Hérodote 07/05/2011 à 10h01

A quoi sert la monarchie ? Le plaidoyer d'un républicain

Herodote"
André Larané | Editeur de Herodote.net


Pour l’immense majorité des Français, la monarchie apparaît comme l’antithèse de la modernité et de la démocratie. C’est au point que le mot « république », contraire de « monarchie », est, en France, employé comme synonyme de démocratie.

Peut-on comprendre dans ces conditions que des Européens, aujourd’hui encore, endurent avec le sourire monarchies, carrosses, sacres et couronnes ?

Les noces de William et Kate, futurs souverains de Grande-Bretagne et d’Irlande, le 29 avril à Westminster, sont le grand événement médiatique et cathodique de ce printemps, en attendant celles d’Albert de Monaco et Charlène, en juillet.

On se gausse volontiers, dans la France républicaine, de ces rituels désuets, aux antipodes de notre moderne vision du monde et de la politique. Et chacun de guetter le moment où les Britanniques, enfin, ouvriront les yeux et se rallieront à la République.

Disons-le clairement, ce n’est pas pour demain, ni même après-demain.

Fausse monarchie, vraie république...

Pour nous défaire de nos œillères et comprendre l’attachement très majoritaire des Britanniques et de quelques autres peuples européens à la monarchie, observons en premier lieu que ces peuples-là comptent parmi les plus démocratiques de la planète, sinon les plus prospères.

Ainsi en va-t-il du Royaume-Uni, de la Norvège, de la Suède, du Danemark, des Pays-Bas et du Luxembourg mais aussi de la Belgique et de l’Espagne.

Dans ces deux derniers pays, les difficultés conjoncturelles, liées aux tensions séparatistes (Flandre, Catalogne, Pays basque), seraient très certainement bien plus grandes qu’elles ne sont sans le lien symbolique que représente la royauté :

  • en Belgique, où elle remonte à seulement 170 ans et manque singulièrement de prestige, cette royauté demeure envers et contre tout le ciment qui empêche l’éclatement du pays ;

  • en Espagne, où elle a été rétablie il y a à peine 35 ans, après une tragique éclipse de 45 ans, elle a incontestablement facilité la transition du franquisme vers la démocratie. Et l’estime dans laquelle les Espagnols tiennent le vieux roi Juan Carlos contribue à atténuer les diatribes entre les représentants du pouvoir central et les représentants des provinces périphériques.

En-dehors de ces aspects particuliers, les monarchies européennes nous montrent un fonctionnement démocratique exemplaire et sans bavure.

Si l’on se conforme au discours en vogue aujourd’hui en France, qui confond république et démocratie (comme avec le « pacte républicain », ou les « valeurs républicaines »...), ces monarchies sont des « républiques » au sens où l’entendent les Français. Ou, pour parler le langage des constitutionnalistes, d’authentiques démocraties représentatives.

Le roi règne mais ne gouverne pas

Le souverain est le chef de l’Etat, l’équivalent d’un président de la République. Mais il ne dispose que d’un pouvoir symbolique. Ces monarchies sont donc nécessairement des régimes parlementaires.

Le pouvoir y est exercé par le Parlement, lequel est constitué de deux assemblées selon une vieille tradition héritée de l’Angleterre. Cette dernière vote les lois et en partage l’initiative avec le chef de l’exécutif.

Plus important encore, elle désigne la personnalité que le monarque appellera obligatoirement à la tête du gouvernement, pour administrer le pays et mettre en application les nouvelles lois. Il s’agit en général du chef du parti majoritaire. Une fois nommé Premier ministre, il n’a de comptes à rendre qu’à l’assemblée législative et à la majorité qui l’a mis en place.

Si le Premier ministre se montre défaillant ou devient décidément trop impopulaire, son propre parti peut lui retirer sa confiance et le remplacer par une personnalité plus acceptable, dans l’espoir d’éviter une défaite aux élections législatives suivantes, ou bien tout simplement dans l’intérêt de la nation.

