Côte d'Ivoire : Laurent Gbagbo « n'en sortira pas vivant »
Dans la nuit de jeudi à vendredi, des tirs, à l’arme lourde, ont été entendus vers la résidence de Laurent Gbagbo. Selon Jeune Afrique, le président ivoirien autoproclamé aurait « fui avec des proches vers une destination inconnue ». Après avoir traversé le pays ces derniers jours, les partisans d’Alassane Ouattara, considéré par la communauté internationale comme le Président légitime de Côte d’Ivoire, ont réussi à franchir les barrages tenus par des jeunes pro-Gbagbo et à entrer dans le quartier de Cocody, au nord d’Abidjan, où se trouvent les lieux de pouvoir.
La télévision d’Etat, située également à Cocody, a cessé d’émettre dans la soirée : les forces de Ouattara affirment en avoir pris le contrôle.
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19h55. Ahoua Don Mello a déclaré à l’AFP que les forces de Laurent Gbagbo ont repoussé une offensive menée par les pro-Ouattara sur le palais présidentiel.
19h35. Selon Ahoua Don Mello, le porte-parole du
gouvernement Gbagbo, Laurent Gbagbo « est à sa résidence avec toute la famille réunie ». Il dément ainsi les
informations selon lesquelles l’ex-président aurait fui sa résidence pour le palais
présidentiel.
19h15. La France appelle Laurent Gbagbo à « se retirer immédiatement » et à « faire cesser les violences ». Paris demande aussi à toutes les forces en présence de respecter la sécurité des civils.
19 heures. Des responsables français ont confirmé à l’AFP que Laurent Gbagbo serait toujours à Abidjan, probablement dans sa résidence de Cocody.
18h45. Un médecin employé dans un hôpital d’Abidjan et interrogé par la BBC alerte que l’établissement n’a pas assez de médicaments pour soigner tous les blessés et que toutes les pharmacies sont fermées. Elle ajoute :
« Nous avons vu plus de civils blessés injuriés que de soldats. »
18h10. L’AFP a annoncé qu’un professeur de français a été tué par balle à
Yamoussoukro, capitale de la Côte d’Ivoire :
« Ce professeur a été assassiné dans la nuit de jeudi à vendredi dans sa
chambre d’hôtel. On ne sait pas si
c’est lié aux combats ou s’il s’agit d’une affaire crapuleuse. »
17h50. Andrew Harding, correspondant de la BBC en Côte d’Ivoire, a annoncé s’être entretenu avec Charles Blé Goudé, chef des Jeunes patriotes, militants pro-Gbagbo.
« Il n’a pas l’intention d’abdiquer ou d’abandonner son pouvoir. Dans les prochaines heures, il dévoilera des propositions pour l’opposition armée. »
17h38. Baka Yako, journaliste au quotidien Nord-Sud, proche de Ouattara, décrit au téléphone l’ambiance à Abidjan :
« Aujourd’hui c’est une ville morte, il n’y a aucune population dans les rues, on entend que le bruit des canons, les armes lourdes qui tonnent. »
17h15. Hamed Bakayoko, ministre ivoirien de l’Intérieur, a annoncé la réouverture des frontières aériennes. Les frontières maritimes et terrestres restent cependant fermées jusqu’à nouvel ordre.
16h50. Le ministre des finances d’Afrique du Sud, Pravin Gordhan, a annoncé que le pays allait suivre une résolution des Nations Unis en gelant les avoirs détenus par Laurent Gbagbo et ses associés.
16h40. Joint par téléphone par France 24, un Français expatrié à Abidjan affirme que les 50 militaires présents sur place et qui doivent assurer la sécurité des expatriés sont « complètement débordés. Selonj lui, les Français sont “livrés à eux-même”.
L’homme explique aussi que de nombreuses boutiques de la ville ont été pillées et brûlées.
16h35. Sur twitter, Ceshod prévient : “Grande pagaille à Abidjan, de nombreux magasins pillés, incendiés,ds
jeunes armés tirent à coups de kalash , habitants traumatisés.”
15h55. Reporters sans frontières met en garde le public contre les rumeurs et la désinformation sur le conflit. L’organisation donne en exemple le dernier post du blog de Laurent Gbagbo – diffusé le premier avril à 5 heures – qui assure que tout va bien pour le Président sortant :
“Tout décontracté, le chef de l’Etat était entouré de ses
collaborateurs, connaissances et des membres de sa famille.
Le Président échangeait dans la bonne humeur avec les uns et les autres.
Alors que la presse dite internationale se délectait de catastrophisme
sur son pouvoir.”
RSF remarque que le contrôle de l’information est un enjeu pour chaque partie, la prise de contrôle de la radio-télévision ivoirienne (RTI) la nuit passée en étant le dernier exemple.
15h30. Guy Labertit, ancien responsable du PS et proche de Laurent Gbagbo, a révélé à l’AFP qu’il ne pense pas que l’ex-président
ivoirien démissionne ou parte en exil :
“Il n’en sortira pas vivant.”
Selon lui, l’ex-Président continue de penser
qu’“il n’a pas perdu les élections”. Il a ajouté que son épouse, Simone
Gbagbo, est toujours à ses côtés.
15h20. Antoine Glaser, spécialiste de l’Afrique, explique au Figaro pourquoi les forces de Ouattara n’ont eu aucun mal à descendre vers le sud du pays :
“Avant que le top départ ne soit lancé, certains pays de la région, comme le Burkina Faso ou le Nigeria, ont probablement contribué à armer et à entraîner les ex-rebelles, qui sont équipés de neuf.
Il est également vraisemblable que des conseillers militaires français et américains aient participé à la conception de cette opération, laquelle répond à l’évidence à un ordre de marche très précis.”
