DECRYPTAGE 13/03/2011 à 18h15

Madame Le Pen expliquée par un conservateur américain

Christopher Caldwell | Journaliste américain


Marine Le Pen lors de son discours au congrès du FN (Audrey Cerdan/Rue89).

Christopher Caldwell, journaliste pour l’hebdomadaire américain conservateur The Weekly Standard, était venu ausculter la France d’avant 2012. Il a trouvé Marine Le Pen. Et il accepté de rédiger cet article pour Rue89.

En décrivant l’essor du Front national en France, alors que nous étions assis dans son bureau à Nanterre il y a dix jours, Marine Le Pen m’a dit :

« En cela, il y a peut-être une petite comparaison à faire avec le Tea Party [mouvement de droite conservateur issu de la société civile américaine, ndlr], l’émergence d’une force à côté de deux grandes puissances organisées. »

Elle a raison. Et c’est ce qui m’a convaincu, après avoir passé une semaine avec l’intention de rédiger un tour d’horizon de la politique française à un an de l’élection présidentielle pour le Weekly Standard, de finalement écrire un article la concernant.

Son rôle paraissait évidemment central aux yeux d’un journaliste étranger, avant même que les sondages du Parisien ne la donnent gagnante contre Sarkozy, Aubry ou Strauss-Kahn au premier tour de l’élection présidentielle.

Les même raisons que les succès de « Indignez-vous ! »

Il y a deux façons de voir Madame Le Pen :

  • comme une version plus jolie et plus éloquente de son père, une jeune femme qui restera populaire jusqu’à ce qu’une remarque irréfléchie ne révèle son vrai programme ;
  • comme une nouvelle force dotée d’un intérêt sincère pour l’électorat non-traditionnel du FN.

D’un point de vue extérieur, il semble plutôt évident qu’elle correspond à cette deuxième image. Le FN de Jean-Marie Le Pen était nostalgique et vivant, mais seulement lorsque les souvenirs du milieu du siècle étaient encore présents.

Madame Le Pen, par contre, se concentre clairement sur le principal problème politique d’aujourd’hui : la dérive du pouvoir, qui se désintéresse des électeurs et des citoyens et se rapproche de ces « experts » non-élus qui agissent par intérêt personnel.

Sa popularité a quelque chose de commun à celle d’une grande variété de mouvements de gauche, de droite et du centre dans le monde entier.

Elle monte dans les sondages pour la même raison que le Tea Party aux Etats-Unis il y a peu de temps, pour la même raison que les libéraux-démocrates se sont retrouvés au pouvoir en Grande-Bretagne et pour la même raison que le manifeste de Stéphane Hessel « Indignez-vous ! » a rendu gagas les Français de gauche.

Elle est du côté de ceux qui ont voté contre l’Europe

Mon pays, les Etats-Unis, s’est mis dans un terrible pétrin ; mais au niveau politique, il est chanceux. Il possède un mécanisme constitutionnel vieux de plusieurs siècles (les 50 Etats) qui permet de rendre le pouvoir à la population.

L’actuelle bataille dans le Wisconsin entre les partisans du Tea Party et les syndicats au sujet d’une loi anti-syndicats est une bataille virulente, mais les deux camps restent heureux de respecter le même ensemble de règles constitutionnelles. L’Union européenne, au contraire, est une construction basée sur une légitimité démocratique douteuse qui laisse les électeurs dans l’incertitude quant à leur positionnement politique.

Sa Constitution a en effet été rejetée par les citoyens de deux des Etats européens les plus importants – France et Pays-Bas – lorsqu’ils ont été appelés aux urnes en 2005, avant de leur être de toute façon imposée, malgré le Traité de Lisbonne.

Une partie de l’intérêt porté à Madame Le Pen est donc évidente : une majorité de Français ont voté pour moins d’Europe, et Madame Le Pen est de leur côté.

Elle est l’ennemie du capitalisme mondial

Elle est l’ennemie jurée du projet européen mais aussi du capitalisme mondial, dont il est un symbole. Pendant ce temps, les partis de gouvernement sont coincés dans de vieilles politiques qui ont peu de sens, au vu du contexte de l’immigration européenne.

