Sur le terrain 06/04/2011 à 12h50

Avec les insurgés de Misrata, au cœur de la révolution assiégée

En route | Echos de Libye


Misrata est la dernière ville tenue par les insurgés dans l’ouest de la Libye, et subit les assauts répétés des forces loyales à Mouammar Kadhafi. « En route », un blog tenu par de jeunes Français présents sur place, solidaires de la révolution libyenne, raconte le soulèvement, les espoirs, et les cauchemars des insurgés de Misrata aujourd’hui menacée de tomber entre les mains des forces loyalistes.

(De Misrata, Libye) Le 17 février, alors que la katiba (préfecture) de Benghazi tombe aux mains des insurgés, une petite foule de partisans khadafistes parcourt encore tranquillement les rues de Misrata, munie de mégaphones, agitant des drapeaux verts et des portraits du « Guide ». Ils s’efforcent de manifester un semblant de normalité quand, partout dans l’est, les positions du pouvoir sentent déjà le brûlé.

Mais, le 19 février, 500 étudiants de Misrata sortent dans les rues pour protester contre les tirs sur la foule qui ont eu lieu à Benghazi. La manifestation est attaquée dès le matin, à main nue ou à coups de gourdins par des kadhafistes. Dans l’après-midi, les esprits s’échauffent, l’armée se déploie et tire au 14.5 sur la foule. Il y a un mort du côté des manifestants.

Le lendemain, environ 20 000 personnes envahissent le cimetière pour enterrer le jeune garçon. Une fois la cérémonie terminée, la foule marche sur le centre-ville, avec des bâtons en guise d’armes et attaque systématiquement tous les symboles du régime. C’est le ravage des quelques « lenjen toria », sortes de bureaux du parti « révolutionnaire » kadhafiste, et comme un peu partout en Libye, le départ précipité vers Tripoli d’une large frange des militaires – ce qui fournit aux insurgés leurs premières et seules armes.

Le problème d’armement des insurgés

Il faut savoir que Misrata, à 200 km à l’est de Tripoli, était considérée comme une ville commerciale, très calme et exempte d’agitation politique, à l’inverse de Benghazi, lieu de résistance où les forces khadafistes étaient armées en conséquence. Ici, on connaissait même très peu les potentielles caches d’armes.

Ce n’est qu’il y a deux semaines, quand des explosions se faisaient encore entendre six heures après le bombardement de l’aéroport par la coalition, que les gens ont compris où elles se trouvaient concentrées.

Dès les premiers jours, le chef local des forces spéciales de Kadhafi promet à la population qu’il ne donnera pas l’ordre de tirer sur la foule. Il est arrêté et emmené à Tripoli avec sept autres personnes. La katiba et ses stocks de munitions restent aux mains du pouvoir.

Si le problème de l’armement des insurgés se fait encore sentir aujourd’hui dans la guerre asymétrique qui se livre ici, ce n’est rien au regard des premières offensives loyalistes pour reprendre la ville. La population était alors quasiment désarmée. Leurs principaux moyens de lutter contre les premiers tanks qui entraient en ville étaient largement improvisés.

A plusieurs, ils couraient sur les blindés, armés de cocktails molotov et de gélatines – grenades artisanales traditionnellement utilisées pour la pêche, dont la puissance varie en fonction de la taille de la boîte de conserve qui conditionne l’explosif.

A ce moment-là, la victoire est une affaire de détermination et d’ingéniosité face aux colonnes constituées principalement de mercenaires étrangers, fortement armés mais désavantagés par leur méconnaissance du terrain. (Voir ces images amateur diffusées par Euronews il y a deux semaines)

La présence de mercenaires étrangers

Le plan militaire qui se déploie ici n’est pas autre chose que la fortune de Kadhafi qui achète sa vengeance. Depuis le départ, les milices sont composées de mercenaires étrangers. L’arrivage massif de ces « soldats », en provenance de divers pays, est permanent, soit parce qu’il est organisé par Kadhafi, soit parce que c’est le nouveau plan thune des tueurs professionnels : des bureaux de recrutement au Tchad et au Mali, cet appel satellite intercepté d’un sniper serbe invitant ses potes au pays à le rejoindre ici.

Pour aligner des civils dans un viseur, la rémunération peut aller jusqu’à 10 000 dinars (5 800 euros) par jour. On parle aussi des quartiers pauvres ou des villes défavorisées du sud dans lesquelles les pro-Kadhafi recrutent des Libyens qui, au cours des premières semaines, ont grossi les effectifs des milices ou servent maintenant à manifester devant des caméras en agitant le drapeau vert.

Les sommes d’argent et les promesses d’emplois hauts placés que le clan Kadhafi est capable de proposer créent une méfiance diffuse, égale à la peur des espions. Même s’il nous est difficile de saisir toutes les tensions, cette méfiance ne semble pas produire une ambiance délétère, ni nuire aux liens entre les révolutionnaires.

Le troisième jour, la plupart des gens avaient déjà déserté leurs postes de travail. Une sorte de démobilisation générale s’est installée parce que l’Etat comme instance de gestion avait déjà disparu ou, en tout cas, il n’était plus question de le reconnaître.

Des assemblées populaires pour l’organisation

Des assemblées se sont formées sur la place centrale de Misrata, là où convergeait la foule. S’y est posée immédiatement la nécessité de s’organiser pour la nourriture, l’eau, l’électricité, l’argent, autant que pour combattre. Ceux qui poussaient à la création de « conseils » pour coordonner les initiatives venaient pour une bonne partie du milieu judiciaire (avocats, juges...). Ce sont eux qui ont poussé les banques à réouvrir quelques jours la première semaine pour que soit distribué l’argent.

Suite à la création de ces conseils locaux, il y a eu la volonté d’une coordination à l’échelle nationale, ce qui deviendra le Conseil national de transition. Cette instance est donc aussi composée de délégués des conseils locaux. Par exemple, il y a deux personnes de Misrata présentes au CNT de Benghazi.

Depuis la première semaine, sur les plans politiques et existentiels, la ville est acquise à la révolution. Il faut la bêtise d’un adepte de la propagande télévisée d’Etat ou la distance d’un journaliste occidental pour se perdre encore en conjectures et croire que quelque chose puisse encore ici tourner politiquement en faveur de Kadhafi. On ne voit pas bien en quoi consisterait maintenant pour le pouvoir le fait de « reprendre Misrata », sauf à en éradiquer purement et simplement la population.

La stratégie de siège de Misrata


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La disposition des forces kadhafistes, sur trois secteurs importants, encercle Misrata et en empêche l’accès par voie terrestre. De ces trois points et de l’occupation de Tripoli Street, des incursions sont régulièrement effectuées ou tentées plus en avant dans la ville.

La stratégie des forces kadhafistes consiste en une politique de la terreur : pénétrer dans certains quartiers pour les piller, enlever des habitants ou les tuer.

Elle prend aussi la forme de bombardements, de tirs tactiques ou de prises de positions pour priver la population de ses ressources : la nourriture, l’électricité, le pétrole, l’argent, le matériel médical, les moyens de communication.

Depuis Zlitan, le long de la route côtière, des pièces d’artillerie lourde, des tanks et des BMB (blindés de transports de troupes) sont retranchés dans une zone forestière à une dizaine de kilomètres de Misrata.

Les mouvements depuis cette zone sont à découvert. Ils tentent régulièrement des percées dans la ville afin de se réfugier dans les immeubles pour pouvoir tenir une position à l’abri des tirs de la coalition. Jusque-là, les « shebabs » (combattants) ont toujours réussi à les faire reculer.

Au sud, les forces kadhafistes sont concentrées depuis Tamina jusqu’aux abords de la base militaire de l’aviation, bombardée deux fois par l’Otan. Depuis cette position, les troupes de mercenaires s’assurent le contrôle des accès sud de la ville (intersections des portes sud et de la Highway) et procèdent à des incursions.

Au croisement de la Highway et de Benghazi Street, les blindés enfoncent les façades des magasins et des cafés pour se mettre hors de vue dans les bâtiments lors des passages des avions de la coalition. Leurs mouvements sur la Highway coupent la ville de toute la zone qui s’étend au-delà, concentrant la plupart des fermes de la région, et donc la majeure partie de la (faible) production agricole locale.

Les forces loyalistes se sont particulièrement attachées à couper l’alimentation en électricité des exploitations et à en rendre l’accès depuis la ville particulièrement suicidaire.

Le port de commerce, nœud stratégique

A l’est, la zone qui s’étend du sud-est de Misrata jusqu’au port Quasr Hamad essuie continuellement des tirs d’artilleries, des pillages ou des tentatives d’attaques sur les entrepôts de stockage. Ce port de commerce est une immense zone industrielle devenue le nœud stratégique local dans le déroulement des hostilités puisqu’elle sert encore de grenier à la ville.

L’attaque du vendredi 2 avril par un tank et un groupe de voitures, mise en échec par l’intervention largement médiatisée de la coalition, y visait des entrepôts de sucre et de farine. Les premiers ont complètement cramé. Cette opération faisait suite à de multiples tentatives au cours des semaines précédentes, toujours plus ou moins limitées par les contre-attaques des shebabs.

