TRIBUNE 05/03/2011 à 09h56

« La Bella Gente » : quand les belles âmes de gauche donnent la nausée

Philippe Corcuff | Sociologue, anticapitaliste, libertaire, altermondialiste

Explorer les méandres de nos intimités dans leurs connexions avec l’espace politique : peu à gauche le font, trop empêtrés dans les langues de bois d’organisations ou les blablas narcissiquement moralisateurs.

Le « Je lutte des classes » du collectif « Ne pas plier » au cours du grand mouvement social des retraites de l’automne dernier a fort heureusement commencé à faire exploser ces routines.

Un film italien actuellement sur les écrans français, « La Bella Gente » d’Ivano de Matteo, nous offre une exploration au scalpel dans cette perspective. (Voir la bande-annonce)

Le philosophe Maurice Merleau-Ponty notait lucidement en 1947 dans « Humanisme et terreur » :

« Quand on dit qu’il y a une histoire, on veut justement dire que chacun dans ce qu’il fait n’agit pas seulement en son nom, ne dispose pas seulement de soi, mais engage les autres et dispose d’eux, de sorte que, dès que nous vivons, nous perdons l’alibi des bonnes intentions, nous sommes ce que nous faisons aux autres, nous renonçons au droit d’être respectés comme belles âmes. »

Cela n’empêche pas les « belles âmes » de gauche de continuer à étaler jusqu’à l’écœurement leurs « bonnes intentions ». Il n’y a pas que les chemises blanches de BHL ! Dans nos villes et nos campagnes, il y a des tas de petits jabots étincelants d’arrogantes puanteurs et d’hautaines médiocrités.

Deux des personnages principaux du film d’Ivano de Matteo, le couple formé par la psychologue Susanna et l’architecte Alfredo, font partie de ces « belles âmes », incarnant les milieux intellectuels issus de l’antique mouvance communiste italienne en décomposition.

La bonne conscience baigne dans son jus acide

Susanna et Alfredo apparaissent plutôt sympathiques au début : ils ressemblent à certains d’entre nous, ils me ressemblent... Car le film est aussi une invitation à une introspection de nos propres obscurités.

Susanna n’accepte pas de voir une jeune prostituée ukrainienne, Nadja, frappée sous ses yeux, près de leur maison de campagne. Elle entraîne son mari Alfredo dans un geste inhabituel : lui donner refuge.

Ces « belles âmes » ne sont pas de prime abord caricaturées : elles apparaissent même davantage dans l’action que nombre de rhétoriciens ordinaires.

Toutefois, peu à peu, la bonne conscience va se clore sur elle-même et baigner dans son jus acide. Les habitudes sociales vont reprendre le dessus. La composante paternaliste du geste initial va gonfler et le caractère hiérarchique de la relation entre Susanna et Nadja va s’affirmer, par-delà les discours égalitaires.

Les frontières invisibles d’une famille apparemment accueillante vont se révéler infranchissables pour l’étrangère. Les rapports de classe dictent leurs contraintes, malgré les intentions, entre inconscience et demi-conscience.

Le cinéma exprime bien la corporéité de la lutte des classes quotidienne sans avoir besoin de passer par des mots : sens de la supériorité dans le regard et ton de la voix d’un côté, sentiment d’humiliation de l’autre.

Il faudra, partant, se débarrasser le plus vite possible d’une intruse provoquant malgré elle l’intranquillité sociale dans un milieu policé et « progressiste ». Patate chaude humaine qu’on a pourtant été chercher sans qu’elle n’ait rien demandé, entre indignation légitime et besoin plus trouble de consolider une image morale de soi. Image de soi qui prend un sacré coup pour le spectateur au final, mais les personnages continuent pourtant à se la raconter.

Les « gens bien » (traduction française du titre du film) acceptent difficilement d’endosser leur costume de salauds.

Des doutes dans notre boussole morale de gauche

Tous ceux qui ont participé à la transformation de la gauche contemporaine en vague parade moralisatrice pour « belles âmes » (du type : « Oh ! regardez ma bonne conscience comme elle est belle : je suis de gauche ! »), en oubliant la violence des rapports de classe, en prendront pour leur grade.

Mais également ceux qui se croient « révolutionnaires » et/ou « marxistes » parce qu’ils ont lu quelques livres, et qui confondent des références abstraites au « Prolétariat » avec les rapports sociaux concrets, dans lesquels ils sont parfois amenés à jouer le mauvais rôle, comme Alfredo et Susanna.

Le dégoût que nous inspirent, à la sortie de la salle de cinéma, Susanna et Alfredo (si proches !) introduit certes des doutes dans notre boussole morale de gauche. Mais elle ne conduit pas nécessairement au nihilisme et au cynisme.