Pas une des promesses économiques de gauche et pas une des promesses sécuritaires de droite ne peut fonctionner en l’absence de frontières. On peut avoir Médecins Sans Frontières et Ecoles Sans Frontières, mais des concepts tels que la citoyenneté sans frontières ou l’Etat-providence sans frontières n’existent pas. Autant allumer le chauffage et laisser les fenêtres grandes ouvertes.

Que vous soyez d’accord avec Madame Le Pen ou non, elle aborde la question de l’Europe avec une logique qui manque aux principaux partis politiques. Entre une gauche qui défend les sans-papiers et qui condamne un capitalisme effréné et une droite qui protège les entrepreneurs pendant qu’elle sévit contre les délinquants, elle est la seule dirigeante d’un parti politique majeur à réaliser que, dans une large mesure, l’immigration EST le capitalisme.

Comme elle me l’a expliqué il y a deux semaines :

« [L’immigration est] en réalité un processus économique, un peu la petite sœur de la mondialisation, qui permet de peser à la baisse sur les salaires, selon un effet tout à fait mécanique. C’est l’offre et la demande. »

De 24% des sondages au 55% du « non » à l’Europe

En fonction des partis d’extrême droite, les raisons de leur rejet sont différentes :

  • quand l’extrême droite n’est pas démocratique (Mais est-elle moins démocratique que la réponse de l’Europe au référendum de 2005 ?) ;
  • quand elle est une ennemie de la liberté (mais représente-t-elle un danger plus important pour la liberté des Français que la prolifération de lois et de procès qui régentent la liberté d’expression ?) ;
  • quand l’extrême droite est haineuse.

C’est dans ce troisième domaine que la reconstruction du FN par madame Le Pen demandera le plus de patience et de travail : « Il pesait, il a pesé pendant longtemps, une suspicion d’antisémitisme sur le Front national », m’a-t-elle dit lors de notre rencontre :

« Tout propos qui pourrait nourrir cette suspicion me paraît complètement malvenu. Le FN n’est pas raciste, ni antisémite. Cela va sans dire, encore faut-il parfois le dire. »

Oui, et il faudra le redire, encore et encore, durant les années à venir. Les électeurs français ayant une assez longue expérience du FN, ils seraient stupides de se rallier au parti avant qu’il n’ait prouvé sa tolérance sur le long terme.

Il faudra des années pour comprendre ce que signifie l’ascension de madame Le Pen, mais de telles transformations ont déjà eu lieu ailleurs en Europe : le nationalisme flamand s’est débarrassé de son accoutrement fasciste ces dernières années.

Madame Le Pen réussira-t-elle à dompter le FN de la même manière ? Les 24% qu’elle a obtenus dans le dernier sondage ne représenteront pas le sommet de sa popularité mais plutôt le niveau le plus bas, le sommet se situant aux 55% d’électeurs qui ont voté contre la Constitution européenne en 2005.

Texte traduit de l’américain par Agathe Raymond Carlo.

Mis à jour le 14/03/2011 à 7 heures. Le mot « indispensable » dans la phrase « Le FN de Jean-Marie Le Pen était nostalgique et vivant » a été remplacé par « vivant » à la demande de l’auteur qui a utilisé dans son article en américain « vital ».

► Christopher Caldwell est rédacteur au Weekly Standard (Washington). Son livre sur l’immigration, l’islam et l’Europe , « Reflections on the Revolution In Europe », sera publié en octobre en français sous le titre « Une révolution sous nos yeux » (Editions Toucan).

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  • KONARIDER
    KONARIDER
    Agent SNCF
    • Posté à 18h34 le 13/03/2011
    • Internaute 47487
      Agent SNCF

    Etonnant cet article, une chose est sur pour se faire une idée du FN, et bien il suffit de jeter un oeil sur les villes qu’il gère, ça se passe de tout discours !