Dans cette zone se trouvent également la dernière centrale électrique encore fonctionnelle de Misrata, ainsi que les réserves de pétrole, encore conséquentes, qui servent autant à la circulation des shebabs qu’à produire l’électricité de la ville. La deuxième centrale – située à Karsas au nord-ouest – a été détruite, il y a trois semaines, privant la moitié de la ville non seulement d’électricité mais aussi d’eau puisque le pompage direct des nappes phréatiques en depend. D’autres points du circuit électrique sont aussi régulièrement touchés, comme les boîtiers électriques des quartiers.

Le centre-ville : il y a un peu plus de deux semaines, les forces loyalistes ont réussi une incursion dans le centre de la ville. L’opération rassemblait 700 hommes, une quarantaine de tanks et autres engins d’artillerie. Les shebabs ont été tenus en échec.

Depuis, l’occupation de Tripoli Street par les forces kadhafistes paralyse la colonne vertébrale du centre-ville marchand. Les snipers ont pris position sur les plus hauts buildings. Huit blindés ont été positionnés entre le principal hôpital de la ville et les abords d’un gros supermarché et du marché à légumes qui pouvaient, il y a peu encore, pourvoir en nourriture.

Les anciens locaux de la radio et ceux de la télévision locale, en retrait de la rue principale, sont endommagés et l’accès y est difficile. Leurs locaux ont été déménagés dans des endroits plus protégés et inconnus des forces kadhafistes.

Ici, tous s’appellent « shebab »

Pour désigner les combattants, les journaux occidentaux parlaient des « shebabs » (littéralement, « les gars »). Or, ici, tous s’appellent « shebab ».

Il y a ceux qui affrontent physiquement, avec ou sans armes, l’ennemi, et ceux qui s’attèlent, sous plusieurs autres formes, plus ou moins chaotiques, à rendre cette guerre habitable et victorieuse. Se nourrir, circuler, communiquer, se soigner, se défendre sont devenus des pratiques offensives.

A Misrata, plus particulièrement qu’ailleurs, la guerre n’a pas pris la forme d’un front rangé contre l’ennemi et un d’un arrière mobilisé dans une économie de guerre performante et organisée par une instance centralisée.

Dès le 20 février, les habitants sont sortis dans la rue, ont déserté leur travail et ont cherché à remplir le vide laissé par l’attaque des administrations du régime de Kadhafi. Des rassemblements se sont improvisés, des appels à s’organiser se sont succédés. [...]

Localement, la seule instance qui influe sur le cours de la guerre est le conseil local. Le rôle de coordination matérielle (organiser la distribution de la farine, du fuel, chercher à répondre aux besoins des hôpitaux, etc.) que cette instance endosse intervient seulement quand les besoins ne peuvent pas être résolus directement par les habitants, soit pour une question d’échelle (les hôpitaux), soit parce que ceux-la ont dû quitter leurs quartiers.

Par exemple, ici, les familles ont en grande partie quitté les zones adjacentes à Tripoli Street depuis le début de son occupation par les forces loyalistes, il y a deux semaines. Le ravitaillement des shebabs qui y tiennent position passe alors par la coordination du conseil local : ses membres s’assurent que des familles préparent de la nourriture et que des munitions soient disponibles.

Pourtant, à Misrata, le conseil local est loin d’incarner l’autorité en matière de décisions et d’initiatives. Il ne peut pas prétendre remplir la béance ouverte par la destitution de l’ancien régime. D’abord, il n’y a pas l’assise d’une opposition politique qui pourrait se poser comme leader de la révolution. Ensuite, le conseil local est spontanément limité par la détermination et les savoir-faire des uns et des autres.

Dans Misrata, une nouvelle répartition des rôles

La majeure partie de la population a cessé d’aller travailler et, dès le 21 mars, il n’y avait plus d’activité économique dans Misrata. Les habitants se sont rendus disponibles à la révolution en revêtant de nouveaux rôles qu’ils se sont eux-même attribués.

Le maître de conférence qui s’attèle à gérer le point Internet de la ville, l’ancien militaire qui devient capitaine de bateau, l’étudiant en médecine qui part combattre, les bandes de gamins du quartier qui tiennent des check-points toute la nuit, le propriétaire d’une pelleteuse qui passe dans les rues pour former des barricades de sable...

En ce qui concerne les tâches plus amples, l’organisation repose sur l’initiative commune d’habitants d’un même coin. Pour les déchets, par exemple, ils s’organisent entre eux pour les rassembler, les incinérer à ciel ouvert ou bien s’en servir comme combustibles pour se défendre. Très rapidement aussi, ils ont compris que certains lieux devaient continuer à fonctionner pour répondre aux besoins créés par cette guerre.

La panique ne semble jamais avoir gagné les foules dans la destruction et le pillage de ce qui pouvait servir à tenir dans la durée. Certains lieux stratégiques n’ont donc jamais cessé leur activité, comme les dépôts de stocks issus de l’importation et ceux contenant le fuel pour en permettre la distribution. Les centrales électriques en font aussi partie. En leur sein, le travail ne fonctionne plus comme à l’ordinaire.

A défaut d’autres moyens de communication, on se tient au courant des coupures d’électricité par des messages diffusés au cours des émissions de radios locales. Les techniciens, plus ou moins improvisés, se rendent sur place, en prenant parfois beaucoup de risques, constatent les dégâts des compteurs attaqués ou des lignes sectionnées et font savoir aux habitants, toujours par la radio, le temps nécessaire aux réparations.

Les banques ont d’abord été forcées d’ouvrir trois jours par semaine pour distribuer l’argent. Les forces kadhafistes se sont alors postées devant.

Une société sans argent

L’argent n’est donc plus une nécessité pour acquérir les produits : ceux qui en ont encore paient, et les autres allongent des ardoises qui n’ont plus vraiment de sens, aucune activité n’étant plus rémunérée par un salaire.

Très vite, les magasins ont été réouverts pour rendre accessibles les produits vitaux. Certains possèdent des petits potagers et ont encore quelques bêtes à se mettre sous la dent. D’autres risquent leur vie en traversant des grandes artères pour acheminer de la viande et des légumes depuis les fermes du sud de Misrata, afin de les redistribuer en centre-ville. C’est ainsi qu’on peut voir aux abords de certaines rues des foules faisant la queue devant une camionnette de légumes.

Les camps de réfugiés sont la face obscure de cette organisation. Ils sont plusieurs milliers à s’être rassemblés dans la zone portuaire de Qasr Ahmad. Ils répètent que cette guerre n’est pas la leur. Leur passivité dans le conflit les réduit à subir les pires conditions, sans pouvoir faire autre chose qu’attendre la nourriture, les médicaments, le bateau qui les sortira de Libye. L’arrivée prochaine d’organisations humanitaires trouvera là un misérable chaos dans lequel elle saura s’engouffrer, tandis qu’ailleurs, elle mettra sûrement fin a l’ingéniosité des habitants.

Il n’y a pas de centralisation de l’information mais plusieurs outils pour la faire circuler. Il y a la radio qui informe localement et nationalement mais aussi l’imam du quartier qui informe du besoin de telle ou telle famille et est en mesure de trouver telle ou telle personne pour y répondre.

Ces derniers outils ne fonctionnent pas seulement pour répondre à des besoins, c’est aussi un moyen de s’adresser aux ennemis. Par exemple, l’« avertissement aux mercenaires » tourne en arabe, en français et en anglais à la radio.

Le piège des snipers

On nous raconte aussi qu’il y a une semaine, des habitants s’étaient adressés à des snipers logés dans un immeuble via le minaret de la mosquée. Le message adressé était à peu près celui-ci :

« Si vous vous vous rendez et déposez les armes de vous-mêmes, vous ne serez pas faits prisonniers. Si vous acceptez, tirez trois coups. »

Au deuxième coup de feu tiré en l’air, les gens sont sortis dans la rue pensant avoir remporté la reddition des snipers, mais le troisième coup et les suivants furent pour la foule.

Les rues et les bâtiments sont aussi occupés d’une nouvelle manière. A chaque intersection, un check-point a été installé. Ce sont des barrages pour contrôler l’accès dans les quartiers et pour multiplier les remparts à une possible incursion des forces kadhafistes.

On peut y être contrôlé sommairement, avec ouverture de coffre et vérification des cartes de rebelles. Ces cartes ont été éditées par le CNT et distribuées aux shebabs. Elle porte la date du fameux 17 février et on peut y lire toutes sortes de fonctions improvisées. Par exemple, un jeune étudiant en médecine se retrouvera docteur.

La circulation permanente des voitures aux check-points permet la transmission d’informations sur la sécurité de telle ou telle zone. Certains barrages sont faits de bric et de broc, d’autres sont devenus de véritables lieux de vie. Pour s’abriter, des tentes sont montées sur les trottoirs ou bien ce sont des conteneurs ramenés du port commercial qui sont posés sur la route, autant pour réduire les voies que pour y mettre de quoi cuisiner, quelques matelas et une télévision branchée sur Al Jazeera.

A certains check-points, il y a des détails qui révèlent le plaisir que les shebabs prennent à les installer, les penser, les améliorer. Le nombre des équipes varie, c’est aussi bien des vieux que des jeunes, en général peu armés.

