A débattre 01/05/2011 à 20h36

« L'Homme révolté » de Camus éclaire les révolutions arabes

Robert Zaretsky | Professeur d'histoire à l'université de Houston

En Tunisie, en Egypte et en Libye, des révoltés, hommes et femmes, « parient, face à la douleur des hommes, pour le bonheur ».


Albert Camus, 1957 (Robert Edwards/Wikimedia Commons).

Si l’auteur de « L’Homme révolté », publié il y a soixante ans, était toujours vivant, il dirait que les événements qui se déroulent aujourd’hui dans son Afrique du Nord natale nous rappellent que la Méditerranée a une rive sud dont la jeunesse incarne les principes de son essai : « La plus orgueilleuse des races, nous autres Méditerranéens », déclarait-il, « vivons toujours de la même lumière ».

Alors que le monde plongeait dans les profondeurs glaciales de la guerre froide au début des années 50, Albert Camus ne pouvait trouver de chaleur intellectuelle ni à l’Est, ni même à l’Ouest. Son regard était fixé sur la Méditerranée, où « la jeunesse du monde se trouve toujours autour des mêmes rivages ».

De nos jours, on se souvient principalement de « L’Homme révolté » pour la querelle spectaculaire entre Camus et Jean-Paul Sartre, qui avait violemment critiqué l’essai de son vieil ami en le qualifiant de « pastiche philosophique sans rigueur qui servait d’apologie du conservatisme politique ».

C’est tout sauf cela. Dans « L’Homme révolté », Camus nous donne les mots pour comprendre les événements qui bousculent notre monde.

Ils ne sont pas prêts pour la démocratie ? Et alors ?

Le monde, pour Camus, était le théâtre de deux formes d’absurdité :

  • l’absurdité métaphysique, basée sur le refus du monde à donner du sens à une race humaine qui pourtant en réclame ;
  • l’absurdité politique, ou l’obstination d’un Etat à vouloir donner du sens, en certains endroits et à certains moments, à la souffrance injustifiable qu’il inflige à ses citoyens.

Camus se révoltait contre ces deux genres d’absurdité, nous avertissant depuis toujours que l’absurde ne libère jamais mais ne fait qu’enchaîner. Tout comme la conception stoïcienne de la liberté, la notion de révolte de Camus est liée à une compréhension austère des devoirs de l’homme envers l’univers et envers ses semblables.

Camus écrivait évidemment en opposition aux sophismes meurtriers du communisme. Mais il aurait aussi écrit de la même manière contre les crimes politiques en Afrique du Nord, également sujets à des formes de justification cohérente qui sont le plus souvent présentées sous l’étiquette du « réalisme politique ».

Les défenseurs de ces Etats autocratiques ont mis l’accent sur la nécessité de faire passer l’ordre avant la démocratie, le statu quo avant les incertitudes liées au changement, faisant écho au refrain des dirigeants égyptiens même lorsqu’ils étaient mis à la porte : les gens ne sont pas prêts pour la démocratie.

Tandis que nous ne savons toujours pas s’ils sont vraiment prêts pour la démocratie, Camus dirait aussi que cette question est hors de propos. Les révoltés nord-africains réagissent de la même façon que son homme révolté face au « spectacle de la déraison, devant une condition injuste et incompréhensible ».

Facebook, Twitter... je me révolte, donc nous sommes

Pour les jeunes Egyptiens dirigés par un raïs octogénaire soutenu par une police meurtrière et par des milliards de dollars d’aide militaire américaine, pour les jeunes Tunisiens sous l’emprise d’un dirigeant corrompu dont la famille considère la nation comme un entrepôt à piller ; et pour les jeunes Libyens opprimés par un meurtrier fou dont la domination rivalisait avec celle de Caligula sur l’empire romain, le temps est enfin venu, comme Camus l’écrit, que « le scandale cesse ».

Bien avant l’ère de Facebook et de Twitter, Camus avait reconnu que la révolte passe inévitablement de l’individu à une réponse collective. Dans l’épreuve quotidienne, écrit-il :

« La révolte joue le même rôle que le cogito dans l’ordre de la pensée. »

En bref, je me révolte, donc nous sommes.

