A la une 19/04/2011 à 15h48

Une webcam, 30 secondes et son nom au générique d'un thriller

Pauline Grand d Esnon | Etudiante en journalisme

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Jusqu’au 5 mai, la société Le Cercle propose aux internautes, via un concours en partenariat avec AlloCiné, de tourner des séquences pour nourrir le thriller qu’elle produit.

« Aux yeux de tous » est exclusivement tourné du point de vue d’un hackeur qui, ayant capté un attentat meurtrier, en chasse les coupables – Olivier Barthélémy et Mélanie Doutey – tout en continuant d’observer/voler le quotidien d’inconnus.

Ce sont ces inconnus que les participants doivent incarner, simulant, pendant trente secondes, la prise de vue d’une caméra de surveillance ou d’une webcam, en plan fixe. (Télécharger le brief de tournage et voir le making of)

Dix à trente scènes sélectionnées pour le montage final


Cédric Jimenez (DR).

Le co-réalisateur – avec Arnaud Duprey – et producteur du film, Cédric Jimenez, a eu l’idée de faire appel aux gens avant même le début du tournage :

« L’idée, c’est que ce pirate informatique espionne tout Paris. Il est le témoin de petites historiettes via les caméras de surveillance et les webcams : un anniversaire, deux personnes qui s’embrouillent dans un magasin...

Je me suis dit que ce serait intéressant de faire participer les gens à l’élaboration de ces instants dérobés. Le public peut donc proposer ses saynètes. Les meilleures seront ajoutées au montage. »

Au terme du concours, dix à trente scènes seront incluses dans la version finale du film. Les critères pour être retenu ? « Originalité, vraisemblance, et évidemment, bon niveau technique », résume Cédric Jimenez, dont « Aux yeux de tous » est la première réalisation.

Un label pour Besson, un porno pour Dorcel

Evidemment, la démarche n’est pas nouvelle. Le participatif est déjà presque devenu un cliché culturel. Mais, jusqu’ici, il était centré sur la contribution financière. UGC avait ainsi tenté le pari, invitant ses abonnés à investir dans des œuvres comme « Le Bruit des glaçons », de Bertrand Blier.

Et puis, il y a les projets mixtes, où le public met des billes, mais aussi des idées. On vous invite à mettre la main à la poche, et vous avez voix au chapitre sur le scénario, le casting, le réalisateur. La société EuropaCorp de Luc Besson a ainsi lancé le « label participatif » via WeAreProducteurs.com ; et Marc Dorcel, produit « Mademoiselle de Paris », dont les contributeurs, selon les parts achetées, ont pu choisir l’héroïne, le titre, les décors – et pour les plus généreux, scénariser une scène.

La pub, plus interactive, moins salissante que l’Usine Gondry

La publicité a, elle, été un peu plus loin. En promo en Allemagne en mars 2010, la chaîne 13e rue a permis à un heureux spectateur de cinéma, de diriger en direct une actrice dans un court-métrage d’horreur, via son téléphone portable, pour que cette dernière survive – l’idée a fait des petits chez chez Tippex et AlloCiné, encore, pour la promotion de « Buried » de Rodrigo Cortes. (Voir la vidéo)

Ceux qui ont permis aux amateurs de s’improviser réalisateurs sont encore rares. L’Usine de films amateurs de Michel Gondry incitait, jusqu’à la fin mars, les visiteurs du Centre Pompidou à bidouiller, en groupe, un court-métrage.

Plus pro encore, le projet Life in a day, réalisé par Kevin MacDonald, présenté au Festival de Sundance, allie 192 mini-films tournés le même jour par des amateurs du monde entier.

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  • Inquisiteur
    Inquisiteur
    Chanteur de charme
    • Posté à 16h21 le 19/04/2011
    • Internaute 132321
      Chanteur de charme

    Entre l’explosion du numérique, la vitalité des réseaux communautaires où chacun se met en scène et propose aux autres sa vie magnifiée, ainsi que le jeu vidéo devenu le premier produit culturel vendu dans le monde.... On assiste à une individuation de l’art et de la culture.

    Avant, on était spectateur d’un contenu proposé par d’autres, des professionnels. Puis le jeu vidéo a transformé le spectateur en joueur/acteur par truchement, les réseaux sociaux l’on fait metteur en scène, les initiatives comme my Major Company ou WeAreProducteurs l’ont rendu producteur.... Le voici désormais réalisateur.

    Tout comme le développement d’internet, la croissance de ce phénomène de mise des individus au cœur des projets est inéluctable, le meilleur moyen de promouvoir et d’adhérer à un concept étant d’y participer.

    Les initiatives artistiquement abouties sont cependant encore assez rares, et les premières tentatives restent assez mercantiles.

    Attendons de voir le film cependant...

  • Le Renifleur
    Le Renifleur
    On attend des actes
    • Posté à 00h40 le 20/04/2011
    • Internaute 136986
      On attend des actes

    Bonsoir à tous et à toutes,

    Franchement, tourner 30 secondes en suivant les indications du « brief de tournage » cela veut dire :

    Pendant minimum 1/2 journée* :

    - Faire le travail d’un scénariste (apporter l’idée),
    - Faire le travail d’un réalisateur/metteur en scène (diriger le bouzin),
    - Faire le travail d’un ingé son (avoir un bon son),
    - Faire le travail d’un éclairagiste (avoir une bonne lumière),
    - Faire le travail d’un ou plusieurs acteurs (avoir du talent, une plastique particulière qui crève l’écran),
    - Faire le travail d’un cadreur (pour avoir un effet amateur percutant),
    - Faire le travail d’un décorateur,
    - Faire le travail d’un(e) maquilleur(euse)
    etc... etc...etc... (excuse aux autres métiers du cinéma)

    Pour le prix d’un... Smart-phone à la con et d’1/2 seconde d’apparition de son blaze au générique de fin que personne ne lit dans les salles et qui passe en accéléré à la télé !

    C’est du foutage de gueule !

    Même le plus petit concours d’un club amateur de vidéo est largement mieux doté ! ! !

    Bien entendu et c’est normal, il faut céder les droits à la boite de prod : y’a intérêt à bien faire gaffe aux 3 pages de clauses contractuelles et bien vérifier que les images et sons ne seront exploité que sur le film, voire ses dérivés plurimédia « existants et futurs » comme le dit la formule...

    Alors, vous pouvez être sur que le réal va devoir visionner des dizaines de clips réalisés par des étudiants spécialisés, des réals et personnels dédiés sur la touche et toutes celles et ceux qui caressent l’espoir de faire carrière dans le Cinéma...

    Manque de bol, c’est un milieu tellement népotique que si le père de jean Sarkozy avait été producteur, il aurait été normal que le fiston soit réalisateur ! Ça n’aurait gêné personne au contraire !
    Alors pour faire carrière, déjà que lorsque vous sortez de Louis Lumière c’est très dur mais alors là...

    Fortiche les gars !

    Bien cordialement,

    Le Renifleur

    Lien

    * Ceussent qui pensent que l’on met 30 secondes pour tourner 30 secondes essaient un peu pour voir...