Prendre au sérieux la fragilité historique, culturelle et sociale des valeurs ne mène pas inéluctablement à l’abandon de repères éthiques, approximatifs, partiels et provisoires, afin de nous aider à nous orienter dans le monde.

Le film d’Ivano de Matteo ne s’adosse-t-il pas lui-même, dans sa portée critique, à un autre humanisme ? Non pas celui sirupeux des « belles âmes », mais un humanisme intégrant les difficultés et les inquiétudes du pari humaniste.

Une spiritualité de gauche ?

C’est également le sentier arpenté par Maurice Merleau-Ponty en philosophie politique, quand il va paradoxalement chercher la figure sulfureuse de Machiavel pour nourrir un humanisme plus exigeant. Car, selon lui, « Machiavel avait raison : il faut avoir des valeurs, mais cela ne suffit pas » (« Note sur Machiavel », 1949).

Il y a aussi les pesanteurs des rapports sociaux, le flux des circonstances historiques, des obscurités dans le rapport à soi et aux autres... L’humanisme se fait inquiétude, et non bonne conscience, au contact des rugosités du réel :

« Si on appelle humanisme une philosophie de l’homme intérieur qui ne trouve aucune difficulté de principe dans ses rapports avec les autres, aucune opacité dans le fonctionnement social, et remplace la culture politique par l’exhortation morale, Machiavel n’est pas humaniste.

Mais si on appelle humanisme une philosophie qui affronte comme un problème le rapport de l’homme avec l’homme et la constitution entre eux d’une situation et d’une histoire qui leur soient communes, alors il faut dire que Machiavel a formulé quelques conditions de tout humanisme sérieux. » (ibid.)

L’humanisme neuneu qui dégouline aujourd’hui à gauche ? C’est précisément une manière reposante de remplacer par « l’exhortation morale » les complications de la politique, à une échelle individuelle et collective.

L’inquiétude humaniste ? C’est un effort incertain pour affronter « comme un problème le rapport de l’homme avec l’homme ».

Le logiciel de l’humanisme de gauche est donc à reconfigurer, profondément. Ne loupez pas « La Bella Gente » dans vos salles d’art et d’essai préférées, afin d’avancer un petit peu dans cette direction, plutôt que de perdre du temps à écouter tel ou tel discours politicien.

Et si la politique retrouvait un lien avec les questions concernant le sens et la valeur de l’existence ? Bref une qualité spirituelle, en une acception non nécessairement religieuse.

Philippe Corcuff vient de publier « B.a.-ba philosophique de la politique pour ceux qui ne sont ni énarques, ni politiciens, ni patrons, ni journalistes » (éditions Textuel, collection « Petite Encyclopédie Critique », en librairie le 5 mars 2011)

Aller plus loin
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  • Vigiepirate
    Vigiepirate
    veille
    • Posté à 10h34 le 05/03/2011
    • Internaute 139171
      veille

    Y a t-il besoin d’un film pour s’apercevoir qu’il existe en France une bourgeoisie de gauche en décalage d’avec le peuple ?

    Joffrin il y a quelques années avait écrit un essai sur le sujet.

    Il notait que si la bourgeoisie de gauche a toujours existé, celle de nos temps contemporains se distinguait de celle de la fin XIX par sa déconnexion d’avec le peuple, l’abandon du rôle d’interface entre l’élite économique et culturelle et le peuple (le « Je veux bien mourir pour le peuple mais je ne veux pas vivre avec. » de Mauriac).

    La bonne conscience honteuse n’est pas non plus l’apanage de cette nouvelle génération.

    Ce qu’il y a de nouveau par contre, est le mépris fondamental que cette élite se prétendant de gauche manifeste par tous ses actes pour ce qui touche au peuple, sa culture, ses aspirations et ses désirs.
    Le peuple est sale, pense salement et doit être guidé par une élite forcément éclairée, lorsqu’il patauge dans l’obscurantisme et le règne de ses pulsions incontrôlables..

    Cette classe s’est rendu avec armes et bagage au camps adverse. A tel point que C Bruni a pu dire sans que la France ne se gondole en quatre, qu’elle était de gauche par toutes ses fibres.. Ca ne choquait pas.
    Faut dire qu’il y avait encore plus oxymorique.

    Il ne reste plus chez elle de la gauche que la pause, étant exactement sur la même ligne que la droite sur le partage des richesses.
    Anti-racisme de façade et libéralité de moeurs sont ses seuls -maigres- caractères distinctifs qui la différencie de la majorité possédante.

