Sur le terrain 16/02/2011 à 11h00

Quinze années dans les geôles de Ben Ali : vers la liberté (2/2)

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

Après la torture, Hamadi Ben Abdelmalek, prisonnier politique sous Ben Ali, raconte à Rue89 ses dernières années de détention.


Accusé, sans preuves, de préparer des attaques contre le régime de Ben Ali, le Tunisien Hamadi Ben Abdelmalek a été emprisonné de janvier 1992 à novembre 2006. Cet article est la suite de son témoignage ; la première partie décrivait la torture et ses premières années passées dans les geôles tunisiennes.

L’histoire d’Hamadi est celle de centaines – peut-être de milliers – de Tunisiens faits prisonniers politiques entre 1990 et 2010 par la dictature de Ben Ali.

(De Tunis) Mars 1998. Six ans que Hamadi Ben Abdelmalek ne voit le ciel qu’à travers des barbelés. Ce matin-là, il se coupe les cheveux dans la cour. Il a le droit d’être dehors. Pas longtemps, seulement aux horaires où sa chambrée y est autorisée, mais ce sont toujours quelques heures hors des cellules surpeuplées. Certains prisonniers politiques – une qualification qui n’existe pas sous le régime de Ben Ali – ne peuvent y accéder qu’une demi-heure par jour.

« C’est pas ton tour, tu rentres », dit le gardien. Hamadi ne peut pas, il n’a rasé que la partie droite de son crâne. Le gardien ne veut rien entendre. C’est donc la boule à « zéro et demie » qu’il rejoint sa cellule.

Ces minuscules humiliations n’étaient peut-être rien comparées à celles, physiques, qu’ils subissaient mais elles existaient et lui rendaient la détention plus indigne encore.

Des jours de « silo » ou les coups de brodequin du gardien

Prenez les douches. Les détenus avaient des sandales en plastiques dont Hamadi n’a jamais bien compris l’utilité ; de l’eau croupissante leur arrivait jusqu’à mi-mollet.

« Je ne voulais pas y aller. Il y avait quarante personnes pour vingt jets. Parfois ils fermaient l’eau alors qu’on était couverts de savon. »

Pour ceux qui tentent de se laver au lavabo des toilettes, c’est cinq jours de « silo ». Le silo c’est plusieurs jours d’isolation torse et pieds nus dans une minuscule cellule.

Pour ceux qui partagent leur repas avec leur compagnon, c’est aussi le silo ou les coups. Et quand ce n’est pas la matraque du gardien qui vous détruit le dos, c’est son brodequin qui vous le broie.

« Un morceau de sucre pour une bonne nouvelle »

Dans le « couffin » que lui apporte trois fois par semaine sa famille, surtout pas de tomates, de miel, d’huile ou de piment. Aucun autre interdit que le nombre ne frappe les fruits : cinq par couffin. Il va de soi qu’une datte compte pour un fruit. C’est la loi. Il ne sert à rien de comprendre.

Rien n’échappe à la surveillance étroite des gardiens et de leurs indics ; alors, au parloir, certaines choses sont tues.

Parce qu’il n’a pas fait son service militaire, le fils d’Hamadi est embarqué, un matin, au commissariat. Deux jours plus tard, dans le couffin, Hamadi trouve un morceau de sucre. Il comprend que son fils a été relâché.

« C’était un code : un morceau de sucre pour une bonne nouvelle. »

« Des articles découpés, parfois une page entière »

Au moment d’un voyage de Ben Ali en Europe, France 2 et la RAI, la télévision publique italienne, disparaissent de l’écran. Les prisonniers ne doivent surtout pas savoir que les protestations des défenseurs des droits de l’homme ont accompagné la visite de l’ex-président tunisien. Cette folle paranoïa alla plus loin : la transmission rétablie, les télés furent bricolées pour empêcher les prisonniers de s’informer autrement que sur les chaînes nationales.

Mais le danger n’était pas uniquement télévisuel. La presse et les livres étaient aussi minutieusement contrôlés. Les journaux ?

« Parfois, on passait vingt ou vingt-cinq jours sans presse. Quand ils arrivaient, il y avait des articles découpés, parfois une page entière. »

Les livres ?

« J’ai lu, une fois, un livre qui parlait de la fin du monde en 1999... C’était ce genre de littérature qu’on trouvait en prison. »

Les censeurs sont navrants. Lorsqu’une femme apporte à son mari, Mahmoud D., alors docteur en chimie, un livre de 500 pages, bourré de symboles et de schémas, il est soigneusement déchiffré par la direction pénitentiaire qui n’y voit rien de bon car comment savoir si ces formules ne sont pas aussi utiles à la fabrication d’armes et d’explosifs ?

Les interdits sont absurdes et les protestations inutiles. La réponse des geôliers demeure invariable :

« T’es pas dans un palace, t’es en prison. »

Cette « infirmerie » d’où l’on sort mort

Hamadi est un miraculé car d’autres sont morts. Dans la cellule 22 de l’infirmerie, les frères S. ont brûlé vifs. Un incendie. Les malades ne revenaient pas toujours de cette « infirmerie », une succession de cellules glaciales, où ils attendaient des soins qui n’arrivaient jamais.

En 1997, il y avait cet avocat, Ahmed L. Souffreteux, asthmatique, visage blême. Dans la chambre, Hamadi et lui discutent, assis sur leurs seaux. Il n’y avait pas de chaises en prison, juste des seaux.

« Le pauvre, il n’arrivait pas à respirer. Je lui ai demandé : “Mais pourquoi tu ne sors pas ? Il faut sortir !” Le chef de pavillon l’a emmené à l’infirmerie. Il paraît qu’ils lui ont fait une piqûre qui accélère les battements du cœur. Il est mort à 23h30. Des détenus l’ont emmené. C’était un cadavre. »

Et puis, ce jeune au cœur fragile, venu de la prison du Kef. Il est resté deux ans au 9-Avril, la prison de Tunis, avant de disparaître. Mort à l’hôpital.

A la prison de Messadine, celle où sera transféré Hamadi quelques années plus tard, Lotfi E. cesse de se nourrir un soir. Le lendemain, il ne parle plus. Il ne marche plus. Rien ne se passe.

« On a fait circuler une rumeur. On a dit à un infirmier, c’était un brave type, qu’on allait faire une grève de la faim pour Lotfi. C’était faux mais c’était un bon moyen de pression. On a écrit une requête au directeur pour qu’il reçoive des soins intensifs. »

A 19 heures, on est venu prendre Lotfi mais et il n’est jamais revenu.

« Un général tout en or fouille dans mon seau »

Cette prison de Messadine, Hamadi la rejoint en 2004, après la visite d’un homme important, un général de la sûreté et ami de Ben Ali. Il venait d’être nommé à la prison.

Avec une vingtaine de policiers en civil, il fouille une première fois sa cellule. Cette semaine-là, Hamadi était à l’infirmerie. Dans sa cellule, ils sont quatre. Il y a Moncef A. un étudiant en philosophie de Gabès, Réda B. un ingénieur informatique condamné à perpétuité en raison de ses liens avec Ennahda et un quatrième homme, absent durant la fouille – il est à l’hôpital.

Et tout ce chambard parce qu’Hamadi est soupçonné de préparer une évasion. Ça fait plus d’une décennie qu’il est enfermé mais alors, ça :

« Un général tout en or qui fouille dans mon seau pour trouver des indices ! »

Transfèrement à Messadine, prison sans infirmerie

Le 29 août, les trois détenus sont réveillés à 3 heures du matin. A 4 heures, ils sont à nouveau fouillés. A 7 heures, la camionnette démarre. Ils sont quatorze, avec leurs sacs et leurs seaux.

« Il faisait chaud, les gens vomissaient. »

Premier arrêt : El-Haouareb, près de Kairouan. Des gens descendaient, d’autres montaient. Aucune explication n’est fournie, personne ne sait quel sera son arrêt définitif. Finalement, Hamadi descend à la prison de Messadine.