Les équipes se relaient par tranches horaires et elles se forment à partir des habitants des rues à proximité. Il ne semble pas y avoir de coordination formelle entre les différents check-points. Pourtant, le même genre de matériel se trouve partout et, toute la journée, on voit des types qui transportent du sable, remplissent des sacs avec ou le répartissent en tas sur les routes.

Quant aux bâtiments, beaucoup ont été réquisitionnés et reconvertis selon les moyens et les besoins : un local de radio, trop proche de Tripoli Street, s’est improvisé dans un préfabriqué branché à une grosse antenne et couvre toute la Libye, une école s’est transformée en centre de communication Internet, un magasin est devenu un dépôt de nourriture.

En partenariat avec « En route ! Nouvelles de l’insurrection libyenne »

Photo : de la fumée au-dessus de bâtiments à Misrata, le 28 mars 2011 (Ahmed Jadallah/Reuters).

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  • Jy-38
    Jy-38
    I'm not there I'm gone
    • Posté à 13h07 le 06/04/2011
    • Internaute 32433
      I'm not there I'm gone

    Ca c’est du journalisme ! Autre chose que notre philosophe en col-blanc ou que nos belliqueux éditocrates...

    Chapeau-bas.

  • Mme Berthe
    Mme Berthe
    grmbl
    • Posté à 13h11 le 06/04/2011
    • Internaute 113627
      grmbl

    Aucun doute que nos trolls habituels vont s’empresser de crier que la relative efficacité de l’auto-organisation décrite par l’article est bien la preuve que les insurgés sont « noyautés » par l’Occident, le Nouvel Ordre Mondial ou Obiwan Kenobi...

    • ecor1
      ecor1 répond à Mme Berthe
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      • Posté à 14h18 le 06/04/2011
      • Internaute 25388
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      je pencherais pour ma part pour Obiwan...

      • nevenoe
        nevenoe répond à ecor1
        ONG
        • Posté à 10h38 le 07/04/2011
        • Internaute 95578
          ONG

        d’ailleurs il se fait appeller « Ben » dans l’épisode 4... ça sonne un peu sioniste ça... je dis ça je dis rien... à bon entendeur, salut !

         : P

         
        • ecor1
          ecor1 répond à nevenoe
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          • Posté à 10h59 le 07/04/2011
          • Internaute 25388
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          J’ai rien compris

          • nevenoe
            nevenoe répond à ecor1
            ONG
            • Posté à 11h12 le 07/04/2011
            • Internaute 95578
              ONG

            Z’êtes pas assez conspirationniste, faut avoir l’esprit bien plus tordu...

            • ecor1
              ecor1 répond à nevenoe
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              • Posté à 11h15 le 07/04/2011
              • Internaute 25388
                sur le fil

              C’est peut etre que j’en fais parti de la conspiration sioniste....

              • nevenoe
                nevenoe répond à ecor1
                ONG
                • Posté à 11h45 le 07/04/2011
                • Internaute 95578
                  ONG

                planquez vous, Ginette est peut être revenue de Libye :)

        4 autres commentaires
  • Caniveau89
    • Posté à 13h50 le 06/04/2011
    • Internaute 26147

    Comme disait récemment Pierre Haski, c’est un scandale que Sarkozy ait engagé les forces françaises et internationales pour défendre les insurgés... et en réalité pour rehausser son image personnelle.

    Et peut être que si de telles pensées irresponsables n’existaient pas, la coalition enverrait plus d’armes et des troupes au sol pour liquider Kadhafi.... Mais il est difficile de lutter contre l’opinion bobo internationale.

    Donc, désolé amis lybiens insurgés, tenez bon...
    Pierre Haski vous tient en haute considération et continuera le combat depuis son bureau de Paris, aux heures de bureau !

    • alankin
      alankin répond à Caniveau89
      peu importe
      • Posté à 14h28 le 06/04/2011
      • Internaute 140809
        peu importe

      pffff... des propos dénués de sens... faut réfléchir un peu plus, pas si simple de mettre en balance une non intervention contre 10000 morts à benghazi..heureusement que vous n’avez rien à décider sur la question, question compliquée et qui ne se traite pas avec des opinions simplistes

  • REMY Ronald
    REMY Ronald
    Reprographe
    • Posté à 13h53 le 06/04/2011
    • Internaute 151591
      Reprographe

    Pourquoi permettre à Kadhafi d’écraser librement les insurgés du centre et de l’Ouest ? Que des pays africains soient notoirement corrompus par l’argent de Kadhafi et que les pays de l’axe Russo-Germano-Italo-Turc veuillent préserver leurs fructueux liens financiers avec Kadhafi, c’est compréhensible. Mais cet limitation volontaire des frappes Franco-Anglaises et le retrait US le sont beaucoup moins. Pourquoi les médias occidentaux n’abordent pas ces points et n’expliquent pas cet incroyable revirement diplomatique et géo-stratégique international sur la Libye et cet abandon des insurgés ? Le texte de l’ONU (peu diffusé par les médias) est clair, précis et permet juridiquement de bombarder les tanks et canons de Kadhafi tant que ceux-ci continuent de tirer sur les villes. Honte à tous ceux qui laisse Misrata être martyrisée, transformée en Stalingrad civil depuis 40 jours ! Pour l’ouest abandonné, je diffuse le signal d’alarme depuis des semaines. Quelqu’un a-t-il une explication face à cette formidable incompétence militaire de l’OTAN et cette démentielle lâcheté internationale ?

    • mauser
      mauser répond à REMY Ronald
      • Posté à 15h54 le 06/04/2011
      • Internaute 4683

      L’épée cède à la toge Les militaires ne sont pas incompétent que les politiques donnent les ordres et le colonel est balayé en quelques jours Ici tout dépend des taux de pertes acceptè pour les deux camps .
      Maintenant vous voulez mon idée je crois de plus en plus à une partition de la Libye .Désolé mais vous vous trouvez du mauvais côté de la frontière. Combien de villes ou de provinces sacrifiées au nom de la politique qui n’est qu’un autre moyen de continuer le commerce

      • Bein...
        Bein... répond à mauser
        fils de mon père
        • Posté à 22h12 le 06/04/2011
        • Internaute 134428
          fils de mon père

        C’est assez compréhensible : Kadhaffi veut reprendre le contrôle de toute la Tripolitaine pour avoir, au pire, une partition du Pays (il garderait le Fezzan).

        Il sait que l’argent et les alliés vont bientôt manquer et, s’il tient le coup en nettoyant sa province, la coalition finira pas entériner la partition pour pouvoir arrêter en faisant croire que l’essentiel était de sauver les rebelles.

        S’il peut rester en place, lui ou ses fils, voire d’autres plus tard, une fois reconstituée ses forces, il pourra envisager une guerre éclair de récupération de la Cyrénaïque pendant l’élection française, par exemple.

  • alankin
    alankin
    peu importe
    • Posté à 14h19 le 06/04/2011
    • Internaute 140809
      peu importe

    dire que le fils qui parlait de « bain de sang » promet maintenant des réformes pour rester en place....incroyable cynisme.. et méconnaissance de l’histoire : jamais le peuple n’acceptera un quelconque arrangement après de telles exactions.
    c’est du bon sens.
    et plus ils continueront, plus leur fin sera difficile.

  • vieilanarfatigué
    vieilanarfatigué
    Changer le monde, c'est se (...)
    • Posté à 14h25 le 06/04/2011
    • Internaute 125168
      Changer le monde, c'est se (...)

    $ comme d’habitude fait naitre des espoirs et ne tient pas parole. Si on ne veut pas l’enlisement, faut y aller par tous les moyens et surtout terrestres.
    Il faut laisser faire les militaires dans cette histoire, ils règleront ça vite et bien fait....les dégâts collatéraux seront pour les politiques pas pour les peuples.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 14h30 le 06/04/2011
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    ► On se demande ce qu’attendent les troupes à pieds occidentales pour débarquer en Lybie et liquider Kadhafi...

    • mauser
      mauser répond à Pierrrrre
      • Posté à 15h56 le 06/04/2011
      • Internaute 4683

      Votre précieuse présence .On a besoin d’un homme de pointe pour les mines et les snipers

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à mauser
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 16h48 le 06/04/2011
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « On a besoin d’un homme de pointe pour les mines »

        ► Devant trop de danger, toujours je me taille.. histoire de donner de la pointe à ma mine.

  • alankin
    alankin
    peu importe
    • Posté à 14h34 le 06/04/2011
    • Internaute 140809
      peu importe

    je crois bien que le coup de frein vient du transfert à l’OTAN...ils vont donc à la fois mettre le frein et à la fois faire des bavures.. cet OTAN est nullissime, c’est un pouvoir aux mains des USA et les USA ne sont pas les champions des bonnes décisions. là, OBAMA est dans le peut être bien que oui peut être bien que non, alors l’OTAN fait de même... jamais les européens n’auraient du céder à l’OTAN, car si ça réussit ça sera un succès pour l’OTAN et si ça échoue ça sera la faute de la France et des Anglais... un peu comme les profits pour le privé et les pertes pour l’état...