Refuser de transformer ses anciens maîtres en esclaves

Bien que la rigueur logique de Descartes manque à l’affirmation de Camus, celle-ci nous montre une vérité que l’expérience démontre : lorsqu’un individu sait que quelque chose en lui est nié, il comprend aussi que cela « ne lui appartient pas seulement, mais est un lieu commun où tous les hommes, même celui qui l’insulte et l’opprime, ont une communauté prête ».

La conséquence éthique est que l’homme révolté ne nie pas le fait que son maître soit un de ses semblables ; mais nie seulement son statut de maître. Dans le but d’exister, l’homme doit se révolter contre ceux qui nient son humanité, mais l’acte de révolte doit en même temps reconnaître une limite et respecter l’humanité de l’oppresseur.

En un mot, l’homme révolté refuse à la fois de demeurer esclave et de transformer ses anciens maîtres en esclaves. Les méthodes pacifistes des manifestants égyptiens reflètent la revendication éthique de Camus : faire face à nos anciens oppresseurs comme n’étant rien de moins que des êtres humains qui ébranlent la légitimité morale de la cause que nous défendons.

Révolte ou révolution ?

Ci-dessus réside le drame actuel de l’Afrique du Nord. Réussiront-ils ? Ces hommes et femmes révoltés trouveront-ils un juste milieu entre l’étreinte d’idéaux scintillants et la dure réalité du pouvoir ? La réponse, pour Camus, réside dans la différence entre révolte et révolution. La première est limitée et sa portée est modeste ; la dernière est abstraite et sans limites.

Bien que Camus eût Paris en tête en 1794 [la Grande Terreur, ndlr] et Moscou dans les années 30 [les purges staliniennes, ndlr], il n’aurait pas été étonné de l’évolution de la révolution iranienne de 1979 ; après tout, n’a-t-il pas écrit que « la révolution triomphante » se révèle « par ses polices, ses procès et ses excommunications » ?

Pour cette même raison, Camus aurait préféré l’expression « mouvement vert » à « révolution verte » pour décrire les récentes manifestations en Iran. Ces jeunes hommes et femmes sont révoltés et non révolutionnaires, car ils comprennent que « la liberté la plus extrême, celle de tuer, n’est pas compatible avec les raisons de la révolte ».

Au contraire, le premier essai organisé par de vrais révoltés met la notion de liberté absolue sur la sellette. L’homme révolté reconnaît que « la liberté a ses limites partout où se trouve un être humain, la limite étant précisément le pouvoir de révolte de cet être ». L’absence de telles limites permet au régime iranien, tout comme elle l’a permis aux régimes nord-africains, de terroriser, humilier et tuer leurs citoyens.

Camus conclut que la logique de l’homme révolté est :

« De vouloir servir la justice pour ne pas ajouter à l’injustice de la condition, de s’efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel et de parier, face à la douleur des hommes, pour le bonheur. »

A la première publication du livre, cette phrase a été critiquée, considérée comme pure grandiloquence. Pourtant, nous nous trouvons aujourd’hui face à cette vérité qui dit que rien n’est simple, vérité beaucoup moins creuse que l’affirmation de Camus.

La modération « au contraire, est une pure tension »

Elle reconnaît plutôt la difficulté et les doutes liés à tout effort fourni lors d’une vraie révolte. Elle exige que nous vivions de résultats provisoires et de revendications relatives, restant depuis le début consciente d’une vérité absolue : ne jamais laisser notre révolte se transformer en révolution.

Cet axiome nous apporte les fondements de la « philosophie des limites » de Camus. La révolte « ne vise qu’au relatif et ne peut promettre qu’une dignité certaine assortie d’une justice relative ».

Compte tenu des grandes attentes mais aussi des grandes inquiétudes suscitées par les évènements gigantesques en Afrique du Nord, il nous aide à nous souvenir qu’il existe finalement un aspect tragique à la philosophie de la révolte de Camus.

L’esprit de modération est bien plus difficile à mettre en œuvre et à maintenir que celui de la révolution. Alors que l’on tombe facilement dans l’excès, la modération « au contraire, est une pure tension ».

Pour Camus, ceux qui souhaitent conserver le parti de l’humanité n’ont pas d’autre choix que d’étreindre cette tension. En d’autres termes, tandis que le révolutionnaire croit que la fin justifie les moyens, l’homme révolté répond toujours que seuls les moyens justifient la fin.

