07/02/2011 à 20h23

Lois de bioéthique : la France choisit la famille Ricoré

Blandine Grosjean | Rédactrice en chef Rue89

La révision, par les députés à partir de mardi, des lois de bioéthique n’assouplira pas la législation la plus conservatrice d’Europe.


Paillettes de sperme au Cecos de l’hôpital Cochin à Paris en 2010 (Audrey Cerdan/Rue89).

En matière de reproduction, les êtres humains ne sont pas égaux : il y a ceux qui se débrouillent comme des grands et ceux qui n’y arrivent pas tout seuls. Soit qu’ils aiment quelqu’un du même sexe, soit qu’il leur manque quelque chose (du sperme de bonne qualité, un utérus ou des ovaires en état de fonctionner), soit qu’elles n’aient pas encore trouvé le père de leurs enfants.

Plusieurs millions de Français en âge de fonder une famille relèvent de cette partie de l’humanité. La psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval estime qu’un couple sur six est dans ce cas en France.

La révision des lois de bioéthique, examinées à l’Assemblée nationale à partir de ce mardi 8 février, ne va rien changer. Le régime d’interdiction sur la recherche des embryons est maintenu. Tant au Parlement qu’au gouvernement, personne ne veut courir le risque de la moindre évolution.

Seule avancée, contestée par l’Union nationale des associations familiales (Unaf) : la suppression de l’obligation de deux ans de vie commune pour la PMA.

C’est donc trois ans de débats, de consultations pour garder en l’état la législation la plus conservatrice d’Europe.

Même sur la question de la levée partielle de l’anonymat des donneurs de gamètes (sperme), ça sera non. Roselyne Bachelot, lorsqu’elle était ministre de la Santé s’y était pourtant déclarée favorable.

La représentation parlementaire française, où féministes et réactionnaires unissent leurs forces sur ces sujets de société « sensibles », ont de plus décidé de fermer toute évolution en supprimant l’obligation de révision périodique des lois, renvoyant aux calendes toute évolution sur les questions de :

  • ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux femmes célibataires ;
  • ouverture de la procréation médicalement assistée aux homosexuelles ;
  • gestation pour autrui ;
  • double don (sperme et ovocytes) pour les couples souffrant de double infertilité ;
  • levée partielle ou totale de l’anonymat des donneurs d’ovocytes ou de sperme.

Un « régime de prohibition »

En France, donc, seuls les couples hétérosexuels dont la femme a moins de 43 ans sont éligibles aux aides médicales à la procréation. Et encore : compte tenu de la durée du processus, la limite d’âge réelle se situe plutôt à 37-38 ans.

De plus, les conditions se superposant, il ne faut pas que les deux partenaires souffrent d’infertilité, ce qui est pourtant le cas de près de 40% des couples hétérosexuels ayant du mal à procréer : le double don (ovules et de sperme) est interdit.

La liste des interdits est si longue que les experts internationaux parlent, à propos de la France, d’un « régime de prohibition ».

Des milliers de femmes et d’hommes vont continuer de chercher ailleurs ce qui est illégal ici. Des mères porteuses aux Etats-Unis ou en Inde. Un don d’ovocytes en Espagne, en Grèce ou en Roumanie. Du sperme ou des embryons en Belgique.

A nous la famille Ricoré, ailleurs « Queer as Folk »

Cette carte de l’exil procréatif ne cesse de s’étendre. Les autorités françaises se vantent d’avoir instauré la plus éthique des législations en sacralisant l’anonymat, la gratuité et le couple forcément hétérosexuel.

« Cette surmoralisation entraîne un coût psychique et social élevé », estime le sociologue Bertrand Pulman, auteur de « Mille et une façons de faire des enfants » (Calmann-Lévy).

Le psychiatre Christian Flavigny milite au contraire pour le maintien d’un modèle de la « famille à la française », exprimant tout haut ce que beaucoup de parlementaires pensent tout bas. Dans beaucoup de pays étrangers, « la famille est réduite à son rôle superficiel, seulement éducatif », écrit-il dans « Et si ma femme était mon père ? » (Les Liens qui libèrent). Tout adulte, fustige-t-il, s’y sent « le droit de réclamer un enfant » moyennant finance.