    Pour le reste, du Lubéron en riads, et de jet en jet-set, la bourgeoisie a fait son union.

    Ce qui révulse, ce ne sont moins les belles âmes hypocrites, ce qui est insupportable c’est la trahison et le mépris.

    Et il n’y a pire que les frais convertis.

    • albin
      albin répond à Vigiepirate
      • Posté à 13h59 le 05/03/2011
      • Internaute 11837

      Parce que la bourgeoisie de droite ne serait pas en décalage avec le peuple ? Nous sommes tous en décalage avec tout le monde parce que nous vivons en mode « urgence » et stress et l’individualisme n’a pas de couleur politique. Les gens ne vivent en osmose qu’avec leur télé et leur voiture.

      • Complotiste-
        Complotiste- répond à albin
        www.lesouffledivin.wordpress.com
        • Posté à 13h27 le 06/03/2011
        • Internaute 146606
          www.lesouffledivin.wordpress.com

        Tout à fait d’accord. Mais je pense comme l’auteur c’est la bourgeoisie moraliste de gauche bien-pensante qui a préempté notre philosophie pour éviter que l’on se pose les vraies questions sur notre existence et la construction de notre société.
        Ces intellectuels de gauche, trotskistes pour la plupart, qui ont tous fini par virer à droite avec les néo-cons US.

  • eldar
    eldar
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    • Posté à 10h36 le 05/03/2011
    • Internaute 87256
      profil

    « L’humanisme neuneu qui dégouline aujourd’hui à gauche ? C’est précisément une manière reposante de remplacer par “ l’exhortation morale ” les complications de la politique, à une échelle individuelle et collective. »

    ...Ou la propension a remplacer les problemes par des salauds. Il n’y a pas de probleme il n’y a que des salauds.

    Votre texte alambique (meme pour un khagneux) m’a quand meme donne envie de voir ce film.

    • Le_mouton_noir
      Le_mouton_noir répond à eldar
      www.delaservitudemoderne.org
      • Posté à 12h39 le 05/03/2011
      • Internaute 119868
        www.delaservitudemoderne.org

      Bah les salauds sont quand même une bonne partie du problème et malheureusement il y en aura toujours. Il nous reste à trouver un mode de fonctionnement qui puisse nous affranchir de cette contrainte.
      Referendum d’initiative populaire, transparence, surveillance accrue de nos responsables politiques... les idées ne manquent pas mais il n’y a pas assez de types bien pour que ces mesures soient votées.

      • eldar
        eldar répond à Le_mouton_noir
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        • Posté à 14h20 le 05/03/2011
        • Internaute 87256
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        « il y en aura toujours »

        « nous affranchir de cette contrainte »

         
        • Le_mouton_noir
          Le_mouton_noir répond à eldar
          www.delaservitudemoderne.org
          • Posté à 15h26 le 05/03/2011
          • Internaute 119868
            www.delaservitudemoderne.org

          1 - Il y aura tjrs des salauds.
          2 - Il faut donc modifier nos lois pour nous prémunir du danger qu’ils représentent.
          3 - Nous ne pourrons pas modifier nos lois tant qu’ils seront majoritaires parmi ceux qui les votent.

          Il y aura donc tjrs des salauds mais leur proportion parmi nos représentants politiques est bcp plus importante que dans le reste de la population. C’est ce qui pose problème.

          CQFD

          • eldar
            eldar répond à Le_mouton_noir
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            • Posté à 18h50 le 05/03/2011
            • Internaute 87256
              profil

            « CQFD »

            En effet c’est brillant. Je me rejouis d’avoir croise un genie solaire tel que vous. Une nouvelle vie pour la France commence avec votre arrivee sur Rue89.

            • Le_mouton_noir
              Le_mouton_noir répond à eldar
              www.delaservitudemoderne.org
              • Posté à 19h01 le 05/03/2011
              • Internaute 119868
                www.delaservitudemoderne.org

              Je vois... le niveau baisse aussi en khâgne alors.

              • eldar
                eldar répond à Le_mouton_noir
                profil
                • Posté à 21h16 le 05/03/2011
                • Internaute 87256
                  profil

                Les voies du seigneur sont impenetrables.

        4 autres commentaires
  • A déménagé le 9-4-2012
    A déménagé le 9-4-2012
    Explore l'indéterminé
    • Posté à 10h38 le 05/03/2011
    • Internaute 22643
      Explore l'indéterminé

    Très bon article, merci. En effet, le cinéma, en particulier, permet bien de saisir, en se laissant saisir, ce qui se joue entre les corps par-delà les mots. Et ça fait bel et bien sens.