Traduit de l’américain par Agathe Raymond Carlo.

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  • MrAnaon
    MrAnaon
    étudiant
    • Posté à 21h06 le 01/05/2011
    • Internaute 129420
      étudiant

    Ok pour le parallèle entre sa philosophie et les révoltes arabes, mais ne lui faites pas non plus dire ce qu’il n’a pas dit : quand il parle de la « lumière philosophique » de la méditerranée il parle bien des pays méditerranéens européens seulement (France et Italie en tête)... !

    • yabon
      yabon répond à MrAnaon
      Klingon
      • Posté à 21h55 le 01/05/2011
      • Internaute 98602
        Klingon

      « il parle bien des pays méditerranéens européens seulement (France et Italie en tête)... ! »

      Ah bon ? Pourquoi ? L’Italie, je veux bien à cause de l’empire romain, mais la France, faudra m’expliquer.

      L’Egypte, la Turquie (Byzance / Constantinople), la Numidie, la Grece (etc.) ça compte pas dans la culture méditerranéenne ?

      • Iv
        Iv répond à yabon
        Roboticien utopiste
        • Posté à 09h35 le 02/05/2011
        • Internaute 39192
          Roboticien utopiste

        Bien d’accord !
        Et Carthage ? C’est de la gnognote ?

         
        • Karveelt
          Karveelt répond à Iv
          Prof de FLE
          • Posté à 09h58 le 02/05/2011
          • Internaute 55167
            Prof de FLE

          Mais ’Carthago delenda est’....

        • yabon
          yabon répond à Iv
          Klingon
          • Posté à 11h24 le 02/05/2011
          • Internaute 98602
            Klingon

          Surtout que l’Italie, à l’époque de Camus, on peut trouver des photos...

        2 autres commentaires
    • lapinenslip
      lapinenslip répond à MrAnaon
      en montagne
      • Posté à 22h38 le 01/05/2011
      • Internaute 121980
        en montagne

      Oui, et surtout l’Algérie et la Grèce si on l’a bien lu.

    • harmon
      harmon répond à MrAnaon
      libre
      • Posté à 17h59 le 02/05/2011
      • Internaute 108592
        libre

      MrArnaonétudiant, petit prétentieux ethnocentré deviendra grand avec un tout petit cerveau, très FRANCOitalien en tête, creuse....Comme quoi selon vous, les autres méditerranéns n’ont même pas le droit à votre lumière. Pour votre lumière personnelle, ils n’ont d’ailleurs pas très intérêt à la partager, je vous souhaite bien le bonjour...

      • MrAnaon
        MrAnaon répond à harmon
        étudiant
        • Posté à 19h26 le 03/05/2011
        • Internaute 129420
          étudiant

        Je suis navré de ne pas être à votre hauteur...mais pour moi, certains pays ont plus apportés que d’autres. Il suffit de lire ces phrases de Camus dans son contexte pour comprendre qu’il parle bien de l’Europe, n’en déplaise aux malades du relativisme obsetionnel.

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 21h09 le 01/05/2011
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    l’homme d’où qu’il soit.. m’aime pas l’injustice, n’aime pas sa condition, et est à la recherche d’un bonheur hypothétique.

    est-ce révolutionnaire de tendre vers cela ?

    bien sûr pour qu’il se calme on l’a cloué avec, une ou plusieurs religions. De temps en temps il descend de sa « croix » gueule et va se faire tuer..

    Il est plus facile pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille que pour un riche d’entrer au royaume des cieux » (Évangile de Marc)

    ce genre de phrase a tenu les pauvres tranquilles pendant un bout de temps.. eux ils étaient sûr d’aller direct au paradis.. pas ceux qui les exploitaient..

    • Bardamu
      Bardamu répond à pablico
      difficile
      • Posté à 21h34 le 01/05/2011
      • Internaute 25491
        difficile

      « Il est plus facile pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille que pour un riche d’entrer au royaume des cieux “

      Il s’agit d’une erreur de traduction.

      Il y avait à Jérusalem une porte qu’on appelait la porte de l’aiguille. Si étroite qu’on était obligé de descendre de son chameau si on voulait passer par elle.