« Si Marx était vivant aujourd’hui, serait-il monarchiste ? »

A l’heure la plus grave de leur histoire, le 10 mai 1940, après que l’Allemagne de Hitler eut attaqué ses voisins occidentaux, les députés anglais ont poussé vers la sortie le Premier ministre Arthur Neville Chamberlain, coupable de s’être montré trop accommodant avec le Führer, et l’ont derechef remplacé par Winston Churchill.

Plus près de nous, le 28 novembre 1990, Margaret Thatcher a été débarquée par le groupe parlementaire conservateur au profit de John Major, à la suite des troubles ayant suivi l’annonce de la « poll tax “.

On peut discuter de la pertinence de ce régime. Force est de reconnaître qu’il est démocratique, stable... et ouvert au progrès.

Le député travailliste Denis MacShane note que les monarchies européennes sont en général plus avancées sur le plan social et sociétal que les républiques du même continent. Dans l’édition du 29 avril 2011 du journal Le Monde, il demande avec humour :

‘Si Marx était vivant aujourd’hui, serait-il monarchiste ?’

Notons que de nombreuses républiques ont également un régime parlementaire, avec un Président voué à l’inauguration des chrysanthèmes : Allemagne, Italie, Finlande...

La permanence de la Nation

En marge de l’aspect politique, on ne peut ignorer l’aspect symbolique de la monarchie.

Le souverain représente l’Etat à l’étranger comme dans toutes les manifestations protocolaires. C’est très pratique pour le chef du gouvernement qui est déchargé de ces corvées. On dit que le président des Etats-Unis est mobilisé la moitié de son temps par les obligations protocolaires en sa double qualité de chef du gouvernement et de chef de l’Etat.

Plus sérieusement, la personne royale et sa lignée portent témoignage de la continuité de l’Etat. Elles manifestent l’unité de la nation et sa survivance à travers les siècles. Elles contribuent aussi à la cohésion nationale, ce qui est d’une grande importance à l’heure du multiculturalisme.

La fidélité à la couronne et à la personne du souverain est plus facile à admettre de la part des citoyens, quelle que soit leur origine ethnique ou religieuse, que la référence à une ‘identité nationale’ et des ‘valeurs républicaines’ dont on est bien en peine de définir l’essence.

Accessoirement, par son éducation, le souverain se doit de se maîtriser et de rester poli vis-à-vis de ses sujets (même si les écarts ne sont pas rares).

Un décorum monarchique moins coûteux que la présidentielle

D’autre part, en sacrifiant ses ambitions et ses goûts personnels à l’obligation de conserver et transmettre son héritage, il témoigne de ce que chacun, en tant qu’individu, doit se soumettre à des valeurs supérieures. C’est un pied-de-nez au sacro-saint individualisme contemporain. Difficile de faire plus archaïque...

Détail financier : en dépit des apparences, le décorum monarchique et les dotations dont bénéficient les familles royales pèsent relativement peu sur les finances publiques si on les compare au coût de l’élection présidentielle en France et surtout aux Etats-Unis.

Elles sont par ailleurs sources de profits touristiques (c’est particulièrement vrai au Royaume-Uni).

Pour la monarchie des Windsor comme pour ses homologues d’Europe continentale, le principal défi à venir réside moins dans les péripéties sentimentales (divorces, adultères...), lesquelles ont existé de tout temps, que dans le vieillissement, résultat bienvenu de l’augmentation générale de l’espérance de vie.

Nous risquons de voir, à l’avenir, des grands-pères succéder à des arrière-grand-mères. Pas de quoi ravir les foules. Sauf à imaginer des sauts de génération, avec le désistement des héritiers trop âgés.

De mauvais esprits posent la question à propos du prince Charles, fils aîné d’Elizabeth II, qui vient de battre un record familial en portant pendant plus de 59 ans le titre ‘d’héritier présomptif’ (il est né le 14 novembre 1948).

Fausse république, vraie monarchie...

Le plaidoyer ci-dessus n’a d’autre but que d’expliquer l’attachement des Anglais et de quelques autres peuples européens à l’institution monarchique. La question n’est plus en débat en France. Elle a été tranchée par les élections, il y a 130 à 140 ans, et plus encore par le comportement malavisé des prétendants au trône.