  • leypanou
    leypanou
    observateur politique
    • Posté à 14h44 le 06/04/2011
    • Internaute 73435
      observateur politique

    Forces khadafistes, révolution : on sent tout de suite le parti pris de l’article. Pourquoi aussi ne pas parler des soldats sarkozystes ou atlantistes pendant que vous y êtes ? Qui sont exactement ces rebels ? Qui est exactement Moussa Koussa ? La naïveté de certains forumeurs ne peut que laisser pantois. Que Khadafi ne soit pas un saint, personne ne le conteste. Que beaucoup soit à changer dans la société libyenne, il n’y a rien à dire. Mais de là à prendre position surtout la plus stupide qui consiste à dire que le CNT est désormais le seul représentant de la Libye laisse vraiment pensif. C’est aux Libyens de choisir librement leurs dirigeants et les autres ne devraient pas intervenir. On ne parle plus de Bahrein maintenant : il est certain que l’émirat est un pays dirigé par des « amis », donc, shut, on n’en parle pas, même si 1000 soldats d’Arabie Saoudite y sont allés pour aider un régime ami. La naïveté de certains forumeurs fait pitié. Allez sur le site globalresearch par exemple pour entendre d’autres sons de cloche.

    • mauser
      mauser répond à leypanou
      • Posté à 16h01 le 06/04/2011
      • Internaute 4683

      Attendez que les SA7 soit parvenus aux main des terroristes et le chant va changer.
      Ceci peut aussi expliquer la réticence des occidentaux à livrer des armes chat échaudé craint l’eau froide le cas afghan ne vous rappelle rien
      Pour les soldats saoudiens je me pose une question le sont ils vraiment ou juste les mercenaires pakistanais gardes du palais.

    • slave1802
      slave1802 répond à leypanou
      Technicien telecom
      • Posté à 16h09 le 06/04/2011
      • Internaute 58485
        Technicien telecom

      « “ En route ”, un blog tenu par de jeunes Français présents sur place, solidaires de la révolution libyenne, raconte le soulèvement, les espoirs, et les cauchemars des insurgés de Misrata aujourd’hui menacée de tomber entre les mains des forces loyalistes. »

      Vous savez lire ?

      • wilaya4-
        wilaya4- répond à slave1802
        Charcutier ébéniste
        • Posté à 16h48 le 06/04/2011
        • Internaute 100480
          Charcutier ébéniste

        Je ne leur souhaite pas de tomber entre les mains de ces 2 commissaires politiques :
        Lien

    • Tmal
      Tmal répond à leypanou
      Parti rider...
      • Posté à 18h20 le 06/04/2011
      • Internaute 112672
        Parti rider...

      « Mais de là à prendre position surtout la plus stupide qui consiste à dire que le CNT est désormais le seul représentant de la Libye laisse vraiment pensif. “

      C’est un choix politique. En gros soit on ne fait rien, soit on soutient Kadhafi, soit on soutient les rebelles. Ces 3 choix sont discutables et critiquables. Seulement parfois il faut agir, éventuellement vite. Là on a choisi les rebelles.

      ‘C’est aux Libyens de choisir librement leurs dirigeants et les autres ne devraient pas intervenir.’

      Clairement si on n’intervient pas, Kadhafi mate la révolte, et personne ne choisi ses dirigeants librement. A mon avis, si Kadhafi se maintient, les libyens ne choisiront pas librement leurs dirigeants avant longtemps.

      ‘On ne parle plus de Bahrein’
      Ni de Fukushima, ni de la Syrie... Cette semaine c’est au tour de la Côte d’Ivoire, qu’on avait un peu beaucoup oublié depuis quelques semaines... C’est l’ère du temps.

      Heureusement les moyens ne manquent pas pour ceux qui s’informent par eux mêmes. C’est sûr que si on attend que ça tombe tout chaud tous les soirs au 20h, il y a certains sujets dont on entendra jamais parler...

      • Tristian
        Tristian répond à Tmal
        moi-même
        • Posté à 22h09 le 06/04/2011
        • Internaute 121503
          moi-même

        Comme raisonnement binaire de genre de ceux de Bush fils, vous faite vraiment très fort.

        Après avoir donné l’illusion de trois choix, vous démontrez, sur le modèle de votre idôle : « si vous n’êtes pas avec nous (les rebelles), vous êtes contre nous (avec Kadhafi) ».

        Au final, vous ne proposez que deux choix politiques : être pour Kadhafi ou pour les rebelles.

        C’est vraiment dommage que vous ne me laissez que le choix d’être contre Bush et les gens qu’il représente (l’occident judéo-chrétien), seulement parce que je refuse d’apporter mon soutien à l’axe (autodéclaré du bien).

        Il se trouve que je crois en la consmovision andine, tel qu’elle avait été pratiquée en Suisse (peut-être seulement pour très peu de temps).

        Pour moi, il faut trouver un troisième choix politique, qui passe par le dialogue, et je suis toujours convaincu, tel qu’il a déjà été proposé, depuis les Andes, soutenu par le puissant Brésil, qu’il va, tranquillement, s’imposer comme la meilleur option.

        J’espère que Le Diviseur n’a pas déjà gagné la partie, et qu’il n’est pas encore trop tard.

         
        • Tmal
          Tmal répond à Tristian
          Parti rider...
          • Posté à 03h36 le 07/04/2011
          • Internaute 112672
            Parti rider...

          Déjà je ne démontre rien du tout. Après je ne propose aucun choix politique, je décris les choses grossièrement. Raison pour laquelle j’ai oublié d’envisager le dialogue, mais il n’est pas trop tard pour le rajouter à la liste.

          Bon, alors sur le dialogue, oui, c’est sûr, c’est toujours une bonne solution. Seulement, dans ce cas précis, dialoguer avec ce régime aurait probablement eu toutes les chances d’équivaloir à ne rien faire. Ce n’est que mon avis, hein, vous pouvez avoir le votre.

          Dans le genre illusions vous pouvez toujours penser que l’UA aurait pu résoudre le conflit pacifiquement, ou que les sudaméricains auraient pu négocier une transition démocratique en Libye... Au lieu de ça on a eu une résolution de l’ONU dictée par l’urgence de la situation.

          Ensuite, dans le genre raisonnements binaires, je ne vois pas ce que vient faire ce brave Georges Bush dans cette histoire. Si vous choisissez de tout voir à travers le prisme de son idéologie débile d’il y a 10 ans, c’est votre problème, s’il vous plait ne m’en faite pas le reproche.

          C’est amusant, vous êtes les 2 premiers résultats google pour « consmovision andine ». C’est de vous ? Vous pourriez nous en parler ? Chuis plus dans les trucs alpins, moi, normalement...

          • Tristian
            Tristian répond à Tmal
            moi-même
            • Posté à 19h16 le 07/04/2011
            • Internaute 121503
              moi-même

            « consmovision andine », oui, ca doit être de moi, j’imagine (avec la faute de frappe) : cosmovision, pour vision cosmique.

            Essayez « cosmovisión andina », c’est que la plus part des gens qui peuvent le mieux en parler et qui le vivent, s’expriment, par écrit, en espagnol (et parlent le quechua, l’aymara ou une autre langue de la région).

            Mais il doit exister, en francais, aussi, des études sur ce sujet.

            Une des idées de base de cette vision cosmique repose sur le concept de complémentarité, peut-être assez semblable aux théories chinoises sur le ying yang, qui recherche l’harmonie, en cas de conflit, plutôt que l’écrasement d’une des parties (et de choisir son camp).

            Dans la guerre des sexes, c’est de voir le couple comme un toute, composé de deux parties différentes, mais d’égale importance (je sais de quoi je parle)

            Moi aussi, j’ai des affinités avec les Alpes, et quand un ami péruvien m’avait dit que la Suisse était l’unique pays qui avait mis en pratique, au niveau politique, la cosmovisión andina, je dois bien dire que ca m’avait assez intrigué (mais c’est assez logique).

            C’est triste, effectivement, au sujet du dialogue, qu’il pousse, souvant, aux parties, de chercher, sur le terrain, à avoir une supériorité pour dialoguer.

            Il me semble, pourtant, que lors ce que la proposition de dialogue de Chavez a été mise sur la table, les rebelles était dans une meilleurs situation, sur le terrain, qu’aujourd’hui, mais qu’ils semblaient assuré d’avoir des soutiens ( ? internationnaux ?) pour gagner plus.

            Avec ce qui est en train de se passer, je me demande si, en fin de compte, le petit Nicolat n’a pas été envoyer en mission spéciale sacrifice (parce qu’en 2012, poubelle, inutile), pour redonner à Khadafi la possibilité de reprendre la main.

            Le problème du mode binaire de pensée de Bush fils, c’est qu’il provoque le divisionisme, et que ca pourra bien être fatal à ceux qui se nomment « l’occident judéo-chrétien ». D’ailleurs, ils sont sérieusement en train de se séparer de ceux qu’ils nomment les « latinos » (et ca risque bien d’être leur chute).

            Si ils peuvent y arriver, ils tenteront de diviser La Libye (diviser les autres, pour reigner, c’est toujours très fort), mais c’est pas gagné. Avec les faveurs qu’ils ont faite à Kadhafi en lui redonnant une aura de défenseur de la nation, ils pensent sûrement pouvoir, aussi, compter sur lui.

