Côte d'Ivoire : le régime de la « voyoucratie » selon Obama
Le président américain Barack Obama accuse le président Laurent Gbagbo de se servir de « voyous » pour se maintenir au pouvoir. Ils sont en effet nombreux ces vagabonds – sens littéral de voyou dans le dictionnaire Hachette – qui tournoient autour des institutions ivoiriennes. Avec un casier judiciaire bien fourni. Citons pêle-mêle :
- Paul Yao Ndré, l’homme qui a dit non. Le juriste ivoirien le plus doué de sa génération, agrégé en droit constitutionnel et président du conseil constitutionnel ivoirien.
- Gilbert Marie N’Gbo Aké, intellectuel reconnu, doyen honoraire de l’université d’Abidjan et premier ministre ivoirien.
- Jacqueline Lohouès Oble, la première femme agrégée de droit privé en Afrique subsaharienne, ministre de l’Education.
Les 26 et 27 mars, dans un autre registre, près d’un million de « voyous » bravaient la guérilla urbaine et envahissaient la place de la République pour réitérer leur soutien à leur Président. Plusieurs milliers d’entre eux sont même prêts à s’enrôler dans l’armée pour la défense des institutions ivoiriennes.
Répondant ainsi à l’appel de Charles Blé Goudé qui, s’il était Français pendant la Collaboration, aurait mérité de la France libre et du général de Gaulle le titre d’officier de la Légion d’honneur. En Côte d’Ivoire, le ministre de la Jeunesse figure sur toutes les listes américano-européennes sanctionnant les obstacles à la paix.
De nombreux intellectuels africains se retrouvent également parmi ces « délinquants ». Tierno Monénembo, Calixte Beyala, Gaston Kelman, Pierre Sané, etc. ont tous dit non à « la recolonisation de l’Afrique ».
Sont-ils tous ces « voyous » que cite Obama et qui permettent à Laurent Gbagbo de se maintenir au pouvoir ? En réalité, le voyou - selon Hachette- est un individu louche, vivant en marge des lois. Et en Côte d’Ivoire, de la tentative de renversement de l’ordre légal aux résultats du scrutin présidentiel de 2010 – sans oublier Marcoussis – la « voyoucratie » n’a qu’une seule obsession, rester en marge de la loi suprême ivoirienne.
Une démocratie à l’odeur de souffre
Cette puissante pensée politique impose aux pays pauvres une démocratie à l’odeur de souffre. Une démocratie où la défense des intérêts nationaux habille habilement les droits de l’homme. Une « pétrocratie » où, comme en Irak et en Libye, de « généreux bienfaiteurs » désintéressés larguent bombes et armes pour redonner le sourire aux populations martyrisées.
En Côte d’Ivoire, dans le silence de la presse bien pensante, l’Onuci et les forces françaises appuient les forces rebelles. Une vaste offensive militaire d’est en ouest a déjà fait basculer dans la rébellion les villes de Bondoukou, Duékoué, Daloa et Tiébissou.
Pendant ce temps, aux Nations unies, la France manœuvre pour interdire à l’armée ivoirienne le droit à la légitime défense. La faillite morale est à son paroxysme. L’injustice répétée, le désespoir et la colère conduisent, jour après jour, de nombreux Ivoiriens vers l’extrémisme.
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fonctionnaire
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Tristesse, tristesse ...
Etre un intellectuel n’autorise pas à dire n’importe quoi par esprit partisan, surtout pas des énormités.
Juste un exemple : faire le rapprochement entre l’occupation allemande en France pendant la seconde guerre mondiale et la situation ivoirienne. Outre le fait que la Côte d’Ivoire n’est pas occupée, il faudrait peut être ne pas oublier que ni l’ONUCI ni la Licorne ne s’illustrent comme les SS le firent à Oradour (sur Glane, pour votre information il y a plusieurs Oradour). C’est assez désagréable de lire ce genre de stupidité qui fait insulte aux victimes des nazis à l’époque, surtout que lorsqu’on lit les discours du « héros » Blé Goudé, franchement ça se rapproche plus de la propagande nazie que des actions de la France Libre. Laissez donc la Résistance en dehors de cette affaire, elle ne vous a rien demandé.
Ensuite, double tristesse : oui l’Afrique a manqué le virage des Etats-Unis d’Afrique, oui l’Occident ne lui a pas fait de cadeau (au passage arrêtez de focaliser sur le colonisateur, ses plus grands groupes ont été les plus importants partenaires économiques du régime Gbagbo pendant 10 ans et auraient volontiers continué ainsi ! Et le colonisateur est devenu un nain à l’échelle de la politique internationale), oui l’idéologie affichée au départ par Laurent était intéressante.
MAIS ...
Comme disait un de ses proches fidèles, « on l’a assis dans le fauteuil, il n’a qu’à manger et dormir, nous on dirige ». C’était en 2001. Il a laissé faire, et malheureusement oui, des voyous ont cassé le rêve en détournant plus en 1 an et demi que Bédié en 5 ans ! ! ! ! ! Grosse bêtise qui a ouvert la voie à la pagaille, quand on assèche le marigot on irrite les éléphants.
Il n’a qu’à s’en prendre qu’à lui même, il ne devait pas laisser faire. Mais non seulement il a laissé faire, en plus aujourd’hui sa fortune personnelle et celle de sa femme sont à elles seules des raisons suffisantes pour exciter n’importe quel idéologue épris de justice.
Au résultat, au lieu de rentrer dans l’histoire comme un Lumumba à la mémoire duquel il fait la pire insulte qui puisse être, il restera l’un de ces despotes pitoyables qui ont détruit leur pays par avidité et aveuglement. Bon nombre d’intellectuels de valeur ont été soit trop aveugles, soit eux même trop avides (chacun choisira son camp), et ont sali leur nom à ses côtés, dommage pour eux.
Mais en l’occurrence, le Président américain a bien eu les mots justes.
Espérons que les leçons en seront tirées un jour. Mais en attendant, ce n’est certainement pas aider la cause de l’Afrique face aux puissances mondialistes que de défendre le pire surtout avec des arguments pareils.
PS : tout ceci étant dit sans la moindre illusion sur le nouveau « Président Internationalement Reconnu », ses accointances avec les grands groupes financiers, etc etc etc, parfois hélas le choix doit être fait entre peste et choléra.
Tristesse, tristesse ... Thomas Sankara, puisses tu revenir d’entre les morts ! ! !




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