Tribune 20/03/2011 à 20h16

Pour Ken Loach, l'Irak, mon pays, n'est qu'un simple décor

Hela Khamarou | Journaliste, Génération précaire

Hier, je suis allée voir le dernier Ken Loach. Je n’ai pas l’habitude de regarder les bandes-annonces avant d’aller au cinéma, et donc je ne savais pas grand-chose de ce film. On m’avait dit « ça parle de l’Irak, vas le voir ». En tant qu’Irako-Française, j’étais intriguée et je me suis précitée en salle. C’était une mauvaise idée.

Le film s’ouvre sur un flashback, qui sert de trame de fond et de ligne conductrice du film : deux gamins sur un bateau près des côtes anglaises, amis à la vie à la mort. Cette union sacrée les mènera adultes jusqu’à Bagdad, engagés comme mercenaires et où l’un d’eux se fera tuer sur « Route Irish », la route la plus dangereuse de Bagdad, reliant la « green zone » [la « zone verte », enclave protégée où sont rassemblés les Occidentaux, ndlr] à l’aéroport international de Bagdad.

Dans ce film se mêlent fiction et vraies images de guerre : de vrais massacres, de vraies bavures. J’imagine que la volonté première de Loach était de dénoncer la privatisation de la guerre en Irak. Mais moi, je n’y ai pas vu ça, même si les dialogues ne faisaient que répondre à ce leitmotiv.

Et là, j’ai perdu patience : l’Irak est réduit à un simple décor

Sur deux heures de film, aux dialogues répétitifs, ce que j’ai vu c’est que le propos s’est vite fait dépasser par une histoire parallèle : celle d’un amour non dévoilé, d’un ménage à trois non consommé, et celle d’une amitié si intense qu’on en vient à accomplir l’innommable, à savoir devenir à son tour bourreau. Comme si l’histoire première n’était pas assez riche pour se suffire à elle-même.

Et là, j’ai perdu patience. Je ne voyais pas le besoin de nous infliger les images de guerres réelles telles que les attaques de Falloujah ou de Bassora, pompées sur Youtube. Mais en plus, on me faisait comprendre tout au long du film que l’Irak n’est qu’un décor, et qu’on s’y intéresse juste parce qu’il y a eu des dommages collatéraux occidentaux.

C’est donc simple, il y a tellement de civils irakiens morts depuis le début de la guerre de 2003 (sans parler des morts pendant les treize longues années d’embargo onusien), à quoi bon en faire un film ? De toute façon, la guerre c’est moche ; la guerre, « ça tue ».

Ça fait huit ans que mon pays est devenu une statistique

Donc non, dans ce film on ne s’apitoie pas sur la vie de pauvres Irakiens qui perdent leurs enfants tués par ces GI des temps modernes. En revanche, on est affecté par la mort d’un pauvre mec de Liverpool qui a voulu s’en mettre plein les poches en travaillant comme agent de sécurité à Bagdad, et qui s’est fait tuer là-bas.

Ce 20 mars, ça fait huit ans jour pour jour que l’opération Freedom Iraq a été lancée. Huit années à voir des images plus atroces les unes que les autres, des photos des prisonniers d’Abou Ghraib aux exécutions arbitraires de civils dans les rues de Bagdad.

Huit ans que mon pays est devenu une statistique, un machine à produire des chiffres : ceux des morts civils et militaires.

Le 20 mars marque le premier jour du printemps

Chaque année, la date du 20 mars retentit dans tout mon être. Aujourd’hui, alors que l’Irak préside une Ligue Arabe qui soutient l’action militaire en Libye, et que 50 000 soldats américains sont encore postés dans mon pays, je me demande combien d’année de plus il nous faudra compter avant de pouvoir réellement en parler sans avoir en tête toutes ces images de destruction et de souffrance.

Le 20 mars, c’est aussi la date qui marque le premier jour du printemps, alors peut-être qu’un jour aussi je le fêterai en pensant au renouveau d’un pays qui jadis était d’une beauté sans nulle mesure.