Il n’en reste pas moins que l’esprit monarchique plane sur notre Constitution. Il n’est que de lire les commentateurs et les constitutionnalistes pour s’en rendre compte.

Charles de Gaulle, qui a inspiré le texte constitutionnel de 1958, a voulu établir une ‘monarchie républicaine’, autrement dit un régime qui donne au Président la prééminence sur le Parlement, avec notamment le droit de provoquer de nouvelles élections législatives. La clé de voûte du système est l’élection au suffrage universel direct du Président, qui rehausse sa légitimité, sinon son prestige.

Le système a fonctionné sans à-coups de 1962 à 1986. A cette date, une majorité législative de droite, opposée à un Président de gauche, François Mitterrand, a contraint celui-ci à un gouvernement ‘de cohabitation’.

En 2002, pour éviter le retour de ce genre de désagrément, droite et gauche réunies ont aligné le mandat du Président sur celui des députés (cinq ans au lieu de sept) et fait en sorte que les députés soient élus dans la foulée de l’élection présidentielle.

Il s’en est suivi un déséquilibre majeur des institutions dont nous commençons à prendre la mesure.

Du jour où il est élu, le Président ne rencontre plus d’obstacle institutionnel sur sa route. Les députés ne sont pas en mesure de le gêner car une majorité d’entre eux lui doivent leur siège, et leur réélection dépend de la sienne.

Le Président peut d’autre part user des pouvoirs de nomination que lui donne la Constitution pour former autour de lui une cour d’obligés, jusque dans le camp adverse. C’est un monarque à durée limitée.

L’efficacité est-elle au rendez-vous ? Rien n’est moins sûr. N’étant plus relayées par le Parlement, les aspirations populaires s’expriment sinon dans la rue, du moins de manière feutrée, par le désengagement civique, la culture du cynisme et le contournement de la loi, comme dans tous les régimes peu ou non démocratiques.

Publié initialement sur
Herodote
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  • Jacques Bolo
    Jacques Bolo
    Auteur-Editeur-Libraire
    • Posté à 10h45 le 07/05/2011
    • Internaute 37329
      Auteur-Editeur-Libraire

    Les aristocrates à la lanterne !

    • Oudinot
      Oudinot répond à Jacques Bolo
      llanoddr yffr â gastell caedidd (...)
      • Posté à 18h27 le 07/05/2011
      • Internaute 24903
        llanoddr yffr â gastell caedidd (...)

      A la lanterne, y verrez vous plus clair ? ? Talleyrand

       
      • CBC
        CBC répond à Oudinot
        • Posté à 15h39 le 09/05/2011
        • Internaute 24563

        évidemment non mais ça leur fait tant plaisir un type les pieds dans le vide

      1 autres commentaires
    • Salaves
      Salaves répond à Jacques Bolo
      Métallo
      • Posté à 20h55 le 07/05/2011
      • Internaute 5988
        Métallo

      Les lanternes, il y en a plus beaucoup, alors pour moderniser le slogan, je dirais « les aristos au lampadaire ».
      D’après les règle de l’urbanisme, on en met un tout les 25m. Ainsi accrochés ils nous illumineraient de leur supériorité et on ferait des économies d’énergie.

  • A déménagé le 1-6
    • Posté à 14h13 le 07/05/2011
    • Internaute 61755

    oh ! un camelot ! c’est vrai que les rois ne sont absolument pas dégénérés, hein ?

  • Tokani
    Tokani
    Oldmole
    • Posté à 23h59 le 08/05/2011
    • Internaute 71184
      Oldmole

    Ce qui est exessif est inssignifiant non ?
    Plus sérieusement une Monarchie peut être bien plus démocratique qu’une République . L’oligarchie républicaine actuelle nous le démontre je crois.
    Psychologiquement le lien fort à la Loi incarnée par le Père donc le Roi est un élément important de même que l’assimililation symbolique des familles à la vie d’une famille régnante elle bien vivante.
    Mais en France on est passé par le meurtre du Père de manière plus que sanglante puisque la plèbe Parisienne a massacré en plus la Mère et l’enfant....Sans oublier les boucheries de septembre 1793.
    La convention républicaine en plus de la guerre civile a aussi décrété le 1er Génocide institutionnel moderne contre son Peuple à savoir la Destruction de la vendée....
    Notre République est à ce titre la matrice de pas mal d’atrocités commises au nom de la liberté au 19em et 20 em siècle....

