlieusard » quand ce n’est pas une envie de meutre) qu’on ne retrouve pas sur la rue.

      Ne pourrait il pas y avoir des surprises électorales peu agréables, à Tunis comme à Paris ?

      A Paris, personnellement j’ai un doute. Nos politiques les plus haut placé ont plus le comportement de mafieux qu’autre chose et déloger une mafia n’est pas chose aisé quand elle a le pouvoir total.

      • cdmlyon
        cdmlyon répond à A déménagé le 10 mai
        citoyen du monde
        • Posté à 12h52 le 07/05/2011
        • Internaute 7540
          citoyen du monde

        Notre amie la journaliste de presse à la radio en ligne Kalimat, Marwa Rekik a été molesté et tabassé par des d’agents de police en civil, lors de la couverture des manifestations dans l’Av. H. Bourguiba de Tunis. L’agression lui a causé plusieurs points de suture au niveau de la tête et des blessures plus ou moins graves qui ont nécessité son transfert à l’hôpital.
        Les mots ne suffisent plus pour exprimer notre indignation et notre colère contre ce genre de pratiques répressives policières. Notre solidarité est illimitée et sans faille. (Source : Lien)

      • Rose.Arno
        Rose.Arno répond à A déménagé le 10 mai
        Enseignante
        • Posté à 14h07 le 07/05/2011
        • Expert 136988
          Enseignante

        A Paris, personnellement j’ai un doute. Nos politiques les plus haut placé ont plus le comportement de mafieux qu’autre chose et déloger une mafia n’est pas chose aisé quand elle a le pouvoir total.

        Je vous parlais de surprises électorales désagréables.
        Voulez vous dire que le maintien de cette mafia serait une chose agréable ?

        une envie de meutre) qu’on ne retrouve pas sur la rue.

        Je crains qu’il n’y ait un certain nombres de jeunes d’élite, et même de moins jeunes, délités, qui font ici régulièrement référence à des sorts funestes promis à certains de leurs contradicteurs.

        Mais bon, c’est p’têt bien une impression.

    • licia
      licia répond à Rose.Arno
      de-ci de-là
      • Posté à 22h39 le 07/05/2011
      • Internaute 118601
        de-ci de-là

      « Mais ne fait il pas partie d’une élite intellectuelle pas forcément représentative des comportements électoraux du pays ?
      Prenez par exemple les jeunes élites intellectuelles que l’on peut trouver sur la R89...... »

      Vous devriez vous relire, vos répétitions sont lourdes, mais il est vrai aussi que c’est pratiquement inintelligible.

      • Rose.Arno
        Rose.Arno répond à licia
        Enseignante
        • Posté à 23h31 le 07/05/2011
        • Expert 136988
          Enseignante

        Répétitions apparemment nécessaires pour vous traverser l’esprit, ma belle.

         
        • licia
          licia répond à Rose.Arno
          de-ci de-là
          • Posté à 12h40 le 08/05/2011
          • Internaute 118601
            de-ci de-là

          Elles n’ont fait effectivement que me traverser l’esprit, tant elles étaient sans intérêt.

        1 autres commentaires
  • joanoji
    joanoji
    voyageur
    • Posté à 13h37 le 07/05/2011
    • Internaute 46795
      voyageur

    le problème c’est que le travail et le plein emploi sont perçus comme une libération. il n’y a pas de remise en question de ce côté là et ça va leur coûter cher.

    ps : je ne suis pas pour le collectivisme, mais je pense qu’il est nécessaire de réorganiser sa manière de vivre et d’obtenir les aliments et biens qui nous sont nécessaires afin de s’extraire de l’aliénation salariale.

  • Humain
    • Posté à 14h52 le 07/05/2011
    • Internaute 21387

    Je souhaite que les Tunisiens puissent voter pour un démocrate vraiment démocrate.

    Avec Rached Ghannouchi qui parle d’un islam politique calqué sur l’AKP turc... Cela me fait frissonner !

  • Ride the beach
    Ride the beach
    Etudiant en sciences économiques (...)
    • Posté à 14h59 le 07/05/2011
    • Internaute 154263
      Etudiant en sciences économiques (...)

    Une population comme une autre, rien d’étonnant ou de quoi s’apostropher. Après la « révolution », il faudrait que chacun reprenne le sens des responsabilités.

    Le peuple tunisien a aiguillé son pays vers une nouvelle destination, il ne faudrait pas oublier d’y mettre des rails.