Alors que chez nous (en France) le lien parent-enfant est fondé sur la « reconnaissance affective mutuelle » : à nous la famille Ricoré, ailleurs « Queer as Folk ». (Voir une publicité de 1994)

« Les Françaises sans le sou n’ont que leurs yeux pour pleurer »

Le professeur François Olivennes, expert en PMA (procréation médicalement assistée), accuse :

« Le gouvernement a instauré une médecine à deux vitesses. Les femmes ayant les moyens financiers foncent à Barcelone et reviennent une fois sur deux avec une grossesse dans les six mois. Les Françaises sans le sou n’ont que leurs yeux pour pleurer. »

A Paris, les prix pour une donneuse d’ovocytes acceptant d’accompagner une femme en Belgique peuvent grimper jusqu’à 3 000 euros. Le coût d’une gestation pour autrui va de 5 000 dollars en Inde à 10 000 dollars aux Etats-Unis. Un don d’ovocytes suivi de l’implantation de l’embryon coûte jusqu’à 10 000 euros en Espagne et se négocie 2 000 euros en Roumanie.

Le double don (sperme et ovocytes) avoisine les 4 000 euros en République tchèque. « Il n’y a que les antidépresseurs qui sont remboursés », plaisante une candidate au double don.

Pour minimiser les frais et maximiser les chances, des cliniques (surtout dans les Balkans) acceptent d’implanter cinq embryons. Si trois s’accrochent, les parents ont le choix entre la réduction embryonnaire et une grossesse à très haut risque.

En Roumanie, les couples en quête d’embryons ont la possibilité de regrouper tous les examens en quelques jours. Sur les forums, ils racontent les examens pratiqués dans des arrière-salles de bureaux, les suppléments à verser au dernier moment…

Maia, association d’échange sur l’infertilité, déconseille fortement de se rendre en Inde. Un couple est actuellement coincé sur place avec le bébé, pour lequel ils ne parviennent pas à établir les papiers.

Une gynécologue : « Nous ne sommes pas des flics »

« Si la loi française n’évolue pas, les pratiques illégales vont se multiplier », prévient la sociologue Dominique Mehl.

La plus dangereuse reste la gestation pour autrui. Une femme acceptant de porter un enfant pour le compte d’une autre risque deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. Selon la juriste Laurence Brunet, les couples qui bravent la loi sur le sol français sont plus nombreux qu’on ne le croit, « et parfois les hôpitaux sont complices ».

Ce n’est plus un secret que certaines cliniques ferment les yeux sur les échanges de cartes Vitale. Une gynécologue-obstétricienne témoigne :

« Nous ne sommes pas des flics, et nous ne comprenons pas que ce qui est autorisé et même valorisé dans de nombreux pays soit à ce point interdit en France. »

Selon un sondage Ipsos, 61% des Français sont d’ailleurs favorables aux mères porteuses.

Un couple, c’est un homme et une femme

En France, la mère ne peut être que celle qui a accouché. Les associations estiment qu’un millier de parents ont eu recours à des mères porteuses à l’étranger. Beaucoup de ceux-là évitent désormais de demander une transcription à l’état civil français par peur des poursuites pénales.

Les enfants des couples de lesbiennes nés par insémination avec donneur et ceux des couples gays qui ont recours à une mère porteuse se retrouvent avec un seul lien de filiation, comme autrefois les enfants illégitimes d’hommes mariés.

La discrimination qui frappait ces « bâtards » se justifiait par la défense de la famille légitime. Aujourd’hui, les enfants d’homosexuels restent stigmatisés au nom de l’idée qu’un enfant ne peut naître que d’un couple, et qu’un couple c’est un homme et une femme.

Contre les vents et les marées de l’opinion, le statu quo va renforcer un dispositif censé protéger la famille naturelle, la seule à la fois conforme aux valeurs catholiques et au nouveau dogme psy. Les cliniques du monde entier continueront de faire fortune sur le dos des exilés français de la procréation.

Ce qui est autorisé en France

La PMA (procréation médicalement assistée), ou AMP (assistance médicale à la procréation), désigne les pratiques cliniques et biologiques permettant la conception in vitro (en dehors du ventre de la femme), le transfert d’embryons et l’insémination artificielle – qui peut avoir lieu avec le sperme du conjoint (IAC) ou avec celui d’un donneur (IAD).

En France, parmi les couples hétérosexuels stables, 15% à 20% ont consulté un médecin pour des difficultés à avoir un enfant et 6% seraient infertiles, selon les chiffres rapportés par la Mission d’information parlementaire.

Deux préalables. La PMA est autorisée dans deux cas : lorsqu’il existe :

  • une infertilité pathologique médicalement diagnostiquée,
  • un risque de transmettre une maladie d’une particulière gravité à l’enfant ou à l’un des membres du couple.