  • jcgrellety
    • Posté à 18h38 le 13/03/2011
    • Internaute 775

    « Elle est l’ennemie du capitalisme mondial » : charlatanisme. L’extrême-droite est TOUJOURS du côté du Capital. C’est même, en la matière, sa principale escroquerie.
    Il faut se souvenir le langage tenu par Mme Le Pen contre la grève de l’automne, à propos des retraites.

  • Orientaliste
    Orientaliste
    intermittent de la recherche
    • Posté à 18h42 le 13/03/2011
    • Internaute 73107
      intermittent de la recherche

    Pas idiot comme analyse. Alors que souvent le débat se réduit à une opposition entre les opposants par principe qui ne comprennent pas qu’un quart de la population soient de méchants racistes et les partisans bêlants la doctrine selon laquelle les immigrés sont la causes de tous nos maux, un regard froid, un peu bienveillant mais sans être complétement complaisant pour autant éclaire les choses sous un nouveau jour.
    Il faut que la gauche comprenne pourquoi le FN monte, sans pour autant entrer dans son jeu. Le FN propose des solutions, que je crois fausses et mensongères, mais qui paraissent efficace à beaucoup et en face desquelles la gauche n’a rien a opposer. Ce n’est pas en parlant islam ou immigration qu’on répond aux questions, c’est en expliquant quelles solutions on propose pour faire face aux enjeux du monde d’aujourd’hui. Comment offrir un avenir à nos enfants sans faire de l’autre un salaud à bouter hors de nos murs. Et des réponses concrètes, pas de belles déclarations d’amour universel.

  • Garde-Chiourme
    Garde-Chiourme
    Etudiant
    • Posté à 18h52 le 13/03/2011
    • Internaute 136535
      Etudiant

    « Mon pays, les Etats-Unis, s’est mis dans un terrible pétrin ; mais au niveau politique, il est chanceux. Il possède un mécanisme constitutionnel vieux de plusieurs siècles (les 50 Etats) qui permet de rendre le pouvoir à la population.
    L’actuelle bataille dans le Wisconsin entre les partisans du Tea Party et les syndicats au sujet d’une loi anti-syndicats est une bataille virulente, mais les deux camps restent heureux de respecter le même ensemble de règles constitutionnelles. L’Union européenne, au contraire, est une construction basée sur une légitimité démocratique douteuse qui laisse les électeurs dans l’incertitude quant à leur positionnement politique. “

    Char camarade Américain, cette citation, un peu longue, montre à mon avis que, non, vous ne comprenez pas. Le discours des ‘founding fathers’, sincèrement ça suffit. A maints égards, la situation est bien pire aux Etats-Unis ; et le pouvoir y appartient tout aussi peu au peuple : un peu plus aux patrons et moins à la bureaucratie sans doute -mais c’est tout. La dérive du pouvoir ce n’est pas l’Europe, c’est une domination concentrée par des élites et un monde rendu irrespirable par la recherche sans fin du profit. Vous expliquez que nous sommes incapables, bouffés par le ‘politiquement correct’, de voir que l’immigration c’est le capitalisme. Non, vous avez tort. Ce n’est pas ‘un processus pour baisser les salaires’, c’est la fuite de gens contraints par une configuration sociale et économique.
    La vérité c’est que Marine Le Pen doit son pic de popularité à une réorientation sur le social. C’est très drôle de voir un Rachline par exemple obligé de se prononcer sur ces questions dont il n’avait cure jusque là parce qu’elles témoignent de la complexité du monde. Or, cela, vous avez beau dire, ça n’est pas sincère. Soutenez les Tea Party aux Etats-Unis si vous voulez, écrivez dans votre feuille de chou des absurdités similaires à celles qu’on lit dans The Economist, mais ne venez pas essayer de nous faire croire que le FN est en marche vers la ‘tolérance’.
    Dernière chose. Le ‘elle est une ennemie de la liberté -mais représente-t-elle un danger plus important pour la liberté des Français que la prolifération de lois et de procès qui régentent la liberté d’expression ?’ est une tartuferie. Je suis tout à fait d’accord avec la ligne Américaine sur la liberté d’expression ; depuis longtemps je crois qu’il est impensable de pénaliser les propos de quelqu’un. Mais faites preuve d’un peu d’intelligence historique ; jamais vous autres Américains ne comprendrez les blessures qu’a laissé l’idéologie en Europe. La moitié du siècle a été occupée par des récits de systèmes concentrationnaires, d’assassinats politiques et d’incitations à la haine. On ne peut pas comparer un geste de défense avec une agression : la réalisation du programme du FN c’est une agression des libertés, la limitation de la liberté d’expression c’est une conception différente de la liberté.