  • On the road
    On the road
    ici et ailleurs
    • Posté à 16h46 le 07/05/2011
    • Internaute 37561
      ici et ailleurs

    Je ne sais pas quand cet article a été écrit, mais sa parution est en décalage total avec l’actu. L’endroit montré sur l’image (à la terrasse de l’International sur l’avenue Habib Bourguiba) aujourd’hui, c’est lacrymo et matraque.
    Depuis deux jours, c’est un nouveau cycle insurrectionnel qui commence. Il couvait depuis un moment tant l’impression de restauration inquiète une partie de l’opinion. Les violences policières d’hier ont mis le aux poudres.
    Pas certain que cette fois, il puisse y avoir un aboutissement politique qui remette le processus sur les rails. Le risque d’une sortie de route est réel !

    • phantom2
      phantom2 répond à On the road
      être vivant
      • Posté à 18h30 le 07/05/2011
      • Internaute 151904
        être vivant

      C’est vrai qu’il se dégage de l’article un certain amateurisme totalement déconnecté de l’actualité tunisienne. C’est à l’évidence une sorte de micro-trottoir dont le fil est prédéterminé par une lecture de l’évolution de la situation de transition démocratique. D’abord la révolution, ensuite le désenchantement, puis les angoisses et les crises, et comme ça, on laisse le lecteur dans l’indétermination : le journal ne se prononce pas sur le destin du pays - virage islamiste, union des gauches, retour à un état policier.
      Aucune analyse des propos explosifs de mercredi tenus par l’ancien ministre de l’intérieur, M. F. Rajhi.
      Aucune analyse des trois jours de manifestation (1er jour : étudiants ; 2ème jour : troubles plus ou moins spontanés et affrontements entre la police et des jeunes ; 3ème jour : grand procès d’un Trabelsi, manifestation pour la laïcité, violences en marge, jets de lacrimo et matraquages d’un côté, cocktails molotov de l’autre).
      Aucune analyse enfin des initiatives citoyennes et des avancées politiques (médias libres, partis qui s’unissent à gauche, progrès dans l’organisation des élections de juillet).
      Sans doute les lecteurs français et internationaux ne pourraient pas rentrer dans des précisions d’un tel ordre, sans bâiller un bon coup.
      Pour rassurer ceux qui s’en préoccupent, voilà l’humble avis de quelqu’un sur place qui n’y connaît pas grand-chose :
      - Les islamistes ? Une blague : 70 pourcent des Tunisiens y sont viscéralement opposés. C’est de la « polémique médiatique » qui servira aux analystes occidentaux, une fois le danger écarté, à affirmer comme une lapalissade que le monde arabe a tourné la page d’Al Qaïda et de l’islamisme radical.
      - L’union de la gauche ? C’est le problème : une myriade de micro-partis risque de rendre obscurs et indigestes les débats de la constituante.
      - Les « clous rouillés » comme on appelle les caciques de l’ancien régime ? Là, c’est le brouillard total. Personne ne sait où ils sont, s’ils s’organisent, ce qu’ils veulent. Les anciens indics regrettent le régime renversé. Les policiers montrent de nouveau les dents, sans doute tenus en laisse soigneusement par le ministère de l’intérieur - mais à quel niveau : gouvernement qui manipule le feu ou fonctionnaires pourris de l’ancien régime qui refusent de se soumettre et rêvent à leur revanche. Les cadres rcédistes enfin se cachent, et sans doute dans un mauvais remake de « La Fortune des Rougons » attendent le Napoléon III qui leur permettra de faire régner leur parti de l’ordre imbécile.
      Trois scénarii :
      - Les Rcédistes font migeoter le chaos et se donnent à Ennahda, qui s’avance comme le parti de l’ordre et de la tradition, réunissant les 25 % de classes populaires, ouvriers, chômeurs, etc. En face, des poussières de formation politique. L’assemblée va aux Islamistes, la constitution est trop radicale, seconde révolution en août, parce que je le répête 70 % des Tunisiens a minima sont pour un État laïc.
      - Les Rcédistes tentent l’aventure en solo, autour d’un candidat à la dictature. Coup de force, violence, chaos. Éventuel soutien de Kadhafi qui se sent un peu à l’étroit entre deux jeunes démocraties qui apportent un soutien humanitaire et logistique à ses damnés rebelles.
      - La gauche s’unit : Front populaire. Étant donné le progressisme, l’enthousiasme révolutionnaire et la dignité retrouvée, la Tunisie peut nous présenter encore de beaux moments de démocratie réelle. Il ne faut pas cesser d’espérer.
      Ce sur quoi il faut s’interroger en somme :
      - Que font les Rcédistes ? Où sont-ils ? Comment ont-ils fait évoluer leur analyse de la situation et de la politique tunisienne depuis la révolution ? Il n’y a que les idiots pour croire qu’ils rêvent encore à un simple retour de Ben Ali.
      - Pourquoi l’union de la gauche n’a-t-elle pas lieu ? Quelles sont les différences entre les partis qui retiennent leurs membres et leurs leaders ?
      - Qui va gagner le match de foot de cet après-midi ?