Dans la chambre 13, ils sont une cinquantaine. Des enfants ! 15, 16, 17 ans, pas plus. Pour fuir les prisons réservées aux mineurs, aux méthodes brutales, ils avaient dit être majeurs.

« J’ai refusé d’entrer dans cette chambre et il n’y avait pas d’infirmerie. Pourquoi m’avoir envoyé là ? J’étais malade, ils le savaient ! Le gardien a menacé de m’envoyer au silo. »

Dehors, sa famille ne sait pas qu’il a été transféré. Comme tous les lundis, le fils de Hamadi se présente au parloir. Son père n’est pas là. Lorsqu’il apprend son transfèrement, il rejoint Messadine.

A Rahma, plus jeune fille d’Hamadi : « Ton père, il a tué qui ? »

Ces années d’emprisonnement ne sont qu’inquiétude, fatigue et vexations pour la famille Ben Abdelmalek. Les amis sont partis. La police les harcèle et la petite dernière, Rahma, ne comprend pas ce qu’on reproche à ce père qu’elle n’a connu qu’au parloir.

En cours d’éducation civique, elle écoute son enseignante raconter que tous les Tunisiens, tous, ont le droit de circuler librement grâce à leur passeport. Rahma ne comprend pas, elle est tunisienne alors pourquoi n’a-t-elle pas de passeport elle aussi ?

La prof rétorque que c’est impossible de ne pas en avoir avant d’ajouter qu’elle doit être un cas particulier. Rahma explique que son père est en prison. Aux enfants qui jouent avec elle et qui lui demandent « où est ton père », elle répond « en prison ». Et eux : « Il a tué qui ? »

Menacés, les avocats d’Hamadi contraints d’abandonner

« Hamadi Ben Abdelmalek... Ben Abdelmalek... » Fathi Layouni, l’un de ses avocats à l’époque, ne s’en souvient pas immédiatement. Des dossiers, il en a eu des centaines. L’agriculteur ! Ça lui revient :

« C’était un dossier très particulier... Je me souviens maintenant. C’est un homme très sensible. »

Il se lève :

« Il m’avait raconté comment ils lui ont lié les pieds et les mains. Le poulet rôti... Cet homme a beaucoup souffert. »

Dans les années 90, il a défendu des islamistes :

« Ben Ali a utilisé ce dossier pour avoir le soutien de l’Occident. En Tunisie, nous n’avons pas connu le terrorisme islamiste. Les islamistes d’Ennahda n’ont jamais constitué de groupes armés.

Ceux qu’on a arrêtés ont été victimes de coups montés. Aucune preuve n’a jamais été avancée dans les procès. L’incendie de Bab Souika a été un grave accident mais la volonté délibérée de donner la mort n’a pas été prouvée [en janvier 2011, Ennahda a reconnu que des jeunes du mouvement étaient impliqués dans l’incendie de Bab Souika en 1991, ndlr]. »

Pour avoir défendu certains cas, Fathi Layouni a lui aussi été mis sous surveillance, menacé, arrêté et retenu au ministère de l’Intérieur. Youssr Chabi, jeune avocate à l’époque, et lui ont dû jeter l’éponge après avoir commencé à défendre Hammadi.

Il n’en veut à personne, la répression était trop féroce pour jouer aux héros. Seul, derrière les grilles, Hamadi n’y croit plus. Les années ont passé, ses enfants ont grandi. Il enchaîne les grèves de la faim. Ce geste ne relève pas seulement du désespoir, c’est une démonstration d’honneur.

« Je voulais mourir pour ne plus être un boulet »

La première, du 8 décembre 1996 au 6 janvier 1997, est collective. Les prisons de Tunis sont pleines de grévistes. Le 14 décembre, Hamadi est transféré à l’hôpital, des chaînes aux pieds. Rouillées. Il pense alors à ses vaches et à leurs chaînes neuves.

« J’aurais voulu être un animal, au moins, il y aurait eu Brigitte Bardot pour me défendre. Un Tunisien n’était rien, sa vie ne valait rien.

Les médecins restaient des heures pour me convaincre de rompre cette grève. “Si tu meurs, on aura des problèmes.” Mais je ne voulais plus vivre, je voulais mourir pour ne plus être un boulet pour mes enfants. »

Ses enfants Walid et Ramla, étudiants en France, se démènent pour le faire sortir de prison. Ils écrivent aux associations, à l’ambassade et même au Quai d’Orsay. Le ministère des Affaires Etrangères français répond qu’il ne peut pas s’ingérer dans les affaires de l’Etat tunisien mais leur conseille d’alerter les médias. L’Association des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) se mobilise. En vain.

Tarak et Mohamed, « je les ai laissés à Bizerte »

Le 11 septembre 2005, c’est le dernier transfèrement. Dans la cellule, 32 personnes et une cinquantaine d’oiseaux, on est à Bizerte. Il y a des Algériens, des Libyens et des Marocains, Tarek B. et Mohamed. Tous, arrêtés pour consommation de drogue, comptent eux aussi les jours.

Tarek partage les plats de sa mère qui vient depuis Tanger, les bras chargés de gâteaux. Ses souvenirs de prison sont pénibles pour Hamadi mais celui-ci, précisément, l’émeut. Comme de la nostalgie :

« Tarek disait : “Goûte les plats de maman.” C’était bon. Et Mohamed, un homme formidable. Il était très méticuleux, jusqu’aux plis des draps. Je les ai laissés là-bas. »

Hamadi Ben Adbelmalek et 56 prisonniers d’opinion sont libérés le 5 novembre 2006. Un geste du président Ben Ali. « Tu te demandes si c’est un rêve ou si c’est la réalité [...], c’est énorme », écrit son fils dans un courrier envoyé à ceux, rares, qui les ont entourés ces quinze années. Mais le temps des épreuves n’est pas terminé.

En liberté surveillée

La police n’est jamais loin. Discrète mais omniprésente. Elle exige d’abord qu’Hamadi passe au commissariat tous les jours. Il refuse. Ils lui interdisent alors de quitter Tunis sans prévenir. Pour aller où ? Il a 63 ans, le corps usé et un passeport toujours confisqué. Deux mois avant la chute de Ben Ali, ils sonnent à nouveau chez lui :

« El-Hadj, pourquoi tu ne sors pas de chez toi ?

– Mais je ne sors pas parce que je suis malade ! »

Sur le document qu’on lui remet à la sortie, la date d’entrée indiquée est celle du 23 mars 1992. Pour la justice, ces deux mois passés dans les caves du ministère de l’Intérieur n’existent pas. Ces petits arrangements avec la réalité ont été la norme sous Ben Ali, confirme Fathi Layouni. Comme la triste histoire de Hamadi Ben Abdelmalek.

« Il doit y avoir réparation »

Ils auraient été 30 000 prisonniers d’opinion. Combien ont connu la torture ? Les humiliations ? La mort ? La section régionale des avocats de Tunis va créer sa propre commission sur les violations des droits de l’homme sous Ben Ali. Fathi Layouni :

« Les injustices commises pendant ces vingt dernières années sont considérables. Il y a eu complicité de la part des membres du gouvernement, de la police et des juges.

Pour ces détenus politiques, la peine a été doublée. A leur sortie de prison, ils ont été harcelés, privés de papiers et de travail, leurs familles ont été placées sous surveillance... Il doit y avoir réparation. »

Depuis le 14 janvier, Hamadi Ben Abdelmalek est enfin un homme libre. Il ne renie pas ses amis d’Ennahda mais il ne fera pas de politique.

« Je n’en ai jamais fait. J’ai 63 ans, ça ne m’intéresse pas. »

« A défaut du pardon, laisse venir l’oubli »

Désormais, quand on sonne chez lui, ce n’est plus la police mais un de ces amis d’autrefois. Ceux qui avaient oublié son adresse et qui ressuscitent chez Hamadi ces vers de Musset dans « La Nuit d’octobre » :

« Si l’effort est trop grand pour la faiblesse humaine
De pardonner les maux qui nous viennent d’autrui
Epargne-toi du moins le tourment de la haine
A défaut du pardon, laisse venir l’oubli. » (Ecouter le son)

Audio file

Hamadi lit « La Nuit d’octobre » d’Alfred de Musset.

