TRIBUNE 03/04/2011 à 10h35

Sexe et violence, ces informulés du racisme que le FN manipule



Les scores élyséens de Marine Le Pen doivent être combattus dans le jardin secret de l’extrême droite : le racisme physique, un non-dit qui inhibe tous les débats sur l’immigration.

Le procès d’Eric Zemmour et les sondages favorables à Marine Le Pen ont remis en selle notre plus vieil ennemi, cette chose qui paraît-il sommeille dans un cerveau que les neurologues qualifient de reptilien, appelons-le reptile cervical.

De quoi s’agit-il ? C’est un animal que tous les Français issus de l’immigration connaissent parfaitement car ils l’ont rencontré dans les cours d’école ou à l’entrée des boîtes de nuit. En marge des passes d’armes sur la compatibilité de l’islam avec la laïcité, le reptile tortille ses anneaux dans l’ombre et prospère dans les sources véritables de la haine raciste : la crainte physique, la violence, le sexe et l’humiliation.

Les Noirs ont une odeur spéciale, les Arabes sont violents

Quels sont les impensés de cette montée de l’extrême droite qui tétanise nos instituts de sondages ? Les informulés du racisme, ces choses que l’on cache comme indignes de figurer dans le débat, nous les connaissons tous : les Noirs ont une odeur spéciale, les Arabes sont violents par nature, globalement l’Africain est « physique », ses capacités intellectuelles se déploient idéalement sur un terrain de football.

Récemment, une chaîne de télé nous a gratifié de 120 mn d’« enquête exclusive » sur la communauté africaine en France. Vous savez... les Noirs. Les coiffeurs mafieux du Xe arrondissement, les miss black qui s’affrontent lors de joutes obscures et, pour finir, les prostituées du Ghana qui officient dans le XVIIIe arrondissement. Un grand moment de fierté pour la négritude.

Le reptile cervical est à la manœuvre dans notre subconscient, il se délecte de notre actualité identitaire. Emeutes des banlieues, élection d’Obama, révoltes aux Antilles, débat sur l’identité nationale... Comme un cousin éloigné du Belzébuth qui venait chatouiller les bigotes, il s’invite au détour d’un regard furtif, d’une émotion soudaine ou d’une frayeur incontrôlée.

Marine Le Pen et la caverne des brigands

A ce jeu, Marine Le Pen est forcément gagnante. Son refuge, c’est la caverne des brigands, la peur de l’autre matérialisée par le dégoût ou l’obnubilation, l’idée que les Noirs et les Arabes sont inassimilables parce que nos quatre sens les perçoivent comme différents.

Les penseurs de la droite extrême ont compris que le « racialisme » – c’est le terme consacré – a tout intérêt à rester un non-dit au service de la petite entreprise des vrais Francais. La dimension physique du racisme est un sujet tabou.

Nos bons militants de gauche, naguère conquis par Mandela, aujourd’hui séduits par Obama, refusent le combat. Ils ne voient rien, n’entendent rien, craignent de devoir sonder l’esprit de nos compatriotes lorsqu’une jeune fille catholique de bonne famille est assassinée par un psychopathe noir dans le RER après une tentative de viol.

La caverne des brigands est un lieu interdit à l’antiraciste militant. Vouloir s’y engouffrer revient à jouer les passagers d’un train fantôme où des spectres viennent vous tirer les cheveux. Tout fonctionne comme si l’universalisme de nos aïeux nous enfermait aujourd’hui dans un légalisme benêt qui nous fait agiter la condamnation d’Eric Zemmour comme un talisman ridicule.

Le racisme anti-Blanc, la réponse spontanée des victimes

Le pire, c’est l’émergence d’un racisme symétrique, le fameux racisme anti-Blanc qui lui aussi prospère sur les non-dits. Oui, le racisme anti-Blanc est un véritable racisme, authentique. Comme l’autre, il puise aux sources du machisme débridé, au fantasme de virilité exacerbé par la frustration.

Le racisme anti-Blanc n’est pas une invention de l’extrême droite, il est la réponse spontanée des victimes, exprimée sur le terrain de l’adversaire, avec tout son appareillage ignoble. Il surgit dans une cour d’école, ou un couloir de métro à l’encontre d’un petit Blanc, considéré comme faible ou efféminé. Le sexe et la violence, encore et toujours...

Frantz Fanon en son temps a pressenti tout l’intérêt de la psychanalyse pour appréhender la haine raciale. La société antillaise et son substrat esclavagiste marqués par une ritualisation du viol et de la soumission lui a servi de terrain expérimental. Notre belle France, patrie de Jacques Lacan, aurait dû poursuivre dans cette voie afin de nous débarrasser de nos pudibonderies ethniques.