    • A déménagé le 9-4-2012
      A déménagé le 9-4-2012 répond à A déménagé le 9-4-2012
      Explore l'indéterminé
      • Posté à 15h39 le 05/03/2011
      • Internaute 22643
        Explore l'indéterminé

      Hou là, que de nazages ! Les malcomprenants sont de sortie. Je précise mon propos, au vu de la majorité des commentaires : le cinéma permet de poser des questions pertinentes sur ce genre de sujets, en passant par la mise en scène et en images des corps, là où le blablabla de comptoir et d’ailleurs n’agite que du vent (y compris les dialogues trop bavards de certains films, qui n’apportent rien de plus que du discours sur fond de clichés).

  • A déménagé le 25-5
    • Posté à 11h40 le 05/03/2011
    • Internaute 143540
      nc

    Je n’ai pas vu le film, mais dans« La Crise » de Coline Serreau, qui date quand même de 1992, il y a quand même une scène d’anthologie avec Michou, qui démontre bien que ça dégouline depuis fort longtemps....

    • Orientaliste
      Orientaliste répond à A déménagé le 25-5
      intermittent de la recherche
      • Posté à 12h05 le 05/03/2011
      • Internaute 73107
        intermittent de la recherche

      C’est vrai qu’entre « le racisme c’est mal » d’une bourgeoisie qui ne se mélange pas et « les arabes c’est tous des salauds...sauf mon copain Mohammed, et sa soeur et mes potes du boulot, etc. » Le film de Coline Serreau montrait une certaine réalité dérangeante.
      Tous les gens de gauche ne sont pas les gentils et tous les « gros cons de droite » (spéciale dédicace à Hulk) des monstres sans cœur. La lutte des classes, c’est ceux qui en parlent le moins qui la nourrissent le plus.

      • pablico
        pablico répond à Orientaliste
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 12h57 le 05/03/2011
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        être raciste n’est ni de droite ni de gauche,
        être humaniste n’est ni de droite ni de gauche,
        AVOIR UNE BELLE ÂME, n’est ni de gauche ni de droite

        on a tout mélangé, avec les vieilles lunes anachroniques de ce qu’à développé l’urss.. et ce qu’ils ont appelé le communisme, ou les divers communisme.

        comme il y a plusieurs capitalismes.. qui part de notre sociale démocratie avec les états providence(capitalisme/social), en passant par des capitalismes sans humanisme, et va à l’autre bout au communisme/capitaliste (le plus fort, le plus productif, le plus efficace) de la Chine.

        toujours il y a eu deux tendances, la tendance conservatrice, et une tendance progressiste...
        et l’on a mélangé cela avec de la politique..

        tout n’est pas NOIR, tous n’est pas BLANC, mais il y a le parti du COEUR ou des belles ÂMES

        ce parti sans idéologie...devrait exister officiellement avec des statuts, pour challenger les autres.

         
        • Orientaliste
          Orientaliste répond à pablico
          intermittent de la recherche
          • Posté à 14h15 le 05/03/2011
          • Internaute 73107
            intermittent de la recherche

          Entièrement d’accord. Mais je préfère le gros raciste repenti, qui s’aperçoit que ses voisins maghrébins, noirs, asiatiques, etc. sont des gens biens finalement par ce qu’il vit avec eux, plutôt que le bobo bien pensant qui, comme le dit bien l’article, reste condescendant, sûr de sa conscience.
          Les belles-âmes autoproclamées, je m’en méfie un peu.
          Après, de droite, de gauche...la définition de ces distinctions m’échappe de plus en plus.

        • Eremitage
          Eremitage répond à pablico
          Mister Nobody
          • Posté à 15h53 le 05/03/2011
          • Internaute 137099
            Mister Nobody

          Je ne peux qu’abonder dans votre sens Pablico.

          Merci

        2 autres commentaires
    • Féline
      Féline répond à A déménagé le 25-5
      fée
      • Posté à 12h17 le 05/03/2011
      • Internaute 111221
        fée
      • outsider34
        outsider34 répond à Féline
        desamuse
        • Posté à 12h36 le 05/03/2011
        • Internaute 143239
          desamuse

        merci, je ne connaissais pas.

      • A déménagé le 25-5
        • Posté à 16h17 le 05/03/2011
        • Internaute 143540
          nc

        Ce film est vraiment rigolo.

        c’est une cinéaste que j’aime bien, et elle semble boudée.
        Finalement, les films de Chabrol ont quand même vieilli, et « La Crise » met le doigt sur tous les sujets de société d’aujourd’hui, et ses caricatures sont toujours valables.
        Il y a aussi le film « Saint Jacques La Mecque » qui est chouette.
        Ce que j’aime chez elle, plus que la dénonciation des dames patronesses de gauche, c’est qu’elle reste optimiste et tendre.

