A la une 24/02/2011 à 18h30

Affaire Laëtitia : l'humiliation de trop des directeurs de prisons

Charlotte Chabas | Journaliste


La maison d’arrêt de Fresnes, mai 2009 (Audrey Cerdan/Rue89).

Pour beaucoup d’entre eux, c’était la première fois. Mercredi, tout près du ministère de la Justice, une petite centaine de directeurs de services pénitentiaires manifestaient en silence. Le 17 février, leur confrère rennais, victime collatérale de l’affaire Laëtitia, a été démis de ses fonctions par le garde des Sceaux.

« Quand on laisse sortir de prison un individu comme le présumé coupable sans s’assurer qu’il sera suivi par un conseiller d’insertion, c’est une faute. Ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute seront sanctionnés, c’est la règle. »

Le 3 février, alors que le corps de Laëtitia n’a pas encore été retrouvé, Nicolas Sarkozy fait cette promesse de punition à l’opinion publique. Deux semaines plus tard, les enquêtes sur le suivi du meurtrier présumé Tony Meilhon désignent les fautifs. Ce ne sont ni les policiers, ni les magistrats, mais les services pénitentiaires d’insertion et de probation (Spip). C’est donc l’administration pénitentiaire qui est montrée du doigt.

Aux directeurs de services pénitentiaires, l’enquête reproche un manque de coordination. Une provocation, pour Chantal – le prénom a été changé –, directrice de prison depuis plus de quinze ans.

« En 1999, le ministère a décidé de fusionner en un seul service les suivis “dans la prison” et “après la prison”. A aucun moment, nous n’avons eu les moyens de faire cette réforme [fichier PDF]. »

« Des lois tous les quatre mois » et un budget serré

Les directeurs des 186 établissements pénitentiaires sortent rarement de leur silence. Leur dernier mouvement de protestation, c’était il y a vingt-cinq ans. Ces cinq dernières années, le rythme des nouvelles mesures a explosé.

« On nous pond de nouvelles lois tous les quatre mois. Sans savoir si les précédentes ont un effet positifs ou non. »

Claude – le prénom a été changé – est physiquement et moralement épuisé. Méfiant vu le climat actuel, il préfère garder l’anonymat, pour « éviter de servir de bouc émissaire ».

Dans l’administration pénitentiaire depuis vingt-trois ans, il a été promu directeur en 2006. Une responsabilité qu’il compare à un rôle de maire, à la tête d’une « cité miniature ». Les prisonniers, il les appelle les « clients ».

« La difficulté du métier, c’est qu’on nous demande de palier tous les maux de la société. Il faut refaire le travail de la famille, de l’école, du processus social. Tout ça avec des contraintes budgétaires très strictes. »

L’argent reste le nerf de la guerre. La formation de deux ans est d’ailleurs de plus en plus axée sur la gestion économique. Avec des effectifs réduits, des budgets serrés, des personnels de moins en moins formés, les directeurs traquent la moindre économie :

« On est obligés de faire des choix. C’est souvent risqué. Moi, c’était la chaudière. Normalement, on la change tous les quatre ans. Pour faire des économies, j’ai dû repousser. Ça a fini par péter, un vendredi soir quand il faisait -2° C dehors. »

L’humain ou le chiffre. Le dilemme revient souvent quand on parle de justice. Dans les services pénitentiaires, le constat est le même. En 2010, une trentaine de directeurs ont préféré changer de fonction, selon les syndicats.


Une affiche pour le recutement des surveillants pénitentiaires (Audrey Cerdan/Rue89).

« Une défiance immédiate » qui sape leur autorité

Sacrifié à la vindicte publique, le directeur interrégional des services pénitentiaires rennais a été démis de ses fonction. L’an passé, deux de ses collègues avaient déjà servi de fusibles.

Voir le document

(Fichier PDF)

Les dix directeurs interrégionaux ont rédigé en début de semaine une lettre, à l’intention du ministre de la Justice, Michel Mercier. Ils y rappellent les principes de leur « métier complexe » :

« [...] le message qui nous est adressé au travers de la mesure prise à l’égard de notre collègue est celui d’une défiance immédiate et d’une mise en cause sans nuance.