  • Tolya56
    Tolya56
    Et alors ?
    • Posté à 18h53 le 13/03/2011
    • Internaute 96420
      Et alors ?

    « Sa popularité a quelque chose de commun à celle d’une grande variété de mouvements de gauche, de droite et du centre dans le monde entier. » dit Mr Caldwell.

    C’est quelque chose que j’ai constaté dans mes voyages. Par exemple, en Amérique du Sud, les nationalistes (programmes incluant préférence nationale, restriction à l’immigration, par exemple) sont vus comme des gens de gauche.

  • Féline
    Féline
    fée
    • Posté à 18h57 le 13/03/2011
    • Internaute 111221
      fée

    Article intéressant.

    Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce regard extérieur et dépassionné sur la présidente du FN change des approches partisanes des journalistes français.

    Bien sûr, dessiner un portrait d’un représentant de l’extrême-droite en omettant de lui ajouter des cornes et un trident cela risque de ne pas plaire aux habitués des caricatures de notre presse...

  • pemmore
    pemmore
    geek
    • Posté à 19h18 le 13/03/2011
    • Internaute 121073
      geek

    l’analyse de mr caldwell décortique bien les raisons pour lesquelles beaucoup de Français vont voter le pen, L’ump s’étant couverte de ridicule ,encore cet après-midi le copé sur direct8 le troll !
    Il reste aux autres partis à trouver des réponses pour convaincre les Français de voter pour eux ,pour l’instant on les attend elles viennent pas vite et on a une élection qui arrive. Nos grands partis classiques n’auraient’ils plus rien à vendre ?

  • skardanelli
    skardanelli
    egologue
    • Posté à 00h13 le 14/03/2011
    • Internaute 146519
      egologue

    Cent vingt neuf commentaires sur cet article au moment où j’écris. À lire la plupart, on comprend mieux pourquoi l’auteur pense que, potentiellement, l’extrême droite peut malheureusement l’emporter en France. Ce n’est pas à coup d’anathème et de déni de réalité que les partis démocratiques conserveront le coeur des français. Systématiquement diaboliser le Front National c’est systématiquement diaboliser un large pan de la société française, c’est se fermer a priori à la discussion, c’est laisser le champ libre aux extrémistes sur des thèmes qui agitent les sociétés occidentales en profondeur.
    Pourquoi Marine Lepen bénéficie-t-elle d’une telle popularité débordant largement son électorat naturel ? Cet article propose une explication raisonnable. Les disqualifications du genre : « son journal est un petit torchon d’extrême droite », « il écrit un livre sur l’islamisation de l’Europe », n’apportent rien sur le fond, ne répondent pas aux questions soulevées. Elles sont révélatrices de la justesse du propos exprimé par Christopher Caldwell. Que Marine Le Pen reste l’ennemi, entre autres parce qu’elle ne renie rien, ne change rien au fait que son discours passe aussi bien à droite qu’à gauche.
    Il suffit d’écouter Christine Tasin ou Pierre Cassen pour se convaincre que l’abandon par la gauche de ce qui a longtemps été une partie de son âme a et aura des conséquences incalculables. Ce n’est pas l’extrême gauche qui palliera ce déficit, tout occupée qu’elle est par l’altermondialisme et une alliance stratégique avec le fondamentalisme musulman. La droite n’est pas en reste elle non plus, incapable de relancer la machine économique et incapable de rétablir la sécurité dans les cités difficiles, en dépit de ses coups de jugulaire.
    Tout ceci est tout à fait bien décrit dans cet article et mieux encore dans sa version intégrale.
    On peut ne pas apprécier l’évidente sympathie que l’auteur éprouve pour la dirigeante du FN, son analyse n’en reste pas moins pertinente.