Mais lui n’oubliera pas. Il n’oubliera pas ce qu’il a perdu. Quinze ans de vie de famille.

« Ils sont tout pour moi. »

Il va porter plainte contre ses tortionnaires. Parmi eux, Ben Ali, Abdellah Kallel, ancien ministre de l’Intérieur actuellement en résidence surveillée, et Azzedine Jenayah.

On pense au commencement, à Ali, l’homme aux 150 dinars. Qu’est-il devenu ?

« Il a été renvoyé en Algérie. Tlili m’a dit qu’il allait très bien aujourd’hui. »

Abdellatif Tlili, l’ami d’Algérie, a lui obtenu l’asile politique dans les années 90 en Allemagne. A la fin du mois de janvier, après plus de vingt ans d’absence, il est revenu à Tunis. Hamadi l’a accueilli à l’aéroport. Tlili a demandé pardon. Hamadi lui a répondu :

« Mais ce n’est pas toi le responsable. »

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  • freevanunu-
    freevanunu-
    chômeur
    • Posté à 11h09 le 16/02/2011
    • Internaute 122862
      chômeur

    A propos de tortures ! ,
    « à 13 ans, ils lui ont pissé dessus, l’ont torturé et condamné à huit mois de prison. »

    Aya Kaniuk & Tamar Goldschmidt
    L’humiliation est quelque chose de subjectif ; cela dépend de nos représentations personnelles. Pour moi par exemple, ce qui me semble le plus humiliant ce n’est pas qu’ils aient pissé sur lui mais qu’ils l’aient mis tout nu. Au début, le père de Mohammad avait honte de nous dire qu’ils lui avaient pissé dessus. Il ne pouvait pas prononcer ces mots là tout haut, je crois que pour lui c’était la chose la plus humiliante qu’ils aient faite à son fils.
    Quel genre de personnes, je me demandais, appréhendent un enfant de 13 ans et le torturent de la sorte ? Et puis je me suis répondu : à peu près n’importe quel soldat israélien. N’importe quel soldat de l’armée israélienne se conduit ainsi avec les Palestiniens. N’importe qui, en fait, si les règles locales le permettent.

    La première fois que je l’ai vu, c’était dans le hall numéro deux de la Cour militaire de « Ofer ». C’est là qu’on juge les enfants : 20, 22, 23 enfants par jour. Les enfants et les adolescents arrivent par groupes de deux, trois et parfois quatre, en tenues de prisonnier marrons, leurs pieds entravés, menottés à l’enfant suivant.

    Je l’ai tout de suite remarqué parce qu’il avait les cheveux joliment bouclés, l’air très jeune et parce qu’il pleurait. Je ne veux pas dire que les autres enfants ne pleurent pas, du moins les plus jeunes. Mais, d’après ce que j’ai vu, ils pleurent rarement ouvertement ; lui, il n’essayait même pas de retenir ses larmes ni de les cacher.

    Le plus souvent ils sont conduits devant la Cour militaire pour qu’elle statue sur la prolongation de la garde. C’est la procédure, même pour les enfants. Peu importe ce dont ils sont accusés et la nature des preuves qui ont conduit à leur arrestation. De fait, quel que soit le rôle de cette Cour militaire, ce n’est certainement pas de trouver la vérité ni de décider de la punition adéquate. Surtout quand on sait que les arrestations sont effectuées au milieu de la nuit, généralement sur simple dénonciation de quelqu’un qui n’est souvent qu’un enfant lui-même. Ils sont accusés le plus souvent d’avoir lancé des pierres ou des cocktails Molotov improvisés. Et cela suffit pour les arrêter sans leur donner même la faculté d’être libérés sous caution, jusqu’à la fin de la procédure. Qui dure plusieurs mois. Au moins trois. Puis un jour on les juge et on les déclare presque toujours coupables. C’est le chef d’accusation qui tient lieu de preuve.

    Et d’ailleurs, même si on admet que jeter une pierre sur l’occupant est un crime et qu’un enfant qui lance des pierres est aussi coupable qu’un adulte et même qu’une pierre est aussi dangereuse qu’une balle de revolver - même une pierre qui n’a atteint personne - même si on admet que tout cela est vrai, reste qu’on ne peut jamais savoir ce qui est arrivé exactement. Et ce n’est pas un échec ni une erreur du système, car la recherche de la vérité n’est tout simplement pas le but ici. Parce que la Cour est un outil de l’Occupation qui n’a qu’un seul but : opprimer, persécuter et dominer. Rien d’autre.

    Quoiqu’il en soit, ce jour-là, comme beaucoup d’autres, des groupes d’enfants furent amenés les uns derrière les autres, attachés les uns aux autres, la plupart arborant un grand sourire malgré tout. C’est que cette grotesque comparution destinée à prolonger leur garde (et dont le but principal est de donner aux forces d’occupation le temps de briser et d’écraser ces enfants pour en faire des collaborateurs) est pour ces jeunes la seule occasion de voir leur famille. Et voilà le petit Mohammed Mukheir, qui ne sourit pas à ses parents, qui ne fait pas de signes, et je ne sais pourquoi nos coeurs se sont arrêtés et se sont déchirés en le voyant. Et encore, c’était avant d’apprendre ce qu’ils lui avaient fait subir. Son regard, doux et craintif, ses boucles enfantines, ses grands yeux débordants de larmes révélaient l’état de son âme. Et tout se déroula comme d’habitude. Le garde lui enleva les chaînes et il s’assit. Il y avait quelques enfants un peu plus vieux avant lui, et la cour avait pris du retard. Ce qui permit au moins aux enfants de parler avec leur famille dans la mesure où les gardes et les soldats les y autorisaient. Tous bavardaient sauf Mohammed. Il portait une chemise à manches courtes et tremblait de froid et il ne parlait pas, il ne faisait que pleurer. Et sa mère ne pouvait pas non plus s’arrêter de pleurer. Et c’est inhabituel, car les mères pleurent surtout après la comparution. Quand leurs enfants sont emmenés. Et le père, pour ne pas devenir fou, ne cessait de composer un numéro de téléphone virtuel sur sa main en murmurant à l’enfant de ne surtout pas l’oublier. Mais les lèvres de l’enfant étaient figées. Seules ses larmes coulaient.

    Et puis ce fut son tour et l’interprète lui dit de se lever et il le fit. On lut son nom. Puis on lui dit de s’asseoir et il le fit. Ses yeux ne voyaient rien et il avait l’air d’avoir bien moins de 13 ans. Peu de temps après la juge dit qu’il y aurait une autre comparution dans 15 jours et le garde ordonna à l’enfant de se lever. Il le fit. Ses yeux et ceux de ses parents étaient rivés les uns aux autres. Alors le garde lui remit les chaînes et lui fit signe de partir. Son visage mouillé de larmes était blanc de terreur.

    L’enfant se tenait debout près de la sortie, le garde à côté de lui le pressait d’avancer. Il lança un dernier regard à ses parents, ne pouvait en détacher ses yeux ; sa mère se tordait les mains et son père se décida finalement à lui murmurer : fais toi couper les cheveux. Fais toi couper les cheveux répétait-il tout bas, formant les mots avec sa bouche en montrant sa propre chevelure puis la chevelure bouclée de son fils. Comme s’il pensait que des cheveux courts donneraient une meilleure impression, auraient l’air plus respectable. Mais nous nous pensions le contraire. Qu’il valait mieux que l’enfant reste exactement comme il était. Les cheveux libres et l’air enfantin. Car ses boucles témoignaient du monde qui était le sien, le vrai monde, qu’il ne fallait surtout pas oblitérer. Le monde de l’enfance. Et de cette vulnérabilité jaillissait comme un cri, la réalité de ses droits intrinsèques et inviolables.