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  • vivlo
    vivlo
    etudiant
    • Posté à 20h49 le 20/03/2011
    • Internaute 123199
      etudiant

    je suppose que Ken Loach n’a parlé que de ce qu’il connaissait, savoir la vision occidentale de cette guerre, médiatique, et recentrée sur des questions de politique intérieure du Royaume-Uni.

  • Jerome_Marcel
    • Posté à 20h57 le 20/03/2011
    • Internaute 117708

    « ça parle de l’Irak, vas le voir ». va

  • Nishi
    Nishi
    postdoc
    • Posté à 21h08 le 20/03/2011
    • Internaute 55213
      postdoc

    Ken Loach a globalement centré ses films sur des personnages, en général britanniques, pour raconter une histoire humaine qui tourne autour des injustices de ce monde.
    Son film ne vous a pas plu, mais je ne crois pas que son but était de faire un film irakien. Pour cela, j’espère que des cinéastes irakiens prendront le relais.
    Il s’intéresse, semble-t-il, à cette guerre que la plupart des britanniques oublient, aux réalités qu’elle implique, et à la généralisation des mercenaires dans les conflits modernes (« entreprises de sécurité »).
    Il a fait un film il y a quelques années sur une femme qui d’exploitée devient exploiteur et gagne de l’argent en faisant travailler des immigrés illégaux. Il n’a pas une sympathie folle pour le personnage, mais il montre ce qui se passe dans la tête d’une femme comme celle-là.
    Pas étonnant donc que vous ne reconnaissiez pas votre pays, ce n’est pas le but de ce film, tout comme Full Metal Jacket ou Apocalypse Now ne parlaient pas des vietnamiens.
    En attente d’un film irakien pour combler cette lacune !

  • Grenouille verte
    Grenouille verte
    Sur un nénuphar
    • Posté à 21h18 le 20/03/2011
    • Internaute 82274
      Sur un nénuphar

    Vous vous attendiez à du Michael Moore et vous avez eu du Ken Loach, c’est pour ça que vous êtes déçu ?

    Au delà de la question de l’emploi ou non de « vraies images de guerre », je vous trouve très sévère avec Ken Loach, parce qu’il a quand même donné une belle place au magnifique personnage du musicien irakien.

  • clb75
    clb75
    Observateur
    • Posté à 21h43 le 20/03/2011
    • Internaute 74565
      Observateur

    Mais merde à la fin. Et dans les westerns spaghetti, l’Andalousie est un simple décor. Et dans Lost in Translation, le Japon n’est qu’un simple décor.

    Et alors ? Quelle loi obligeait Ken Loach à faire un film qui plaisait aux chroniqueurs de Rue89 ?

    • Ratmanoff
      Ratmanoff répond à clb75
      Libre
      • Posté à 09h14 le 21/03/2011
      • Internaute 66920
        Libre

      Le cinéma, n’est pas un docu, effectivement. Et quand bien même. Chacun a sa révolte.

  • Eisenblum
    Eisenblum
    étudiant
    • Posté à 22h15 le 20/03/2011
    • Internaute 126895
      étudiant

    Mais vous êtes quand même vachement gonflée. L’art n’a pas toujours vocation à rendre des hommages par ci, par là. Et puis ce titre.

    • Ratmanoff
      Ratmanoff répond à Eisenblum
      Libre
      • Posté à 09h12 le 21/03/2011
      • Internaute 66920
        Libre

      Le cinéma , de l’art ? pas d’accord, surtout maintenant
      Admettons qu’il y a eu une période, mais c’est de l’histoire...

  • jerome_munich
    jerome_munich
    (internaute)
    • Posté à 22h21 le 20/03/2011
    • Internaute 136614
      (internaute)

    Ne croyez pas que tous les occidentaux pensent que l’Irak, l’Iran, la Syrie ou leurs voisins ne sont qu’un simple décor. Le printemps arrive, profitez-en.

  • brothe
    brothe
    chercheur Postdoc
    • Posté à 22h32 le 20/03/2011
    • Expert 53510
      chercheur Postdoc

    ca ne change pas la polemique mais il avait tourne Land and Freedom, une histoire sur la guerre d’espagne, dans laquelle l’espagne n’est pas qu’un simple decor.