Nous ne nous considérons plus en mesure d’exercer notre autorité. »

Place Vendôme, la délégation des DSP a été reçue par le directeur de cabinet du ministre de la Justice. Michel Mercier, lui, était en déplacement à Nantes, pour évoquer les suites de l’affaire Laëtitia. Une ultime provocation, pour Claude :

« C’est une erreur politique, la meilleure manière de nous dire : “Vous n’existez pas.” Nous sommes un corps de métier discret par définition, plutôt serviteur de l’Etat. Mais si on continue de nous humilier comme ça... »

Il préfère laisser sa phrase en suspens. Comment montrer le mécontentement d’une profession qui rassemble à peine cinq cent personnes ? Gripper la machine judiciaire ? Laisser s’échapper les prisonniers ?

« Tant que l’opinion publique ne connaît pas notre travail, toutes nos actions seront perçues comme irresponsables. »

Trouver les fautifs d’un fait divers sordide, et administrer des
« sanctions ». Cette règle, les directeurs de services pénitentiaires la
connaissent pourtant bien. Mais le fossé entre le ministère et la
profession ne cesse de se creuser.

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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 18h48 le 24/02/2011
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    le bouc émissaire, la tête de turc, la bête expiatoire.. c’est vieux comme le monde...cela est un mécanisme qui a toujours existé depuis le début du monde des humains...

    QUID du face bouc émissaire des révolutions nouvelles ?

    il ne reste plus qu’à créer « face tête de turc » et face « bête expiatoire » et le monde nouveau prévu par les maya... sera là... regardez bien les événements se déchainent et vont de plus en plus vite... comme ils l’ont prévu soit disant..

    (ironie) j’y crois pas, je déconne..

    • lancetre
      lancetre répond à pablico
      • Posté à 21h43 le 24/02/2011
      • Internaute 18658

      Une seule solution : une CELLULE de suivi psychologique !

      Plus sérieusement, ne pas oublier la cerise sur le gâteau : ce directeur de prison, réputé responsable d’une faute grave, serait recasé...dans les services d’inspection !

      Il serait donc à présent chargé d’évaluer le travail des autres...

      Plus la moindre tentative pour sauver, ne serait-ce qu’une apparence de rationalité.

      Cette fois, nous sommes, pour de bon, au royaume du père Ubu.

      A la trappe ! A la Trappe ! Par ma chandelle verte !

      L’action se passe au sarkozistan, c’est-à-dire nulle part...

       : -)))

    • contrarius
      contrarius répond à pablico
      poil a gratter
      • Posté à 01h16 le 25/02/2011
      • Internaute 79218
        poil a gratter

      Quand c’est le plus bas de l’échelle qui morfle, ils font grève en solidarité des fonctionnaires de catégorie C...........

  • Grande Anse
    Grande Anse
    Homme sans qualité
    • Posté à 18h46 le 24/02/2011
    • Internaute 143691
      Homme sans qualité

    Moralité, dans la fonction publique, il vaut mieux vaut être un diplomate calamiteux maintenu par le prince qu’un directeur de prison. Simple, non ?

  • alaminos
    alaminos
    inventeur d'eau chaude
    • Posté à 18h49 le 24/02/2011
    • Internaute 103917
      inventeur d'eau chaude

    Ce gouvernement est franchement trop laxiste avec les tauliers. Au mexique ils sont plus expéditifs :
    « Des sacs en plastique (...) avec des restes correspondant à celui qui portait de son vivant le nom de Luis Navarro ont été retrouvés », a dit le parquet dans un communiqué, en allusion au directeur de la prison d’Atlacholoaya, dans l’Etat de Morelos. »

  • Unglorious worker
    Unglorious worker
    sceptique à temps partiel
    • Posté à 18h49 le 24/02/2011
    • Internaute 89331
      sceptique à temps partiel

    Dons si je comprend bien dans l’affaire Lætitia : un suspect dénommé Tony Meilhon est déclaré coupable par notre président de la république sans être jugé. Et un fonctionnaire de l’administration pénitentiaire qui aurait peut être laissé sortir la dite personne sans prendre les éventuelles précautions nécessaires est de ce fait lui aussi jugé coupable et démis de ses fonctions.
    Au passage employons bien correctement sur la présomption d’innocence....