            Je me souviens toujours de la fois, en Bolivie, où l’ambassadeur des USA avait tellement critiqué Evo Morales, que ca lui avait donné le contrôle incontestable de toute ce qu’on pourrait appeler la « gauche », et d’arriver au pouvoir, quelques années plus tard, que, là, je me pose toujours la question de savoir quels sont les véritables motavations qui se cachent derrière certaines prises de positions très tranchées. Evo joue le jeu des transnationnales, mais refuse de jouer celui des USA (malgré cette faveur). Des fois, les choses peuvent échapper des mains de ceux qui pensent tout maîtriser.

            Ils avaient mis en place tous les éléments, aussi, pour diviser le pays, et avaient beaucoup d’autres pions, mais n’avaient pas fini par réussir.

            • Tmal
              Tmal répond à Tristian
              Parti rider...
              • Posté à 21h03 le 07/04/2011
              • Internaute 112672
                Parti rider...

              « Mais il doit exister, en francais, aussi, des études sur ce sujet. »

              A vue de nez pas trop, mais peu importe.

              Sur le dialogue, comme j’ai dit, ça aurait été génial de résoudre ce conflit pacifiquement. Mais malheureusement on ne peut pas dialoguer avec tout le monde.

              Avec Kadhafi j’ai un gros doute par exemple :
              Début des protestations pacifiques, le 17 février. Assez rapidement sévère répression militaire, et déclenchement d’une guerre civile, par le régime lui même. Début de l’intervention étrangère, plus d’un mois et demi après : en 2 jours, 2 cessez le feu unilatéraux, aussitôt violés... Et puis c’est pas comme si on ne lui avait pas demandé d’arrêter les frais entre temps. Mais les paroles ont bien peu de poids dans une guerre...

              Ce que je comprends de ce conflit, c’est que les 2 parties iront jusqu’au bout. Les rebelles n’en ont plus rien à foutre de crever après 40 ans sous Kadhafi, et Kadhafi sait qu’il y passera probablement si il perd le pouvoir. Tous les ingrédients pour un bon bain de sang.

              Je ne pense pas que ce soit une bonne idée d’intervenir à tout bout de champ.
              J’aime pas trop non plus le concept de « gendarme du monde », mais peut être que finalement le monde a parfois besoin d’un gendarme...
              Sans compter qu’il y a beaucoup de choses à dire sur les motivations réelles de chacun.

              Cependant je pense que l’intervention est arrivée à temps, sans quoi la révolte aurait eu toutes les chances de s’arrêter là. Et par là même, peut être aussi les autres révolutions arabes... Et ce n’est pas comme si les rebelles n’avaient pas demandé un appui aérien, et que l’ONU ne l’avait pas avalisé, quoi qu’en en dise.

              Maintenant effectivement le problème c’est comment on s’en sort, sachant que forcément chacun a ses intérêts dans cette affaire.

              Depuis le temps qu’on critique l’occident qui soutien des dictatures au moyen orient, là ça va au moins un peu dans le bon sens.

              Pas très cosmologique, tout ça... Pas trop binaire non plus j’espère...

              • Tristian
                Tristian répond à Tmal
                moi-même
                • Posté à 23h33 le 07/04/2011
                • Internaute 121503
                  moi-même

                Oui, moins binaire, là. Mais, ici, en Bolivie, on se pose beaucoup de questions sur la véracité de ce que cette presse nous raconte.

                On a eu le droit du même genre de diabolisation d’Evo Morales, et le même conte, comme quoi il aurait le soutien de mercenaires vénézuéliens, cubains, et d’autres délires.

                Evidemment, c’était un méchant dictateur, assassin, narcoterroriste, absolument sans aucuns soutiens populaires. Et son opposition voyageait beaucoup à l’étranger pour demander à l’ONU de demander des sanctions contre son gouvernement.

                On nous avait aussi promis un conflit et une guerre civil sans merci.

                Heureusement, en particulier grâce au soutien du Brésil de Lula, et, de négociateurs de presque tous les pays d’Amérique du Sud. Déjà, les USA n’ont pas eu le droit d’intervenir (aucun pays voisins de la Bolivie n’ont donné la permition de survoler leur espace aérien), et, des solutions politiques ont été possible, dans le respect de l’institutionnalité bolivienne.

                J’aimerais bien qu’il puisse se passer le même genre de chose, en Libye, déjà, des commitions de l’ONU, qui puissent constater vraiment ce qui s’est réellement passé.

                Je vois qu’en Côte d’Ivoire, Ouattara, un autre membre de « l’axe du bien », ressemble de plus en plus à notre Léopoldo Fernadez bolivien, responsable d’actes encore pire que notre massacre de Porvenir

                On est en train de voir les résultats du choix de la « communauté internationnale », d’avoir décidé qui est le légitime représentant de la population d’un des pays membre.

                Si beaucoup de mes amis, en Bolivie, on vraiment envie de soutenir Kadhafi, et que les nostalgiques de la dictature sont contre lui, j’ai, perso, pas encore réussi à prendre vraiment position.

                Pour moi, il faut, avant tout, que l’ONU envoie des gens pour constater vraiment ce qui se passe et commencer à engager un dialogue entre le gouvernement et les rebelles, déjà rien que pour fixer des modalités, autant pour un cessez-le feu que pour voir quels sont les thêmes politiques qui pourraient être abordé dans un véritable dialogue, postérieur, pour qu’il soit possible de conserver La Libye en un seul morceau.

                • Tmal
                  Tmal répond à Tristian
                  Parti rider...
                  • Posté à 13h19 le 08/04/2011
                  • Internaute 112672
                    Parti rider...

                  J’entends bien votre positionnement, mais je ferais gaffe à votre place : les ennemis de vos ennemis ne sont pas forcément vos amis.

                  Kadhafi est loin d’être un enfant de cœur et il le prouve depuis 40 ans. Le soutenir juste parce qu’il est attaqué par les occidentaux serait une erreur... Au moins vis à vis du peuple libyen.

        5 autres commentaires
    • Yp2
      Yp2 répond à leypanou
      Sale gauchiste d'IEP
      • Posté à 18h21 le 06/04/2011
      • Internaute 71496
        Sale gauchiste d'IEP

      C’est ça... allons voir si les gogolitos conspirationnistes n’ont pas de meilleures infos...

      N’importe quoi.

  • Rose.Arno
    Rose.Arno
    Enseignante
    • Posté à 16h52 le 06/04/2011
    • Expert 136988
      Enseignante

    On ne peut en premier lieu que s’abstenir de commentaire sur une situation ou des hommes peu armés risquent leur vie face à des militaires entraînés, alors que le seul risque, ici, est de se faire invectiver virtuellement.

    Et d’ailleurs en deuxième lieu aussi.

    On verra plus tard pour cliqueter sur un clavier.

  • meatz
    meatz
    Cadre
    • Posté à 19h11 le 06/04/2011
    • Internaute 138908
      Cadre

    Le titre contient une erreur, Misrata n’est pas la seule ville tenue par les révolutionnaires,il y’en a de nombreuses dans les montagnes de l’ouest qu’on essaye de nous faire oublier (Zintan,Yefren,Nalut,etc..).

  • meatz
    meatz
    Cadre
    • Posté à 19h21 le 06/04/2011
    • Internaute 138908
      Cadre

    Et aussi Shabab ça veut juste dire « les jeune » pas « les gars » ou « combattants »

  • A déménagé le 13-12-2012
    • Posté à 19h37 le 06/04/2011
    • Internaute 134475
      non connue

    nul part sur la planète il fait bon d’être résistant ou rebelle car la résistance des uns est toujours le terrorisme des autres et comme le terrorisme c’est mal.....

  • expat
    • Posté à 21h45 le 06/04/2011
    • Internaute 25627

    Personne n’est gene de voir cette promotion de la guerre civile et cette presentation tres mediatique de la « revolution », ou sont les revolutionaires exactement et que veulent-ils a part les moyens de prendre le pouvoir par la force ?

    Il parait difficile de croire qu’a ce stade les foules ne peuvent toujours pas reprendre leur pays ? Ne serais-ce pas plutot qu’elles sont prises entre 2 feux ? Ou meme 3 ? Que feront ces vainqueurs quand ils auront conquis le pays (dans quel etat ?), c’est vraiment la question que je me poserais si je vivais en Libye parce que si on peut pas negocier une meilleurs solution et ils n’ont pas voulu le faire apres la resolution de l’ONU et ne semblent toujours pas vouloir maintenant quand discuteront-ils, la democratie c’est ca ce mettre d’accord et suivre les avis de la majorite.

  • GWERN
    GWERN
    Ex militant du vaste mouvement (...)
    • Posté à 22h03 le 06/04/2011
    • Internaute 60684
      Ex militant du vaste mouvement (...)

    Et une autre contribution longue mais .........

    « Libye, la révolution assassinée

    Ce texte est un résumé partiel sur la situation de la guerre en Libye, il est rédigé dans le but de préparer des réunions pour organiser une réponse populaire à l’engagement français dans ce conflit. Par ailleurs, un groupe de liaison est en train de se mettre en place en France et à l’étranger pour nous permettre de réaliser une revue de presse quotidienne de journaux de différents pays. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues pour nous aider dans ce travail ingrat mais indispensable à la réalisation d’une ligne politique cohérente dans un contexte où le chauvinisme et le militarisme vont croître de plus en plus dans nos pays.