    Et soudain la juge dit : Pourquoi est-il si peu vêtu ? Les mots résonnèrent dans l’air, leur écho s’évanouissant à mesure que le garde s’éloignait avec lui et disparaissait, et elle n’insista pas. Et les parents assommés se levèrent. La tête basse. Et ils s’en allèrent, courbés, et nous nous sommes dépêchées de les rattraper.

    Nous et nos privilèges inviolables, nous continuerons de hanter les couloirs de cette Cour aussi longtemps qu’on nous le permettra.

    « Il a menti à sa mère » nous dit Tareq, le père de Mohammed. « Il lui a dit : “Je suis dans le village”. Il était avec les autres enfants et je ne sais pas comment c’est arrivé au juste mais des gens m’ont dit qu’ils l’avaient vu dans la jeep des soldats et qu’ils le passaient à tabac... Je savais où ils l’avaient emmené. Il y a une base de l’armée près de la colonie de Beit Horon. C’est à l’entrée de Lower Beit Ur, entre Upper et Lower Beit Ur. Alors j’y suis allé tout de suite et j’ai demandé après lui. Je voulais leur dire que ce n’était qu’un gosse. S’il a lancé des pierres, je l’enfermerai à la maison. Je voulais savoir ce qui lui arrivait. Mais le soldat m’a dit qu’il n’était pas ici. Que je devais essayer de voir s’il était à ’Ofer’. Il m’a dit ça mais je savais qu’il était ici. je leur ai dit je sais qu’il est ici. Ils m’ont dit ’si vous n’êtes pas parti dans les cinq minutes, le soldat va vous tirer dessus’. Ils parlaient du soldat du minaret. Celui qui surveille les alentours. Son fusil était braqué sur moi. Alors je suis parti. »

    « A ce moment-là, nous n’avions aucune idée de ce qu’ils étaient en train de lui faire. Nous ne savions rien. C’est seulement plus tard que nous l’avons su. »

    « Nous l’avons cherché une semaine entière, jusqu’à ce que nous ayons trouvé où il était » continua le père. « Partout on nous disait qu’il n’était pas là. Maintenant je sais qu’après trois jours à la base il a été emmené à ’Ofer’. Et qu’il y est resté un mois. Après quoi ils l’ont enfermé à ’Rimonim’. C’est une prison pour les femmes et les enfants. Et pendant tout ce mois il nous a été impossible de lui parler. Jusqu’à la comparution devant la Cour. C’est la première fois qu’on le voyait. Il était incapable de parler, il ne faisait que pleurer. Je ne sais pas ce qu’ils ont dit, ils ont parlé d’une autre date, peut-être dans deux semaines. Je ne me rappelle plus. C’est alors que nous avons reçu un coup de fil. De quelque part à Ramallah. Des militants des droits de l’homme. Pour les mineurs. Ils m’ont dit ’Votre fils est en mauvais état. Il a des problèmes aux pieds. Ils lui ont brûlé les doigts avec des cigarettes, avec des armes à feu. Sa mère et moi on a pleuré une semaine entière. On était incapables de manger. »

    « Regardez sur Internet, on y parle ce qui lui est arrivé » ajouta-t-il. Il avait du mal à dessérrer les lèvres pour parler. C’était sans doute trop dur pour lui de nous raconter tout ça. Nous avons cherché sur Internet et nous avons trouvé l’article en question :

    « Des soldats israéliens ont torturé deux enfants et les ont forcé à boire l’eau des latrines. »
    Bab al Arab- 1.11.2010. Le ministre des Affaires des Détenus de l’Autorité Palestinienne, Issa Qaraqa’, a révélé que les soldats d’occupation avaient uriné sur deux prisonniers palestiniens mineurs et les avaient forcés à boire l’eau des toilettes et les avaient photographiés nus après les avoir arrêté et brutalisés.

    Selon des sources palestiniennes, Qaraqa’ a confirmé que les mineurs détenus, Mohammed Tareq Abd allatif Mkheimer محمد طارق عبد اللطيف مخيمر, âgé de 13 ans et Mohammed Nasser Ali Raduan âgé de 13 ans lui aussi et élève de 6ième, avaient donné leur témoignage à l’avocate Hiba Massalha du ministère des prisonniers qui leur avait rendu visite dans l’aile des enfants de la prison ’Rimonim’. Ils ont dit que les forces d’occupation les avaient arrêtés en juillet dernier, leur avaient donné des coups violents sur les pieds avec leurs fusils, puis leur avaient entravé les pieds, leur avaient mis des bandeaux sur les yeux et les avaient conduit dans une colonie où ils les avaient forcés à boire de l’eau dans la cuvette des W.C. et les avaient photographiés tout nus, puis ils avaient mis l’air conditionné sur froid dans les toilettes et les avaient laissés 48 heures enfermés dedans sans vêtements.

    Les enfants ont ajouté que chaque fois qu’ils essayaient de dormir, les soldats les réveillaient. La chose la plus répugnante que les soldats leur ai fait subir c’est d’uriner sur leur têtes et leurs visages. Selon l’avocate Massalha, ce qui est arrivé à ces mineurs est immonde, et dépasse l’entendement.

    De quoi est-il accusé ? avons-nous demandé.

    « Seulement de jeter des pierres d’après ce que nous savons » dit Tareq. « Mais maintenant ils ont ajouté un cocktail Molotov aux accusations. Ce n’est qu’un enfant. Il n’a même pas encore de carte d’identité. S’il en avait une ce serait différent mais il est trop jeune.... Cela fait déjà trois mois qu’il est enfermé. C’est assez. Il a été suffisamment puni. Maintenant je veux l’emmener à la maison. Et m’occuper de ses pieds. Des blessures qu’ils lui ont faites avec leurs fusils et leurs cigarettes. Je ne sais pas ce qu’il a aux pieds. A la Cour je lui ai dit de se comporter comme un homme. Mais il ne pouvait pas s’arrêter de pleurer. Il ne dit pas un mot. Il n’appelle pas. Et sa mère n’arrête pas de prendre des cachets. »

    « Il y a un ami en prison qui nous appelle et qui nous dit qu’il est malade. Mais notre fils ne nous appelle pas bien que le juge lui ait donné la permission de nous appeler une fois. Mon amis m’a dit qu’ils avaient déchiré le document que le juge avait donné à mon fils pour qu’il puisse nous appeler et qu’ils l’empêchent de nous appeler. Et qu’il a des bleus autour des yeux et que son nez saigne. »

    « Et nous n’avons pas le droit de le voir. Ils nous ont dit qu’on ne pourrait le voir que dans deux mois. Et nous ne savons rien. C’est dur de ne rien savoir. C’est une enfant, rien qu’un enfant. »

    « Tout ce que nous pouvons faire c’est attendre, rien qu’attendre. »

    Mais pourquoi l’avocat n’a-t-il pas parlé au juge de la torture ? avons-nous demandé. Pourquoi n’a-t-il pas mentionné les sévices que l’enfant subissait ?

    « Parce qu’alors ils le traiteraient encore plus mal » nous a expliqué le père. « Ils lui donneraient deux mois de prison de plus parce que nous nous sommes plaints. J’en suis sûr. C’est pour la même raison qu’on ne le laisse pas porter une veste en prison. Vous avez vu qu’il n’avait pas de veste. Et il n’a pas le droit de téléphoner. C’est peut-être parce que les militants des droits de l’homme sont allés le voir en prison. C’est pour cela qu’on le traite comme ça... Alors parler au juge nous causerait encore plus de problèmes. »

    Et nous nous sommes dit qu’il avait probablement raison, même si c’est horrible à dire.

    Nous avons assisté à trois comparutions au cours desquelles la détention de Mohammad a été prolongée, trois parmi beaucoup d’autres depuis que son procès a commencé.

    Entretemps, il s’est fait couper les cheveux comme son père le lui avait conseillé et aussi sans doute parce que c’est obligatoire en prison.