      • phantom2
        phantom2 répond à phantom2
        être vivant
        • Posté à 21h08 le 07/05/2011
        • Internaute 151904
          être vivant

        Mise à jour : couvre-feu à neuf heures, ce soir.
        La contre-révolution est en marche, dit-on ici.
        En gros, probable coup de force Rcédiste et policier dans les prochains jours.

         
        • FreeDreamer
          FreeDreamer répond à phantom2
          Prof retraité, militant (...)
          • Posté à 05h30 le 08/05/2011
          • Internaute 149092
            Prof retraité, militant (...)

          Bravo pour la qualité de cette réponse, tant sur le fond que sur la forme !

        1 autres commentaires
      • Ramses Kefi
        Ramses Kefi répond à phantom2
        Auteur(e) de l'article Journaliste
        • Posté à 03h39 le 08/05/2011
          rédacteur
        • Journaliste 140314
          Journaliste

        L’article a comme je l’ai précisé, été écrit avant les événements de ces derniers jours.

        Vos arguments sont très justes et d’ailleurs, ils sont totalement dans l’esprit de mon papier.

        Merci.

      • Ramses Kefi
        Ramses Kefi répond à phantom2
        Auteur(e) de l'article Journaliste
        • Posté à 04h04 le 08/05/2011
          rédacteur
        • Journaliste 140314
          Journaliste

        Grosso modo, vous dîtes à peu de choses près la même chose que moi. Avec vos mots, bien évidemment.

        Cordialement.

         
        • phantom2
          phantom2 répond à Ramses Kefi
          être vivant
          • Posté à 10h22 le 08/05/2011
          • Internaute 151904
            être vivant

          On a déjà réponse à une question :
          Le Club Africain a perdu...

        1 autres commentaires
      • hasni
        hasni répond à phantom2
        • Posté à 11h02 le 09/05/2011
        • Internaute 37535

        Juste une chose à ajouter à cette description, c’est que la censure du net est revenue notamment sur Facebook. Des pages visibles en dehors de la Tunisie et pour les Tunisiens cette annonce.

        « Cette page a été filtrée en application d’une réquisition émanant du juge d’instruction auprès du tribunal militaire permanent de Tunis »

        Je précise qu’il s’agit en l’espèce du profil d’un des membres de Takriz.

        Ces derniers jours il y a eu un nouveau cycle de violence, incendies, répressions, au moins un mort au Kram, descente de police dans un journal et couvre-feu.

        Concernant l’article lui-même, je le trouve effectivement très lisse et même écrit avant les dernières violences, il ne reflète pas la réalité de la rue. Si il a été écrit depuis ce café, l’auteur aurait été inspiré de traverser la rue et d’aller sur le terre-plain de l’avenue Bourguiba discuter avec ces groupes de personnes qui refont le monde en parlant politique ou aller dans des cafés non réservés à la petite bourgeoisie tunisoise.

  • kersablen
    kersablen
    retraité
    • Posté à 19h36 le 07/05/2011
    • Internaute 120772
      retraité

    La révolution est en marche, la jeunesse court encore plus vite pour la fuir . Y aurait comme un défaut .

  • concarneau
    concarneau
    retraité
    • Posté à 20h20 le 07/05/2011
    • Internaute 143589
      retraité

    C’est bien beau de parler même quand on a rien à dire, sous prétexte que pendant plus de vingt ans on a été muselé ! Aujourd’hui (j’habite en Tunisie) les grèves se multiplient, les salariés virent les directeurs des hotels, les élèves contestent les profs etc, etc bref, l’anarchie au non de la révolution ! ! ! Certains Tunisiens, assez nombreux, qui voudraient pouvoir gagner leur vie en travaillant normalement en arrivent à souhaiter une nouvelle dictature ou en tout cas, un gouvernement à poigne ! Par pitié, ne gachez pas tout, remettez vous au boulot et sauvez votre économie avant le désastre qui vous mettra pieds et poigs liés aux mains des islamistes.

