A la une 29/03/2011 à 12h50

Fillon, Baroin et Copé dans le « Loft » en feu de l'UMP

Mathieu Deslandes | Journaliste Rue89

L’UMP ressemble à une télé-réalité en fin de course, lorsque la formation des clans pourrit l’ambiance, que les candidats se succèdent au « confessionnal » pour balancer sur leurs petits camarades, ayant tout oublié de leur joie passée à faire la chenille en play-back sur « Tous ceux qui veulent changer le monde ».

Ce mardi matin, le député des Yvelines Etienne Pinte s’est offert une tournée de studios audiovisuels pour inviter Jean-François Copé, le patron de l’UMP, à démissionner « s’il n’est pas d’accord avec le Premier ministre ».

« Proche de François Fillon “ n’était pas écrit sur le front de Pinte, mais c’est en cette qualité qu’il était invité. Prouesse : il a transformé un désaccord idéologique, doublé d’une rivalité personnelle, en problème institutionnel :

‘Jamais, sous la Ve République, un secrétaire général d’un mouvement ne s’est attaqué de façon si violente et brutale à un chef de gouvernement.’

L’attaque a eu lieu lundi soir, dans ‘Le Grand Journal’ de Canal+. Invité à commenter les résultats des élections cantonales, Copé a reproché à Fillon de ne pas ‘jouer collectif’ et d’avoir emprunté à bon compte ‘une posture’ en déclarant qu’il s’opposerait à un débat centré sur l’islam. (Voir la vidéo)

Pour Copé, Fillon fait semblant d’avoir mal compris qu’il s’agira en réalité d’un ‘grand et beau débat sur la laïcité’.

Dans sa sortie contre les poseurs et les diviseurs, Copé vise aussi, sans le nommer, François Baroin, qu’il trouve tout aussi faux-cul.

François Baroin : le porte-parole se rebiffe

Lundi matin, le porte-parole (et Barry White, pour sa voix) du gouvernement avait estimé sur France Info qu’il fallait ‘certainement mettre un terme’ à ces débats sur l’islam et/ou la laïcité. Copé ne s’est pas gêné pour rappeler que le ministre du Budget était avec lui à l’origine de ce projet. Sommé de revenir sur ses déclarations, le chiraquien ne s’est pas soumis.

Dans notre ersatz de production Endemol, on se retrouve donc avec deux clans qui se déchirent, ultimes incarnations des deux grandes familles de la droite française :

  • celui des ‘On est de droite, des durs, regardez comme on transpire la testostérone, on ne va pas laisser Marine Le Pen nous faire passer pour des mous’, avec Patrick Buisson pour théoricien, Jean-François Copé comme meneur apparent, encouragé dans cette direction par Nicolas Sarkozy et les libéraux ;
  • celui des ‘On est de droite, des vrais, mais on se calme et on boit frais à Saint-Tropez, on a des valeurs, bordel’, position adoptée par nombre de gaullistes revendiqués, dont les fidèles de Fillon, de plus en plus concurrencé dans le rôle du gourou modéré par Jean-Louis Borloo, le patron des Radicaux.

Même s’il a obtenu gain de cause sur la déchéance de nationalité (ce que les durs ne lui pardonnent pas), ce deuxième clan a un peu de mal à se regarder dans la glace depuis :

Il considère, comme l’ex-ministre Christian Estrosi ce mardi matin sur France Inter, que :

‘Ce qui préoccupe les Français, c’est pas un débat sur la laïcité ou sur l’islam tous les matins, c’est d’apporter des réponses en matière de pouvoir d’achat, c’est de réduire les inégalités entre les hauts et les faibles revenus...’

Pour le moment, les ‘durs’ tiennent les rênes du parti

Le premier clan considère au contraire que c’est cette posture très droitière qui lui a permis d’éviter la casse et qui est sa seule chance de l’emporter en 2012 en parvenant à attirer, comme en 2007, des électeurs du Front national.