  • asozial
    asozial
    Bobo reprazent - aus Berlin.
    • Posté à 10h20 le 07/05/2011
    • Internaute 2273
      Bobo reprazent - aus Berlin.

    6ème république !

    • Senpai
      Senpai répond à asozial
      Informaticien développeur
      • Posté à 10h25 le 07/05/2011
      • Internaute 110000
        Informaticien développeur

      Va pour...

      • pablico
        pablico répond à Senpai
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 13h29 le 07/05/2011
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        cet article explique bien le problème,

        mais un allemand explique notre monarchie excellemment, c’est un peu long mais complet..une vue de l’extérieur qui corrige notre vue « nez dans le verre d’eau »

        Lien

         
        • Sagitus
          Sagitus répond à pablico
          Etudiant
          • Posté à 18h50 le 07/05/2011
          • Internaute 149304
            Etudiant

          Excellent article, merci pour le lien !

        1 autres commentaires
    • Florent Deliesle
      • Posté à 17h38 le 07/05/2011
      • Internaute 137282

      J’apprécie beaucoup Montebourg pour son honnêteté et son idéal mais son projet est dangereux. La VIème République c’est une démocratie semi-directe à la Suisse, la victoire de l’extrême-droite.

      • decodeur
        decodeur répond à Florent Deliesle
        libéral
        • Posté à 18h37 le 07/05/2011
        • Internaute 100449
          libéral

        Alors ne laissons démocratiquement que le Front de gauche et la gauche de la gauche ! la ce ne sera plus dangereux,supprimons les élections comme ça ce ne serait plus dangereux du tout ,de toutes façons cela ne changerait rien comparé au système actuel !

         
        • Florent Deliesle
          • Posté à 18h46 le 07/05/2011
          • Internaute 137282

          Le parti unique ? Vous appelez ça une démocratie ?

          • decodeur
            decodeur répond à Florent Deliesle
            libéral
            • Posté à 22h33 le 07/05/2011
            • Internaute 100449
              libéral

            c’est quoi le parti pas unique ? Est-ce que c’est le parti à deux trésoriers ? ou chevalier et Laspales ?

          • Adalletryn
            Adalletryn répond à Florent Deliesle
            Bizarre
            • Posté à 12h46 le 08/05/2011
            • Internaute 152076
              Bizarre

            PS UMP c’est le meme parti...

        3 autres commentaires
      • labrisure
        labrisure répond à Florent Deliesle
        Personnage exceptionnel
        • Posté à 18h59 le 07/05/2011
        • Internaute 48949
          Personnage exceptionnel

        Ca risque surtout d’être un bordel monstre à organiser.

      • asozial
        asozial répond à Florent Deliesle
        Bobo reprazent - aus Berlin.
        • Posté à 22h04 le 07/05/2011
        • Internaute 2273
          Bobo reprazent - aus Berlin.

        montebourg n’a pas le monopole de la 6ème république, et n’importe quoi serait mieux que notre monarchie républicaine taillée sur mesure par de gaulle et rendue franchement anti-démocratique avec le quinquennat et sarkozy.

        et montebourg, depuis qu’il a abandonné le non-cumul des mandats à titre personnel et léché le cul d’un peu tout le monde au PS pour se faire une place au soleil, on ne l’entend plus guère...

         
        • Florent Deliesle
          • Posté à 01h47 le 08/05/2011
          • Internaute 137282

          Je ne vous reprocherai pas la critique de Sarozy en matière de gestion des pouvoir se serait hyppcrite. Mais cessez votre jugement passionnel sur les autres. Montebourg est loin d’être un lèche-botte, pour ce qui est de gaulle, la prochaine fois que le pays sera dans une guerre mondiale libérez-le, présentez vous aux élections présidentielles avec un programe et on verra.