    Libye, la révolution assassinée

    La guerre qui vient de débuter en Libye signe la fin provisoire des perspectives révolutionnaires du “printemps arabe”. L’intervention air-sol des forces militaires occidentales n’est en aucun cas une mesure “humanitaire” pour sauver des “civils” de la folie meurtrière du colonel Kadhafi, feu notre ami, mais bien une ruée impérialiste pour le contrôle des ressources pétrolières du pays, ainsi que l’établissement au Maghreb d’un régime ultra-favorable aux intérêts des capitales occidentales, et capable de stabiliser la région face aux soulèvements populaires qui s’y déroulent. D’ores et déjà des “équipes” travaillent sur le terrain, et les perspectives d’une intervention terrestre, sauf négociation in-extremis du régime deviennent chaque jour plus évidentes.
    La campagne de propagande qui déferle dans les médias, le soutien quasi-unanime de tous les partis politiques à l’attaque militaire, et le flou volontairement entretenu autour de la constitution et des projets du Conseil National Transitoire Libyen sont de nature à paralyser la contestation populaire de cette guerre dans les pays occidentaux, tandis que la prise en otage des Libyens entre deux fractions armées de la bourgeoisie est cyniquement orchestrée pour permettre l’attaque militaire d’un État qui n’a en aucun cas agressé militairement l’un des pays qui le bombardent aujourd’hui.

    Alors que dans un premier temps, la mobilisation populaire s’opposait aux réformes libérales en cours en Libye, et revendiquait plus de libertés politiques, l’émergence d’un gouvernement parallèle, armé par l’Égypte, et soutenu par les Occidentaux menace la poursuite d’un mouvement qui se trouve de fait rendu invisible, et qui sans armement n’a plus qu’à rallier l’un des deux camps ou à disparaître.

    Qui sont les personnes qui dirigent ce CNT ? Quelle est leur légitimité dans la direction d’une telle entreprise ? Quelles sont les vues politiques de ces “révolutionnaires”, majoritairement issus de la classe dirigeante libyenne ? Le Monde du 5 avril reconnaît qu’officiellement seul un tiers de ses membres ont révélé leur identité, pour des questions de sécurité…

    Dès le 17 février, le Comité se met en place et nomme Moustapha Abdel-jalil à sa tête. C’est l’ancien ministre de la Justice libyen, c’est-à-dire un homme clé du système Kadhafi. Il est secondé par Abdelhafed Ghoga, un avocat et militant des droits de l’Homme, qui selon le Monde lui est ouvertement hostile. Le 2 avril, devant les tensions internes qui déstabilisent le Comité, le porte-parole, Moustapha Al-Gueriani annonce la création d’une équipe de crise de dix spécialistes, de Libyens revenus de l’étranger avec “leur savoir-faire. Le Conseil devenant désormais l’organe législatif” toujours selon le Monde du 5 avril, qui présente aussi le “ministre des Finances” de ce nouveau Conseil, Ali Tarhouni, professeur d’économie aux USA, où il vivait depuis trente-cinq ans jusqu’au mois dernier. C’est un partisan de l’ultralibéralisme, et sa présence aux Finances est un signe clair de l’orientation économique et sociale du groupe de Benghazi.

    À la tête du nouveau Comité, il y a désormais Mahmoud Jibril. C’est un homme d’affaires déjà présent dans l’ancien Comité. Toujours selon le Monde “C’est lui qui, avec Ali Al-Essawi, ancien ambassadeur, et désormais ministre des Affaires étrangères, avait rencontré le président Sarkozy, le 11 mars à Paris”.

    En charge des Affaires militaires, on trouve le général Abdel Fatah Younès, ancien ministre de l’Intérieur, présent aux côtés de Kadhafi depuis 1969 et le putsch ayant abattu la royauté. Il dispose de soldats spécialement entraînés par les SAS britanniques, et des commandos français, probablement le 13e RDP, ce qui au regard de l’incompétence militaire des “chebbabs” lui donne de fait un avantage sur le terrain, et donc un avantage du point de vue politique.

    Depuis la semaine dernière, les USA ont reconnu que la CIA “coordonne” les mouvements des “rebelles” sur le terrain. L’homme de l’agence se trouve être Khalifa Hifter. Son arrivée à Benghazi est d’abord relayée par la chaîne Al-Jazeera, le 14 mars. Sans faire référence à son appartenance à la CIA, le Daily Mail fait son éloge le 19 mars. Enfin le chef de guerre est interviewé par ABC News le dimanche soir suivant. Dans Manipulations africaines, un ouvrage publié par Le Monde diplomatique en 2001, son histoire est relatée. Cet ancien colonel de l’armée de Kadhafi est capturé au Tchad, en 1987, au cours d’une action militaire qui échoue.

    À l’époque les USA soutiennent le président tchadien Hissène Habré déstabilisé par une rébellion soutenue par la Libye. À la suite de sa capture Hifter apparaît comme membre du FNSL (Front National du Salut de la Libye) le principal groupe anti-Kadhafi, soutenu par la CIA. Puis il organise sa propre milice, la force Haftar qui disparaît avec la chute de Habré, renversé par Idriss Déby en 1990 avec le soutien de Paris. Au début des années 1990 Hifter s’installe tranquillement en Virginie, à moins de dix kilomètre du QG de la CIA à Langley. Aucun des médias qui ont publié des articles à son sujet n’a jugé utile de mentionner ces informations accessibles sur Internet, ni de se demander comment un militaire libyen a pu s’installer et vivre aux USA, alors que la Lybie subissait embargo et représailles militaires à la suite de l’attentat de Lockerbie. Personne ne s’est non plus demandé comment il est arrivé à Benghazi.

    Le cas de Benghazi demande à ce qu’on s’y attarde encore un peu, notamment pour l’implication de la France dans la constitution de la rébellion de membres de la classe en partie au pouvoir. Le 23 mars dernier, Franco Bechis, un droitiste proche de Berlusconi, publie dans son quotidien Libero, un article où il accuse Sarkozy d’avoir orchestré la révolte libyenne. Ce journaliste est connu pour sa démagogie, et il a déjà eu recours à la calomnie et au mensonge face à ses adversaires. Pourtant, dans le cas présent, ses sources sont vérifiées, il s’agit essentiellement de Maghreb Confidential un portail français de dépêches de l’intelligence économique, et de Jeune Afrique. On découvre dans ces sources des publications de l’automne dernier qui constituent des clés intéressantes pour comprendre l’implication française dans la guerre qui a débuté le 19 mars.

    On découvre notamment la fuite d’un homme, Nouri Mesmari, chef du protocole de Kadhafi, réfugié à Paris avec sa famille. Ainsi le 21 octobre, Maghreb Confidential écrit que Mesmari est “présentement à Paris après une escale en Tunisie [sic]. Normalement, Mesmari ne quitte pas son patron d’une semelle, et donc des bruits courent qu’il pourrait avoir rompu ses relations de longue date avec le dirigeant libyen.”

    Maghreb Confidential explique le 18 novembre que Mesmari serait venu au prétexte d’une opération médicale en France, après l’arrivée de sa femme et de sa fille à son hôtel à Paris, “il a été perdu de vue. Mesmari qui voulait prendre sa retraite est l’un des plus proches collaborateurs de Kadhafi et connaît parfaitement tous ses secrets.” À la même date le portail fait état des pourparlers entre opérateurs français et américains du marché du blé, dont des représentants de Cargill et de France export-céréales et les moulins d’État libyens. Cette visite initialement prévue en octobre avait été annulée au prétexte des grèves dans les terminaux pétroliers français. À propos de cette visite Bechis écrit : “sur le papier il s’agit d’une mission commerciale française pour essayer d’obtenir à Benghazi de juteux contrats. Mais dans la délégation se trouvent des militaires français déguisés en hommes d’affaires. À Benghazi ils vont rencontrer Abdallah Gehani, un colonel de l’aviation libyenne.”

    Encore une fois on peut douter de la posture de Bechis, pourtant cette information se révèle crédible quand on la croise avec une autre. La France et la Grande-Bretagne ont signé le 2 novembre 2010 des accords qualifiés de “sans précédent sur la défense et la sécurité” selon le site officiel de l’armée de l’air. Toujours sur le site de l’armée de l’air on peut lire : “L’opération franco-britannique Southern Mistral qui s’inscrit dans le cadre de ces accords devrait se dérouler du 21 au 25 mars 2011 sur plusieurs bases aériennes françaises. À cette occasion les forces françaises et britanniques effectueront des missions aériennes de type COMAO (missions aériennes combinées) et un raid aérien spécifique (Southern Storm) en vue de délivrer une frappe conventionnelle à longue distance.” L’opération a été annulée le 19 mars et s’est transformée en une campagne franco-britannique de bombardement de la Libye.

    Le 28 novembre un mandat d’arrêt international est lancé par la Libye à l’encontre de Mesmari sous la fausse accusation de détournement de fonds. Le lendemain la police française le place en garde à vue, où il fournit de nombreuses informations au renseignement français, notamment sur des contacts de l’opposition tunisienne et sur le potentiel de retournement de dirigeants militaires libyens. Le 9 décembre Maghreb Confidential relate que “craignant pour sa vie, il a demandé l’asile politique aux autorités françaises”. Pendant ce temps en Libye, Kadhafi comprend ce qui se passe, il fait confisquer les passeports de plusieurs fonctionnaires, dont le ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa, qui a fui la semaine dernière à Londres. [re-sic ! ]. Moussa Koussa est lui aussi partisan des réformes ultralibérales en Libye, Libération du mercredi 6 avril indique qu’Obama a levé toutes les poursuites internationales à son encontre, et qu’il collabore étroitement avec Scotland Yard, mais il est évident que sa collaboration avec les Britanniques va plus loin.