        J’arrête on va me trouver mémère... ;)

      • sûrderien
        sûrderien répond à Féline
        paresseux
        • Posté à 10h26 le 06/03/2011
        • Internaute 35914
          paresseux

        merci , mais aurais-tu la tirade de Pacôme , où elle annonce qu’elle se tire ?

    • LienRag
      • Posté à 21h28 le 05/03/2011
      • Internaute 34767

      Pas vu « la Crise » non plus, mais c’est déja le sujet de « La Cérémonie » de Chabrol non ?

      • A déménagé le 25-5
        • Posté à 23h14 le 05/03/2011
        • Internaute 143540
          nc

        « La Crise », c’est plus fun, plus jeune, plus populaire et sans prétention : c’est avant tout une comédie.

        Il y est bien aussi question de racisme social, mais au passage, comme ça, sous forme de sketch...

        On s’identifie plus que chez Chabrol, parce que pour apprécier le charme désuet de la bourgoisie de province, faut un peu aimer l’histoire quand même.

        et pis y’a personne qui meurt à la fin ;)

        On dira que c’est moins sérieux, mais pas plus faux pour autant, en tout cas pour moi : plus visionnaire.

  • VickingJack
    VickingJack
    caressotherapeute bénévole
    • Posté à 12h03 le 05/03/2011
    • Internaute 96126
      caressotherapeute bénévole

    D’autan plus que cette « gauche » fait une place de choit aux discours de Zemour et compagnie. « Regardez comme ils sont hypocrites et ne comprenne pas la réalité ». Bref un discours qui parait plus sensé par manque de contradiction valable.

    • lisen
      lisen répond à VickingJack
      chercheuse
      • Posté à 12h44 le 05/03/2011
      • Internaute 146227
        chercheuse

      pas d’accord, ce n’est pas cette gauche là qui défend la liberté d’expression totale, cette gauche là est toujours la première à condamner et s’indigner bourgeoisement en faisant de son côté ses petits arrangements avec la morale dans la touffeur de ses alcôves... des discours très radicaux, toujours très politiquement correctifs, des actes plus que limite...

  • Le_mouton_noir
    Le_mouton_noir
    www.delaservitudemoderne.org
    • Posté à 12h11 le 05/03/2011
    • Internaute 119868
      www.delaservitudemoderne.org

    DSK fait-il une apparition dans ce film ?

  • Joelp
    Joelp
    Curieux
    • Posté à 12h27 le 05/03/2011
    • Internaute 68019
      Curieux

    Quand on fait partis des privilégiés, vaut-il mieux être de droite en assumant un vrai cynisme en matière sociale ou être de gauche en assumant une vraie hypocrisie. J’hésite !

    • beaulande
      beaulande répond à Joelp
      Des nuées de sens
      • Posté à 13h26 le 05/03/2011
      • Internaute 115981
        Des nuées de sens

      Je préfère de loin le cynisme à l’hypocrisie, mais de là à être de droite, je ne peux pas.
      Il n’y a pas de choix idéal, peut être devrions nous le réinventer ?

    • Eremitage
      Eremitage répond à Joelp
      Mister Nobody
      • Posté à 16h00 le 05/03/2011
      • Internaute 137099
        Mister Nobody

      Je pense que j’aurais été de gauche de moi,tout en essayant autant que faire se peut de gommer tant bien que mal ces contradictions.

      Par contre,financièrement,hein,faut pas déconner !

       : D

  • lisen
    lisen
    chercheuse
    • Posté à 12h40 le 05/03/2011
    • Internaute 146227
      chercheuse

    Je vais vous raconter une jolie expérience de ce type que j’ai vécue dans mes très jeunes années.

    Baby sitter chez des bobos intégraux , dont l’un était un fameux caricaturiste d’un journal de gauche extrêmement connu ( ça me fait toujours marrer de voir ses super dessins toujours très moralisateurs maintenant) . J’avais 17 ans, et je ne connaissais rien à mes droits, pas encore éduquée et issue d’un milieu qui ne se défend pas.

    Je n’étais pas déclarée et j’étais payée 35 francs de l’heure (le smic était à 50 francs à l’époque) .

    J’étais étudiante , mais ça n’empêchait Madame de rentrer à 3 heures du matin (empestant l’alcool) sans même prendre la peine de me passer un coup de fil pour me prévenir, sachant que j’avais cours le lendemain.

    Le temps passant les abus devenaient de plus en plus fréquents, on me demandais de faire la cuisine à Monsieur, et de le servir quand il travaillait, les taches ménagères venaient se greffer tout naturellement à la garde des enfants, passer la serpillère, vider le lave vaisselle, m’occuper des culottes sales de Madame.