      La phrase signifie seulement que le riche doit accepter de s’humilier, de rejoindre les autres hommes pour gagner son paradis.

      Il doit rester ‘pauvre en esprit’ (et non pas ‘pauvre d’esprit’, là aussi traduction malheureuse !) même s’il est riche matériellement.

      • pablico
        pablico répond à Bardamu
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 22h30 le 01/05/2011
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        le fond et la forme.. croire aux traductions malheureuses.. il y a des formes multiples, qui arrangeaient au bon moment.. en toute bonne foi...

        ce qui compte n’est pas l’histoire de telle ou telle phrase ou idée.. ce qui compte ce sont les conséquences que cela génère, ou a généré..

         
        • rémy chaplin
          rémy chaplin répond à pablico
          situation non définie
          • Posté à 09h43 le 02/05/2011
          • Internaute 138025
            situation non définie

          au contraire...
          ce qui compte C’EST l’histoire de telle ou telle phrase ou idée... ce qui compte ce sont les conséquences que cela génère, ou générera...

        1 autres commentaires
      • Gringo
        Gringo répond à Bardamu
        • Posté à 11h46 le 02/05/2011
        • Internaute 24805

        Merci pour cette précision, j’ignorais cette histoire mais l’explication me semble très juste et intéressante, c’est toujours ça de pris pour ma culture.

      • Lionel06
        Lionel06 répond à Bardamu
        Minoritophile et alter-natif
        • Posté à 17h11 le 02/05/2011
        • Internaute 30683
          Minoritophile et alter-natif

        D’où tenez-vous cette mauvaise « re-traduction » ?

        La métaphore fait sens par elle-même et s’inscrit totalement dans les traditions de la littérature antique.

        Pourquoi vouloir traiter le message au premier degré ? C’est aussi crétin que les tentatives d’expliquer les récits de la Bible par des événements naturels (comme le fameux passage de la Mer Rouge par Moïse).

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 21h09 le 01/05/2011
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    L’homme occidental ne se révolte pas contre ses chefs, donc nous, l’humanité, ne sommes pas.

    Les peuples arabes résisteront-ils à TOTAL, EXXON, BP, et les autres entreprises soutenues par les armées occidentales ?

    La suite au prochain épisode...

    • Karveelt
      Karveelt répond à Autist Reading -
      Prof de FLE
      • Posté à 10h05 le 02/05/2011
      • Internaute 55167
        Prof de FLE

      Pour l’Egype c’est trop tard... Carrefour Lafarge McDo Mobınıl-Orange Vodaphone Socıete-Generale Starbuck KFC Burger-Kıng BMW Chevrolet Hılton Metro Club-Med... et puıs autour plus grand chose... un terraın de reve pour franchıses globales...

  • informateur-
    • Posté à 21h22 le 01/05/2011
    • Internaute 147312

    quand jugurtha etait a rome la democratie n’existe pas

    • Winston Morgan Mc Clellan-
      Winston Morgan Mc Clellan- répond à informateur-
      Homo Vernaculus
      • Posté à 21h39 le 01/05/2011
      • Internaute 123883
        Homo Vernaculus

      Ah, Jugurtha, même bien longtemps après sa mort, le pire ennemi à la fois des arabes, à la fois des français... un type asses phénoménal...

      • informateur-
        • Posté à 22h11 le 01/05/2011
        • Internaute 147312

        c’est pour apprendre a certain journaliste que la démocratie les droits des hommes , en Afrique ils n’ont rien a apprendre et c’est même le contraire ils étaient dans de véritable démocratie et c’est la colonisation qui a apporte votre système non démocratique .

         
        • Winston Morgan Mc Clellan-
          Winston Morgan Mc Clellan- répond à informateur-
          Homo Vernaculus
          • Posté à 22h13 le 01/05/2011
          • Internaute 123883
            Homo Vernaculus

          nek macci d’arumi...

          • informateur-
            • Posté à 22h17 le 01/05/2011
            • Internaute 147312

            oui c’était pas un français , mais certain journaliste français font croire a leurs peuple que bhl a tout inventé .