    • alankin
      alankin répond à concarneau
      peu importe
      • Posté à 11h36 le 08/05/2011
      • Internaute 140809
        peu importe

      c’est le coup habituel du balancier qui est parti trop loin de l’autre bord....il va donc y avoir un retour à un gouvernement fort et puis, petit à petit...l’ennui est que si l’économie plonge trop, les partis religieux se renforceront non ? ?

      • concarneau
        concarneau répond à alankin
        retraité
        • Posté à 20h03 le 08/05/2011
        • Internaute 143589
          retraité

        c’est en effet ce qui est à craindre...

         
        • alankin
          alankin répond à concarneau
          peu importe
          • Posté à 23h04 le 08/05/2011
          • Internaute 140809
            peu importe

          ben oui, après une révolution il faut plus de 10 ans avant de remettre les choses en place....

        1 autres commentaires
  • COCOSANEL
    COCOSANEL
    GESTALT-THERAPEUTE
    • Posté à 20h36 le 07/05/2011
    • Internaute 152156
      GESTALT-THERAPEUTE

    Comment se fait-il que vous soyez passé à côté du matraquage hier à Tunis de journalistes dont le correspondant de l’AFP par des policiers bien organisés.
    Suite à une manif provoqué par l’ancien ministre de l’intérieur limogé et donc « ancien régime ».
    Je consulte sur internet « la presse tunisienne » ou vous avez les journaux de Tunis en ligne.
    C’est pas tout rose et pas gagné la démocratie et la laïcité.

  • Ramses Kefi
    Ramses Kefi
    Auteur(e) de l'article Journaliste
    • Posté à 03h24 le 08/05/2011
      rédacteur
    • Journaliste 140314
      Journaliste

    L’article a été écrit avant les événements de ces derniers jours et de ces dernières heures.

  • alankin
    alankin
    peu importe
    • Posté à 11h12 le 08/05/2011
    • Internaute 140809
      peu importe

    Là encore à quoi sert l’Europe ? ? ? Paris aimerait bien aider ce pays, mais les Allemands ne pensent qu’à leur Est....d’ailleurs on a bien vu Paris et Berlin s’opposer sur l’Union pour la méditerranée..

  • kersablen
    kersablen
    retraité
    • Posté à 12h41 le 08/05/2011
    • Internaute 120772
      retraité

    Tout est rentré dans l’ ordre, couvre feux, matraquages, gazages, ont repris,

  • MasterMan
    MasterMan
    technicien informatique
    • Posté à 12h44 le 08/05/2011
    • Internaute 129906
      technicien informatique

    La Tunisie est recouverte à plus de 90 % de Mosquées. L’Islam gangrène le pays, et l’empêche de s’émanciper :
    Lien

    Les égyptiens ont voté le 19 mars dernier par référendum à 77% pour le maintien de la charia, la Loi islamique comme base de la législation.
    Un succès tonitruant pour les Frères Musulmans.

    Dans TOUTES les Mosquées (du Monde ou de France) le Message est toujours le même :
    l’Islam est un système politique, juridique, économique, législatif, social complet qui englobe tous les aspects de la vie du Musulman.
    On y enseigne du droit coranique (charia), la Sunna (actes de la vie du Prophète qui doivent servir de modèle à tout Musulman pratiquant), le fiqh (jurisprudence du Droit), la finance islamique, les hadiths, en, bref, le licite et l’illicite, du DROIT PENAL MUSULMAN, incompatible avec des Lois démocratiques.

    IL NE PEUT Y AVOIR DE DEMOCRATIE DANS UN PAYS MUSULMAN.
    Lien

  • Lotfi AGOUN
    Lotfi AGOUN
    (Cadre)
    • Posté à 23h37 le 08/05/2011
    • Internaute 144526
      (Cadre)