Quatre conditions. La PMA est réservée aux couples composés d’un homme et d’une femme vivants, en âge de procréer, mariés ou en mesure d’apporter la preuve d’une vie commune d’au moins deux ans, et consentant préalablement au transfert des embryons ou à l’insémination.

Elle est prise en charge par la Sécurité sociale dans la limite d’âge de 43 ans pour les femmes. En pratique, les équipes médicales ne prennent pas en charge les couples dont l’homme a dépassé 60 ans et sont très réticents pour les femmes à partir de 38 ans.

Le don doit être anonyme et gratuit. Les enfants nés avec un don de gamètes (apport par un tiers de spermatozoïdes ou d’ovocytes) représentent aujourd’hui environ 7% de l’ensemble de ceux conçus par PMA (1 122 avec don de sperme et 106 avec don d’ovocytes).

Les deux principes fondamentaux sur lesquels repose ce don sont la gratuité et l’anonymat, qui visent à garantir le caractère altruiste et désintéressé du don, en évitant tout paiement du donneur par le couple bénéficiaire, et à protéger le couple d’une immixtion d’un tiers dans leur vie familiale.

20  000 bébés par an. Près de 120 000 tentatives d’assistance médicale à la procréation ont été réalisées en 2006, dans la très grande majorité des cas avec les gamètes des deux membres du couple. En 2005, les tentatives d’AMP ont abouti à la naissance de 19 026 enfants (2,4 % des naissances).

Efficacité faible. Le professeur François Olivennes estime que « la situation de la PMA en France est une honte. La France fut un pays pionnier. Aujourd’hui, elle se classe parmi les plus mauvais d’Europe, avec la Slovénie et le Monténégro ».

6 questions qui fâchent : pourquoi la loi dit non

Voici résumées les positions du législateur français telles qu’elle sont défendues par la Mission d’information sur la révision des lois de bioéthique, qui a mené un travail d’audition et d’enquête colossal. Extraits tirés de son rapport.

1

Pourquoi exclure les quadras   ?

La loi dit « en âge de procréer » afin écarter les femmes ménopausées, qui grâce à des dons d’ovocytes peuvent en effet être enceintes.

L’AMP doit être réservée aux infertilités pathologiques, l’âge seul n’en étant pas une. Repousser l’âge à partir duquel il est possible de recourir à la PMA favoriserait une évolution, serait source d’illusions pour les femmes et constituerait une prise de risque inutile pour leur santé.

2

Pourquoi exclure les femmes seules  ?

Cela conduirait à organiser la conception délibérée d’enfants privés de père, alors que prévaut le principe : « Un père, une mère, pas un de plus, pas un de moins. » La PMA pour un célibataire n’a aucun sens, sauf à adopter une logique de prestation de services. L’équipe médicale fournit des gamètes à une personne qui, pour des raisons qui sont les siennes, n’a pas de partenaire.

Ouvrir la PMA aux femmes célibataires médicalement infertiles, comme le propose l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques  ? Quand bien même la femme éprouverait une difficulté médicale à procréer, est-ce que la première raison de l’infertilité, et donc du recours à la PMA, ne serait pas à rechercher dans l’absence de partenaire avec qui procréer, ce qui correspondrait donc à une indication sociale  ? – en Belgique, au Danemark, en Espagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, les femmes seules ainsi que les couples homosexuels féminins peuvent bénéficier d’une aide à la procréation.

3

Pourquoi exclure les homosexuels  ?

La PMA a toujours été destinée à résoudre un problème de stérilité d’origine médicale, et non à venir en aide à une préférence sexuelle ou à un choix de vie sexuelle. L’ouverture de l’AMP à l’homoparentalité ou aux personnes seules ouvrirait de fait ce recours à toute personne qui en exprimerait le désir et constituerait peut-être alors un excès de l’intérêt individuel sur l’intérêt collectif.

Cela conduirait à envisager qu’un enfant puisse avoir légalement deux parents du même sexe – en Belgique, au Danemark, en Espagne, au Canada, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, les couples homosexuels féminins peuvent recourir à l’AMP.

Au Québec, lorsqu’un enfant naît dans un couple de femmes suite à une AMP avec tiers donneur, les deux femmes peuvent figurer sur son acte de naissance en tant que mères.

4

Pourquoi ne pas payer le don d’ovocytes…

En France :

  • 247 donneuses,
  • 1 300 couples en attente à la fin de l’année 2007,
  • de deux à cinq ans d’attente,
  • 453 femmes en ont bénéficié en 2006.
  • quelque 2 000 femmes se sont inscrites pour un don en Espagne, en Grèce et en République tchèque (délai d’attente : quelques semaines).