Le métissage comme outil de reconquête

Comment lutter contre le reptile cervical ? C’est tout simple, il faut proposer à Marine Le Pen un gendre Dioula, un petit-fils aux traits wolofs, le mélange de son ADN celtique avec celui d’un descendant des montagnards kabyles.

Au-delà des sentiments personnels de la fille, c’est au legs ontologique du père que l’on s’adresse. Tout ou partie de la crédibilité de Jean-Marie fut édifiée sur sa capacité à évoquer constamment cette dimension physique du racisme, bannie de l’espace politique officiel. Sur ce terrain, il fut le roi, et la fille n’a pas renoncé à cet héritage.

Peine de mort, prison, reconduction aux frontières par des moyens militaires, mais surtout hantise de la mixité. Le cœur du sujet reste celui-là. Pour attaquer la droite extrême dans son bastion le plus cadenassé, il faut mettre les pieds dans le plat : de quoi a-t-elle peur, sinon de voir ses enfants en faire d’autres avec les Bougnoules ?

Le fond de l’affaire, c’est la phobie du mélange. C’est d’ailleurs une question qu’il faut savoir poser aussi aux communautaristes de l’autre bord. Notre performance mondiale en matière de mariages mixtes, évoquée du bout des lèvres par quelques intellectuels, doit devenir le cœur de la rhétorique anti-raciste. Il est le seul argument qui porte le fer dans la plaie.

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  • cthulhu22
    cthulhu22
    Consultant
    • Posté à 10h49 le 03/04/2011
    • Internaute 107322
      Consultant

    « Le racisme anti-Blanc n’est pas une invention de l’extrême droite, il est la réponse spontanée des victimes »

    Donc si je comprend bien : les racistes anti-blancs n’existent qu’à cause des méchants blancs qui sont eux même racistes ?
    Pourquoi ne pas dire qu’ils sont aussi cons que les autres ?

  • pastisglacon-
    pastisglacon-
    instit
    • Posté à 15h03 le 03/04/2011
    • Internaute 130677
      instit

    L’homme métisse serait donc meilleur que l’homme blanc, que l’homme noir, et l’homme asiatique ? Sur quelle base scientifique est fondée cette théorie eugéniste ? L’auteur de l’article est-il au moins au courant que les propos eugénistes sont condamnés par la loi ?

  • -Roger-
    -Roger-
    Pouet
    • Posté à 15h19 le 03/04/2011
    • Internaute 122773
      Pouet

    Encore un article démago-pathétique et complètement à côté de la plaque...

    Un débat sur la laïcité, et même sur le rôle de l’islam en France, n’est pas forcément synonyme de racisme.

    En l’occurence le débat voulu par Sarkozy est à vocation électorialiste.

    Ce qui aurait été bien est qu’il soit organisé par des gens de gauche que l’on aurait pas pu taxer de racisme, comme ça il n’y aurait pas eu polémique.

    Pour le reste vous êtes de ceux qui pour moi contribuez à la montée du FN, ceux qui posent sans cesse les Français en bourreaux de leurs immigrés, et trouvent toujours des excuses à ceux parmi ces immigrés qui ont un comportement inacceptable.

    Vous êtes finalement le type de personne même qui a fait et continue de faire la campagne du FN...

  • D-503
    D-503
    U topos
    • Posté à 15h37 le 03/04/2011
    • Internaute 116654
      U topos

    Texte un peu étrange parce que je ne comprends pas trop où il veut en venir...
    Mais texte qui semble illustrer à l’envie les commentaires des paranos de l’immigration : la teneur de leur fiel tourne très souvent autour du sexe, de la domination virile, la peur de la dénatalité, etc.

    Par contre, cette histoire de métissage est d’une bêtise crasse : pour qu’il y ait métissage, il faudrait qu’il y ait, avant le « mélange », deux races « pures ». Bref, la notion de métissage entérine, sans en avoir réellement conscience, la vision racialisée du monde.
    Il faut affirmer et réaffirmer qu’il n’y a pas métissage puisque celui-ci est dores et déjà là, que la culture est co-construction (comme les identités nationales) et que les races sont des mythes mortifères.

  • clausius
    clausius répond à Innsa
    • Posté à 16h41 le 03/04/2011
    • Internaute 24442

    C’est quoi l’intérêt de ce propos ? De dire que les descendants du groupe qui a compté des personnes ayant fait subir de mauvaises choses à certaines personnes d’un autre groupe doivent se laisser détester aujourd’hui par certaines personnes de ce dernier groupe ?
    J’ai un nom roturier. Les roturiers, dans des temps anciens, étaient pour beaucoup d’entre eux en servage au service des nobles. Cela veut il dire qu’aujourd’hui, des petits roturiers pourraient insulter et menacer des enfants s’appelant « de machin » en salle de classe sans qu’on doivent réagir ?
    On pourrait sortir beaucoup d’exemples comme ça...