          • asozial
            asozial répond à Florent Deliesle
            Bobo reprazent - aus Berlin.
            • Posté à 18h53 le 08/05/2011
            • Internaute 2273
              Bobo reprazent - aus Berlin.

            je ne crois pas au mythe de l’homme providentiel, de gaulle a surtout été un opportuniste qui a sûrement joué son rôle mais n’a pas sauvé le monde libre tout seul avec des petits poings rageurs, et a bien instrumentalisé son statut pour imposer une constitution au service d’une droite dure et monarchisante.

        3 autres commentaires
      • Tokani
        Tokani répond à Florent Deliesle
        Oldmole
        • Posté à 00h00 le 09/05/2011
        • Internaute 71184
          Oldmole

        Exellent ta logique .
        Ne surtout pas donner au Peuple de démocratie réelle ! Bravo...

         
        • Florent Deliesle
          • Posté à 11h29 le 09/05/2011
          • Internaute 137282

          Les plus grandes périodes référendaires c’est de gaulle et l’empire on a la chance que cela se soit fait sous de grands hommes en France, mais regardez la démocratie chez nos voisins suisses. Oui la démocratie semi-directe est dangereuse.

          • Megami
            Megami répond à Florent Deliesle
            artiste
            • Posté à 11h44 le 09/05/2011
            • Internaute 153927
              artiste

            Et pourquoi serait elle dangereuse ? Car elle exprime se que pense la majorité ?

            • Florent Deliesle
              • Posté à 16h33 le 09/05/2011
              • Internaute 137282

              Si vous êtes partisan d’un vote pour la peine de mort, pour l’expulsion des personnes d’origines étrangères (affiche du référendum en suisse), pour l’interdiction des minarets... Je vous rassure il n’y a pas de danger !

              Le référendum est la marque de la démocratie semi-directe or il est vecteur :
              - d’idée conservatrice (pas mal en soi, mais cela empêche toute évolution même sensée, l’abolition de la peine de mort en serait jamais passée par un référendum)
              - d’idée d’extrême-droite (référendum contre les minarets en Suisse, pour l’expulsion des délinquant étrangers, en faveur de la ségrégation en Amérique du Sud)

              Pour Marine Le Pen la démocratie semi-directe est un atout de légitimation éternelle.

              • Megami
                Megami répond à Florent Deliesle
                artiste
                • Posté à 09h34 le 10/05/2011
                • Internaute 153927
                  artiste

                Donc si je comprends bien tu es contre la véritable démocratie et pour une sorte de dictature d’une élite ? (Et si elle pense exactement comme toi c’est encore mieux...)

                • Florent Deliesle
                  • Posté à 10h40 le 10/05/2011
                  • Internaute 137282

                  Le seul parti à avoir le développement de la démocratie directe dans son programme c’est le FN, parce qu’il a compris que cela lui serait utile. Moi je ne parle pas de dictature des élites mais de démocratie représentative. Ensuite si vous préférez le FN à l’UMP c’est votre droit.

                  • Megami
                    Megami répond à Florent Deliesle
                    artiste
                    • Posté à 18h48 le 10/05/2011
                    • Internaute 153927
                      artiste

                    Non absolument pas mais je pense que la parole du peuple mérite d’être entendu.

                    • Florent Deliesle
                      • Posté à 10h17 le 11/05/2011
                      • Internaute 137282

                      Ce que l’on apprend dans tous les cours de sciences politiques et de droit constitutionnel en France c’est que la démocratie semi-directe (référendum et initiative populaire) permet de faire passer des points de vues extrêmes et/ou conservateurs.

                      C’est un fait. Regardez les plus grandes périodes référendaires en France sous les Napoléon et sous de Gaulle ce n’était pas franchement la victoire de la gauche. Le seul régime de gauche qui ait vraiment existé en dehors des régimes à suffrage restreint de la révolution, c’est la quatrième république qui est l’apogée de la représentation.

                      Vous n’avez qu’à regarder les pays ou l’initiative populaire et les référendum sont réguliers. Prenez l’exemple de la Suisse et des USA, et vous trouvez des résultats en faveur de la ségrégation, de l’expulsion des étrangers délinquants, contre la construction des minarets...

                      Pétain lui-même recourrait énormément au référendum. Je vous rappelle que sa prise des pleins pouvoirs a été approuvée par un référendum. Vous comprenez sûrement pourquoi on nous enseigne une certaine méfiance envers ces procédés en fac.