Faut-il maintenir le principe de gratuité, « au risque que la pratique demeure confidentielle », avec « des femmes qui courent le monde, parfois seules, et se rendent dans des officines douteuses, ce qui peut provoquer des catastrophes »  ?

Faut-il au contraire assouplir le principe de gratuité du don de gamètes et instituer, même temporairement, « un dédommagement, au moins symbolique » ?

La mission estime que le don de gamètes ne doit faire l’objet ni de rémunération ni d’indemnisation. La rémunération du don conduirait à une remise en cause du principe de ­non-commercialisation du corps humain et de ses éléments, qui constitue l’un des piliers des lois de bioéthique et vise à protéger la dignité de la personne.

5

Pourquoi interdire le double don (de sperme et d’ovocytes)  ?

Dans près de 40% des cas d’infertilité, les deux membres du couple sont touchés. Or, la loi prévoit qu’un embryon ne peut être conçu qu’avec des gamètes provenant au moins d’un des membres du couple. Selon l’Agence de la biomédecine :

« Cette interdiction du double don de gamètes n’est plus comprise, pas plus par les professionnels qui sont amenés à traiter des cas de double infertilité que par les patients dans la mesure où la loi permet par ailleurs l’accueil d’un embryon provenant d’un autre couple (un couple qui n’a plus de projet parental peut consentir à ce que ses embryons surnuméraires soient accueillis par un autre couple). »

La Mission justifie le maintien de l’interdiction du double don par la pénurie d’ovocytes, alors qu’il existe un nombre suffisant d’embryons surnuméraires pouvant être accueillis par des couples dont les deux membres sont infertiles.

Fin 2007, environ 155 000 embryons étaient conservés par congélation dans les centres d’AMP, pour environ 43 000 couples.

6

Pourquoi proscrire la « gestation pour autrui »

Au minimum, la GPA (gestation pour autrui) fait intervenir le père d’intention et deux mères «  biologiques  » (mère génétique/mère utérine). Quand il y a tiers donneur, l’enfant peut avoir jusqu’à cinq parents ou géniteurs :

  • le donneur de sperme,
  • la donneuse d’ovocytes,
  • la gestatrice,
  • le père et la mère d’intention.

En défendant certains principes, la loi assure une fonction symbolique et protectrice. Si les exemples étrangers doivent nourrir la réflexion du législateur, ce ne peut être pour s’aligner sur le « moins-disant éthique » et abdiquer toute réflexion souveraine en la matière.


Le numéro 4 de Rue89 Le Mensuel.

Roselyne Bachelot, ex ministre de la Santé :

« Faire courir aux plus fragiles le risque d’une instrumentalisation aliénante de leur corps et de leur psyché, reconnaître le primat du génétique tout en admettant que la mère puisse être celle qui élève et non celle qui porte et accouche, voilà une bien étrange conception du progrès et de l’éthique, une bien étrange façon de défendre la cause des femmes

[La plupart des pays qui acceptent cette pratique ne font que la tolérer en réalité : Grande-Bretagne, Finlande, Danemark, Pays-Bas, Grèce, Canada , certains États des États-Unis. La Belgique n’interdit pas la pratique, mais celle-ci n’y est pas encore encadrée. Israël est le seul pays à avoir adopté une loi spécifique autorisant et encadrant la GPA]. »

Ces trois contenus, ici actualisés, sont issus du numéro 4 de Rue89 Le Mensuel, paru en octobre 2010.

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  • A déménagé le 19-12-2011
    • Posté à 22h03 le 07/02/2011
    • Internaute 48453

    Votre article est vraiment pauvre.

    Il plaide en faveur d’un assouplissement des règles éthiques en se fondant sur seulement 2 arguments de fond totalement fallacieux :

    1°/ d’autres pays sont plus souples.

    Donc on peut facilement s’affranchir de la rigidité française en allant ailleurs moyennant finance. C’est vrai après tout : de plus en plus de pays organisent leur système législatif suivant la charia ; pourquoi par nous ?

    2°/ Le nombre de situations illégales sur le sol français est présumé s’accroître : Puisque la loi n’est pas respectée, abrogeons la loi.

    Je propose dans le même ordre d’idée que l’on supprime les passages cloutés, les limitations de vitesse, l’interdiction de vendre de l’alcool à des mineurs, la redevance TV, le délit pour injure raciale, la durée légale de travail...
    En fonction de votre sensibilité, rayez la mention inutile.