    Coupable d’être présumé coupable d’avoir failli à ses obligations envers un présumé coupable.

    Envie de gerber tiens !

    • Brfxxccxxmnp
      Brfxxccxxmnp répond à Unglorious worker
      Lycéen aigri.
      • Posté à 18h57 le 24/02/2011
      • Internaute 145921
        Lycéen aigri.

      Sans vouloir retourner le couteau dans la plaie, tu oublies de préciser que notre président (qui, au passage retourne sa veste en changeant de coupables bien rapidement à mon goût) à fait des études de droit, et est censé être qualifié pour parler de justice.

      (Tiens, tu peux garder mon sac à vomi, je sens qu’il va servir d’ici peu.)

      • Unglorious worker
        Unglorious worker répond à Brfxxccxxmnp
        sceptique à temps partiel
        • Posté à 19h04 le 24/02/2011
        • Internaute 89331
          sceptique à temps partiel

        ...et qu’il est (censé être) le gardiens des institutions et le garant de leur bon fonctionnement...

        Grossier mais tant pis : je n’ai pas de sac à vomis personnellement mais nous avons tous un beau sac à m.... collectivement, c’est déjà ça !

         
        • Oister
          Oister répond à Unglorious worker
          Soldat inconnu.
          • Posté à 22h10 le 24/02/2011
          • Internaute 46248
            Soldat inconnu.

          A l’ump, sac à vomi se dit : » Jean François Coppé ».

        1 autres commentaires
      • Philippe Leclercq
        Philippe Leclercq répond à Brfxxccxxmnp
        dilettante
        • Posté à 01h02 le 25/02/2011
        • Internaute 64790
          dilettante

        Il a dû faire ses études de droit par correspondance pendant une grève de la poste, le Sarkoléon !

  • Brfxxccxxmnp
    Brfxxccxxmnp
    Lycéen aigri.
    • Posté à 18h53 le 24/02/2011
    • Internaute 145921
      Lycéen aigri.

    Les dirigeants feraient mieux d’améliorer les prisons, avec toutes leurs magouilles, et s’il-y-a une justice, ils finiront par s’y retrouver.

  • Brfxxccxxmnp
    Brfxxccxxmnp
    Lycéen aigri.
    • Posté à 18h54 le 24/02/2011
    • Internaute 145921
      Lycéen aigri.

    EDIT : Double post.

  • pilou44
    pilou44
    chomeur
    • Posté à 18h54 le 24/02/2011
    • Internaute 145221
      chomeur

    « On nous pond de nouvelles lois tous les quatre mois. Sans savoir si les précédentes ont un effet positifs ou non. »
    Et la plupart ne sont même pas promulguées... Le principal c’est de faire comme si on s’agitait... De la mousse, de la mousse...

    • A déménagé le 13-10-11
      A déménagé le 13-10-11 répond à pilou44
      non connu
      • Posté à 19h29 le 24/02/2011
      • Internaute 29372
        non connu

      Ah, évolution et modernité du droit :

      Avant il y avait la LOI, ensuite on a inventé - anglicismes et management oblige - la SOFT LAW et voici qu’arrive la FAKE LAW ; normal, on est à l’ère d’internet ... et de la communication !

    • BePhoenix
      BePhoenix répond à pilou44
      Révolté
      • Posté à 19h46 le 24/02/2011
      • Internaute 81721
        Révolté

      Par exemple la loi, votée a l’unanimité en 2007, qui faisait suite a l’affaire d’Outreau et qui devait permettre qu’un tel gâchi n’arrive plus jamais.

      4 ans plus tard, toujours pas mise en œuvre...

      Ce qui n’empêche pas Sarkozy, avec une hypocrisie qui dépasse l’imagination, de remettre cette affaire sur le tapis pour taper sur les magistrats.

