Drogues, insomnie : Facebook et les jeux vidéo peuvent soigner
Trop d’écrans, de jeux vidéo, de réseaux sociaux, c’est mal, ça crée de l’addiction. Prenant le contre-pied du discours dominant, des psychologues utilisent ces outils dans les thérapies qu’ils proposent à des patient souffrant de troubles du comportement. Rencontre avec Michael Stora, qui préfère les réseaux sociaux aux ateliers dessin pour aider ses malades.
A l’instar de François Lespinasse, autre pionnier, Michael Stora estime que les jeux vidéo tels les Sims, ICO, Mario (Nitendo) permettent de renforcer l’estime de soi. Michael Stora explique :
« Ils permettent de comprendre que c’est en perdant que l’on apprend à gagner, puisqu’ils obligent le joueur à développer de nouvelles stratégies. »
Aujourd’hui, cette méthode est poussée encore plus loin dans l’esprit du psychologue. Il souhaite créer, sur Facebook, « une plateforme web utilisant le jeu vidéo communautaire comme moyen thérapeutique ».
« Un cadre ludique pour faire émerger ses pulsions agressives »
Ce projet est le fruit d’une collaboration entre le thérapeute et des experts de jeux vidéo réunis autour de l’agence Manzalab. Ce jeu (au nom pas encore déterminé) s’adresse à toute personne atteinte de trouble du comportement (toxicomanie, boulimie-anorexie, insomnies, alcoolisme, tabagisme).
L’idée est de reprendre les hypothèses psychologiques liées aux jeux vidéo, mais aussi celles des réseaux sociaux. Ces derniers permettent notamment un travail en groupe et un soutien par les pairs, sur le modèle des alcooliques anonymes.
Selon Michael Stora, les jeux vidéo ont une véritable vertu thérapeutique :
« Toute personne souffrant de pathologies narcissiques comme l’addiction à la cigarette, l’obésité, l’insomnie, la dépression... cache une volonté de réprimer ses pulsions et pensées négatives. Le jeu va servir de prétexte pour faire émerger ses pulsions agressives dans un cadre ludique. »
L’important dans ce concept comme dans tout travail thérapeutique, insiste le thérapeute, est de créer une dépendance au cadre :
« Dans tous les problèmes d’addiction, le patient souffre systématiquement d’une faiblesse dans sa structure psychique, ce qui fait qu’il a besoin de la cigarette par exemple... Dans le cadre d’une thérapie classique, il est nécessaire de faire un “transfert” de dépendance au cadre thérapeutique.
Dans le jeu en ligne, il est également nécessaire de trouver les ressorts addictifs qui vont provoquer la dépendance des patients au cadre du jeu. »
« Il existe constamment un lien entre le réel et le virtuel »
Partant de là, le psychologue, passionné par les jeux virtuels, a décidé de créer cet accompagnement ludo-thérapeutique sur Facebook pour aider le patient-joueur dans son combat. A l’image des Skyblogs, sur lesquels Michael Stora intervient en cas de détresse des utilisateurs, ce système propose une assistance psychologique en ligne. Michael Stora souligne que :
« Le traitement du trouble dans le cadre du jeu s’appuie sur une démarche en trois phases cycliques. Chaque phase ayant des objectifs thérapeutiques bien précis. »
Ces trois étapes sont :
- une « phase de construction », qui utilise les ressources classiques des jeux de construction, avec des ennemis et de nombreuses gratifications. Le jeu commence en solo et plus la menace augmente, plus le jeu devient coopératif. Cette phase vise à renforcer l’estime de soi et à nouer des contacts avec des pairs vivant la même situation ;
- une « phase de destruction » où les constructions de la première phase sont attaquées. Le joueur doit se défendre avec l’aide de ces pairs, ce qui engendre une dépendance aux tiers. L’adversité devient telle que la position de défensive ne tient plus. Cette phase permet la visualisation du sentiment de perte lié au changement de comportement. ;
- enfin, dans « la phase de contre-attaque », le patient-joueur se met en position de recherche et d’attaque du camp ennemi avec ses coéquipiers. Il doit construire des machines de guerre, des routes, des ponts pour détruire le camp adverse.