    Maintenant, on commence a avoir pas mal de film sur l’irak, des « rois du desert » a « hurt locker ». Mais aucun n’est a l’Irak ce que « la bataille d’alger » est a l’algerie (de Gilles Pontecorvo, c’est un chef d’oeuvre du cinema), a savoir une oeuvre qui relate precisement les enjeux politiques, personnels et militaires de la bataille entre le FLN et les paras. Dans ce film, Alger n’est pas un decor, mais un lieu de vie et de combat.

    A la decharge de Loach, Raconter une histoire, raconter un lieu, ou un mode de vie, ca reste un metier difficile ; on ne peut pas pondre un chef d’oeuvre a chaque film.

  • Jean_Karl
    Jean_Karl
    Rasta-quouère désabusé
    • Posté à 22h57 le 20/03/2011
    • Internaute 130805
      Rasta-quouère désabusé

    « C’est donc simple, il y a tellement de civils irakiens morts depuis le début de la guerre de 2003 (sans parler des morts pendant les treize longues années d’embargo onusien) »
    Alors qu’avant, c’était tellement sympa d’y vivre.

    • smatouille
      smatouille répond à Jean_Karl
      écrivain
      • Posté à 23h33 le 20/03/2011
      • Internaute 147364
        écrivain

      vous connaissez quoi à l’Iraq pour vous permettre ce genre de commentaire ?

      • Jean_Karl
        Jean_Karl répond à smatouille
        Rasta-quouère désabusé
        • Posté à 00h26 le 21/03/2011
        • Internaute 130805
          Rasta-quouère désabusé

        Oh, j’ai vaguement entendu parler de deux trois broutilles.

        lèse majesté (offense a Saddam) : passible de peine de mort
        Afficher opposition au régime : Exécution, et la famille aussi. Comme pour ses deux gendres, à qui il a promis la clémence a leur retour d’exil mais finalement il a changer d’avis, et a aussi fait exécuter leurs parents et leurs sœurs.
        Exécutions aussi pour les dissidents religieux.
        On pourrait penser que si on reste tranquillement dans son coin, qu’on suit aveuglément le chef, on est peinard. Mais en fait non.

        La première guerre du Golf, quand il a attaqué l’Iran, entre 500 000 et un million de morts.
        Puis la deuxième, aussi a l’initiative de Saddam.

        Après, c’est vrai qu’il a transformé le pays. Développement industriel, scolaire, augmentation du niveau de vie de la population.
        On pourrait croire que si on se tiens bien et qu’on est pas militaire, on pourrais en profiter. Mais pas forcément non plus.

        Les massacres des Kurdes, ils ont commencés bien avant l’embargo. L’opération Al-Anfal s’est passée en 1988, et on estime environ 100 000 victimes. Au final on estime qu’environ 400 000 Kurdes auraient étés assassinés par le régime en 15 ans. Ali le chimique utilisait le gaz, pour les massacres, comme son surnom l’indique si poétiquement.

        Je suppose que vous ferez le parallèle avec une autre régime génocidaire sans problème, mais vous comprenez bien que les règles de bienséance dans les débats virtuels m’empêchent de le nommer.

  • MegaLOL
    MegaLOL
    Courtier
    • Posté à 23h19 le 20/03/2011
    • Internaute 147085
      Courtier

    Ce sera peut être le premier film de Loach à avoir du succès aux USA...

  • smatouille
    smatouille
    écrivain
    • Posté à 23h31 le 20/03/2011
    • Internaute 147364
      écrivain

    Pour info, le personnage du musicien est encore une fois un prétexte : il est un autre dommage collatéral d’une volonté de vengeance du rôle principal. Il se fait tabasser, mais on s’en fout. Parce que c’est ça la réalité : c’est l’histoire d’une bavure atroce CONTRE DES IRAKIENS (oui c’est bien le sujet du film à priori, et qui devient un simple décor au fur et à mesure que les minutes découlent), des civils innocents, qui se font tuer par des patrouilles occidentales. Et au lieu de traiter de ce sujet, qui est pourtant montré très clairement dans le film, on traite du besoin de vengeance d’un homme qui a perdu son ami. Je ne suis pas pour le body count, il n’y a pas de comparaison à faire dans la douleur, mais si là, la guerre est réellement juste un prétexte relayé par des histoires qui en découlent, de façon maladroite, comme pour combler un vide du film.