      • Blue_tail_fly
        Blue_tail_fly répond à BePhoenix
        Dans l'Air du Taon
        • Posté à 22h59 le 24/02/2011
        • Internaute 123618
          Dans l'Air du Taon

        Oui, certains ont encore les moyens de faire des lois pour ceux qui n’ont plus les moyens de les appliquer. Désolé de remettre encore un poncif shadokien, mais c’est comme un shadok qui continuerait de pédaler alors que sa bicyclette aurait perdu ses deux roues.

        .

         
        • supertoto
          supertoto répond à Blue_tail_fly
          post-doc expatrié
          • Posté à 02h17 le 25/02/2011
          • Internaute 100724
            post-doc expatrié

          Je pompe donc je suis

          C’est une citation de Monica Lewinski ?

        2 autres commentaires
      • simplementhumain
        simplementhumain répond à BePhoenix
        marche ou crève ...
        • Posté à 19h59 le 25/02/2011
        • Internaute 143812
          marche ou crève ...

        Je suis d’accord avec vous sur le theme de l’hypocrisie ... mais malheureusement je ne peux rien dire. Qu’est ce que j’ai envie de balancer ce que je sais ... Il y a déjà eu un précédent à l’affaire Laetitia, l’année derniere, en décembre plus précisement et comment dire : est ce le destin, j’ai rencontré une personne qui s’est fait censuré et a beaucoup de chose a dire sur toutes cette hypocrisie. Quand je la vois, j’ai mal au coeur pour elle ... J’ose même pas abordé le sujet avec elle, et le peu que j’ai appris m’a donné la nausée et une profonde révolte... Qui a un sac pour vomir svp ?

    • Blue_tail_fly
      Blue_tail_fly répond à pilou44
      Dans l'Air du Taon
      • Posté à 22h44 le 24/02/2011
      • Internaute 123618
        Dans l'Air du Taon

      « ... Le principal c’est de faire comme si on s’agitait.. »

      C’est ce qu’ont dit les conseillers en communication au guignol en petite veste ; c’est pour ça qu’il n’arrête pas de gesticuler.

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 18h54 le 24/02/2011
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Les le droit du travail n’a pas été supprimé, les prudhommes sont aussi fait pour les directeurs de services pénitentiaires, et la France est toujours un état de droit... enfin je crois...

    Alors faisons dire le droit !

    • Grande Anse
      Grande Anse répond à Anastaze
      Homme sans qualité
      • Posté à 19h02 le 24/02/2011
      • Internaute 143691
        Homme sans qualité

      le droit du travail ne s’applique pas à la fonction publique et aux fonctionnaires. Les sanctions qu’ils subissent sont examinées par des commissions « paritaires » syndicats-administration, dans lesquelles l’administration...a voix prépondérante en cas de partage.Autrement dit, si injustice il y a, elle est, de fait, sans appel.

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à Anastaze
      In enculo cum vibro
      • Posté à 19h02 le 24/02/2011
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Les prudhommes, c’est pour ceux du privé.

      Là, c’est recours hiérarchique puis tribunal administratif sinon.

      • Grande Anse
        Grande Anse répond à Autist Reading -
        Homme sans qualité
        • Posté à 19h13 le 24/02/2011
        • Internaute 143691
          Homme sans qualité

        Le recours hiérarhique consiste a demander au ministre qui a pris ou fait prendre la sanction de changer d’avis, ce qui n’est pas dans les habitudes spontanées d’un ministre. Quant au tribunal administratif, il entérine dans la quasi totalité des cas les motifs de service invoqués par l’administration. Le saisir c’est dans ces conditions la certitude de briser sa carrière.

      • Anastaze
        Anastaze répond à Autist Reading -
        inconsolable
        • Posté à 19h21 le 24/02/2011
        • Internaute 53186
          inconsolable

        Ah bon ? les prisons ne sont toujours pas privatisées ?

        Mais qu’est-ce qu’il fout Sarko, le parrain à p’tit Louis Bouygue va être furieux.

        Ça n’empêche qu’on est toujours en état de droit et que dans ce cas le fait du prince est un abus de pouvoir caractérisé et qu’il sera toujours temps de s’indigner une fois tous les recours légaux épuisés.