        7 autres commentaires
    • Baltorupec
      Baltorupec répond à asozial
      Etudiant
      • Posté à 21h23 le 07/05/2011
      • Internaute 151144
        Etudiant

      Merde à de Gaulle ! Vive la 6ème république !

  • Le Templier
    • Posté à 10h23 le 07/05/2011
    • Internaute 153996

    Tout à fait !
    Nous avons la possibilité de changer de roi tous les 5 ans.
    C’est d’ailleurs ce que disait Morvan Lebesque dans « Comment peut on être Breton ? essais sur la démocratie française ».

    La République reproduit le schéma ultra centralisé de la monarchie avec son président (monarque) tout puissant ayant le pouvoir, par exemple, d’envoyer l’armée faire la guerre n’importe où sans l’aval du parlement ...

    • Megami
      Megami répond à Le Templier
      artiste
      • Posté à 17h29 le 07/05/2011
      • Internaute 153927
        artiste

      quand le parlement est du même bords politique cela ne change pas grand chose...

    • Florent Deliesle
      • Posté à 18h00 le 07/05/2011
      • Internaute 137282

      Le chef de l’Etat, chef de l’exécutif, chanoine de Latran, gran-maitre de l’ordre nationale du mérite et de l’ordre de la légion d’honneur est également prince d’Andorre.

      On est passé d’une onction populaire à une autre. Autrfois la légitimité populaire reposait sur le sacre aujourd’hui elle repose sur le suffrage universel.

      De prince à roi, de chef d’Etat à chef d’Etat a-t-on changé quelque chose.

      De Gaulle avait au moins un mérite son orléanisme était un tant soit peu tempéré. Quand je vois la réforme constitutionnelle de Nicolas Sarkozy je songe que Louis XVI n’avait pas autant de pouvoir, sur le parlement (fait majoritaire et bien d’autres choses), sur les cours de justice, (parquet dépendant), et il avait au moins des corps d’opposition (noblesse) dans le cadre de l’exécutif. Il avait moins de pouvoir.

      • Tokani
        Tokani répond à Florent Deliesle
        Oldmole
        • Posté à 00h08 le 09/05/2011
        • Internaute 71184
          Oldmole

        Tu sais , le Sacre constiuait une onction symbolique et sacrée mais certainement pas populaire puisque la Légitimité ne venait pas du peuple mais de Dieu....
        Ce pauvre Louis XVI massacré avec sa femme et enfants a causé bien moins de morts en 20 ans de rêgne que la révolution en six mois de tueries et de guerre civile.
        Enfin le pouvoir des monarques dits absolus étaient en fait contrain par le corset des Lois fondamentales du Royaume c’est à dire les coutumes qui s’imposaient à eux....

         
        • Florent Deliesle
          • Posté à 11h26 le 09/05/2011
          • Internaute 137282

          La légitimité populaire comprend le suffrage universel mais englobe d’autres choses. On a par exemple la légitimité charismatique (de gaulle par ex). Le sacre et la théorie de droit divin étaient extrêmement populaire sous l’ancien régime, rien à voir avec un suffrage qui mécontente à chaque fois au moins 1/3 des français (attention je ne critique pas le SUD au profit du « droit divin »).

          On avait des grands théoriciens de l’absolutisme dans le tiers. Durant la révolution et jusqu’encore sous la IIIème, le peuple veut garder un roi. C’est la noblesse qui a contesté l’absolutisme pendant les lumières et c’est la bourgeoisie qui ne voyant pas ses projets de réformes avoir du crédit auprès du roi, a effectué des modifications brutales. Et si la bourgeoisie a usé du suffrage censitaire c’est parce qu’avec un suffrage universel en 1789 on aurait jamais changé de régime. Ensuite je n’aime pas beaucoup le consulat, le directoire et la convention nationale, mais un changement de régime était nécessaire.

          Je suis tout à fait d’accord avec vous Louix XIV ne pouvait changer les lois fondamentales, sarko c’est la première chose qu’il a faite.

