Le député PS Cahuzac gifle un jeune : « Tu me respectes ! »
Il existe plusieurs manières de se faire entendre des jeunes lorsqu’on fait de la politique. François Hollande leur susurre qu’il aime Zaz et « Jordana » (sic). Un autre député PS, Jérôme Cahuzac, leur colle des beignes.
La scène, relatée en détails par Sud Ouest, s’est produite vendredi. Accompagné de deux adjoints et de policiers municipaux, le député maire de Villeneuve-sur-Lot, également président de la commission des finances à l’Assemblée nationale, s’est rendu dans le centre de la ville pour discuter avec les riverains et les commerçants d’actes d’incivilité commis par une bande de jeunes.
Jérôme Cahuzac a tenté de nouer le dialogue avec les jeunes incriminés. Sud Ouest raconte :
« Si cette volonté d’apaisement a été bien perçue par la plupart, ce ne fut pas le cas avec un jeune d’une vingtaine d’années qui n’hésita pas à tutoyer le député-maire et à lui manquer verbalement de respect.
Loin de se laisser impressionner, ce dernier lui a répondu sur le même ton avant de jouer les Père Fouettard et de lui asséner deux claques en lui rappellant au passage et de manière ferme : “Tu me respectes. Tu ne me tutoies pas !” »
« Humainement et symboliquement, je n’avais pas d’autre choix »
Le député, interrogé par RTL, relate la manière dont il a vécu les choses :
« J’ai été bien sûr comme un individu mais surtout comme maire provoqué de manière très agressive et à trois reprises. J’ai demandé oralement que l’individu se calme.
La deuxième fois, comme il venait pour me bousculer, je l’ai repoussé fermement en lui demandant une nouvelle fois de se calmer. Dans cette action-là, il est revenu vers moi de façon très rapide et très menaçante avec les mains levées.
Et j’ai donc dû le calmer en employant des moyens plus énergiques. Avec succès d’ailleurs, puisqu’il a tourné les talons et il est parti. »
« Un acte violent est toujours regrettable. Mais, humainement et symboliquement, je n’avais pas d’autre choix », a-t-il également déclaré.
Cette paire de claques, une attitude « ferme »
Sur RTL, le député ne laisse pas passer l’occasion de critiquer la politique du gouvernement et de vanter la police de proximité dont le PS souhaite le retour :
« La solution d’avenir, c’est de renouer avec une présence policière sur le terrain qui soit suffisante, qui soit constante. Qu’on l’appelle police de proximité ou patrouilleurs m’importe peu.
Et pour cela, il faut commencer par cesser de supprimer des postes de fonctionnaires dans la police, comme malheureusement le gouvernement le fait cette année et envisage encore de le faire l’année prochaine. »
A en croire Sud Ouest, Jérôme Cahuzac est largement soutenu par ses administrés :
« L’immense majorité des Villeneuvois ne cachait pas sa satisfaction, mêlée d’une indéniable fierté, face à l’attitude “ferme” adoptée la veille par le premier magistrat, sous la forme d’une paire de claques... »
L’attitude de Jérôme Cahuzac rappelle un autre épisode : lors de la campagne présidentielle de 2002, François Bayrou avait giflé un jeune qui essayait de lui faire les poches. (Voir la vidéo)
► Corrigé le 24/04/2011 à 16h30. La gifle de François Bayrou a été administrée pendant la campagne de 2002 et non de 2007.
- Sur sudouest.frCahuzac assène les claques , sur SudOuest.fr
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Enseignant blogueur
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La gifle, version socialiste du kärcher sarkozyen
Un maire qui se vante d’avoir frappé un de ses administrés : cela se passe à Villeneuve-sur-Lot où, au cours d’une altercation bénigne, Jérôme Cahuzac, député maire PS, a giflé violemment un jeune de 20 ans, qui paraît-il, l’avait agressé verbalement.
Perdre son sang-froid au point d’en venir aux coups est déjà en soi une chose peu banale pour un élu dont ou pourrait attendre des réflexes un peu plus réfléchis et constructifs dans la gestion des conflits mais en revendiquant son geste, le maire en donne une lecture politique dont il compte sans doute tirer avantage en une période où la brutalité de l’action publique s’affiche décomplexée et prétend se confondre avec l’autorité.
Par un de ces amalgames qui sont la règle en la matière, Cahuzac transforme un banal fait divers en fait de société : usant et abusant de la sempiternelle dénonciation de « l’autorité familiale déficiente ou absente », il voit dans les insultes dont il a fait l’objet la « transgression d’un symbole » face à laquelle il avait le « devoir de ne pas reculer », avant d’en appeler à « une présence plus régulière d’effectifs de police sur le terrain ». CQFD…
Avec cette autojustification – la gifle, seul moyen de calmer un jeune mal élevé – c’est la légitimité des coups en matière éducative qui se trouve affirmée, une particularité d’ailleurs bien française, la France restant un des seuls pays du Conseil de l’Europe à ne pas les interdire. Un procédé qui laisse pantois l’auteur de ces lignes comme la plupart de ses collègues enseignants qui se refusent, quelles que soient les circonstances, à lever la main sur leurs élèves : car les coups déshonorent ceux qui les portent et leur fonction – c’est toujours un plus petit qu’on frappe – et ne font que renforcer les tendances à la violence.
Cet épisode renvoie également la gauche et le Parti socialiste à leurs ambigüités idéologiques. Les tartarinades du député maire de Villeneuve-sur-Lot s’inscrivent dans une tradition sécuritaire fortement revendiquée et incarnée, de longue date, par toute une mouvance qu’on qualifiera, pour faire court, de chevènementiste. C’est bien à Chevènement que l’on doit, en 1998, la dénonciation des « sauvageons », qui ressemblent comme deux gouttes d’eau – jeunes, la peau sombre, habitant d’inquiétantes cités – à la « racaille » stigmatisée beaucoup plus tard par Sarkozy. Et dans cette optique, les coups portés à un jeune par un élu PS ont des allures de kärcher.
Il n’est toutefois pas certain que la récupération des préoccupations populistes par la gauche suffise à écarter les braves gens du vote d’extrême-droite. C’est même tout le contraire.




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