    Au bout d’un moment j’ai commencé à me réveiller et à rétorquer des « c’est pas mon boulot », des « une femme de ménage c’est 80 francs de l’heure », ou même « puisque vous êtes là, je vais vous laisser vous occupé de la crotte que votre fille a faite dans son pantalon » .

    Bref très vite je n’ai plus fait l’affaire, 50 heures de travail par semaines payées 35 francs l’heure, sans charge sociale n’étaient pas encore assez, du coup au premier retard j’ai été congédiée, en m’expliquant que dans le droit du travail, un retard pouvait constituer une faute lourde, et que ce n’était par conséquent pas la peine de rêver que les prud’hommes puissent m’aider en quoi que ce soit...ILs ne m’ont jamais payé mes derniers jours de travail, non plus (faut pas pousser mémé un retard d’un quart d’heure ,une fois ,est la marque ultime de l’infamie et de l’irresponsabilité, ça justifie la perte d’une semaine de salaire)

    A ma place ils ont pris une africaine sans papiers, dans les mêmes conditions, qui acceptait probablement de leur nettoyer leurs culottes, et probablement en plus ça faisait moins bourgeois snobinard , et plus universaliste qu’une petite étudiante blanche et revêche...

    • beaulande
      beaulande répond à lisen
      Des nuées de sens
      • Posté à 13h28 le 05/03/2011
      • Internaute 115981
        Des nuées de sens

      un nom ! un nom !

      • lisen
        lisen répond à beaulande
        chercheuse
        • Posté à 13h39 le 05/03/2011
        • Internaute 146227
          chercheuse

        Pas l’énergie ou les tunes pour un procès en diffamation ... un magazine qui porte le nom d’une jolie femme éprise de liberté, et je n’en dirais pas plus.

         
        • inspecteur crouton
          inspecteur crouton répond à lisen
          troll de tram
          • Posté à 14h15 le 05/03/2011
          • Internaute 118828
            troll de tram

          Zut. Comme on le lit déjà pas, on peut pas résilier son abonnement.

        1 autres commentaires
    • sûrderien
      sûrderien répond à lisen
      paresseux
      • Posté à 11h55 le 06/03/2011
      • Internaute 35914
        paresseux

      Lisen , es-tu sincère ? Ou bien une taupe du service agitprop sarkoziste ?

      • lisen
        lisen répond à sûrderien
        chercheuse
        • Posté à 12h25 le 06/03/2011
        • Internaute 146227
          chercheuse

        hahaha ! oui je suis sincère c’est du vécu. Désolée de te faire descendre de ton petit nuage sur lequel tout le monde est gentil à partir du moment ou il dit des trucs gentils...on peut avoir acheté son super loft à Montreuil, habiller ses filles à l’armée du salut, manger bio , avoir plein de copains black et rebeus, et devenir le pire enfoiré du monde quand il s’agit de payer la baby sitter ! ( et puis tu sais quand on défend les sans papiers c’est normal de leur donner du travail, et donc de ne pas les déclarer, on fait une bonne action en somme, et on s’en fout si finalement ça nous permet surtout de payer moins cher)

        j’ai fait beaucoup de baby sitting après ça, et ma famille préférée était de gauche aussi. Des gens formidables et pas du tout hypocrites.

        Il y a eu des familles de droite aussi, et aussi très honnêtes, cathos et tout le tralala, mais mes fiches de payes étaient réglo et les rapports tout à fait respectueux.

        Bref tout ça m’a appris qu’on juge les gens avant tout à leurs actes, (la façon de traiter les domestiques est très révélatrice) et moins à leurs propos.

    • Tango
      Tango répond à lisen
      Paysan et Parisien
      • Posté à 15h19 le 07/03/2011
      • Internaute 49230
        Paysan et Parisien

      J’ai vérifié vos chiffres (quand même) , et ils semblent (à une exception prés) tout à fait plausibles, et c’est vrai que pour du travail au noir, ca fait pas trés cher payé. Si vous aviez été déclarée j’aurais dit que c’était honnête.

      (Par contre avez vous bien dit : 50 heures par semaine ? N’exagérez vous pas un peu sur ce point la. Cela veut dire que vous y passiez 7 heures par jour ! 7 jours sur 7. C’est ce détail qui ne me parait pas réaliste. Possible, mais c’est surprenant)

      Il est vraiment dommage qu’ à l’ époque vous n’ayez pas eu un téléphone portable pour enregistrer discrétement les conversation.