    J’ai aimé bcp de films de Loach. Sweet sixteen m’a vraiment bouleversé. mais là je suis déçue. et qu’on soit irakien ou non d’ailleurs.

  • bleuceconlà
    • Posté à 01h02 le 21/03/2011
    • Internaute 138215

    Pauvre Hela ! Quel con ce ken Loach !
    Vous aviez pourtant bien précisé ce que vous vouliez quand vous avez commandité ce film ! Mais il ne vous a pas écoutée !
    Décidément, même bien à l’abri en France on ne peux pas compter sur Hollywood !

  • ananda2
    ananda2
    professeur
    • Posté à 10h24 le 21/03/2011
    • Expert 149537
      professeur

    Je ne partage pas la conclusion du titre de l’article car se dégage du film de Ken Loach un profond respect de l’Irak ainsi qu’un amour de sa culture. La chanson du guitariste irakien est émouvante à cet égard.

  • leypanou
    leypanou
    observateur politique
    • Posté à 10h49 le 21/03/2011
    • Internaute 73435
      observateur politique

    L’auteure n’a pas vu dans le film la dénonciation de la privatisation de la guerre en Irak, moi, je l’y ai vue. Combien de gens sont conscientes des conséquences de ce genre d’expédition ? Combien par exemple sont au courant que le dernier etats-unien Ray Davis, qui a pu être « libéré » du Pakistan car des pressions dont entre autres de l’argent ont été exercées pour qu’il n’ait pas de compte à rendre à l’endroit où normalement il a à rendre des comptes ? Plus les gens d’ici se rendent compte de ce qui se passe vraiment là-bas, plus on a une petite chance que les mentalités évoluent. La mercenarisation de la sécurité prend de plus en plus de place. Si on l’accepte, il faut être prêt à en supporter toutes les conséquences et ce film n’est qu’une petite goutte d’eau pour dénoncer les méfaits.

  • Ruski
    Ruski
    Gracchus
    • Posté à 12h02 le 21/03/2011
    • Internaute 50606
      Gracchus

    L’Occident détruit la Libye comme il a détruit l’Irak.
    Crime organisé par les compagnies pétrolières et les marchands d’armes. Mensonge, hypocrisie, hystérie nationaliste .....
    Et la facture de ces crimes est réglée par les peuples des ces pays avec leur sang et par les peuples occidentaux avec leur impôts. Quand nos boutes-feu actuels nous présenterons la facture de l’aventure de l’Africa Korps en Libye, au prix de l’heure de navigation d’un porte avion et de l’heure de vol d’un Rafale, je vous prie de croire qu’elle va être aussi salée que la Méditerranée !
    Il n’y a pas d’argent pour les protections sociales, la France est en « faillite », mais tout d’un coup pour une aventure néo coloniale impérialiste, le même gouvernement dépense sans compter, et les mêmes zozos qui hier braillaient pour leur retraite ou bien geignaient pour la dette laisser « aux générations futures » oubli tout et s’enthousiasme pour la guerre. Ha Ha ! une bien belle brochette à zozos !

  • Doc0
    Doc0
    Chercheur et trouveur
    • Posté à 12h01 le 21/03/2011
    • Expert 119167
      Chercheur et trouveur

    « Huit ans que mon pays est devenu une statistique, un machine à produire des chiffres : ceux des morts civils et militaires. “

    Je ne vois pas en quoi c’est la faute de Ken Loach, et pourquoi il mérite ce titre et cet article. Vous lui faites un procès ridicule, l’histoire semble ne pas vous avoir plus mais vous consacrez seulement 4/5 lignes à cette histoire.