    La troisième fois que nous sommes venues, après qu’un plea bargain** ait été conclu entre la défense de Mohammad et le procureur aux termes duquel le petit Mohammad Mukheir serait condamné à une peine de 8 mois de prison en plus d’une amende de 2000 shekels (environ 400 euros NdT) (ou deux mois de prison supplémentaires) et une peine de prison conditionnelle.

    Après présentation du plea bargain à la Cour on a entendu les discours d’usage : le juge dit qu’il acceptait le plea bargain en raison du jeune âge du prévenu, de son casier judiciaire vierge, du fait qu’en avouant il avait fait gagner du temps à la Cour et parce que ni la pierre ni le cocktail Molotov qu’on l’accusait d’avoir lancés n’avaient touché quelqu’un. Et donc que finalement personne n’avait été blessé. En raison de quoi elle acceptait le plea bargain et condamnait le petit Mohammad à huit mois de prison et à 2000 shekels d’amende ou s’il ne pouvait pas payer l’amende à deux mois de prison supplémentaires.

    En fait presque tous les cas qui arrivent devant la Cour militaire se terminent par un plea bargain. Cela signifie que l’accusé avoue tout ou une partie de ce dont on l’accuse. Et généralement il avoue, qu’il soit ou non coupable, parce qu’il comprend vite qu’il n’a quasiment aucune chance d’être acquitté. Et cela fait déjà des mois qu’il est en prison. Et un plea bargain généralement le condamne à peu près à la peine de prison qu’il a déjà accompli, ou un peu plus. Tandis que se battre pour prouver son innocence durera beaucoup plus longtemps et entraînera probablement une condamnation plus sévère. Alors la plupart préfèrent avouer.

    Quand Mohammad a entendu la sentence, il s’est assis et a pris son visage dans ses mains.

    « Je ne veux pas rester ici » a-t-il crié. Son père gêné a regardé ailleurs, pâle. Puis il a trouvé la force de regarder son fils et il lui a dit avec une sourire tendu et en forçant la voix : « Mais demain, je viendrai te voir ». Il essayait de lui remonter le moral. Et c’était en effet une chance que la visite qu’ils avaient sollicitée ait été autorisée et soit programmée pour le jour suivant. La souffrance de l’enfant s’atténua un petit peu, sa bouche cessa de trembler et son regard s’éclaircit. Peut-être parce que son esprit d’enfant pouvait espérer jusqu’à demain. Demain on lui apporterait une veste et une couverture. C’est ce que ses yeux disaient. Et il sourit.
    Oui, il a souri.
    Quoique....

    Huit mois de prison et une amende et une peine de prison avec sursis, voilà ce à quoi un enfant de 13 ans a été condamné, un enfant qui, selon l’aveu même des forces d’occupation n’avait fait de mal à personne.

    Huit mois grâce à un plea bargain avantageux.

    Telle est la Cour militaire.

    Tel est le sort des Palestiniens.

    Je ne sais pas ce qui m’a paru le pire dans le calvaire de Mohammad Muckeir. Si c’est la torture que lui ont fait subir les soldats ou la terrible découverte que ses parents étaient impuissants à le protéger. Et le fait qu’ils tombent brutalement de leur piédestal et se délitent. Ou est-ce la prise de conscience à un si jeune âge que pour la plupart des Israéliens il n’est pas « quelqu’un » mais « quelque chose » indépendamment de sa personnalité ou de ses qualités humaines. Pour la plupart des Israéliens, il n’existe pas, il n’est pas réel, il n’est pas un être humain. Mais le pire est peut-être encore que, une fois l’urine lavée depuis longtemps et les blessures de ses pieds guéries sous les cicatrices, une fois oubliée la nourriture insuffisante de la prison et les coups reçus et ceux à recevoir, et une fois ses boucles repoussées, quelque chose continuera de hanter le petit Mohammad Muckeir, une déchirure irréparable dans sa vie. Quelque chose que rien ne pourra effacer. Quelque chose comme l’essence de tous les sévices qu’il aura subis et plus encore. Et cette intuition que j’ai fait vibrer les cieux du futur et du passé d’une pulsion implacable et déchirante. Un pouls de tristesse. Et j’espère seulement que Mohammad et moi nous verrons l’avènement d’un autre monde. Un monde où lui et moi jouirons des mêmes droits sur terre. Un monde où il sera enfin considéré comme un être humain et où moi je serai restée un être humain. Avant que le sang ne recouvre le pays, la terre entière et le ciel.

    Aya Kaniuk & Tamar Goldschmidt - Machsom Watch (*)

    source : Lien...

    Notes :

    *Machsom Watch est une association de femmes juives israéliennes courageuses qui sont contre l’occupation et qui se sont données pour mission d’aider les Palestiniens en se relayant principalement aux check-points où leur présence les protège d’abus excessifs. Elles passent leurs journées en démarches auprès des autorités d’occupation pour essayer d’alléger leur sort.

    **Plea bargain : Une négociation entre l’accusé et le procureur (et parfois le juge) qui met fin à un procès. L’accusé plaide coupable d’un délit inférieur à celui dont il est accusé à l’origine en échange de la garantie d’une condamnation moins lourde.

    Traduit de l’hébreu par Tal Haran et de l’Anglais par D. Muselet

    • unagi-
      unagi- répond à freevanunu-
      卑語
      • Posté à 13h52 le 16/02/2011
      • Internaute 24252
        卑語

      Ton post c’est ignorer le témoignage précédent, c’est en faire une anecdote. Je ne doute pas de ton militantisme mais tu m’emmerdes à resservir ta soupe à chaque fois.

      • Grunt_
        Grunt_ répond à unagi-
        Technicien informatique
        • Posté à 14h27 le 16/02/2011
        • Internaute 119275
          Technicien informatique

        L’article parle du passé en Tunisie.

        freevanunu parle du présent et de l’avenir de l’état fasciste israëlien, que la France et ses alliés étatsuniens soutiennent aujourd’hui et soutiennent demain.

        C’est trop tard pour Hamadi Ben Abdelmalek. C’est fini, il est sorti de prison, Ben Ali s’est enfui. C’est du passé, on peut maintenant dire « oh, on ne savait pas qu’il se passait ça, c’est scandaleux ».

        Ce n’est pas trop tard pour les palestiniens victimes d’un état terroriste que les occidentaux soutiennent. Grâce à freevanunu on ne peut pas dire « oh on ne sait pas » : on sait ce qu’on soutient en achetant des produits israëliens, en acceptant de considérer cet état comme légitime et légal.

        Ou alors vous préférez qu’on attende vingt ans, qu’Israël soit enfin rayée de la carte et qu’on puisse faire semblant de s’indigner des exactions que cette colonie illégale a commises ?

         
        • unagi-
          unagi- répond à Grunt_
          卑語
          • Posté à 16h02 le 16/02/2011
          • Internaute 24252
            卑語

          C’est tout à fait ce que j’ai écrit non seulement le témoignage de Hamadi Ben Abdelmalek est relégué au rang de l’anecdote mais vous faites en plus une anecdote du passé.
          Vous passez à coté de l’universalité, vous passez à coté du fait que le départ de ben ali ne change pas grand chose et vous oubliez aussi que la situation en israel n’est pas une surprise pour tout le monde. Je ne doute pas que de votre cave la disparition d’israel soit déjà programmée et que le post de machin soit pour vous de la première importance.

        1 autres commentaires
      • Usual
        Usual répond à unagi-
        L'homme qui tombe à pic
        • Posté à 15h36 le 16/02/2011
        • Internaute 65155
          L'homme qui tombe à pic

        T’y vas franco là....je trouve que c’est tout à fait dans la suite et dans le même ton.