            • Winston Morgan Mc Clellan-
              Winston Morgan Mc Clellan- répond à informateur-
              Homo Vernaculus
              • Posté à 22h19 le 01/05/2011
              • Internaute 123883
                Homo Vernaculus

              ben tu sais, quand, via le colonialisme on détruit tout, c’est plus facile ensuite de s’approprier l’invention de tout et de coller tout et n’importe quoi sur les autres...

              Au risque de choquer, moi je trouve le système tribal plus démocratique que l’état-nation !

              • informateur-
                • Posté à 22h56 le 01/05/2011
                • Internaute 147312

                je suis tout a fait d’accord avec toi sur ce sujet , tu sais dans beaucoup de civilisations , ils ne veulent plus de leurs système de gestion de société c’est la corruption , le vol et le peuple n’a aucun droit .

                même les français ils l’ont remarqués avec le traite de Lisbonne .

                • Winston Morgan Mc Clellan-
                  Winston Morgan Mc Clellan- répond à informateur-
                  Homo Vernaculus
                  • Posté à 01h37 le 02/05/2011
                  • Internaute 123883
                    Homo Vernaculus

                  une sorte d’internationale des chefs... mais le problème, je pense est plus profond : ce n’est plus une question d’hommes qui sont pourris à la tête de la société. Si ce n’était que ça, ce serait facile, on dira « bon ben c’est des connards » et on les éliminerait et le problème serait résolu. Mais le pire, c’est qu’en fait, l’histoire contemporaine est une réaction en chaine absolument incontrôlée ! Même les dirigeants, plus ou moins officiels, ne se rendent pas compte de ce qu’ils font ou ce qu’ils sont. Ils sont les pièces d’une mécanique qui les dépasse.

                  Bon, ceci dit, si les gens veulent les pendre, moi je regarderai ailleurs...

              • wilaya4-
                wilaya4- répond à Winston Morgan Mc Clellan-
                Charcutier ébéniste
                • Posté à 13h59 le 02/05/2011
                • Internaute 100480
                  Charcutier ébéniste

                Gbagbo contre Ouattara, Tswangiraï contre Mugabe, les Hutu contre les Tutsi : Mon rêve pour remplacer le suffrage universel.

                • Winston Morgan Mc Clellan-
                  Winston Morgan Mc Clellan- répond à wilaya4-
                  Homo Vernaculus
                  • Posté à 15h46 le 02/05/2011
                  • Internaute 123883
                    Homo Vernaculus

                  Ces oppositions, finalement très tribales, sont cristallisées par les états nations issus du charcutage de Berlin en 1885... et par le caractère « colonisés mentaux » des élites du continent (des rives nord à la pointe sud) et la perpétuation du paradigme colonial dans les esprits des peuples...

                  • wilaya4-
                    wilaya4- répond à Winston Morgan Mc Clellan-
                    Charcutier ébéniste
                    • Posté à 19h24 le 02/05/2011
                    • Internaute 100480
                      Charcutier ébéniste

                    A l’issue de 50 ans de conflit religieux et racial, le Soudan a fini par s’autodissoudre. Solution à méditer pour nombre d’états artificiels nés des frontières coloniales.

                    • gerard labouz
                      gerard labouz répond à wilaya4-
                      NEXIALISTE
                      • Posté à 19h22 le 03/05/2011
                      • Internaute 110986
                        NEXIALISTE

                      le soudan a fini par s’auto dissoudre et la belgique aussi , depuis qu’elle n’a plus de gouvernement tout va beaucoup mieux

            • yabon
              yabon répond à informateur-
              Klingon
              • Posté à 11h28 le 02/05/2011
              • Internaute 98602
                Klingon

              « certain journaliste français font croire a leurs peuple que bhl a tout inventé “

              Non, le bhv n’a pas tout inventé : y’a aussi les galeries Lafayette. Le peuple n’est pas aussi con que vous semblez le croire.