    Mesure et Prudence
    Dans mon article « De quoi ont besoin ces peuples qui accèdent à la démocratie » (Lire ici), j’avais parlé des quatrième et cinquième pouvoirs ; respectivement, les médias dans leur ensemble et l’opinion publique. En Tunisie, ces deux pouvoirs (ou plutôt contre-pouvoirs) semblent se chercher encore ; et les derniers évènements de la semaine écoulée confirment cet aspect des choses.
    Liberté d’expression n’est pas synonyme de dire n’importe quoi, au détriment du respect des règles élémentaires censées régir les rapports entre individus dans une société qui se veut démocratique, qui tend à l’être ou à le devenir.
    Les récentes tensions qui traversent la Tunisie après une pseudo-accalmie n’augurent rien de bon pour son devenir démocratique.
    J’essaye de ne pas porter de jugement de valeur. Persuadé de n’avoir aucune qualité pour le faire autre que celle du simple citoyen qui aspire à voir son pays sortir finalement indemne de cette tourmente après des décennies de tyrannie et dictature. Je me contenterai, tout simplement de souligner certains faits qui, à mon avis desservent l’instauration d’une démocratie plutôt qu’ils ne l’assoient.
    1/ Croire que le simple fait d’avoir chassé BEN ALI et ses acolytes va faire de la Tunisie un havre de paix et de prospérité est une grossière erreur dont les Tunisiens dans leur ensemble sont conscients.
    2/ Recourir aux médias (la presse, Internet, les réseaux sociaux, etc …) pour régler ses comptes, sans avancer de preuves tangibles, n’est pas le meilleur moyen pour consolider cette démocratie balbutiante. Et c’est l’effet boomerang garanti.
    3/ Les propos de Mr Farhat RAJHI, avec tout le respect du à sa personne, n’étaient pas de nature à apaiser cette rue qui voit, pense (parfois avec l’aide de certains pas toujours bien intentionnés) que sa révolution lui a échappé des mains et que petit à petit certaines pratiques, d’un passé pas si lointain, se remettent en place.
    De nos jours l’information circule à la vitesse de la lumière et ce n’est pas un simple jeu de mots. Il aurait été préférable, à mon humble avis, que Mr RAJHI ne tombe pas dans ce qu’il reproche aux autres. En insistant sur le régionalisme, il suggère en substance une sorte de compensation en faveur de celles écartées depuis l’indépendance ; et par conséquent, une autre forme de régionalisme. La Tunisie a besoin de toutes ses compétences quelque soit la région d’origine.
    Accorder une interview à une journaliste stagiaire (d’après les dires de l’intéressé) et se faire filmer à son insu ne semble pas très plausible dans la mesure où il a été bien cadré durant l’entretien. Ne pas demander à écouter au préalable le rendu final, afin d’éviter certains montages qui font sortir les propos de leurs contextes, est un reproche que je ne peux ne pas faire à cet ancien haut magistrat et ex-ministre à la tête d’un ministère de souveraineté.
    Quand on s’exprime sur les ondes et à travers les médias (et il est bien placé pour apprécier leurs pouvoirs de nos jours) il ne peut, lui qui de par les fonctions occupées (même de façon éphémère) jusqu’à sa démission, oublier qu’il est tenu à l’obligation de réserve. Exprimer ses pensées à travers ces moyens d’expression peut attiser des haines et surtout manipuler les sentiments des citoyens. Agiter l’épouvantail de l’arrivée des islamistes au pouvoir et de les voir se faire coiffer au poteau par l’armée est un scénario fort lugubre pour la Tunisie. Les enjeux touchant au devenir de ce pays et à l’avenir de son peuple sont tels que les actes des responsables politiques de tout bord, qui se veulent les bâtisseurs de la démocratie en Tunisie, doivent être imprégnés de sagesse et de pondération. De mesure et de prudence.
    Espérons que l’instauration du couvre-feu, que l’on croyait révolue depuis l’avènement du gouvernement de transition, sera de très courte durée et surtout pour la dernière fois. Que les sacrifices des Tunisiens pour conquérir la démocratie ne soient pas vains.

    Lotfi AGOUN
    Lien

  • Un robot
    Un robot
    Anasthase, le robot rouge
    • Posté à 10h42 le 09/05/2011
    • Internaute 100698
      Anasthase, le robot rouge

    Justice et fête ?

    La corruption des pays arabes et africains par les américains et les européens, les français, n’est plus à démontrer. On ne peut plus croire aux discours moralisateurs émanants des pays Européen, américain et plus largement occidentaux. Désolé.

    Mam, en proposant à la Tunisie d’envoyer les force de polices française pour taper sur la gueule de jeunes qui ne demandaient rien d’autre que « liberté, égalité, fraternité » à fait tomber les masques et détruit le peu de crédibilité qu’il restait à la France de ce gouvernement.

    C’est irrémédiable.

    La corruption à été révélée au grand jour et c’est tant mieux. Changer de gouvernement et e modèle de société est non seulement une urgence sociale mais c’est aussi une question de survie.

    Lien