          Et on ne peut opposer évidemment le nombre de morts sous louis XIV et sous la rev. On pourrait reparler des lettres de cachet également entre les 14 détenus de la bastille sous Louis XVI dont l’innocence était aussi sûre que celle de Pasqua et les milliers d’emprisonnés et tués parce que tous suspect sous la convention national il y a une différence.

        1 autres commentaires
    • decodeur
      decodeur répond à Le Templier
      libéral
      • Posté à 18h39 le 07/05/2011
      • Internaute 100449
        libéral

      Oui mais le roi transitoire,il a plus d’intérêt personnel et immédiat que d’intérêt pour le collectif.

    • ammianus
      ammianus répond à Le Templier
      Guide de musée
      • Posté à 02h51 le 09/05/2011
      • Internaute 126841
        Guide de musée

      Les trésors de la centralisation politique ; peu importe le régime la tendance reste la même, voyez avec Rome et le régime du principat. L’empereur avait tout pouvoir, incarnait l’Etat mais n’était surtout pas un roi au sens où nous l’entendons. Il restait un vacataire viager de sa charge, élu/acclamé/choisi selon les cas et souvent par l’armée, susceptible d’être supprimé au sens physique en cas d’échec ou de dérives.

  • Rémim
    Rémim
    .
    • Posté à 10h24 le 07/05/2011
    • Internaute 107704
      .

    « La Grande Bretagne et l’Irlande », ça a un nom ça s’appelle le Royaume-Uni.

    La République d’Irlande vous remercie.

    • Senpai
      Senpai répond à Rémim
      Informaticien développeur
      • Posté à 10h27 le 07/05/2011
      • Internaute 110000
        Informaticien développeur

      Exact, où ils auraient dû dire l’Irlande du Nord, façonné par les britanniques...

    • herodote
      herodote répond à Rémim
      enseignant
      • Posté à 10h50 le 07/05/2011
      • Expert 78500
        enseignant

      Avant de vouloir s’accuser d’erreurs mutuelles et d’indélicatesse anti-irlandaise :
      vos deux titulatures sont exactes mais incomplètes, il faut dire : « roi/reine du Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord » etc...

      • PAUL_
        PAUL_ répond à herodote
        Lost In Paris
        • Posté à 13h06 le 07/05/2011
        • Internaute 102167
          Lost In Paris

        Attention... ça va vite ! ! !

      • kapoios
        kapoios répond à herodote
        • Posté à 14h59 le 09/05/2011
        • Internaute 32992

        Oui enfin il n’empêche que dire de William qu’il est le futur souverain d’Irlande est une aberration historique monstrueuse et fort peu respectueuse des quelques gars morts pour faire de la majeure partie de ce pays une République indépendante.

        L’article mériterait d’être édité.

    • merle-moqueur
      merle-moqueur répond à Rémim
      GRRRRRRRRRRRR (...)
      • Posté à 18h15 le 07/05/2011
      • Internaute 17922
        GRRRRRRRRRRRR (...)

      Fucking Englishes

  • Luc Skaïoualquère
    Luc Skaïoualquère
    French Resistance
    • Posté à 10h29 le 07/05/2011
    • Internaute 130442
      French Resistance

    Il ne faut pas dire que la France est une démocratie. Car ce n’en est pas une. Une tentative tout au plus.

    Nous sommes en monarchie députocratique.

    Le peuple n’a pas la main, les dirigeants n’ont plus la main, plus personne en politique n’a la main.

    Restent les capitalistes et les instances internationales qui gouvernent de fait.

    • 22decembre
      22decembre répond à Luc Skaïoualquère
      Social-libéral... C'est pas (...)
      • Posté à 11h42 le 07/05/2011
      • Internaute 137595
        Social-libéral... C'est pas (...)

      Je suis à moitié d’accord avec vous.

      Nous sommes encore une démocratie parce qu’il y a un corpus de lois (abscons, c’est vrai) extrêmement détaillé réglant le fonctionnement de l’état et ses relations avec les citoyens.
      Le simple fait que je puisse dire « Sarkozy est un con » est une preuve de démocratie !

      Mais je vous accorde volontiers qu’on pourrait faire mieux : plus intègre, plus honnête. Plus de libertés (aussi bien légales qu’implicites).