        10 autres commentaires
  • momo la salade
    • Posté à 21h23 le 01/05/2011
    • Internaute 110276
      foutus

    En attendant, voici le premier progrès que l’esprit de révolte fait faire à une réflexion d’abord pénétrée de l’absurdité et de l’apparente stérilité du monde. Dans l’expérience absurde, la souffrance est individuelle. A partir du mouvement de révolte, elle a conscience d’être collective, elle est l’aventure de tous. Le premier progrès d’un esprit saisi d’étrangeté est donc de reconnaître qu’il partage cette étrangeté avec tous les hommes et que la réalité humaine, dans sa totalité, souffre de cette distance par rapport à soi et au monde. Le mal qui éprouvait un seul homme devient peste collective. Dans l’épreuve quotidienne qui est la nôtre, la révolte joue le même rôle que le « cogito » dans l’ordre de la pensée : elle est la première évidence. Mais cette évidence tire l’individu de sa solitude. Elle est un lieu commun qui fonde sur tous les hommes la première valeur. Je me révolte, donc nous sommes.

  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 21h33 le 01/05/2011
    • Internaute 25491
      difficile

    Il faut se souvenir du tombereau d’ordures déversé sur Camus quand il écrit « l’homme révolté » par l’intelligentsia de l’époque, occupée à chanter les louanges du communisme et à clamer sa haine de l’économie de marché (toute ressemblance, etc.)...

    Et le mépris de tous ces penseurs germanopratins à la mode pour ce petit Oranais, fils de femme de ménage, même pas agrégé, qui se piquait de philosophie...

    Eh bien l’histoire a tranché.

  • jjhb
    jjhb
    cosmonaute
    • Posté à 21h35 le 01/05/2011
    • Internaute 44957
      cosmonaute
    • yabon
      yabon répond à jjhb
      Klingon
      • Posté à 22h31 le 01/05/2011
      • Internaute 98602
        Klingon

      C’est une présentation powerpoint de Christine Lagarde ?

      • jjhb
        jjhb répond à yabon
        cosmonaute
        • Posté à 10h07 le 02/05/2011
        • Internaute 44957
          cosmonaute

        il est gentil le lapin, il est surtout bon avec de la sauce à la moutarde : -D

  • kawouede
    • Posté à 21h37 le 01/05/2011
    • Internaute 27995

    Eh oui Camus avait raison, pas Sartre. Il visait la dignité pour tou-te-s et c’est sans doute plus important que certaines chimères qu’on lit ou entend parfois encore. Et il est certain qu’une fois la révolution passée, le plus dur reste à faire.
    Merci pour ce texte

    • yabon
      yabon répond à kawouede
      Klingon
      • Posté à 22h25 le 01/05/2011
      • Internaute 98602
        Klingon

      « Eh oui Camus avait raison, pas Sartre. »

      Développez, svp

      Ça sent le bac philo :

      La raison chez Sartre et Camus.

      Pistes :
      1. Il n’y a qu’un seul problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide.
      2. Cela signifie que l’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu’il se définit après.

      Pour 2012, je bosse le Marquis de Sade et Spinoza, promis-juré.

      • gerard labouz
        gerard labouz répond à yabon
        NEXIALISTE
        • Posté à 19h28 le 03/05/2011
        • Internaute 110986
          NEXIALISTE

        l’existence precede l’essence et le coq est aussi un grand philosophe en ce qui concerne la poule et l’oeuf .

    • SAIMIRI
      SAIMIRI répond à kawouede
      chasseur de moustiques
      • Posté à 22h36 le 01/05/2011
      • Internaute 147116
        chasseur de moustiques

      Sartre a la fin de sa vie etait d un tragi comique,soi disant defenseur des ouvriers ,quand on voit aujourdh ui que pour ses memes ouvriers la seule qui les defend c est Marine et que les « descendants“de l extreme gauche font au mieux 1 % d intentions de votes des ouvriers il y a de quoi rire sur l extreme gauche et sa soi disant ‘defense du peuple’,la verité c est que l extreme gauche ne represente plus rien et ne defend plus rien,tient ca ferrait bien rire Camus ca...................................................

      • yabon
        yabon répond à SAIMIRI
        Klingon
        • Posté à 00h28 le 02/05/2011
        • Internaute 98602
          Klingon

        Ce n’est pas très écolo, mais psss pssssss

         
        • SAIMIRI
          SAIMIRI répond à yabon
          chasseur de moustiques
          • Posté à 01h04 le 02/05/2011
          • Internaute 147116
            chasseur de moustiques

          je ne suis pas au fn je serrais meme plutot de gauche mais quand je vois que lo front de gauche pc et npa font dans un recent sondage 4% aupres des ouvriers et marine lepen 36% ca devrait vous interpeller non ? et oui je maintiens Sartre etait pathetique et Camus réaliste

          • Toy
            Toy répond à SAIMIRI
            intermittent du spectacle
            • Posté à 11h12 le 02/05/2011
            • Internaute 79501
              intermittent du spectacle

            Je vais te dire un truc simple... trop simple peut-être...