  • Basile1710
    Basile1710
    Etudiant
    • Posté à 12h29 le 14/03/2011
    • Internaute 148373
      Etudiant

    Monsieur le journaliste américain un petit détail quand même : les 55% de français qui ont voté contre la constitution européenne, sont loin, très loin d’être tous des sympathisants FN, et beaucoup de ceux qui ont collé des affiches « NON » en 2005 se sont fait un devoir (et un petit plaisir en passant) d’arracher auparavant celles du FN. Tout le monde n’a pas mis les mêmes idées ni les même valeurs derrière ce « NON » (non à la constitution en passant, pas forcément à l’Europe). Et à cette époque le FN c’est 10% (2004) aux européennes.

  • ge rard
    ge rard
    libre
    • Posté à 13h01 le 14/03/2011
    • Internaute 50781
      libre

    c’est agréable de lire un avis journalistique sans dogme..
    ça peut déranger certains...mais c’est agréable...
    enfin un article qui permet au lecteur de réfléchir par lui même.

  • pierre_luc
    pierre_luc
    ingénieur
    • Posté à 16h57 le 14/03/2011
    • Internaute 135582
      ingénieur

    Bonjour,

    Article intéressant, mais quelque peu réducteur (c’est un euphémisme) sur l’approche des 24 à 55%.

    Cependant il semble qu’un grand nombre de personnes soient tétanisées par ce sondage et ne veulent pas voir la réalité en face.

    Ce résultat de sondage exprime simplement la rejet (justifié) de toute la « clique » politique qui a dirigé le pays depuis 40 ans, pour nous amener là où nous sommes aujourd’hui.

    Le pays est pillé et bradé par nos dirigeants, une minorité se gave, les classe moyennes sont saignées aux quatre veines et on donne l’aumône aux plus pauvres, en espérant qu’ils ne se révolteront pas.

    On privatise tous les services publics et tout cela au bénéfice des mêmes.

    La Droite est déconsidérée, la Gauche a mené la même politique lorsqu’elle a été au pouvoir, n’a aucun programme de rechange crédible, mais propose de donner le droit de vote aux étrangers et d’intégrer l’ensemble des sans papiers, ce qui serait une grave erreur (les verts ont le même projet, ce qui dé-crédibilise leur programme et leur candidature).

    Le « Nabot » renvoie par charters des émigrés qui sont en France depuis des années, travaillent et payent des impôts, c’est pitoyable.

    Tout le pays est en « jus de boudin » : hôpital, justice, prisons, police, scandales politico financiers se terminant par des non lieu, etc., etc. etc.

    Ni la Droite ni la Gauche ne prennent réellement en compte la dimension écologique, ce qui est suicidaire pour le pays et les citoyens.

    Le vote Le Pen est majoritairement un appel au secours, un coup de gueule qui veut dire assez, dehors, on veut autre chose, dehors les guignols, dehors les incompétents, dehors les corrompus.

    L’élection de Madame Le Pen n’apporterait sans doute rien de plus à la situation générale d’incurie du pays (elle n’apporte aucune solution à la majorité des problèmes évoqués précédemment), mais cela provoquerait par contre un cataclysme politique qui mettrait dans la rue tous les prétendus démocrates qui ne respectent même pas les bases démocratique du résultat des urnes, (comme on l’a vu lorsque Le Pen est arrivé au second tour contre Chirac).

    Cela permettrait peut être l’émergence d’un homme providentiel de la trempe d’un De Gaulle, qui remette de l’ordre et de la justice dans le pays, mais c’est un gros risque car cela pourrait aussi mettre en piste un extrémiste taré qui finisse de mettre à mal le peu qui reste de réelle démocratie.

    Salutations.