EXPLICATEUR 17/03/2011 à 17h27

Pourquoi construire des centrales nucléaires sur des zones aussi sismiques ?

AlineRichard | Journaliste


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Lorsqu’il construit des centrales nucléaires, le Japon suit les recommandations de sûreté nucléaire de l’Agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA), dont il est membre. Mais il reste maître de sa politique énergétique et lui seul décide où il les implante.

Victime du feu nucléaire à Hiroshima et Nagasaki, le Japon n’en a pas moins opté pour l’atome civil au lendemain du premier choc pétrolier de 1973. Dépendant lourdement du pétrole importé, il a construit 53 réacteurs nucléaires et prévoyait, avant l’accident de Fukushima, d’en implanter d’autres, comme le montre cette carte des centrales existantes et à venir. (Voir la carte de Wikipédia)


Comme tout le Japon est à la frontière de plaques tectoniques, choisir le nucléaire revient fatalement à accepter le risque sismique. Sur son site, l’Institut de physique du Globe décrit précisément le séisme du 11 mars et explique à quel point l’activité sismique est permanente au Japon.

Cette prise de risque est régulièrement dénoncée par les
anti-nucléaires japonais
, qui soulignent la fréquence des tremblements de terre dans le pays. (Voir la carte des tremblements de terre au Japon depuis un siècle)


Sésimes au Japon

Il y a déjà eu, depuis 1981, trois incidents graves pour cause de tremblements de terre.

Mis à jour le 18/03 à 10h17. Retrait de la carte de l’Institut de Physique du Globe de Paris.

  • 16145 visites
  • 6 réactions
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  • Marie78
    • Posté à 20h09 le 17/03/2011
    • Internaute 22894

    Si je comprends bien, il s’agit donc de simples « recommandations » et de conseils, certainement avisés et hautement qualifiés. Ensuite, libre à chaque état d’en tenir compte ou pas ... de menacer l’équilibre écologique de la planète ou pas ...
    Et c’est sans doute aussi en vertu de ces jolies intentions que les nuages radio-actifs s’arrêtent aux frontières.
    Non, c’est pas ça ?

  • salomgp
    salomgp
    géologue
    • Posté à 21h56 le 17/03/2011
    • Internaute 96634
      géologue

    La carte des principaux séismes est claire : 8 séismes de magnitude supérieure à 7 , sur la côte Est. Y a pas photo, c’est bien la zone la plus dangereuse. (Mais on ne connait pas si tous ces séismes ont été accompagnés de raz-de-marée). Alors pourquoi implanter 4 centrales nucléaires en bord de mer ? c’est pour tenter le diable, ou c’est l’esprit kamikaze des Japonais ?

    Je parie encore que c’est une question d’argent, en rognant le budget sécurité au ras des paquerettes pour passer limite les contrôles de l’AIEA. On nous dit en plus que les centrales japonaises ne sont pas conçues pour des tremblements de terre de magnitude supérieure à 7.... alors le contrôle sécurité, c’est juste une contrôle de routine...

    Quand on joue comme cela avec la nature, on n’est pas le plus fort.

  • Cnek
    Cnek
    ingénieur
    • Posté à 22h01 le 17/03/2011
    • Internaute 149053
      ingénieur

    La question est-elle assez sotte ?
    Pourquoi construire,habiter,vivre dans des zones à haute activité sismique ?

  • flotenaton
    flotenaton
    ingénieur
    • Posté à 13h41 le 18/03/2011
    • Internaute 135479
      ingénieur

    Encore une fois, l’article est intéressant mais ne répond pas à la question (décidément, mon opinion sur les journalistes est en train de baisser...)

    A mon avis la réponse est la suivante :
    Parce que les gouvernements japonais successifs ont estimé que les avantages du nucléaire l’emportent sur les inconvénients.

    Construire une centrale nucléaire au Japon ou ailleurs n’est pas un problème en soi, à condition qu’elle soit correctement dimensionnée par rapport au risque. A partir de ce point de vue, 2 questions :
    - connaît-on bien le risque ? Avec quelle marge d’erreur ? Autrement dit, savait-on qu’un séisme de magnitude 9 pouvait se produire ? D’après ce que j’ai compris, oui les Japonnais connaissaient la possibilité d’un séisme d’une telle magnitude.
    - la centrale est-elle dimensionnée par rapport au risque connu ? Visiblement la réponse était non. La centrale était dimensionnée pour un séisme de 7, et non 9.

    La vraie question à poser est donc celle-ci :

    Pourquoi construire une centrale dimensionnée en dessous du risque connu ?

    Et là, on trouve probablement la réponse dans les enjeux économiques et/ou politiques...

    • Srgvlt
      Srgvlt répond à flotenaton
      Twitter @srgvlt
      • Posté à 05h02 le 19/03/2011
      • Internaute 23660
        Twitter @srgvlt

      Oui, et du coup ça revient tout à fait à faire un pari sur l’inconnu, ce qui est une prise de risque bien grande en l’occurrence.

      Ceci dit, une précision importante en ce qui concerne les centrales nucléaires. Question que je me posais ces jours derniers : mais pourquoi donc mettre des centrales au bord de la mer ? ! En fait il faut un cours d’eau à proximité. Si encore ils avaient pu les mettre dans leurs montagnes...

    • JMS66
      JMS66 répond à flotenaton
      ...
      • Posté à 16h11 le 19/03/2011
      • Internaute 146206
        ...

      Tout à fait d’accord avec votre réflexion, et puis ce n’est pas le seul article qui ne répond pas à la question (cf. « une centrale peut-elle exploser comme une bombe A ? » qui laisse rêveur).

      Je rajouterai juste une réflexion à vos propos, puisque si une centrale est dimensionnée en-dessous du risque connu, en cas d’accident la question des responsabilités est fatalement posée. Alors comment s’en sortir ?
      Grâce à la règlementation bien sûr ! Ce sont les pays membres de l’AIEA qui décident de la règlementation qu’ils vont s’appliquer (s’il « le veulent bien » ce point est absolument délicieux). bref ils sont juge et partie.
      Du coups en cas de pb :
      -étape 1 : ils suffit de dire « j’ai respecté les recommandations je n’ai rien à me reprocher, aller voir l’AIEA »
      - étape 2 : à l’AIEA responsabilité diluée personne sur qui taper, déclarations officielles « nous allons réfléchir à ce que nous pouvons faire pour que plus jamais ça et blablabla »
      - étape 3 : on attend que cela se tasse, puis l’AIEA nous sort de nouvelles règles et s’est reparti pour un tour.

      Malheureusement, se mode de fonctionnement ne concerne pas que le nucléaire. Je pense par exemple au secteur de l’agro-alimentaire et ses Limites Maximales de Résidus (LMR) de produits chimiques.