PSG à vendre : comment évaluer le prix d'un club de foot ?
Le Paris Saint-Germain est officiellement à vendre. Selon Le Parisien, Sébastien Bazin, à la tête du fonds d’investissement américain Colony Capital, détenteur de 95,8% du club, a décidé de solliciter un organisme spécialisé pour effectuer cette transaction.
Le prix du club francilien est aujourd’hui estimé entre 50 et 60 millions d’euros, sans compter les investissements à peu près équivalents, nécessaires pour faire de Paris une équipe compétitive sur la scène européenne.
Le PSG a de grandes chances de terminer l’exercice en cours en déficit (probablement plus de 20 millions d’euros) pour la treizième année consécutive. Comment un club dans cette situation peut-il espérer trouver un repreneur ? Réponse avec Frédéric Bolotny, économiste du sport.
Alain Cayzac, ancien président du PSG
« La valeur du PSG repose sur ce que les Anglo-saxons appellent le “good will”. Une société pas très rentable mais une réputation qui lui donne une valeur forte.
Même si elle est controversée, l’image du PSG est forte en France et à l’étranger. L’acheteur fait attention au potentiel. Or, le PSG est le seul club professionnel d’Ile-de-France et la ville de Paris possède un attrait important.
Quand je suis arrivé au PSG, il y avait de très bons joueurs comme Rothen, Yepes ou Pauleta. Mais ils étaient en fin de contrat.
Aujourd’hui, de jeunes joueurs comme Hoarau, Sakho ou Chantôme apportent une forte valeur ajoutée.
Désormais, il reste une responsabilité aux actionnaires. Ils doivent vendre le club à des gens qui ont un projet solide et qui sont là pour durer. Pour Colony Capital, le spectre est très large. »
Rue89 : Comment déterminer la valeur d’un club de football ?
Frédéric Bolotny : La valeur d’un club de football correspond au prix que veux bien mettre l’investisseur, l’objectif étant rarement une rentabilité immédiate.
En 2005, les clubs de Ligue 1 annonçaient des déficits significatifs, mais les actionnaires sont restés fidèles. Les règles ne sont pas les mêmes que dans une entreprise classique. Robert Louis Dreyfus n’a pas investi 200 millions dans l’Olympique de Marseille pour rentabiliser son investissement. Le propriétaire d’un club peut viser une multitude d’objectifs.
Quel intérêt pour un actionnaire de racheter un club en déficit ?
La stratégie de Canal+ (propriétaire de 1991 à 2006 et qui a dû éponger près de 238 millions d’euros de perte), par exemple, était de racheter le PSG pour intégrer la chaîne de fabrication du spectacle sportif. La chaîne voulait maîtriser tous les maillons de la fabrication du foot-spectacle.
Cette stratégie d’intégration verticale plaît généralement beaucoup aux Américains. Cela peut également permettre de rentrer dans la cour des grands. Certains investisseurs du Qatar, des Etats-Unis ou de Russie font des investissements irrationnels dans des clubs qui ont déjà tout gagné dans une logique de respectabilité et même parfois de divertissement comme pour Roman Abramovitch avec Chelsea ou Cheikh Mansour avec Manchester City.
Tous les propriétaires de clubs ne sont pas aussi riches...
Posséder un club de football peut permettre un ancrage dans un tissu économique local. Un club, c’est aussi un moyen de faire des relations publiques.
Louis Nicollin, propriétaire de club de Montpellier, possède une entreprise de traitement des déchets. Il se sert de son club pour se rapprocher des collectivités et s’ancrer dans un réseau local. C’est la stratégie de Colony Capital qui possède des intérêts dans l’immobilier et qui a pu se rapprocher des collectivités, des entreprises et des investisseurs. A l’échelle industrielle, 50 millions ce n’est pas si élevé.
Peut-on gagner de l’argent avec un club de Ligue 1 ?
Frédéric Bolotny (Eric Flogny). Le foot français traverse une période difficile. Avec la crise, les gens se sont moins déplacés dans les stades car le foot n’est pas un bien de première nécessité. L’OL sort de deux années de disette, mais il a été rentable pendant une longue période. Certains clubs de Ligue 2 sont également rentables.
Cela ne représente pas grand-chose !
Oui, mais c’est peut-être le bon moment pour investir dans le foot français. Les clubs affichent un déficit important, mais ne sont pas très endettés. Ils sont de plus en plus propriétaires de leur stade même si les collectivités restent souvent parties prenantes.
Le fair-play financier si cher à Michel Platini, président de l’UEFA, imposera aux clubs de ne pas dépenser plus que ce qu’ils ne gagnent d’ici 2016, sous peine d’être exclus des grandes compétitions européennes. En France, les clubs sont mieux encadrés qu’ailleurs. Et les inégalités vont s’atténuer entre les clubs français et les clubs italiens, anglais ou espagnols.
Mais un des plus gros problèmes, comme le montre le cas de l’Olympique lyonnais, c’est qu’en France, un stade met deux à trois fois plus de temps à pousser qu’ailleurs.
Photos : des joueurs du PSG lors d’un match contre Lisbonne, le 10 mars 2011 (Rafael Marchante/Reuters) ; Frédéric Bolotny (Eric Flogny).
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Plante verte, rouge et noire.
Plante verte, rouge et noire.
comment évaluer le prix d’un club de foot ? probablement de façon indécente, comme pour tout ce qui se rapproche de près ou de loin à ce sport.




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