         
        • unagi-
          unagi- répond à Usual
          卑語
          • Posté à 16h00 le 16/02/2011
          • Internaute 24252
            卑語

          Je ne remets pas en cause ce qu’il dit, attention, mais plutôt que de nous envoyer son pavé dans la gueule comme si c’était le premier du genre pourrait faire preuve d’un minimum d’humilité et d’effort de lecture.
          En quoi l’info est elle étonnante et spécifique à israel ?
          Je m’avance mais j’ai l’impression qu’il pourrait être du genre à pisser sur le premier palestinien venu du moment qu’il peut jeter son scud sur israel.
          L’info torture enfant est connue depuis au bas mot deux semaines.

        1 autres commentaires
      • freevanunu-
        freevanunu- répond à unagi-
        chômeur
        • Posté à 16h51 le 16/02/2011
        • Internaute 122862
          chômeur

        Unagi
        ce qui est intéressant c’est l’aspect systématique de la torture dans la région, concernant les gens qui se révoltent que ce soit en Tunisie ou en Israel.
        Pour le reste, tu penses ce que tu veux, tu écris ce que tu veux et je fais de même, ok ?
        C’est cela qui est intéressant pas de dire à quelqu’un , penses si ou penses cela.
        Je voulais juste amené une information pour bien marqué que la torture est l’outil des tyrans.
        Je trouve que tu devrais plutôt être emmerdé par le témoignage et non pas par moi qui ne fait que rapporter un récit de militants israéliens.
        De plus dire que je suis « le genre à pisser sur des palestiniens, si je peux jeter mon scud sur Israel. » ,ça c’est juste minable et donne la véritable teneur de ton intervention.
        En effet en une phrase tu résumes bien toute l’hypocrisie de certains.
        Donc en gros je serais une sorte de Saddam Hussein, :)))))
        Mon pauvre ami.
        Allez vous faire soigner de votre connerie..

         
        • unagi-
          unagi- répond à freevanunu-
          卑語
          • Posté à 17h09 le 16/02/2011
          • Internaute 24252
            卑語

          je ne suis pas emmerdé par le témoignage freevanunu quoi que tu puisses en penser...
          La démonstration de l’institutionnalisation de la torture par un état me semble plus efficace que de compiler les témoignages sans contexte ;
          Après tout l’histoire que tu rapportes peut être le fait d’un officier et non pas l’expression d’une politique de traitement.
          Le témoignage tunisien est vécu et la torture en tunisie n’est un mystère pour personne sauf miam et sarkozy et coppé et...
          Je te remercie pour m’avoir répondu

          Pour poursuivre les derniers rapports de l’onu, amnesty et le hwr pointent sur l’utilisation de la toure par tsahal, les services secrets, etc, etc...
          Ou ton intervention me fait réagir comme cela c’est que l’on est sur une exposition par le seul biais de l’émotion alors qu’il y a tant à dire, expliquer et montrer.

          • freevanunu-
            freevanunu- répond à unagi-
            chômeur
            • Posté à 18h11 le 16/02/2011
            • Internaute 122862
              chômeur

            Unagi
            On parle ici de mineurs de 12 à 13 ans ! !
            Ce genre de récit met des mots et des images sur des concepts qui nous semblent abstraits.
            Il y a les références de qui écrit ce témoignage, pour la véracité et la récurrence des faits.
            Les jeunes palestiniens vivent dans une situation psychologique proche de la folie.
            Quand à dire que ces fait sont le fait d’une personne isolé, est particulièrement dégoûtant, car ce la revient à dédouaner le système, en désignant un bouc émissaire.
            Je vous le dis, très sympathiquement ce genre de témoignage vaut 1000 rapports de l’Onu !
            Savez vous combien d’adolescents palestiniens sont en prisons en Israel ?
            Combien de prisons secrètes ?
            Je vous le dis.
            Il faut nettoyer la région de tout les tortionnaires, tous !

            • unagi-
              unagi- répond à freevanunu-
              卑語
              • Posté à 23h25 le 16/02/2011
              • Internaute 24252
                卑語

              freevanunu,
              Je vous avouerais que , de 7 à 77 ans, la torture reste pour moi un grand mystère et une abstraction majeure et la lecture de votre post n’y change rien. Je n’ai jamais mis en doute ce témoignage ni la situation dans les territoires occupés. Mon propos n’est pas là.
              Pour vous répondre ce témoignage, sans vision globale reste au niveau de l’évènement et mériterait un traitement différent tant il fait se confronter une légende occidentale des pratiques israéliennes avec la réalité du terrain.

              • Jerome_B
                Jerome_B répond à unagi-
                • Posté à 08h48 le 17/02/2011
                • Expert 81512

                Etre dénudé en public, se faire pisser dessus etc ... je pense qu’on ne le ressent pas de la même manière quand on a 13 ans ou 40 ans ...

                Ceci dit, effectivement, la torture est un fait bien entendu inacceptable dans l’absolu quel qu’en soit la victime.

        4 autres commentaires
    • Thierry_
      Thierry_ répond à freevanunu-
      Candide
      • Posté à 13h52 le 16/02/2011
      • Internaute 119214
        Candide

      A rue89 : pourquoi ne pas faire un article à part entière de cette réaction qui, si les faits décrits sont avérés, mérite une plus grande audience ?

      • freevanunu-
        freevanunu- répond à Thierry_
        chômeur
        • Posté à 16h43 le 16/02/2011
        • Internaute 122862
          chômeur

        Ces faits, malheureusement, relèvent bien du quotidien cauchemardesque des palestiniens.
        Mais vous savez il se trouvera bien des gens qui nous expliqueront sans honte que tout ceci est faux , inventé , enfin le révisionnisme habituel.

    • Titonèpalà
      Titonèpalà répond à freevanunu-
      Titolélàba
      • Posté à 16h13 le 16/02/2011
      • Internaute 96315
        Titolélàba

      Merci pour ce témoignage plus que touchant. Il fait mal !

      Merci car il me rappelle que je n ai pas le droit de mettre tous les gens d’un même peuple dans le même sac à cause de leurs brebis galeuses.

      Merci à tous ces Juifs et/ou Israëliens qui se battent comme ils le peuvent pour la paix et la justice ou au moins pour aider leur prochain à se démener face à cette machine inhumaine.

      On entend si rarement parler de ces gens de bien, on entend si rarement de tels témoignages qui ramènent ce conflit à ce qu’il est... un acte barbare... et c’est d autant plus rare que ce sont des Juifs qui témoignent. Leur coeur doit être bien lourd.

      Je salut leur combat résistant.

      Merci.

      Pas de mots pour cet enfant, sa famille et sa « mésaventure »...
      Que dire sans vouloir hurler ?
      Comment considérer le pardon face à de telles cruautés ?
      Seul l’oubli se peut. (comme il est si sagement dit dans le témoignage de Mr Hamadi Ben Abdelmalek)

    • Rose.Arno
      Rose.Arno répond à freevanunu-
      Enseignante
      • Posté à 23h14 le 16/02/2011
      • Expert 136988
        Enseignante

      « Quel genre de personnes, je me demandais, appréhendent un enfant de 13 ans et le torturent de la sorte ? Et puis je me suis répondu : à peu près n’importe quel soldat israélien. »

      « Pour la plupart des Israéliens, il n’existe pas, il n’est pas réel, il n’est pas un être humain. »

      Aya Kaniuk & Tamar Goldschmidt

      Bon, et bien là vous êtes content, vous avez trouvé des Juifs qui apportent une eau « respectable » à votre moulin.

      Si ce n’est que la simple preuve de la diversité d’opinion tout à fait singulière qu’on peut trouver en Israël, à l’inverse de ses voisins, il n’en demeure pas moins que ce genre de déclarations donne de la substance à l’oxymoron « juif antisémite ».

      Mais vous devriez aller au bout de votre logique et appeler à la disparition de l’état d’Israël au profit d’un seul état palestinien pluriel.

      • freevanunu-
        freevanunu- répond à Rose.Arno
        chômeur
        • Posté à 09h13 le 17/02/2011
        • Internaute 122862
          chômeur

        « Bon, et bien là vous êtes content, vous avez trouvé des Juifs qui apportent une eau “ respectable” à votre moulin. ».
        Voici une phrase qui explique tout ce que l’on dit depuis des années.
        L’autisme !
        Bon courage dans votre misère mentale.