      La France est encore une démocratie. Le simple fait qu’on puisse se battre - et en débattre - pour cela en est la preuve...

      Mais au fond, je suis relativement d’accord avec vous !

      • Célia
        Célia répond à 22decembre
        Etudiante
        • Posté à 12h32 le 07/05/2011
        • Internaute 114304
          Etudiante

        « Le simple fait que je puisse dire “Sarkozy est un con” est une preuve de démocratie “

        Oui, enfin à condition de ne pas le dire trop fort :)

        Lien

         
        • 22decembre
          22decembre répond à Célia
          Social-libéral... C'est pas (...)
          • Posté à 12h41 le 07/05/2011
          • Internaute 137595
            Social-libéral... C'est pas (...)

          Il y a des règles... elles sont absconces ! Je vous concède le reste !

          Mais en Chine (qui est la définition d’un pays non-démocratique je crois) mon commentaire aurait surement été effacé dans l’heure, voire pire !

          Vaut-il mieux se faire buter, mais que son opinion soi respectée, ou au contraire qu’on vous fasse taire sans violence ? Débat intéressant à lancer...

          • TidiusFF
            TidiusFF répond à 22decembre
            Quelqu'un
            • Posté à 14h03 le 07/05/2011
            • Internaute 83443
              Quelqu'un

            Enfin, en Chine, vous êtes emprisonnés ET on vous fait taire... cette comparaison est louche.

        2 autres commentaires
      • Pi.K
        Pi.K répond à 22decembre
        Vilain Parisien
        • Posté à 13h56 le 07/05/2011
        • Internaute 105016
          Vilain Parisien

        La démocratie n’est pas foncièrement déterminée par l’importance du corpus législatif. Du point de vue juridique, c’est l’État de Droit qui est essentiel à un régime démocratique, plus que l’existence d’un Droit (presque) entièrement codifié.

        À un premier niveau, l’État de Droit repose principalement sur diverses formes d’Habeas Corpus ou de Bill of Rights (l’obligation de présenter le suspect devant un tribunal et le droit à un procès équitable), ce qui est le cas aussi bien en France que dans le monde anglo-saxon (avec l’exception notable de la condamnation par contumace).

        À un deuxième niveau, les traditions juridiques diffèrent. La tradition législative de la France, héritée du Droit romain, exige que le Droit soit aussi précisément codifié que possible (d’où l’abondance de Codes) ; la tradition anglo-saxonne repose plus largement sur la jurisprudence.

      • Salaves
        Salaves répond à 22decembre
        Métallo
        • Posté à 21h03 le 07/05/2011
        • Internaute 5988
          Métallo

        « Le simple fait que je puisse dire “Sarkozy est un con” est une preuve de démocratie ! »

        Ce n’est pas sur, je crois même qu’on peut porter plainte, rien que pour une insulte.C’est mieux s’il y a des témoins bien évidemment.
        En plus dans le cas présent, ce sera la fonction qui sera insultée.

      • Every seagull know
        Every seagull know répond à 22decembre
        Vagabond
        • Posté à 21h13 le 07/05/2011
        • Internaute 154802
          Vagabond

        « La France est encore une démocratie. Le simple fait qu’on puisse se battre - et en débattre - pour cela en est la preuve... »

        Vous confondez démocratie et liberté d’expression.
        Il ne peut pas y avoir démocratie sans liberté d’expression, mais il peut y avoir liberté d’expression sans démocratie.

        Une démocratie est un système dans lequel le peuple prend les décisions. Aujourd’hui nous sommes dans une semi-démocratie ; le peuple a seulement le pouvoir d’influer sur les décisions qui sont prises par la caste dirigeante.
        Par exemple, si on parlait au gens de comment fonctionne le système financier aujourd’hui, je ne suis pas sur qu’ils décideraient de continuer dans cette direction.
        Et en disant cela je parle de toutes les pays démocratiques actuels, pas seulement de Sarkozy.

        Pour en revenir à l’article, on peut défendre le fait que la monarchie ait certains avantages par rapport à la république, mais nous restons toujours très loin de la vraie démocratie.

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