    Vive l’anarchie !

  • Claudia71
    Claudia71
    assistante sociale
    • Posté à 22h06 le 07/02/2011
    • Internaute 138290
      assistante sociale

    Je rêve....c’est quoi ces commentaires, on est où là, sur le site de famille catholique ? Très bon article qui reflète l’écart qu’il existe dans ce pays entre les gens comme ils vivent « en vrai », fabriquent des familles,font comme ils peuvent, avec l’amour, les enfants, les amis et nos représentants politiques. Le Pacs était censé apporter la fin du monde.

  • Mikcey
    • Posté à 22h09 le 07/02/2011
    • Internaute 100537

    Votre avis est malheureusement encore plus pauvre.

    1°/ Liberté - Egalité - Fraternité ? C’était que pour faire bosser les tailleurs de pierres selon vous ?

    On rajoute un peu d’islamophobie pour faire bonne mesure, et c’est partit mon kiki ... Mais pour vous répondre quand même : si la majorité veut la charia, qu’il en soit ainsi !
    La loi doit être l’émanation de la majorité.

    2°/ La loi est censé encadrer la société. Elle doit donc évoluer dans le même sens que les idées de cette société.
    De plus elle représente, et c’est le plus important : l’avis de la majorité.
    Donc si une majorité enfreint la loi : c’est que cette loi ne représente pas la majorité. Elle doit donc être abrogé.

    Faire ça : c’est le rôle des parlementaires qu’on paie très, très, très chère. Et non pas ménager les susceptibilités de minorités électorales qui votent, je vous l’accorde, assidument.

  • Florent Deliesle
    • Posté à 22h09 le 07/02/2011
    • Internaute 137282

    Je suis assez choqué par le ton du rédacteur. Il s’agit de résumer en lançant des piques à la sauce Zemmour des heures de débats parlementaires en quelques lignes.

    Il m’a fallu une heure et demie pour lire celui qui concernait la levée partielle de l’anonymat. Le moins qu’on puisse dire c’est que ces décisions ne sont pas prises à la légère.

    Enfin pour l’adjectif conservateur employé tout le temps dans cet article, j’aimerai préciser que les lois de la bioéthique ne sont pas recopiées directement après lecture de la bible comme certains semblent l’entendre.

    Si elles sont, tout comme l’ensemble de la loi française en matière de dignité humaine, proche en effet des idées de l’Eglise c’est parce que la position de cette dernière dépasse ne se résume pas à l’idéologie des croisades, à l’inquisition et aux guerres de religion.

    On retrouve des lieux communs dans la bioéthique religieuse et française tout simplement parce qu’elle est porteuse de la dignité humaine qui commence (un peu de culture) dès la conception (du moins en théorie et selon une prédiode de présomption) en droit français.

    Les « progrès » que l’on oppose au statu quo des parlementaires passe souvent outre soit l’intérêt de l’enfant , soit celui des parents, soit des deux (par exemple commun peut-on prôner la GPA sans se poser la question du traumatisme que peut subir la mère en donnant le bébé qu’elle a porté ? Comment appréhender le mariage homosexuel sans même se poser la question de l’intérêt de l’enfant ?).

  • hawksmoore
    hawksmoore répond à Claudia71
    Arpenteur
    • Posté à 22h41 le 07/02/2011
    • Internaute 104034
      Arpenteur

    aaaah, merci. enfin un commentaire rassurant.

    à croire qu’il faudrait que 90% de la population soit frappé de stérilité pour que les mentalités évoluent (encore qu’avec toutes les molécules made in monsanto, bayer et Cie que l’on trouve dans l’eau de pluie ça nous pend au nez : /)

    enfin, c’est pas comme si il fallait s’attendre à du courage de la part de nos parlementaires...

  • Sylvain Reboul
    Sylvain Reboul
    Professeur honoraire de (...)
    • Posté à 08h07 le 08/02/2011
    • Expert 22220
      Professeur honoraire de (...)

    Comme pour l’avortement avant 1974, cette loi est inapplicable à qui dispose des moyens de la contourner légalement à l’étranger.

    Cette discrimination suffit à la condamner comme injuste car inégalitaire en fait et en droit.

    Question : va-t-on retirer aux parents ayant recours à des PMA interdites en France leurs droits parentaux pour confier les enfants à l’assistance publique républicaine ?