         
        • Rose.Arno
          Rose.Arno répond à freevanunu-
          Enseignante
          • Posté à 11h23 le 17/02/2011
          • Expert 136988
            Enseignante

          Comment voulez vous communiquer avec des gens qui ne veulent qu’une chose, votre disparition.

          Mais votre usage d’expressions stéréotypées est pertinent car le problème de l’autisme n’est pas le manque de désir d’interagir et de communiquer, mais un manque de possibilité de le faire.....

          • freevanunu-
            freevanunu- répond à Rose.Arno
            chômeur
            • Posté à 11h52 le 17/02/2011
            • Internaute 122862
              chômeur

            Oui oui, on connait la vieille thématique de « si on extermine les palestiniens , c’est par ce qu’ils veulent notre disparition. »
            Faudrait voir à changer de disque , celui-ci est usé.
            Ce ne sont pas les arabes qui menacent Israel , mais bien Israel qui menace touts les autres Etats non acquis à sa cause mystico religieuse de la terre promise.
            Vous savez depuis l’assassinat de Rabbin ,le message est clair.
            Celui qui veut la paix, mourra !
            Je pense qu’Israel , a besoin du même type de révolution qu’en Egypte.
            On ne peut plus supporter de tels gouvernants, qui mènent leurs peuples vers le chaos et la destruction.
            Je vous le dis avec beaucoup d’empathie, il est temps de prendre son courage à deux mains et virer les salauds de la région et ils ne sont pas tous musulmans.

            • Rose.Arno
              Rose.Arno répond à freevanunu-
              Enseignante
              • Posté à 15h18 le 18/02/2011
              • Expert 136988
                Enseignante

              « Je pense qu’Israel , a besoin du même type de révolution qu’en Egypte. »

              Voulez vous dire que vous espérez l’accession de la religion au pouvoir ?

              Virer les salauds, vaste programme.

              Le problème est qu’on est souvent le salaud de quelqu’un.Donc,ça va faire une sacrée transhumance.

              Il est vrai que dans une société religieuse, il y a le juste d’un côté, et le salaud de l’autre.
              C’est beaucoup plus pratique pour l’intendance.

              • freevanunu-
                freevanunu- répond à Rose.Arno
                chômeur
                • Posté à 18h44 le 18/02/2011
                • Internaute 122862
                  chômeur

                « Voulez vous dire que vous espérez l’accession de la religion au pouvoir ? »
                C’est déjà le cas en Israel.
                Pour être israélien , il faut être juif.
                Par contre vous tentez de faire croire que la révolte de sEgyptiens et des tunisiens sont des révoltes religieuses ? ?
                Ecoutez , je vous le dis avec beaucoup de gentillesse, changez de disques, celui-ci est moisi ! .

        4 autres commentaires
  • Chimulus
    Chimulus
    Dessinateur de presse
    • Posté à 11h12 le 16/02/2011
    • Internaute 5775
      Dessinateur de presse
    • telemaque50
      telemaque50 répond à Chimulus
      • Posté à 12h25 le 16/02/2011
      • Internaute 10420

      L’air est assez stable au dessus du désert.. donc, ils proviennent d’ailleurs !

      Pensez vous donc que cette pseudo ministre, son compagnon pseudo ministre aussi, et ses vieux parents encore si au fait d’acheter la totalité des parts d’une société immobilière à un âge canonique, ne puissent pas avoir des flatulences au point de créer des trous d’air ?

  • Cosette
    Cosette
    Délinquante amoureuse
    • Posté à 12h04 le 16/02/2011
    • Internaute 33774
      Délinquante amoureuse

    J’ai honte en lisant ça de savoir que nos gouvernants ont passé des vacances en toute tranquillité, ont laissé faire...

    Honte quand la famille de Mr Abdelmalek a demandé de l’aide à la France ,.....et la réponse du Ministère des Affaires étrangères !

    Honte de savoir que Besson est favorable à l’asile politique des proches de Ben-Ali !

    Quand à la MAM.....rien à rajouter car je dois restée polie.....

    Qui sommes nous pour « accepter » que ce gouvernement tolère des choses comme ça ? !

    • miktak
      miktak répond à Cosette
      • Posté à 12h30 le 16/02/2011
      • Internaute 28738

      il n’y a aucune honte à avoir mais juste une ligne de conduite à adopter.Cela serait leur faire trop d’honneur que tomber dans le piège de la honte.

    • miktak
      miktak répond à Cosette
      • Posté à 12h30 le 16/02/2011
      • Internaute 28738

      il n’y a aucune honte à avoir mais juste une ligne de conduite à adopter.Cela serait leur faire trop d’honneur que tomber dans le piège de la honte.

  • framboise92
    framboise92
    je choisis la campagne, la (...)
    • Posté à 11h54 le 16/02/2011
    • Internaute 24519
      je choisis la campagne, la (...)

    Il y a dans l’ Humain une forme de pathologie plus ou moins développée. Comment peut-on être monstrueux à ce point sans être qualifié de monstre malade ?

    • Cosette
      Cosette répond à framboise92
      Délinquante amoureuse
      • Posté à 12h01 le 16/02/2011
      • Internaute 33774
        Délinquante amoureuse

      Regarde la tête de ces deux là......

      Lien

      • framboise92
        framboise92 répond à Cosette
        je choisis la campagne, la (...)
        • Posté à 12h08 le 16/02/2011
        • Internaute 24519
          je choisis la campagne, la (...)

        Oui. Heureusement, notre geôlier n’est pas aussi tortionnaire.

      • framboise92
        framboise92 répond à Cosette
        je choisis la campagne, la (...)
        • Posté à 12h21 le 16/02/2011
        • Internaute 24519
          je choisis la campagne, la (...)

        Bisous, au fait, Cosette. Tu dois être en vacances, je suppose ?

  • Pi.K
    Pi.K
    Vilain Parisien
    • Posté à 12h00 le 16/02/2011
    • Internaute 105016
      Vilain Parisien

    Bravo à Zineb Dryef pour ses reportages. C’est du beau journalisme, vraiment. Recherché, exigeant, détaillé. Merci.

    • Danielle29
      Danielle29 répond à Pi.K
      Soutien à amonhumbleavis
      • Posté à 12h35 le 16/02/2011
      • Internaute 30791
        Soutien à amonhumbleavis

      Je m’associe à vos remerciements et félicitations à Zineb Dryef.

      • viva zebda
        viva zebda répond à Danielle29
        Ni maître, ni croquettes
        • Posté à 12h59 le 16/02/2011
        • Internaute 25029
          Ni maître, ni croquettes

        je réitère ...

         
        • bsokio
          bsokio répond à viva zebda
          Ingénieur
          • Posté à 14h12 le 16/02/2011
          • Internaute 140681
            Ingénieur

          de même .... un très grand merci. La tunisie a besoin de cela pour avancer comme il faut ! Merci, merci, merci.

        1 autres commentaires
    • chuuuch69
      chuuuch69 répond à Pi.K
      omerta
      • Posté à 16h07 le 16/02/2011
      • Internaute 139279
        omerta

      IDEM, merci chef !

  • telemaque50
    • Posté à 12h04 le 16/02/2011
    • Internaute 10420

    Rue 89, il serait souhaitable que vous, journaliste, puissiez vous renseigner sur la raison qu’ont tout ces « émigrés » Tunisiens, qui soudainement viennent de traverser la Méditerranéenne pour l’Italie, comme pour fuir cette nouvelle Tunisie, justement plus libre.

    Cela semble très curieux.

    Une idée vient immédiatement a l’esprit, ne serait-ce quelques milliers de ces policiers, gardiens de prisons, tortionnaires et autres salauds qui furent suppôts de ce régime ami de tant de nos politiciens. Qui la peur au ventre des représailles fuient leur pays.