         
        • Ano-Nyme
          Ano-Nyme répond à Anastaze
          delateur privé
          • Posté à 19h30 le 24/02/2011
          • Internaute 24343
            delateur privé

          mais si c est prive puisque ce directeur les appelle des clients ..

        1 autres commentaires
    • Naradamuni
      Naradamuni répond à Anastaze
      sans
      • Posté à 23h58 le 24/02/2011
      • Internaute 30050
        sans

      État de lois ou État de droit ?
      Une société de droit ne progresse que par extension du droit, par la conquête, toujours, de nouveaux droits (pour les femmes, pour les pauvres, pour les jeunes, pour les étrangers, pour les faibles…) vers toujours plus d’égalité.

  • alaminos
    alaminos
    inventeur d'eau chaude
    • Posté à 18h58 le 24/02/2011
    • Internaute 103917
      inventeur d'eau chaude

    j’espère que les directeurs des centres pénitentiaires auront suffisamment de mémoire pour accueillir tous les futurs clients condamnés pour abus de biens sociaux, détournement de fonds publics,ou non respect des marchés publics pour organiser des sondages. Ils leurs réserveront je l’espère des traitements de faveurs et des prolongations de séjours

    • glop-pasglop
      glop-pasglop répond à alaminos
      justiciable à merci
      • Posté à 20h15 le 24/02/2011
      • Internaute 117082
        justiciable à merci

      Oui, ce serait vraiment jouissif.

      Malheureusement, il est très très rare (en France) que les magistrats condamnent à une peine de prison ferme les auteurs d’abus de biens sociaux, détournements de fonds publics et autres organisateurs de sondages bidons.

      N’oubliez pas que le voyou de haut vol qui nous gouverne rêve de dépénaliser les délits financiers !

    • simplementhumain
      simplementhumain répond à alaminos
      marche ou crève ...
      • Posté à 20h06 le 25/02/2011
      • Internaute 143812
        marche ou crève ...

      Esperons le ... Esperons qu’il n’est pas la memoire courte pour leur faire des cadeaux le jour où ...

  • Canaille le Rouge
    Canaille le Rouge
    Révolté constructeur
    • Posté à 18h59 le 24/02/2011
    • Internaute 92684
      Révolté constructeur

    Mercier n’a tout de même pas osé proposer une cellule de crise.

    Quand on ajoute bout à bout pénitentiaire, justice , armée (Surcouf), diplomatie (Marly), police (officiers et hommes du rang), pompiers et autres corps officiel piliers de l’Etat, il va bientôt ne rester que les directeurs de cabinets ministériels et les pompes funèbres qui ne seront pas en opposition avec le château.

    Si ça continue on apprendra un matin que Sarko air one est parti précipitamment pour les Kerguelen (si les scientifiques en place accepte de l’héberger).

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 19h06 le 24/02/2011
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Un directeur disait dernièrement que la maison d’arrêt de Nantes contenait + de 400 prisonniers pour 290 places.
    Et c’est comme ça dans toutes les prisons. Alors, marre de l’enfermement des gens malades dont la place serait en hôpital, marre du manque de moyens pour des condamnations à des peines de substitutions, marre de cette politique d’enfermement qui ne sert à rien.
    Les directeurs ont raison, c’est toute la politique pénitentiaire qu’il faut revoir, mais avec ce gouv qui croit que la prison résout tous les problèmes de la société, on n’est pas prêt de voir une autre politique s’instaurer.

    • Charlotte Chabas
      Charlotte Chabas répond à caro
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 19h14 le 24/02/2011
      • Journaliste 143235
        Journaliste

      Pour avoir moi-même fait la confusion au départ, le terme « prison » est polysémique. Il faut bien distinguer :
      -les maisons d’arrêt, qui sont effectivement très souvent surpeuplées
      -les établissements pour peines, qui n’accueillent jamais plus de prisonniers que leur capacité.

      • caro
        caro répond à Charlotte Chabas
        délinquante avérée
        • Posté à 19h19 le 24/02/2011
        • Internaute 6484
          délinquante avérée

        exact : -)
        Mais je dirais que toutes les maisons d’arrêt sont surpeuplées.