            J’attache plus d’importance au programme d’un partis qu’à son nombre d’ électeurs !

            Tu vois c’est (trop) simple non ?

            • SAIMIRI
              SAIMIRI répond à Toy
              chasseur de moustiques
              • Posté à 18h17 le 02/05/2011
              • Internaute 147116
                chasseur de moustiques

              ah oui ,et comment faites vous pour appliquer ce programme sans le vote des electeurs ? je sais c est une question compliquée ; -)

        3 autres commentaires
  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 21h51 le 01/05/2011
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    Lien

    L’homme révolté, pour Camus, c’est l’esclave qui soudain impose fermement à son maître de respecter la part de territoire qui lui revient et qu’il entend désormais défendre mordicus. Aucun compromis qui ne puisse entacher cette volonté.
    [...]
    Les chances de réussites d’un tel projet « révolutionnaire » ? Ce n’est pas notre fait. « Tu ne t’attarderas pas à l’ornière des résultats » (René Char).

    • yabon
      yabon répond à Le Yéti
      Klingon
      • Posté à 22h00 le 01/05/2011
      • Internaute 98602
        Klingon

      De la résistance à la révolution...

      Lien

      Putain de bagnole.

      • yabon
        yabon répond à yabon
        Klingon
        • Posté à 11h32 le 02/05/2011
        • Internaute 98602
          Klingon

        Je ne pensais pas être nazé ici sur l’article de Camus du 8 mai 1945 dans Combat.

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 21h51 le 01/05/2011
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    J’aime beaucoup Camus. Et ce que j’aime le plus chez lui c’est la simplicité de ses mots, de ses textes.
    Camus c’est un peu le philosophe du pauvre pour moi. Parce qu’il nous offre le moyen de réfléchir sur notre existence sans rentrer dans des considérations sophistiquées, et du verbe compliqué, mais uniquement en passant par la puissance de la situation.
    Quand je lis cet article je ne comprend plus rien à Camus. Et je ne me sens pas davantage éclairé sur le printemps du monde arabe.

    Il y a par exemple ce raccourci :
    « “ La révolte joue le même rôle que le cogito dans l’ordre de la pensée. ” En bref, je me révolte, donc nous sommes. » !

    Descartes mélangé à la dialectique du maître et de l’esclave de Hegel, pour donner un air de consistance à cette analyse sur Camus, c’est un vrai hamburger philosophique.

    • lapinenslip
      lapinenslip répond à C. Creseveur
      en montagne
      • Posté à 22h40 le 01/05/2011
      • Internaute 121980
        en montagne

      « Descartes mélangé à la dialectique du maître et de l’esclave de Hegel, pour donner un air de consistance à cette analyse sur Camus, c’est un vrai hamburger philosophique. »

      Oui, surtout que Camus passe la bonne moitié de l’homme révolté à déconstruire ces genres de nihilisme.

  • Cristal noir
    Cristal noir
    neutrino libre
    • Posté à 22h15 le 01/05/2011
    • Internaute 148860
      neutrino libre

    Très grand auteur qui est malheureusement mort trop jeune.

  • Mouloud Akkouche
    Mouloud Akkouche
    Ecrivain
    • Posté à 22h18 le 01/05/2011
    • Internaute 49213
      Ecrivain

    Et une phrase très forte du grand Camus qui ne cessa jamais de douter :

    « Oui, il y a la beauté et il y a les humiliés. Quelles que soient les difficultés de l’entreprise, je voudrais n’être infidèle ni à l’une, ni aux autres »

    • Casimir0117-
      Casimir0117- répond à Mouloud Akkouche
      situation bonne...
      • Posté à 08h08 le 02/05/2011
      • Internaute 153009
        situation bonne...

      et alors ?
      infidèle à la beauté ?
      cela mériterait une explication ....car franchement ...

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