Pourquoi les médias traitent-ils Marine Le Pen en pestiférée ?
En regardant « Le Grand Journal » de M. Denisot, dont l’invitée était mardi dernier Marine Le Pen, je n’ai pu m’empêcher de me faire cette réflexion étrange pour quiconque considère que le FN devrait être banni à jamais des ondes et des téléviseurs.
Entendons-nous bien, je ne suis pas membre du Front national, ni élue du FN et d’ailleurs je n’ai jamais voté FN. J’hésite depuis quelques années entre UMP et PS et j’ai voté Verts aux dernières élections européennes. Je ne suis donc pas une fanatique d’extrême-droite mais juste une citoyenne éclairée par plusieurs années d’études universitaires en histoire.
Après quelques minutes, j’éprouve de la sympathie
C’est le moins qu’on puisse dire : seule face à quatre journalistes arrogants et méprisants, Marine Le Pen s’est bien défendue. Elle a emporté ma sympathie en restant calme et combative quand pas un seul de ces journalistes talentueux n’a été capable de la coincer avec une question intelligente sur son programme.
Et que dire de l’infâme procédé qui a consisté à passer un florilège des malheureusement célèbres citations de son père... Je croyais que dans un Etat de droit, les individus étaient responsables de leurs actes, et pas de ceux de leurs parents ? (Voir la vidéo)
Me voilà donc devenue en un clin d’œil partisane de Marine Le Pen contre ses quatre juges improvisés.
Les journalistes se tirent une balle dans le pied
Passée la première bouffée de sympathie pour la nouvelle dirigeante du FN, je me suis mise à m’interroger. Comment se fait-il que les journalistes en soient arrivés à être aussi méprisants avec un représentant politique, élu par des citoyens français ?
Soit, qu’ils ne partagent pas les idées de Marine Le Pen, je le conçois puisque moi-même je ne les partage pas, mais pourquoi ressentent-ils le besoin de se montrer si impolis et pleins de morgue ? Ils s’imaginent peut-être qu’en traitant les représentants du FN comme des pestiférés ils défendent ainsi la démocratie, la justice, l’antiracisme et toutes les valeurs en lesquelles vous et moi croyons.
Une question me hante : cela est-il leur rôle ? Je pensais naïvement que dans une démocratie aussi avancée que la nôtre les citoyens devant leur téléviseur étaient suffisamment éclairés pour se faire leur opinion sans que les journalistes aient besoin de leur désigner le bien ou le mal.
Les journalistes sont-ils démocrates ?
Alors, je me suis posée cette question : si les journalistes font si peu confiance aux lumières de leurs concitoyens, s’ils pensent que leur attitude condescendante vis-à-vis de Marine Le Pen va permettre au spectateur de s’identifier à eux et d’éprouver de la répulsion pour le FN, est-ce parce qu’ils pensent que les citoyens ne sont pas les plus aptes pour décider quel représentant politique leur convient ? Que ces mêmes citoyens ont besoin d’être aiguillés par des figures familières et emblématiques ?
On aurait pu s’attendre, légitimement, à ce que le débat entre MM. Denisot, Badou, Apathie et Mme Massenet porte sur le programme politique de Marine Le Pen et que la discussion, par la production d’informations, amène la citoyenne que je suis à réaliser que Marine Le Pen n’est pas la personne pour qui je dois voter dimanche prochain.
Au lieu de cela, la discussion a été un affrontement stérile, superficiel qui n’a servi qu’à désigner Marine Le Pen comme une personne malfaisante et sans jamais laisser au citoyen la possibilité de répondre à la seule question qui importe vraiment pour l’avenir de notre démocratie : pourquoi les représentants politiques du FN seraient-ils malfaisants s’ils parvenaient au pouvoir ?
Les journalistes, meilleurs amis de Marine Le Pen
C’est la conclusion à laquelle je suis parvenue. Quand je vois quatre personnes, quelles qu’elles soient, s’en prendre à une autre personne, je prends parti pour la victime parce que je suis « humaine » et aussi parce que je suis de gauche.
Et quand je regarde une émission où, face à une femme qui se défend de toutes ses forces, le journaliste se drape dans ce qu’il pense être de l’exemplarité morale, je me dis en moi-même :
« A ce jeu-là, ce n’est pas le FN qui va perdre. »
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etudiant
etudiant
Bonjour,
j’ai bien regarde la même émission que vous mais je n’en ai pas tire les même conclusions.
On remarque que les journalistes sont a mon avis surtout agaces des propos de Marine le Pen tout comme moi au passage. Elle est arrive avec un discours bien préparé qu’elle a bien récité ne laissant plus la place aux journalistes pour poser ces questions ou même lancer ces chroniques parfois (un peu comme Morano hier qui coupe le grand journal pendant un bon moment).
Elle ne vient pas sur le plateau pour discuter mais pour faire sa propagande, j’ai un l’impression par exemple que le Aubry, Cécile Duflot et Pierre Laurent en début de semaine était plus a l’écoute des journalistes même si ils etaient aussi venu pour faire passer leur message politique (C’est peut être une fausse impression mais c’est du moins ce que j’ai ressentit).
Concernant leur image d’archive je suis en partie d’accord avec vous, on peut se dire qu’en montrant ces images, on pose la question de l’héritage du parti comme on le fait avec les autres partis (avec le gaullisme par ex) et non forcement de filiation. On a aussi le droit de lui demander si la chef du partie approuve ce qui a été dit par l’ancien chef comme on peut demander a Aubry si elle est en accord avec des choses que Mitterrand ou un autre aurait pu faire par ex sans que cela soit pris comme une attaque personnelle.
Je reste d’accord sur le fait que les journalistes devraient passer plus de temps a démonter un par un les argument avance par le FN et montrer en quoi il est démagogique pour que ça rentre bien dans la tête des gens.
Comme ici par exemple :
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xavier




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