      • KIKI21000
        KIKI21000 répond à Charlotte Chabas
        retraité
        • Posté à 19h41 le 24/02/2011
        • Internaute 53190
          retraité

        Combien de temps faut-il à un condamné à une peine de prison de plus d’un an pour être transférer de la MA au CD, Souvent plus d’1 an.

    • KIKI21000
      KIKI21000 répond à caro
      retraité
      • Posté à 19h48 le 24/02/2011
      • Internaute 53190
        retraité

      J’ai connu un détenu en fauteuil à roulette, sans espoir d’en sortir, qui attendait une place en centre de détention, depuis 5ans, il y a très peu de places pour les prisonniers hémiplégiques, parce qu’un condamné devenu fortement handicapé peut toujours nuire, c’est possible mais la solution n’est plus la prison elle est ailleurs

    • glop-pasglop
      glop-pasglop répond à caro
      justiciable à merci
      • Posté à 20h28 le 24/02/2011
      • Internaute 117082
        justiciable à merci

      « Les directeurs ont raison, c’est toute la politique pénitentiaire qu’il faut revoir ... »

      D’autant plus que cette situation indigne, intolérable, est connue de tous et persiste depuis des lustres.

      Mais pour que les directeurs de prisons (collaborateurs zélés jouissant de plein d’avantages) expriment timidement une opinion de circonstances, il a fallu qu’ils sentent la balle siffler à leurs oreilles et qu’un des leurs soit touché. Parce que avant, on ne les entendait pas beaucoup se plaindre de la situation en question... Faux-culs, va !

      • caro
        caro répond à glop-pasglop
        délinquante avérée
        • Posté à 23h29 le 24/02/2011
        • Internaute 6484
          délinquante avérée

        je crois que vous n’avez pas tout à fait raison. Les directeurs (j’en connais un) sont soumis à un devoir de réserve très strict. Le rassemblement était organisé par un des 2 syndicats de directeurs, et il ne pouvait y avoir que des syndiqués, les autres auraient risqué quelques menus problèmes.
        Je crois qu’il s’agissait du syndicat des cadres pénitentiaires. Autant que je sache, il y a bien longtemps qu’ils tirent la sonnette d’alarme sur les conditions inhumaines des incarcérations dans les maisons d’arrêt. Certes, les subventions pour la pénitentiaire augmentent, mais comme il y a plus de prisons, plus de travail délégué, jusque là attribué à d’autres, il manque toujours autant de personnel.
        J’essaye d’être « neutre », n’étant pas pour l’enfermement, je veux simplement dire les faits tels que je les connais, du moins. Comme dans tous les métiers, il y a ceux qui subissent et ceux qui voudraient faire avancer les choses.

         
        • glop-pasglop
          glop-pasglop répond à caro
          justiciable à merci
          • Posté à 00h53 le 25/02/2011
          • Internaute 117082
            justiciable à merci

          « Comme dans tous les métiers, il y a ceux qui subissent et ceux qui voudraient faire avancer les choses. »

          C’est vrai. Il y a aussi des cadres pénitentiaires qui ne sont pas choqués par la situation des prisons françaises parce qu’ils n’en souffrent pas personnellement et parce qu’ils considèrent que les détenus, eux, doivent en baver. Si on interrogeait d’anciens prisonniers, on en trouverait sûrement pour nous dire qu’ils ont eu affaire à ce genre de gradé ou de directeur peau de vache et un peu sadique.

          Je n’ai aucune sympathie pour les fonctionnaires soumis à ce « devoir de réserve » qui fait d’eux les complices et collaborateurs forcés des choses les plus inacceptables.

          En fait, à travers le directeur interrégional des services pénitentiaires rennais qui a sauté comme un fusible (pour assouvir non pas la vindicte publique mais les caprices populistes de Sarkozy), ce ne sont pas les directeurs de prison qui étaient visés mais les services pénitentiaires d’insertion et de probation chargés du suivi des condamnés libérés.