Pour l’instant, les ‘durs’ tiennent les rênes du parti présidentiel. Le clan des ‘valeurs’ parviendra-t-il à peser sur sa ligne politique ? Ou préfèrera-t-il s’exprimer sous une autre bannière ? Lundi, devant les cadres de la majorité réunis à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a averti :

‘Ceux qui voudraient mettre en cause l’unité de notre famille ne le feront pas avec notre complicité.’

Preuve qu’il est bien conscient du risque d’implosion de l’UMP.


Dessin de Chimulus

Dessin de Chimulus

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  • A déménagé le 16-01-2012
    • Posté à 17h16 le 29/03/2011
    • Internaute 30191
      non connue

    Et cet après midi c’est le secrétaire adjoint de l’UMP qui s’y colle (je ne sais même pas son nom...ce n’est pas grave) ; donc l’Union à Moitié Populaire désormais ; téléréalité,ou opérette (Les cloches de Corneville.cela me plairait bien)Et pdt ce temps les affaires courantes en sont où ? chomage,pouvoir d’achat,tout ce qui rend la vie des gens de plus en plus insupportable,cela interpelle qqun au gouvernement ? la dette qui s’est creusée comme jamais,les hopitaux qui ne peuvent plus payer leur personnel ,et coetera.
    Tiens au Japon certains commencent à réclamer la nationalisation des centrales nucléaires.c’est un vrai débat,par exemple.

    Est ce défendu de rire devant les spots qui se sont faufilés depuis qques temps sur nos écrans : branchez vous être marin.fr,la marine recrute ! ! ! ! ce n’est pas une blague et on y voit de vaillants soldats jouer à la gueguerre aeronavale

  • jivé13
    jivé13 répond à spartak
    salarié comme plus de 90%des (...)
    • Posté à 17h17 le 29/03/2011
    • Internaute 52558
      salarié comme plus de 90%des (...)