      • lisen
        lisen répond à Tango
        chercheuse
        • Posté à 17h44 le 07/03/2011
        • Internaute 146227
          chercheuse

        si 50 heures par semaines, ça se fait vite ! Le mercredi de 08 : 30 à 23 : 00 voir 03 : 00 du mat parfois.
        Tous les soirs à partir de 16 : 30, là aussi parfois jusqu’à 03 : 00 du mat, les samedis soirs, sisi c’était de la folie. Quand je m’endormais sur le canapé du salon , je me prenais une reflexion, elle inspectait chaque poile à frire, je ne faisais jamais à manger comme il fallait , enfin bref la totale...
        Je n’ai jamais voulu nuire pour autant, aucun interet. Et j’aimais bien les momes. ça n’empeche pas d’avoir du talent.

  • Téel
    Téel
    ni de gauche, ni de droite... (...)
    • Posté à 13h23 le 05/03/2011
    • Internaute 128037
      ni de gauche, ni de droite... (...)

    « L’humanisme neuneu » est dans le pire des cas quelque chose de juste risible, pas de quoi en faire un tram. À la limite, peut-on tout juste se moquer gentiment de la naïveté de ceux qui la défendent avec tant de virulence ; car ne sont-ce pas des valeurs que nous sommes tous sensés partager ?

    Le problème est qu’aujourd’hui « bien pensant » est devenu la caricature de ceux qui s’opposent à une idéologie dont les valeurs sont profondément anti-humanistes. Ainsi, lorsqu’on critique le libéralisme destructeur, se fait-on taxer de « bisounours » ou de « bien-pensant », des espèces d’irresponsables naïfs et grotesques qui ne voient pas la réalité en face, par une catégorie de gens qui ne peut PAS se reconnaitre dans ses mêmes valeurs, mais qui ne peut l’avouer.

    « Bien pensant » c’est un peu le point Godwin du débat idéologique.

    • A déménagé le 25-5
      • Posté à 13h58 le 05/03/2011
      • Internaute 143540
        nc

      Non l’humanisme neuneu, ce n’est pas juste risible, il en dit long sur le mépris des petites gens, et de qui il croit qu’elles sont, et sur son ignorance.

      C’est genre, le type qui est dans ma voiture, avec la panoplie complète du parfait mec de gauche, il lit Rue 89, je le raccompagne dans le centre ville, je sors de l’autoroute, on rentre dans la ville, par la périphérie, comme il se doit, et on va passer devant chez moi, mais il ne le sait pas : et là il me sort :

      « Mais tu verrouilles pas les portières quand même ? »
      Ce type est mort de trouille.

      là je fais soft... je continue ?

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 13h27 le 05/03/2011
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Ça c’est le genre de très bon sujet dans le cinéma qui a produit d’excellents films à toutes les époques..

    - Boudu sauvé des eaux de Jean Renoir
    -Théorème de Pier Paolo Pasolini
    -La Cérémonie de Claude Chabrol
    Et plein de films de Bunuel et autres , un vrai cinéphile pourrait surement compléter la liste ..

    Si celui la est bien réactualisé pour la société d’aujourd’hui , ça doit être à voir, effectivement..

  • survivant
    • Posté à 13h27 le 05/03/2011
    • Internaute 25864

    C’est intéressant de se pencher sur la lutte des classes ; mais, votre pensée est très incomplète. Permettez moi, de rajouter ceci.

    La lutte des classes est la partie submergée de l’iceberg du système capitaliste. Car, sans lutte des classes, plus de sots travailleurs.

    La lutte des classes sert d’enfumage pour que les êtres humains deviennent de bons petits esclaves de ce système capitaliste.
    Dès la naissance, et ce, jusque la mort ; l’humain n’a qu’une seule pensée : s’affirmer socialement, tant sur le plan matériel, que sur le plan intellectuel.

    Or, ce système hiérarchisé et basé sur la compétitivité, détruit tous les sentiments humains ainsi que les fondamentaux d’une vie en société.
    L’humain est devenu un individualiste et ne reconnaît plus son semblable comme un semblable ; mais comme un ennemi, et un concurrent du jeu infernal du système capitaliste qui consiste à « marcher ou crever ».

    Mais revenons au film.