    Merci d’avance

    • Danielle29
      Danielle29 répond à telemaque50
      Soutien à amonhumbleavis
      • Posté à 12h43 le 16/02/2011
      • Internaute 30791
        Soutien à amonhumbleavis

      De Danielle29

      18H49 | 13/02/2011 | Permalien

      Une hypothèse : ces Tunisiens qui débarquent à Lampedusa seraient-ils les mêmes qui ont soutenu Ben Ali, policiers ripoux, miliciens qui torturaient les opposants... et qui se disent qu’il ne fait plus très bon en Tunisie pour eux, parce que le peuple leur demandera inexorablement des comptes ?
      cela reste une hypothèse.

      Il semble que Hortefeux se soit inquiété hier de ce que les Tunisiens débarquant à Lampedusa soient des évadés de prison, délinquants de droit commun. Cela pourrait vérifier cette hypothèse, mais je me méfie d’Hortefeux : avec lui tout est bon pour apeurer les populations et les faire adhérer à la traque aux « illégaux ».
      Cela dit, un criminel qui s’inquiète d’en voir arriver de semblables à lui...

      • Grunt_
        Grunt_ répond à Danielle29
        Technicien informatique
        • Posté à 14h30 le 16/02/2011
        • Internaute 119275
          Technicien informatique

        Rassurons Hortefeux : ce ne sont pas des réfugiés politiques qui risquent de venir nous emmerder avec leur problèmes, mais de braves policiers qui fuient les sales révolutionnaires terroristes.

        M. Hortefeux dispose là d’une main d’oeuvre abondante pour ses milices privées, bonne nouvelle :)

      • telemaque50
        telemaque50 répond à Danielle29
        • Posté à 18h55 le 16/02/2011
        • Internaute 10420

        Il est plus facile pour hortefeux de dire que ces réfugiés seraient des criminels évadés que d’émettre l’idée qu’ils soient d’anciens sbires du régime ben ali. Dans ce dernier cas, ca serait reconnaitre l’existence officielle de cette ancienne dictature.

         
        • yabon
          yabon répond à telemaque50
          Klingon
          • Posté à 23h00 le 16/02/2011
          • Internaute 98602
            Klingon

          « que d’émettre l’idée qu’ils soient d’anciens sbires du régime ben ali. »

          C’est parfaitement plausible, d’autant que l’accueil de Berlusconi prouverait que ce ne sont pas de jeunes mineures à gros seins.

        • Danielle29
          Danielle29 répond à telemaque50
          Soutien à amonhumbleavis
          • Posté à 18h03 le 17/02/2011
          • Internaute 30791
            Soutien à amonhumbleavis

          Hortefeux et ses acolytes n’en sont pas à un mensonge près, ni à un maquillage de réalité près !
          Mentir, c’’est même leur activité essentielle.

        2 autres commentaires
      • telemaque50
        telemaque50 répond à Danielle29
        • Posté à 21h20 le 16/02/2011
        • Internaute 10420

        Je n’ai aucune réponse, je m’interroge simplement sur la raison de cet afflue soudain de tant d’émigrés Tunisiens, traversant la Méditerranée en bateau.

    • viva zebda
      viva zebda répond à telemaque50
      Ni maître, ni croquettes
      • Posté à 13h02 le 16/02/2011
      • Internaute 25029
        Ni maître, ni croquettes

      en effets
      voila encore un bon sujet d’enquête journalistique d’investigation...

    • sarkophage_xyz-
      • Posté à 13h05 le 16/02/2011
      • Internaute 24987

      Mon hypothèse est qu’en cas d’expulsion, ils ne risquent plus d’être inquiétés. Quel était l’accueil réservé aux expulsés à l’arrivé du « charter » ?
      Mais il est bien possible que la votre soit la bonne à savoir ceux qui craignent un retour de bâton.

      • viva zebda
        viva zebda répond à sarkophage_xyz-
        Ni maître, ni croquettes
        • Posté à 13h58 le 16/02/2011
        • Internaute 25029
          Ni maître, ni croquettes

        si ce sont les ex crapules du systèmes,
        je n’ai, hélas ,aucun doute a croire ,qu’il passeront sans douleurs ,le filtre de l’immigration « choisie »

    • y-Bot
      y-Bot répond à telemaque50
      • Posté à 20h25 le 16/02/2011
      • Internaute 38620

      Quelqu’un a relevé chez Calvi je crois que ceux qui débarquent en italie on pu payer les passeurs etc. (dans les 1000€). Tous au même moment, dans un pays où 1000€ c’est pas rien.
      Un citoyen lambda pauvre qui voudrait partir trouverait pas forcément l’argent nécessaire du jour au lendemain.
      C’est un indice.

      Doit quand même y avoir de tout dans ces émigrés. Même si reconstruire un pays en mieux ça à l’air enthousiasment, en l’état l’europe ça peut apparaitre comme un eldorado plus concret.
      Si tu rêves de te barrer depuis des années et que tout à coup ya moyen en prenant moins de risque...

  • tiloo87
    • Posté à 12h53 le 16/02/2011
    • Internaute 48763

    Merci pour cet article, pour ce témoignage d’un homme pudique et sensible : c’est ce que j’aime lire sur ce site.
    Je pense qu’il n’était pas envisageable de le recueillir dès sa sortie en 2006 ? (trop risqué...)

  • Autruchette
    Autruchette
    Dieu est mort !
    • Posté à 13h08 le 16/02/2011
    • Internaute 134171
      Dieu est mort !

    Si Ben Ali est traduit devant les Tribunaux Internationaux, j’espère (l’espoir fait vivre, dit-on), que ceux l’ayant souvenu y comparaîtront aussi..
    Témoignage important : à ne pas oublier.

  • momo la salade
    • Posté à 13h19 le 16/02/2011
    • Internaute 110276
      foutus

    qui mieux que vous pourrait nous raconter ça

  • goodies75
    goodies75
    webdesigner
    • Posté à 13h30 le 16/02/2011
    • Internaute 87838
      webdesigner

    Je pense que ce n’est pas seulement ce gouvernement qui doit être punie mais tous ceux aussi qui critiquent MaM maintenant et qui ont passé de bonnes vacances en Tunisie.
    Facile de critiquer les gouvernements mais je n’ai jamais vu de manifs en France sur ce qui se passait en Tunisie, de tous ceux qui s’offusquent maintenant des rapport franco tunisien. Alors que ce n’était pas un secret de polichinelle. Je trouve facile de se trouver une conscience maintenant avec la meute alors que d’autres combattaient dans l’ombre et le mépris.
    On a reçu Kadhafi , vous êtiez ou ? vous attendez qu’il meure pour proclamer votre indignation ?
    Je vois actuellement une belles bandes qui tapent sur les clous qu’ont leur montrent comme des moutons.

    • PF43
      PF43 répond à goodies75
      cadre fonction publique, enfin (...)
      • Posté à 11h07 le 17/02/2011
      • Internaute 130271
        cadre fonction publique, enfin (...)

      Je fais partie de ces beaufs inconscients qui sont allés en Tunisie sous le régime de Ben Ali, en 2008 exactement.

      A l’époque je n’ignorais pas totalement que la liberté d’opinion n’y existait pas et que des journalistes et des écrivains étaient jugés et emprisonnés.
      Je regrette ce voyage mais il n’a pas été totalement inutile.

      Je me suis sentie mal à l’aise en Tunisie : la pauvreté des habitants proportionnelle à leur obséquiosité envers les touristes était flagrante, le portrait omniprésent de Ben Ali, l’impossibilité d’échanger avec les tunisiens sur quoi que soit d’autre que des banalités, leur manque de spontanéité, la présence obsédante des forces de police etc...

      Oui, j’ai ressenti presque physiquement cette chape de la dictature et j’en ai parlé avec les copines qui m’accompagnaient.

      J’ai pris la décision de ne pas aller au Maroc cette année.

      En même temps, je ne suis pas sûre que les peuples du Maghreb se réjouissent de la désertion des touristes.

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