    Moi aussi, j’ai trouvé que pour une fois sur la Rue, un journaliste faisait l’effort de revenir aux fondamentaux de la sociologie politique.
    Effectivement il y a 2 droites : la « libérale » et la « gaulliste » pour faire simple.
    Mais apparemment, Mathieu est jeune et n’ose plus , ou ne veut plus se servir des fondamentaux sur les rapports de force qui traversent le capitalisme et qui permettent de mieux comprendre les jeux de Copé, Sarko, Fillon et autres.
    Avant la révolution néolibérale anglosaxonne des années 80, en France, c’était assez clair : Le RPR était jacobin, étatiste et était financé par les gros industriels.L’UDF était libérale, européenne et déjà soutenue par les milieux financiers.
    Mais le puissant mouvement néolibéral venu des USA a provoqué des reclassements idéologiques à l’intérieur des deux droites.
    C’est ainsi que le « parrain “politique des banquiers et de la financiarisation de l’économiie a été un RPR, Edouard Balladur.
    En1995 ce sont 2 RPR qui se sont affrontés en représentant 2 conceptions (2 visages) différent(e)s du capitalisme.
    Dans les 10 années qui ont suivi, sans doute à cause de ‘l’immobilisme’ de Chirac à l’Elysée, et de la poussée de la mondialisation libérale, la droite ‘gaulliste’ a perdu du terrain au profit des libéraux.
    La création du Parti unique, l’UMP, surtout quand Sarkozy a succédé au malheureux Juppé, a consacré la prééminence à droite de l’idéologie libérale et néolibérale et le rôle majeur joué par l’oligarchie financière, incarnée par des hommes comme Bébéar, Pébereau, et autres.
    2007 fut la première occasion sous le Cinquième République, de développer sans frein une politique économique franchement libérale faisant la part plus que belle au capitalisme financier et à ses méthodes bien connues maintenant.
    Il a fallu bien sûr toute la ‘science’ de notre bonimenteur préféré pour gagner l’élection (et l’inexistance de la gauche...).
    Pendant les 3 premières années,(en gros fin 2009), tant que l’opposition restait inaudible, le bloc UMP a serré les coudes autour de Sarko, même si son comportement était souvent inquiétant pour les plus lucides.
    Le trio de tête faisait le job souhaité par les oligarques financiers : Sarko à la manoeuvre, Fillon préparant les lois et Copé les faisant voter à l’Assemblée.
    Après les municipales et les régionales, ces cantonales ont été la goutte de trop. Face à la réalité brutale de la désaffection des français pour le régime d’amaigrissement qu’on impose à leur France, de plus en plus d’élus de droite rejèttent Sarkozy.
    Et c’est à partir de maintenant que plus personne ne comprend rien.
    Pourtant le rapport de force est toujours le même, et après la crise financière de 2008, les banquiers se sont refaits et continuent de tirer les ficelles politiques.
    Après Balladur (échec) et Sarkozy (succès), leur prochain protégé est déjà choisi, c’est JF Copé qui a fort opportunément pris le commandement de l’UMP (comme Sarko avant).
    On peut toujours, comme certains, croire que l’oligarchie financière va lâcher l’affaire en poussant DSK pour 2012 et attendre 2017 avec Copé.
    Je pense qu’il y a là beaucoup de naïveté.
    Ce qui se joue sous nos yeux, ce sont les ultimes efforts de Sarko pour prouver qu’il peut encore le faire. Mais au fond de lui même, il sait qu’il ne pourra pas.
    Copé doit jouer la fidélité au chef jusqu’au bout (c-à-dire l’automne), pour pouvoir apparaître comme le recours sans être suspect de traîtrise.
    Cela ne veut pas dire que son ‘chemin’ sera un long fleuve tranquille.
    Il doit déjà marquer son territoire face à Fillon qui n’est pourtant pas son principal adversaire à droite. Jamais sous la Cinquième un Premier Ministre candidat à une présidentielle n’a été élu.Trop compliqué de faire des promesses et en même temps de défendre un bilan impopulaire.
    L’équation de la droite est simple :
    Si Sarko se représente malgré tout,(peu probable), il aura face à lui au moins un candidat prétendant représenter la droite des ‘valeurs’ comme dit Mathieu, ou ‘gaullienne’.Et elle perd.
    Si Sarko passe la main et que la droite politique se divise en plusieurs tendances,(en plus du centre), elle perd encore.
    Si elle se rassemble autour d’hommes et de femmes pas trop mouillés par leur proximité avec Sarkozy : Copé donc, Juppé, Villepin etc... elle a encore une chance de gagner surtout avec DSK en face.
    Les proches sincères de Sarko vivent cela très mal : exemple ce matin sur France Inter (face à P Clark) Estrosi semblait soupçonner Copé de vouloir aggraver la situation de Sarko (sans que ce dernier s’en rende compte) en continuant à promouvoir des débats ambigus sur les musulmans.

    Ne pas regarder les rapports de force économiques et donc les lieux de pouvoir réels qui ‘parainent les politiques de droite ,surtout, et malheureusement de gauche aussi un peu, ne favorise pas la compréhension du jeu politique.
    Et les ressentis’ face à tel ou tel leader politique ne pèsent rien face aux moyens dont ce dernier dispose et aux appuis sur lesquels il peut compter.

  • yabon
    yabon
    Klingon
    • Posté à 17h47 le 29/03/2011
    • Internaute 98602
      Klingon

    Il considère, comme l’ex-ministre Christian Estrosi ce mardi matin sur France Inter, que :
    « Ce qui préoccupe les Français, c’est pas un débat sur la laïcité ou sur l’islam tous les matins, c’est d’apporter des réponses en matière de pouvoir d’achat, c’est de réduire les inégalités entre les hauts et les faibles revenus… »

    Ben alors ? Qu’est-ce qu’il lui arrive à Estrosi ? Il vire gauchiste maintenant ?

  • Axis7
    Axis7
    Attaché
    • Posté à 21h39 le 29/03/2011
    • Internaute 47590
      Attaché

    Vous avez oublié dans votre article une autre faute lourde de Copé : la reception en grande pompe et sous acclamation de nombreux deputés UMP de Zemour condamné pour racisme. Et avec u n soutien public et elogieux de Copé sur Zemour.

    L’UMP s’est front nationalisée.