    Un autre film du même genre réalisé par Agnès Varda sorti en 1985 ramenait les pieds sur terre. Il s’agissait du film « sans toit ni loi ».
    C’est avec ce genre de film qui donne les clés de la conscience, que l’humain peut se rendre compte de sa minable vie.
    Car, lorsque l’humain, qui jusque là, vivait comme un bon petit soldat, rencontre une personne libre et décide dans sa bonne conscience réceptrice d’un endoctrinement religieux au service du système capitaliste qui susurre dans l’oreille tout au long de la vie : « il faut aider son prochain » car, cela lave les pêchés et toutes les saloperies que l’humain aura commit dans sa putain de vie. Ainsi, les salauds sont prêts pour le grand voyage vers le paradis, où, machin les attends avec sa grosse voix et sa houlette pour leur demander des comptes sur leur passage sur terre. Attention ! La décision de machin est sans appel : Trop salaud : c’est l’enfer. Moyennement salaud : c’est le jardin d’éden.

    Donc, en rencontrant une personne libre, l’humain, qui pensait que tout le monde était con comme un manche à balai et jaloux comme un pou. Soudain, il s’aperçoit que l’être libre en à rien à foutre de son petit confort et de ses histoires de cul.

    C’est alors, qu’une métamorphose peut s’opérer (pas toujours, hélas !) dans la tête de l’humain qui s’auto analyse et prend conscience de la réalité de sa misérable vie.

    De ce fait, l’humain ne devient plus jaloux de son voisin qui a réussit à se hisser socialement dans la vie. L’humain devient jaloux de ces gens libres ; car, lui n’a jamais connu la liberté. Il se rend compte que la liberté est la clé des chaînes qui le libère de l’esclavagisme.

  • Carlos Carnaval
    Carlos Carnaval
    Etudiant
    • Posté à 14h44 le 05/03/2011
    • Internaute 83800
      Etudiant

    Il fut un temps ou certaines organisations politiques ne se réclamaient pas « de gauche », mais « de classe ». Et ça changeait beaucoup de choses.

  • Ruski
    Ruski
    Gracchus
    • Posté à 15h05 le 05/03/2011
    • Internaute 50606
      Gracchus

    L’enfer est pavé de bonnes intentions.
    Machiavel avait raison, comme Nietzche et comme Sade.
    « Les belles âmes » : écoutez les en ce moment hurler avec les loups : « Kadhafou ! »
    Personne n’a jamais rien fait de grand avec de « bonnes intentions ».
    « Simulateur, et dissimulateur. Les hommes sont si simples que celui qui trompe trouveras toujours qui se laissera tromper “… Nicolas Machiavel.
    ‘La haine s’acquiert autant par les bonnes œuvres que par les mauvaises.’ Nicolas Machiavel.
    Lien

    • lisen
      lisen répond à Ruski
      chercheuse
      • Posté à 11h19 le 06/03/2011
      • Internaute 146227
        chercheuse

      ET je vous renverrez à ce grand psychologue social de l’école de Palo ALto, Watzlawick et à son livre exceptionnel « comment réussir à échouer » . Une illustration ébouriffante de la façon dont les pires fascismes, sont tous nés de la promotion d’une idée, destinée à garantir « le “Bien” total et universel » ...

      • Ruski
        Ruski répond à lisen
        Gracchus
        • Posté à 16h20 le 06/03/2011
        • Internaute 50606
          Gracchus

        (((-)))

  • KIKI21000
    KIKI21000
    retraité
    • Posté à 16h20 le 05/03/2011
    • Internaute 53190
      retraité

    Si pour bricoler on peut avoir 2 mains gauches, en politique bourgeoise il n’y a que des droites, plus ou moins injustes, qui ont le pouvoir/ Mettre le patron du fmi à la tête de la France, c’est porté à la tête de l’état le dirigeant cautionnant l’austérité dans les états en difficulté : Grèce, Espagne etc...
    Alors la gôche et la droite sont porteurs d’inégalité, rare sont ceux qui votent pour un programme mais contre l’« autre ».une fois dans la place qui se remet en question ?
    Tant qu’il n’y aura pas de contrôle citoyen des élus, il n’y aura pas de véritable démocratie.
    Sans oublier le copinage et le népotisme.

  • KIKI21000
    KIKI21000
    retraité
    • Posté à 16h20 le 05/03/2011
    • Internaute 53190
      retraité

    Si pour bricoler on peut avoir 2 mains gauches, en politique bourgeoise il n’y a que des droites, plus ou moins injustes, qui ont le pouvoir/ Mettre le patron du fmi à la tête de la France, c’est porté à la tête de l’état le dirigeant cautionnant l’austérité dans les états en difficulté : Grèce, Espagne etc...
    Alors la gôche et la droite sont porteurs d’inégalité, rare sont ceux qui votent pour un programme mais contre l’« autre ».une fois dans la place qui se remet en question ?
    Tant qu’il n’y aura pas de contrôle citoyen des élus, il n’y aura pas de véritable démocratie.
    Sans oublier le copinage et le népotisme.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 17h12 le 05/03/2011
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro
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