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09/03/2011 à 15h02

Le Mediator raconté en images à ceux qui ont loupé le début

Owni"
Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

Rue89 et Owni ont développé une application interactive sur le Mediator. Avec « Autopsie d’un tueur », visualisez ce qui a bugué.

Stupéfaits. Même ceux qui sont au plus près du dossier n’en reviennent toujours pas de ce qu’ils ont découvert dans le rapport d’enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) rendu le 15 janvier. Sans mâcher ses mots, il dépeint la faillite d’un système. Celui qui consiste normalement à autoriser et rembourser des médicaments utiles et pas dangereux, à surveiller ses effets secondaires et à les retirer si besoin.

Le fait que le Mediator soit resté sur le marché pendant 35 ans alors qu’il n’aurait jamais dû être autorisé et qu’il ait fait des centaines, voire des milliers de victimes, n’est pas un scandale isolé. D’abord parce qu’il n’est pas le premier du genre. Ensuite, parce que les enseignements du passé n’ont pas été tirés. Servier a réussi à « anesthésier » les acteurs de la chaîne du médicament, écrit l’Igas, ce qui fait que « le doute profite à la firme, pas au malade ».

« Une bureaucratie sanitaire »

Premier sur le banc des accusés, le laboratoire qui devra répondre devant la justice de « tromperie aggravée » et « mise en danger de la vie d’autrui ». Mais derrière, ce sont tous les experts employés tantôt par l’administration tantôt par les labos qui sont en cause. L’Igas écrit :

« L’Afssaps est apparue comme une bureaucratie sanitaire, où personne n’a pu avoir un raisonnement pharmacologique clairvoyant. Une structure lourde, lente, peu réactive, figée. »

Aujourd’hui, les uns et les autres, vont déplorer ce qui aurait dû être fait, comme le professeur Jean-Michel Alexandre, ancien directeur de l’évaluation de l’Afssaps, qui déclare devant la mission d’information de l’Assemblée nationale que pour le Mediator, « l’efficacité n’a jamais été suffisamment prouvée » et estime que les mises sur le marché datant d’avant les commissions d’autorisation de mise sur le marché (AMM) en 1978 manquent de crédibilité ».

Peut-être, mais une fois sur le marché, il aura fallu attendre des décennies pour que les preuves, certaines, de la dangerosité du Mediator soient établies et qu’enfin le médicament soit interdit.


NA ! : « Somniférator »

Entre temps, cinq millions de personnes en ont consommé. L’administration ne s’est donné aucun moyen de suivre les effets secondaires relatés, et la peur d’éventuels contentieux a conduit chaque responsable du système à préférer laisser le médicament sur le marché.

Comment cela a-t-il été possible ? Notre application revient sur toutes les étapes et vous aide à imaginer ce qui doit être réformé.

Dessin de Na !

Publié initialement sur
Owni
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  • SuperCopter
    SuperCopter
    Chômeur (provisoirement durable) (...)
    • Posté à 15h38 le 09/03/2011
    • Internaute 97162
      Chômeur (provisoirement durable) (...)

    Bonjour,
    Bravo pour cette superbe application en images tout en clarté et en humour. Ca change des articles moroses, si ce n’est mortellement ennuyeux par leur manque de style ou de simplicité.
    Je ne peux que vous encourager à recommencer !

  • PF43
    PF43
    cadre fonction publique, enfin (...)
    • Posté à 16h40 le 09/03/2011
    • Internaute 130271
      cadre fonction publique, enfin (...)

    Très intéressant sur le fond et agréable sur la forme, ce diaporama.

    Je relève que les propositions de Xavier Bertrand ne paraissent pas suffisantes. ex :

    - en 1974, le Service central de la pharmacie, (ancêtre de l’agence du médicament et de l’Afssaps) autorise le Mediator sur la base d’études cliniques fournies par Servier....

    Déclaration de X Bertrand : « Il ne doit plus suffire au médicament de prouver un bénéfice supérieur au placebo, il faut que le bénéfice pour le patient soit au moins supérieur aux produits de référence déjà présents sur le marché. »

    Ce qu’on souhaiterait c’est que ce ne soit pas le même laboratoire qui commercialise et qui prouve l’efficacité et l’innocuité de son médicament. (Juge et partie).

    Incidemment, j’ai relevé cette phrase : « en 1999.... le Dr Chiche qui a signalé cette valvulopathie reçoit des appels menaçants d’un cardiologue devenu adjoint au maire de Marseille. »

    ah oui ? Et c’est qui cet adjoint au maire de Marseille, on peut savoir ? ? ? ?

  • JasperM
    JasperM
    Consultant en maîtrise de projet (...)
    • Posté à 18h30 le 09/03/2011
    • Internaute 147804
      Consultant en maîtrise de projet (...)

    Je crois que je me serais passé d’une application interactive pour une fois.

    Même si la présentation est ludique et graphiquement réussie, ce mélange entre les dates et ces retours en arrière m’ont laissé avec le sentiment d’une affaire complexe dont je n’ai pas réussi à intégrer tous les éléments avec clarté.

  • Frijol
    Frijol
    Bonne graine
    • Posté à 18h56 le 09/03/2011
    • Internaute 145136
      Bonne graine

    Merci beaucoup pour l’appli, en effet il y avait un paquet de trucs que je ne saississais pas, c’est tout de suite plus clair !

  • Jerohm
    • Posté à 01h30 le 10/03/2011
    • Internaute 32764

    Très informatif.
    Et en HTML5, pas en Flash.
    Merci !