    Bref, faites un article sur la façon dont les médias, les politiques, etc. traitent la guerre en Irak mais laissez ce pauvre Ken tranquille.

    Les réalisateurs qui ont comme lui le courage de traiter des sujets sociaux plutôt que de faire des films faciles sont assez rare comme cela.

  • delalo
    delalo
    Anti A.G.C.S
    • Posté à 12h14 le 21/03/2011
    • Internaute 26064
      Anti A.G.C.S

    LE THEME DU FILM EST LA PRIVATISATION DE LA GUERRE ET NON PAS L’IRAK....

    .C’EST QUOI L’IDEE DE CET ARTICLE ? ? ? ? DEMONTER LE FILM ?

    RUE 89 N’ETAIT PAS AU COURANT DU THEME DU FILM ?

  • J_P_M
    J_P_M
    N/A
    • Posté à 12h30 le 21/03/2011
    • Internaute 91451
      N/A

    Oui, Ken Loach a raté son coup, comme avec son film précédent (une fable ratée avec Cantona). Et on ne croit pas du tout que ce mercenaire se suicide en se jetant à l’eau parce que son ami est mort et qu’il veut le rejoindre. Ce n’est pas tout à fait la mentalité du mercenaire !

  • azerty69
    azerty69
    ExecutieveBranleur
    • Posté à 12h56 le 21/03/2011
    • Internaute 42089
      ExecutieveBranleur

    Oh une irakienne se plaint qu’on ne parle pas d’irak dans un film anglais.

    Ca me fait penser aux manifs contre le racisme : cortège de chaque communauté, bien séparé, manifestant pour SON pré carrer.

    Et pas une remarque sur les films américains se passant en Afghanistan, qui ne parlent que très peu des afgans ?

    Ah le communautarisme, petit frère du racisme.

  • ClaireChar
    • Posté à 13h13 le 21/03/2011
    • Internaute 16497

    Je comprends votre frustration mais on vous a mal vendu le film.
    Je crois que fondamentalement le but de ken loach était justement de montrer que la guerre en Irak ce n’est pas « juste » un drame pour les irakiens. ça peut paraitre choquant et violent comme idée parce que même si ça n’étiat qu’un drame pour l’irak ca devrait toucher tout le monde, y compris les occidentaux mais dans les faits ce n’est pas le cas, les britanniques et la plupart des occidentaux s’en foutent des morts en irak ou en tous les cas, se sont habitués aux images de guerre là bas

    là l’idée de ken loach était aussi de déplacer le conflit en angleterre, et de montrer que ça n’était pas « que » un conflit en irak mais aussi un drame qui implique tout le monde

    ça peut paraître choquant dans le fond, mais j’ai trouvé qu’à ce titre là le film avait vraiment un intérêt

  • A.L.
    A.L.
    Salariée
    • Posté à 14h02 le 21/03/2011
    • Internaute 149119
      Salariée

    En même temps, la dame ne nous dit pas « Il est nul, n’allez pas le voir », mais elle indique ce qu’elle en attendait, ce qu’elle lui reproche.

    Elle nous donne des éléments pour savoir si on est sensible à ses critères ou non et si le film a une chance de nous plaire.

    N’est-ce pas la finalité d’une critique ?

  • Palavazouilleux
    • Posté à 14h16 le 21/03/2011
    • Internaute 300

    Sauf à prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages, le film de Loach n’est évidemment pas un film sur l’Irak. Il me semble que le cinéaste britannique n’utilise l’Irak et les évènements qui s’y sont déroulé que pour dénoncer la « privatisation » des armées des nations capitalistes, avec toutes les conséquences qui en découlent......