    Le 15 décembre la cour d’appel de Versailles fait libérer Mesmari qui vit depuis sous la protection du gouvernement français. Le 23 décembre il reçoit à son hôtel (Concorde Lafayette) Farj Charrani, Fathi Boukhris et All Ounes Mansouri, membres du mouvement anti-Kadhafi du 17 février à Benghazi. Le 27 janvier, Maghreb Confidential écrit : “Le général Aoudh Saati, chef du service de renseignement dans l’Est de la Lybie (Benghazi), une région historiquement rebelle, a reçu l’ordre d’écraser toute manifestation de solidarité avec la révolution tunisienne. […] Plusieurs officiers ont été arrêtés, dont le colonel des forces aériennes Abdallah Gehani”, celui-là même qui avait rencontré les “marchands de blé” du mois de novembre.

    Enfin, c’est de cette ville, Benghazi, que Bernard Henri-Lévy téléphonera à Nicolas Sarkozy en mars, “en tant que citoyen” comme il le dit dans son propre journal Le Monde, pour dit-il, “éviter un horrible massacre”. Il n’expliquera pas comment et pourquoi il est arrivé à Benghazi, et en quoi, juste après l’appel du CNT à l’intervention militaire française, il a joint sa voix à celle de ceux qui ont à plusieurs reprises au cours des mois précédents, été en contact étroit avec les réseaux diplomatiques et de renseignement français.

    La révélation de ces informations, qui plus est par un journaliste proche de Berlusconi, oblige à les analyser au regard de la dégradation des relations entre Paris et Rome sur la question libyenne, cette ancienne colonie italienne.

    En août 2008, à Benghazi, Berlusconi et Kadhafi signaient ensemble un traité de coopération et d’amitié entre leurs deux États. Celui-ci créait une relation commerciale étroite, une politique de contrôle et de chasse aux immigrés conjointe, ainsi que le versement de 5 milliards d’euros au titre de dédommagement des 32 ans d’occupation italienne de la Libye, de 1911 à 1943. En décembre dernier, au sujet de la visite, à la suite des “marchands de blé”, de grandes banques françaises (La Société Générale et le Crédit Agricole), ainsi que de représentants de Thales, Maghreb Confidential analysait : “Les firmes françaises sont déterminées à grimper dans la hiérarchie des partenaires commerciaux de la Libye. L’Italie est actuellement numéro un, avec la Chine arrivant en deuxième position et la France loin derrière au sixième rang.” 80% du pétrole italien est importé, 25% provient de Libye, la multinationale pétrolière italienne ENI bénéficie, grâce à l’accord de 2008 d’accès avantageux au pétrole libyen.

    Par ailleurs, le système bancaire italien a été sauvé du désastre du krach de septembre 2008 (suite à l’effondrement de Lehman Brothers) par un apport en capital du fonds d’investissement public libyen LIA. La LIA a développé sa présence dans l’économie italienne, elle détient 7,5% de la banque Unicredit, 2% du groupe de défense et d’aérospatiale Finmeccanica, des participations dans FIAT et dans d’autres secteurs, comme les clubs de football. Aussi, l’agitation ouvrière et populaire libyenne avait toutes les raisons d’inquiéter Berlusconi, mais la déposition à venir de Kadhafi, et l’intervention militaire d’autres nations, en concurrence économique avec l’Italie, l’ont obligé, au dernier instant (c’est-à-dire le 28 février) à dénoncer son traité d’amitié, et à tenter de prendre la meilleure place possible au sein de la coalition. Le 28 février donc, l’agence de presse ANSA annonce que le Premier ministre italien Franco Frattini a pris contact avec le Conseil national libyen et dénonce le traité d’amitié liant les deux États. Vingt jours plus tard l’espace aérien et les bases italiennes servaient la logistique de la machine de guerre occidentale. La marine italienne et son aviation participe à l’opération, et la flotte mouille en partie au port de Benghazi.

    Mais, et cela n’a pas échappé à la presse française, la tentative franco-anglaise de prendre le leadership des opérations, en lançant la campagne de bombardements sans attendre la coordination des différents états-majors militaires, a agacé Rome, au point qu’il y a une semaine Franco Frattini (ministre des Affaires étrangères) menaçait de fermer son espace aérien aux forces alliées si le commandement n’était pas intégralement transféré à l’OTAN. Cette information a notamment a notamment été relayée par l’agence de conseil en sécurité Stratfor. Une réunion de quarante ministres des Affaires étrangères a aplani provisoirement ces rivalités, présentée dans la presse (Libération et le Monde) comme le sommet de l’après-Kadhafi, comprenez, le découpage du gâteau libyen. Le commandement de la guerre par l’OTAN demeure tout de même américain, puisque le général commandant l’OTAN est l’amiral américain James Stavridis.

    C’est dans ce contexte qu’est paru l’article de Franco Bechis dans le Libero, il révèle la volonté politique d’affaiblir la position de Sarkozy, dont on prétendait montrer dans les médias qu’il était aux yeux des Libyens, le protecteur de leur révolution, entendons plutôt l’acolyte des nouveaux prétendants au pouvoir en Libye. L’information en France s’est retrouvée pour l’instant reléguée sur les sites Internet tel Rue 89 ou WSWS (un site trotskyste), mais à ma connaissance, pas une fois à la une ou dans les colonnes d’un grand quotidien.

    Un autre aspect des rivalités impérialistes autour de la guerre en Lybie concerne la confrontation croissante entre les USA d’un côté et la Chine et la Russie de l’autre. Les Chinois sont depuis dix ans à la conquête des marchés et des ressources sur la planète, particulièrement en Afrique. L’année dernière la Chine importait 11% du brut libyen (150’000 barils par jour), ses entreprises mènent sur place des campagnes de prospection, et une cinquantaine de contrats pour un montant de 18,8 milliards de dollars étaient menacés par la campagne de bombardement selon les déclarations d’un porte-parole du ministère du Commerce chinois le 22 mars. Juste avant l’intervention alliée, au moment où les troupes de Kadhafi reprenaient le pays en main, Pékin annonçait son grand retour en Lybie comme imminent. Au début de l’insurrection, les militaires chinois ont fait évacuer 36’000 de leurs ressortissants qui travaillaient en Lybie à bord d’avions cargos et de bateaux militaires. Présentée dans un premier temps comme une nécessité humanitaire, la présence de la marine de guerre chinoise en Méditerranée est désormais justifiée par le général Ji Mingkui comme une manière de “répondre aux exigences de protection de nos intérêts à l’étranger par d’autres moyens”, c’est-à-dire la guerre.

    Présente massivement en Algérie, au Soudan et au Tchad, la Chine ne semble pas décidée à se laisser damer le pion par les Européens et le militarisme étasunien. La présence militaire américaine dans les pays musulmans (100’000 soldats en Afghanistan, 50’000 en Irak, bombardements quotidiens au Pakistan, verrouillage militaire de la péninsule arabique) et les risques d’une attaque militaire contre l’Iran (prochaine étape selon le quotidien néoconservateur canadien le National Post) ont obligé Pékin à commencer à déployer ses forces militaires autour de ses voies commerciales, et d’une région où la présence militaire américaine est devenue inacceptable pour une puissance économique comme la Chine.

    La Chine, comme la Russie, partagent avec les autres puissances impérialistes le souci de supprimer la vague révolutionnaire du monde arabe, car elles craignent que des troubles prolongés perturbent l’approvisionnement mondial en pétrole, mais aussi ne se propagent à leur propre population. Chaque année en Chine des milliers de soulèvements populaires sont réprimés, sans qu’on en fasse écho dans les médias occidentaux. Mais quand les Américains et leurs alliés ont commencé à parler de faire tomber Kadhafi, c’est-à-dire d’aller au-delà de la résolution 1973 de l’ONU, Chinois et Russes ont commencé à critiquer l’intervention. Ainsi le 22 mars, le People’s Daily, journal officiel du Parti Communiste Chinois, écrivait : “L’expérience historique a montré qu’une intervention humanitaire n’est qu’un prétexte à une intervention militaire dans les affaires intérieures d’un autre pays. Ils affirment être motivés par des raison morales, mais en fait ils sont poussés par des intérêts politiques et économiques étroits.” Bien sûr, cela les dirigeants chinois le savaient bien avant les déclarations alliées sur le changement politique des dirigeants libyens.

    Les derniers jours ont vu poindre ce à quoi il fallait s’attendre, la propagande commence à préparer l’opinion à des opérations terrestres. Les quotidiens français comme le Monde et Libération ont fait plusieurs reportages où ils présentent l’incompétence et la désorganisation des forces “rebelles”, et où les militaires français expliquent que les bombardements ne suffisent pas, notamment lorsque les opérations ont lieu dans les villes. De même le général Édouard Guillot chef d’état-major français prévenait le 26 mars que les opérations allaient durer longtemps : “Je doute que ce soit en jours. Je pense que ce sera en semaines. J’espère que ce ne sera pas en mois.”