        1 autres commentaires
      • Grunt_
        Grunt_ répond à glop-pasglop
        Technicien informatique
        • Posté à 00h23 le 25/02/2011
        • Internaute 119275
          Technicien informatique

        C’est comme les magistrats qui passent leur temps à considérer que les flics ont toujours raison, que les conditions de garde à vue ne sont pas problématiques, que la délinquance en col blanc ne mérite jamais la prison, mais qui, ho surprise, se mettent à manifester quand... on leur tape dessus.

        Quand il s’agit de foutre en tôle pour « outrage à agent » quelqu’un qui s’est fait casser la gueule par les flics et qui a bouffé 48H de GAV sans avocat, on ne les entend pas, les magistrats.

         
        • Grande Anse
          Grande Anse répond à Grunt_
          Homme sans qualité
          • Posté à 08h39 le 25/02/2011
          • Internaute 143691
            Homme sans qualité

          On choisit sans doute la magistrature par goût personnel, disons culturel, de l’ordre plus que des transgressions.Choisir d’être juge c’est aussi et d’abord croire que l’on vit en démocratie et que les lois à appliquer, dans l’ensemble, sont justes. Les juges n’ont pas le monopole de cette illusion, quand ils l’ont. Elle est partagée par l’ensemble du Peuple, à l’origine des lois, et au nom de qui la justice est rendue. Braves gens, la loi défend l’ « ordre », celui qui protège les exploiteurs et les ennemis du peuple ; la force publique aussi. Ca vous explique pourquoi un flic pèse davantage en justice qu’un « simple » citoyen.Le sachant, personne n’est obligé de devenir juge (...ou avocat, ou directeur de prison, ou même énarque).

          • Grunt_
            Grunt_ répond à Grande Anse
            Technicien informatique
            • Posté à 11h21 le 25/02/2011
            • Internaute 119275
              Technicien informatique

            « On choisit sans doute la magistrature par goût personnel, disons culturel, de l’ordre plus que des transgressions »

            Faux.

            Quand ce sont les forces de police qui transgressent l’ordre, les magistrats ne réagissent pas.
            Quand il s’agit de cogner sur une manifestation et d’embarquer des lycéens en les accusant d’outrage à agent et de rébellion, les policiers ne font pas régner l’ordre, mais le désordre.
            Et si les magistrats étaient autre chose que les singes du pouvoir (les policiers en étant les chiens), ils réagiraient à cette transgression, à ce désordre, en rétablissant l’ordre et la justice.

        2 autres commentaires
    • emiboot
      emiboot répond à caro
      No Homs land
      • Posté à 01h46 le 25/02/2011
      • Internaute 81944
        No Homs land

      Oui mais : avec 50 000 lits en Hpsy de moins en 20 ans, ceux qui en auraient besoin n’ont pas non plus la place là bas.
      Ils finissent souvent dans la rue. Où certains pètent un câble parfois. Et finissent en prison. Et on fait une loi. Et La Boucle est bouclée.
      Jusqu’à la prochaine élection.

  • le pirate sam
    • Posté à 19h15 le 24/02/2011
    • Internaute 100166
  • 22decembre
    22decembre
    Social-libéral... C'est pas (...)
    • Posté à 19h17 le 24/02/2011
    • Internaute 137595
      Social-libéral... C'est pas (...)

    N-ièmes serviteurs de l’État qui râlent... et des fonctionnaires effectivement discrets ! C’est pas la SNCF ou la RATP (sans taper sur eux non plus) !

    Ça va s’arrêter quand ?

    Quand est-ce qu’on va arrêter de mépriser tout le monde, du plus petit au plus puissant ?

  • Ano-Nyme
    Ano-Nyme
    delateur privé
    • Posté à 19h29 le 24/02/2011
    • Internaute 24343
      delateur privé

    En meme temps il est maton en chef le pauvre ...

    Lien

  • fidal
    fidal
    guide de tourisme
    • Posté à 19h49 le 24/02/2011
    • Internaute 50600
      guide de tourisme

    Je suis au chomdu et je préfère ètre 100 fois au chomdu que maton.
    Pour moi les matons et leurs chefs ont les payent 100 fois trop.
    « passer sa vie à surveiller celle des autes »
    Pov con.

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