« Il existe constamment un lien entre le réel et le virtuel », explique le thérapeute. A chaque connexion, le joueur rentre des données concernant des changements de comportement dans sa vie réelle. En fonction de ceux-ci, des ressources plus ou moins grandes lui sont allouées :
« Le mécanisme de ces cycles vaut pour toutes les pathologies. Seules quelques variantes existeront selon telle ou telle addiction. Elles pourront se matérialiser au travers des personnages incarnés par le patient-joueur, des ennemis, des ressources, du paysage, du rythme général... »
L’avatar se transforme en fonction des progrès du patient
Dans le cas d’une personne souffrant d’obésité, le jeu débute avec un avatar crée à l’image du patient-joueur. Le patient va devoir construire un camp qui lui ressemble, poussé par des « dieux » qui le confortent dans ce qu’il est.
Au fur et à mesure du jeu, l’avatar se transforme en fonction des progrès du patient. Le joueur va devoir rentrer des données quotidiennes ou hebdomadaires, comme, par exemple, son indice de masse corporelle.
Une fois le camp terminé, des ennemis arrivent et détruisent tout. Cette phase de destruction incarne le passage de l’état défensif à l’état agressif. Cette phase d’attaque est une motrice pour implicitement échapper au « giron maternel ».
Pour l’insomnie, la mission est différente : on va demander au patient une implication dans le jeu, à des heures particulières. Il devra également indiquer des données, comme l’heure de son coucher et de lever.
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Now future & karpe diem
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En fait le psy a juste découvert le jeu de stratégie : D
Construction, défense puis attaque, c’est une stratégie classique de ce genre, et mêmes des FPS tactiques.
Sauf si on est un rusher (un mec qui attaque tout de suite) : D
Mais je confirme, le jeu vidéo est efficace pour lutter contre la toxicomanie.
Déjà quand on joue, on a pas trop le temps de faire autre chose : difficile de rouler tout en esquivant les balles.
Sauf pour la clope qui s’allume en un instant, mais si on ne peut pas fumer devant sa machine, c’est ultra efficace pour réduire la consommation.
C’est aussi bien efficace pour ne pas manger, sauf si on est adeptes des paquets de gâteaux. Mais on peut aussi interdire de manger devant l’écran.
Par contre pour lutter contre l’insomnie, j’ai un doute.
Déjà, faut un jeu en tour par tour, parce que les trucs speeds, genre FPS ou RTS, ça aide pas à se calmer, surtout quand on perd. Mais la victoire provoque une violente décontraction qui peut aider.
Mais le plus gros problème entre sommeil et jeu, c’est qu’un jeu se finit rarement à une heure prévue.
Combien de fois je me suis dit « encore cinq minutes avant d’aller au lit » pour finir par me coucher une heure après...
C’est bien pour ça qu’en général j’arrête une demie-heure avant le coucher, et que je termine ma soirée en matant un film ou en bouquinant, histoire de faire retomber l’adrénaline.
Et cette histoire d’addiction au jeu vidéo, je n’y crois toujours pas.
Ce sont juste des types qui ont un problème dans leurs têtes, qui dépassent la passion pour tomber dans l’obsession, mais qui ainsi peuvent devenir accro à n’importe quoi, aussi bien au jeu vidéo qu’au jardinage, à la collection de figurines en porcelaine ou à la contemplation des pigeons.
Je connais très bien le jeu vidéo, ça fait 25 ans que je joue, je tourne à une moyenne de 5h par jour et je suis capable d’y passer des week-end entiers.
C’est clair que c’est le genre de truc dans lequel on plonge profondément, d’autant plus que l’immersion dans cette activité est renforcée par la consommation de cannabis, ça coupe du monde et ça amène à délaisser les activités bien moins plaisantes (par exemple le ménage).
Mais quand on arrête et qu’on passe à autre chose, quand on y touche pas, on n’est pas en manque.
Bien sur si on s’ennuie, on voudra y retourner, c’est normal. Mais on est loin des effets des drogues addictives qui même lorsqu’on n’y pense pas font sentir leur absence.




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