    Le service d’information russe RIA a annoncé que les services du renseignement russe ont appris que des préparatifs étaient en cours pour des opérations terrestres des USA et de l’OTAN, et qu’ils pourraient débuter fin avril début mai. Les Russes s’apprêtaient il y a quelques semaines à livrer à la Libye de la DCA de nouvelle génération, des avions de chasse, et qu’un contrat militaire de 2 milliards de dollars était en cours. Fin mars, en visitant une usine de missiles balistiques, Poutine a critiqué l’intervention occidentale et annoncé le doublement de la production de missiles balistiques à partir de 2013.

    La guerre qui vient de débuter en Libye nous rappelle qu’on n’en a pas fini avec le colonialisme, et que la rivalité économique entre puissances capitalistes aboutit toujours à la guerre. L’absence d’opposition à l’agression française en Libye est inacceptable et nous devons tout faire pour que l’information sur les causes et les enjeux de cette guerre soient connus de la population, tout autant qu’il est urgent d’organiser des manifestations pour s’y opposer. Alors que le capitalisme mondial est dans la crise la plus grave de son histoire, que les plans d’austérité se multiplient et entraînent mécontentement et pauvreté, les dirigeants n’hésitent pas à recourir à la violence armée à l’extérieur et à des politiques racistes et liberticides dans leurs territoires. Les classes populaires n’ont aucun intérêt dans cette guerre de capitalistes, pire, les conséquences internationales et intérieures de ce nouveau conflit, c’est elles qui les paieront, comme elles ont déjà payé la faillite du système bancaire. La frénésie guerrière de nos dirigeants nous mène vers la barbarie, et ce ne sont pas les Bernard Henri-Lévy et autres philosophes de bas-étage qui nous feront croire que Sarkozy est devenu soudainement le champion de l’internationalisme et le sauveur des révolutions.

    Nous devons dès aujourd’hui nous rassembler pour dire non à la guerre, non à l’État et à ses laquais politiques, et oui à la coopération pacifique des peuples du monde entier. La fin des dictatures et des guerres, passe par un contrôle populaire des ressources et de leur usage. C’est la seule alternative à la barbarie impérialiste qui une nouvelle fois, n’hésitera pas à nous entraîner dans les souffrances de la guerre, fût-elle mondiale.

    Moulay Siba
    Texte reçu le 6 avril 2011. »

  • informateur-
    • Posté à 23h20 le 06/04/2011
    • Internaute 147312

    la cia aura beau préparer une stratégie , elle ne peux gagner , le maitre de la stratégie de guerre qu’est Sun Tzu .

    kadhafi a déjà gagné , même si vous dites le contraire pourquoi ?

    3.1. Sun Tzu dit : la meilleure stratégie guerrière consiste à prendre le pays de l’ennemi entier et intact ; l’éclater et le détruire n’est pas bon. De même il est préférable de capturer l’armée entière plutôt que de la décimer.
    3.2. Gagner toutes vos batailles n’est par la meilleure chose ; l’excellence suprême consiste à gagner sans combattre.
    3.3. La plus haute forme de commandement consiste à attaquer la stratégie de l’ennemie ; la suivante est d’empêcher la liaison entre les forces de l’ennemi ; la dernière est de livrer bataille contre l’armée ennemie sur le terrain et la plus mauvaise chose à faire est d’assiéger des villes fortifiées.
    3.4. Attaquer les villes fortifiées en dernière extrémité. Il faut au moins trois mois pour préparer les boucliers, les chariots parés pour le combat, les armes nécessaires et l’équipement, et trois mois de plus pour construire des talus le long des murs.
    3.5. Le général fébrile, incapable de contenir son impatience, ordonnera à ses troupes de monter à l’assaut comme des fourmis avec pour conséquences un tiers de perte d’effectif sans résultat victorieux. Voilà l’effet désastreux d’un siège.
    3.6. Un général habile obtient la redissions de l’ennemi sans livrer bataille, il capture les villes ennemie sans siège, il gagne les terres sans longues opérations.
    3.7. Avec ses forces intacts, il s’empare du gouvernement de la nation, et sans déplorer aucune perte son triomphe sera complet. C’est l’art de l’offensive stratégique.

    3.8. Voici les règles d’or de la guerre :
    si vos êtes dix fois plus fort que lui, encerclez-le
    si vous êtes cinq fois plus fort que lui attaquez-le
    si vous êtes deux fois plus nombreux, divisez votre armée en deux

    3.9. Si vous êtes à égalité de force vous pouvez tenter la bataille
    si vous êtes en infériorité essayez d’éviter l’ennemi.
    si vous êtes sensiblement inférieur : fuiez !

    3.10. Vous pouvez continuez à vous battre avec de faibles moyens, mais à la fin la capture sera faite en supériorité numérique.

    3.11. Le général est le rempart de l’Etat ; si cette protection est forte, l’Etat sera fort – si cette protection est faible, l’Etat sera faible.

    3.12. Il y a trois manières d’échouer :
    3.13. 1- En commandant de charger ou battre en retraite alors qu’il est impossible d’obéir. Cela s’appelle le commandement aveugle.
    3.14. 2.En dirigeant l’armée comme on dirige un royaume, ignorant ainsi les conditions et particularités du commandement militaire. Cela entraîne la confusion dans l’esprit des soldats.
    3.15. 3- en n’utilisant pas la bonne personne à la bonne place, cette ignorance du principe militaire de l’adaptation aux circonstances fait perdre la confiance en soit des soldats.
    3.16. Quand l’armée est sans repos et sans confiance, les problèmes arriveront de l’extérieur. Cela amènera l’anarchie dans les rangs et éloignera toute victoire.
    3.17. Et pour être victorieux cinq points sont essentiels :
    A/ Savoir quand il est à propos de combattre, et quand il convient se retirer.
    B/ adapter son attaque aux forces de l’ennemie.
    C/ Animer les rangs d’un même esprit
    D/ Préparer son armée et attaquer l’ennemi qui ne l’est pas
    E/ Libérer le commandement militaire de la gestion du souverain.
    F/ C’est dans ces cinq matières que se trouve la voie de la victoire.

    3.18. Je dis que si tu connais ton ennemi et si tu te connais, tu n’auras pas à craindre le résultat de cent batailles. Si tu te connais toi-même sans connaître ton ennemi tes chances de victoires et de défaites seront égales. Si tu ne connais ni ton ennemi ni toi-même tu perdras toutes les batailles.

    pour l’instant ça marche pour la Libye , il résiste a la guerre impérialiste .

  • emiboot
    emiboot
    No Homs land
    • Posté à 01h06 le 07/04/2011
    • Internaute 81944
      No Homs land

    Merci et bravo à vous

  • nevenoe
    nevenoe
    ONG
    • Posté à 10h37 le 07/04/2011
    • Internaute 95578
      ONG

    Bravo pour l’article de terrain et chapeau bas.

    Sinon les viragos de Dieudonnés sont venues vous rendre visite ? :)

  • R.F.BURTON
    • Posté à 12h23 le 07/04/2011
    • Internaute 140514

    En gros Kadhafi a gagné...

    Ben tout ca pour ca...

  • milymalena
    milymalena
    artiste peintre
    • Posté à 15h01 le 07/04/2011
    • Internaute 138309
      artiste peintre

    bavure, bavure...qu’est ce que çà m’énerve ! ...

    Lien

  • moumin12
    moumin12
    maroc
    • Posté à 20h30 le 07/04/2011
    • Internaute 113113
      maroc

    je crois que la france et l’amerique n’ont pas le choix : elles doivent aider les insurgés a chasser kaddafi ?

    parceque si l’occident se desiste, ça veut dire qu’il est vraiment faible. deux guerres perdues en iraq et afganistan, et une troisieme en libye.

    cela veut dire qu’il est tellement faible, qu’une poignée de mercenaires armés pourraient envahir l’europe.

    Non , l’occident , qui a fait un bon choix en aidant la cause juste des insurgés libyens, ne doit pas s’arreter en milieu de chemin.

    et cette credibilité recompensera tres bien l’occident .

  • kersablen
    kersablen
    retraité
    • Posté à 11h46 le 08/04/2011
    • Internaute 120772
      retraité

    C’ est rigolo que rue 89 devienne le porte parole des « jeunes francais “ du service action de l’ex DST . La France intervient militairement dans 3 pays en Afrique, quelques soient les résultats des combats, une partie des populations pensera que tout Francais présent sur leur sol est complice des exactions commises et devra en répondre .

  • kersablen
    kersablen
    retraité
    • Posté à 11h58 le 08/04/2011
    • Internaute 120772
      retraité

    Je me suis rendu sur le site de « En route “ Il est évident que les auteurs sont des professionels, disposant d’ un budjet et de moyens implortants. Par quels services sont-ils rétribués - C’ est rigolo que rue 89 devienne le porte parole des ‘ jeunes francais du service action de l’ex DST . La France intervient militairement dans 3 pays en Afrique, quelques soient les résultats des combats, une partie des populations pensera que tout Francais présent sur leur sol est complice des exactions commises et devra en répondre .