  • François_Hien
    François_Hien
    Cinéaste
    • Posté à 14h21 le 21/03/2011
    • Internaute 143610
      Cinéaste

    Je suis d’accord avec vous sur la transformation de la réalité irakienne en série de statistiques... Et sur l’amertume que suscite la présidence irakienne de la ligue arabe, soutenant l’attaque en Lybie où l’on espère la même histoire ne se répètera pas tout à fait (bien qu’il y ait de bonnes raisons de le craindre)...
    Ceci étant, je vous trouve dure avec Ken Loach. C’est un cinéaste britannique dont le sujet a toujours été les classes populaires britanniques. Dans It’s a mad wolrd, il montrait comment une jeune femme devenait littéralement marchande d’esclave, usant de la main d’oeuvre illégale... Ici, il nous montre de pauvres bougres devenus tortionnaires... Je suis assez d’accord sur le fait que le film n’est pas tellement réussi. Il y manque cette chaleur humaine, cette foi du collectif, que Loach filme particulièrement bien d’ordinaire et auquel le sujet ici ne se prêtait naturellement pas. Et l’histoire d’amour est plutôt parasitaire. Pour autant, je l’ai vu avec des personnes qui ignoraient tout de cette privatisation de la guerre et qui en ont été frappées. Je ne crois pas qu’on puisse l’accuser de faire de l’Irak un simple décor, simplement de traiter une réalité par le biais qu’il maitrise...

  • Ftannenberg
    • Posté à 13h58 le 22/03/2011
    • Internaute 119494

    Je ne sais pas pourquoi je réagis à ce papier parce qu’on nage en plein contresens ici. Franchement, vous n’avez qu’à vous informer avant d’aller voir un film. En plus, pourquoi votre papier est-il publié sur Rue 89 alors qu’il aurait plutôt sa place sur votre compte personnel Tweeter car à la limite votre réaction devrait seulement intéresser vos amis.

    Que vous soyez franco-irakienne suffit-il à vous faire aller voir un film qui parle de l’Irak ? A ce compte-là, vous devez courir à la moindre conférence de Connaissances du Monde, si cela existe encore, sur les trésors babyloniens.

    J’ai vu le film et je ne l’ai pas trouvé bon…alors que d’habitude j’admire le style naturaliste, très humain et engagé de Ken Loach. Mais là, pour moi, c’est un flop.

    Toutefois, Ken Loach parle encore de ce qui l’intéresse…..les impasses sociales, sentimentales ou politiques dans lesquelles se trouvent des hommes et des femmes souvent britanniques. C’est sûr que l’Irak et l’analyse détaillée du conflit qui s’y déroule, ne sont pas les sujets principaux. Suffit de le savoir….Cela me rappelle les critiques qui s’étaient abattues sur le film de Michael Cimino « Voyage au bout de l’enfer ». On lui reprochait d’être raciste ou antivietnamien parce qu’il y raconte comment une bande d’amis, venus de l’Amérique profonde, sombraient dans la folie et le désespoir au contact de l’enfer vietnamien. Et les critiques bien pensants de l’époque lui reprochaient de ne pas s’être intéressés à l’enfer vécu par les Vietnamiens….oui, mais voilà, c’était pas le sujet. Et « Voyage au bout de l’enfer » est un chef d’œuvre, ce qui n’est pas le cas de ce film….

    Alors, ensuite, votre indignation sur les pertes irakiennes, « chaque année, la date du 20 mars retentit dans tout mon être », certainement honnête, qui seraient ignorées par Loach…elle tombe plutôt à plat.

    En fait, c’est cela qui m’énerve. Invoquer les milliers de morts d’un conflit et d’une guerre civile (dont vous ne parlez pas, car tout n’est pas seulement de la faute d’envahisseurs étrangers) et s’indigner que le film de Loach n’en parle pas....c’est juste bête et cela vide de sens la référence aux morts dans ce conflit. Bref, votre papier est inutile et du coup ma réaction également.

  • tigre du nord-
    tigre du nord-
    pompé par carla
    • Posté à 18h40 le 22/03/2011
    • Internaute 59644
      pompé par carla

    et oui un film social sur la privatisation des services armés,n’est pas un documentaire historique sur ce beau pays.
    quelle honte,nous déranger pour ça.
    vite un article sur rue 89 (aussi inutile que creux)
    vous avez gagné un « point creu » du nom de son auteur.
    merci la RUE vous en avez encore ?