12h50. Sidiki Konaté, porte-parole d’Alassane Ouattara, est déterminé à en découdre avec Laurent Gbagbo. Dans une interview accordée à RFI, il affirme :
“Il est clair qu’une chasse à l’homme sera organisée par toutes les forces, tous les éléments sur le terrain pour capturer Monsieur Gbagbo Laurent et toutes les bandes de miliciens et de soldats qui continuent de se battre pour lui.”
12h45. Human Rights Watch a déclaré hier qu’au moins 37 immigrés ouest-africains ont été massacrés par des mercenaires pro-Gbagbo. Depuis plusieurs mois, les étrangers africains installés en Côte d’Ivoire reçoivent des menaces du clan Gbagbo.
12h40. Selon Reuters, le Haut commissariat aux droits de l’homme des Nations unies (HCR) a exhorté Alassane Ouattara à contrôler ses troupes en Côte
d’Ivoire. Des informations (non confirmées) au sujet d’enlèvements et de civils maltraités circulent.
Il a également cité des rapports faisant état de massacres perpétrés par les forces pro-Gbagbo, et rappelé que les deux camps pourraient être poursuivis pour crimes de guerre.
12h30. L’Union africaine a pressé Laurent Gbagbo de se retirer immédiatement au profit d’Alassane Ouattara, a déclaré l’AFP.
12h10. Le correspondant de la BBC Mike Wooldridge explique ce qui selon lui a permis au clan Ouattara de revigorer ses forces. Selon lui, il a pris “la décision de s’engager dans une campagne militaire conventionnelle en commandant aux soldats entraînés du nord de la Côte d’Ivoire de prendre les territoires du sud du pays qui sont sous le contrôle de Gbagbo”.
Conjuguée à la dislocation des soutiens de Gbagbo, Ouattara a regagné des forces.
12h05. Patrick Achi, un porte-parole d’Alassane Ouattara, a déclaré à la BBC que plus aucune offre n’est faite à Gbagbo pour qu’il se retire dans le calme :
“Je suppose que nous avons épuisé toutes les discussions et les négociations pacifiques. Cela fait plus de quatre mois que nous discutons, on lui a donc donné quatre mois pour qu’il parte sans violence.”
11h50. Les forces de Ouattara contrôleraient 80% du territoire ivoirien.
11h32. Interrogé par France 24, Salvatore Saguès, chercheur pour Amnesty international, souligne la nécessité “d’une aide humanitaire d’urgence” :
“Il ne faut pas oublier que des centaines de milliers de personnes sont déplacées dans le pays” à cause du conflit. “Ces personnes n’ont absolument rien, ni nourriture, ni soin.”
11h20. L’AFP annonce qu’un “panache de fumée” est visible près du palais présidentiel, à Abidjan.
11h10. Selon Toussaint Alain, porte-parole de Laurent Gbagbo en Europe, le président sortant n’a “pas l’intention d’abdiquer ou de se rendre”. Il serait “en territoire ivoirien”.
11 heures. Selon l’AFP, une Suédoise employée à l’ONU a été tuée jeudi soir à Abidjan, “probablement par une balle perdue”.
10h55. Depuis 2 heures du matin, les combats intenses se poursuivent à Port-Bouë, autour de la résidence de Laurent Gbagbo et du palais présidentiel. Sur Twitter, les habitants du quartier évoquent des pillages.
10h40. Depuis jeudi soir, 500 étrangers ont été accueillis au camp de Port-Bouë des forces françaises à Abidjan.
2h15. Le chef d’état-major de l’armée ivoirienne, Philippe Mangou (photo) a abandonné Laurent Gbagbo et s’est réfugié à l’ambassade d’Afrique du Sud.
Alassane Ouattara a retrouvé la liberté de ses mouvements : le blocus autour de l’hôtel du Golf, où il réside, a été levé. Le président élu ivoirien a décrété le couvre feu jusqu’à dimanche ainsi que la fermeture des frontières. L’Onuci a pris le contrôle de l’aéroport d’Abidjan.
Avant l’assaut contre sa résidence, plusieurs appels ont été lancés à Gbagbo pour qu’il démissionne, mais sans succès. Les combats ont été déclenchés après la fin d’un ultimatum lancé par Guillaume Soro, Premier ministre de Ouattara, à Laurent Gbagbo pour qu’il se rende sans résistance. Soro, qui est aussi l’ancien Premier ministre du Président sortant assiégé, était interviewé par Europe 1 jeudi soir :
“Puisqu’il a refusé de céder pacifiquement le pouvoir, ce qui était la condition pour qu’on lui donne l’amnistie, qu’il a fait tuer 1 000 personnes et qu’il continue à résister – alors que tout est évident, que ses forces armées ont été vaincues – écoutez, on ne peut pas non plus célébrer l’impunité.” (Ecouter l’interview)
Avant que la télévision RTI ne cesse d’émettre, voici, selon Abidjan.net, les images qu’elle avait diffusées à 20h34 : on y voit Laurent Gbagbo en train de deviser et de rire avec des amis... (Voir la vidéo)
Les organisations humanitaires, comme Amnesty International, craignent que la victoire des forces de Ouattara ne s’accompagne de massacres dans l’ensemble du pays, en représailles à la résistance des partisans de Gbagbo.
Photo : Philippe Mangou à Yamoussoukro, le 17 février 2010 (Luc Gnago/Reuters).
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Gabriel Nadeau-Dubois talentueux porte-parole des étudiants québécois 








non connue
non connue
Il a fallu que l’ambassadeur de France se fasse tirer dessus pour voir Gbagbo se faire déraciner de son siège présidentiel ?




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