    On attend les décrets d’application et surtout les santions pénales. Les juges, déjà malmenés, auront du pain sur la planche...

  • Numerosix
    Numerosix répond à jyeden
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 08h51 le 08/02/2011
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    le vrai problème réactionnaire inquiétant, dans cette histoire , je ne pense pas que ce soit les avis de Sylviane Agasinsky , ou Hulk ou toi ou moi.
    Être inquiet de l’émergence de l’arrivée de l’enfant de consommation, ou de la médicalisation a outrance de la société , voire bientôt du clonage narcissique qui suivra logiquement, c’est juste une inquiétude sensible et intellectuelle sans conséquences ; de toutes façons les « progressistes du bio pouvoir “et les victimisés dans le sens du vent nous balaierons sans problèmes..

    Par contre, quel mouche a donc piqué ces députés UMP et Roselyne, plutôt lâches adeptes d’habitude du ‘on se range sur la législation des pays comparables et on s’en lave les mains’ ?
    Et la, on voit derrière l’ombre de tas de lobbys cathos intégristes anti homosexuels etc gravement réactionnaires qui reprennent du poil de la bête immonde . C’est beaucoup plus ennuyeux.

  • bleuet1
    bleuet1
    espère malgré tout
    • Posté à 11h05 le 08/02/2011
    • Internaute 65892
      espère malgré tout

    Tout cet article revient à un seul et même problème : dans la société actuelle qui est devenue celle de la consommation, un enfant est devenu une marchandise comme une autre. C’est cruel de le dire, mais c’est la réalité, inutile de se voiler la face.

    J’en ai assez de cette rhétorique des progressistes outranciers qui disent que quand même, la France est à la traîne, que c’est une honte de priver des parents du bonheur, que la science progresse, qu’encore une fois c’est un coup des religieux obscurantistes (oui vous savez, ces méchantes personnes qui estiment qu’il faut peut-être réfléchir avant de faire des choses dont on ne mesure pas bien les conséquences possibles).

    En France, au moins, on réfléchit à des principes. Et les féministes (dont je ne suis pas au sens où on l’entend aujourd’hui en France) ne les soutiennent pas, malheureusement. Un enfant n’appartient pas à des parents pour faire leur bonheur, il est confié par la vie à des parents pour qu’ils l’aiment, l’élèvent et l’aident à acquérir de l’autonomie pour la vie adulte.

    Pour les cas complexes où un couple ne peut pas bénéficier d’une aide simple à la procréation (comme la stimulation ou l’insémination artificielle), et bien l’adoption existe ! Certes, l’enfant ne ressemblera pas à ses parents, mais il y a des tas d’enfants naturels qui ne ressemblent pas vraiment à leurs parents, et alors !
    Et justement, ce qu’il y a de bien dans le processus d’adoption, bien qu’étant éprouvant pour les parents postulants, c’est le fait qu’on cherche à confier un enfant à des gens en pensant qu’ils sauront le rendre heureux. L’intérêt qui est cherché est celui de l’enfant, pas l’inverse. Il ne faut pas se tromper de perspective.

    Ce débat rejoint un peu celui du divorce : récemment, une étude a montré que, oh, bah tiens c’est bizarre, dans la plupart des cas, les enfants ne vivent pas bien la situation. Pourquoi ? Et bien peut-être parce que les parents ont surtout regardé leur nombril en n’imaginant pas suffisamment que leurs enfants pourraient en souffrir.
    Les enfants ne sont pas des marchandises, on doit les protéger pour ce qu’ils sont. Et ça passe par un couple stable. C’est pour ça que je suis contre la PMA pour des femmes célibataires, car ça n’a pas de sens. Que ce soit le résultat d’une relation de passage, soit, ça arrive et il faut l’assumer. Mais ce n’est pas une situation souhaitable.

    La question, finalement, est : sur quoi décidons-nous de fonder notre société ? Si la famille est à ce point éclatée dans ses conceptions, où cela nous mène-t-il ? Quel sens cela a-t-il ?

  • MargoZ
    MargoZ
    pour la paix
    • Posté à 11h19 le 08/02/2011
    • Internaute 143988
      pour la paix

    Quels sont les risques d’une modernisation de la loi sur la bioéthique ?

    Il est sans doute temps pour nous d’élever la voix et nous opposer à cet immobilisme soi-disant conservateur, qui pourrait faire beaucoup de mal à notre société. Le bon sens se perd, alors à quand la prochaine marche pour permettre aux choses d’avancer ?

    1/ Permettre aux célibataires de faire des enfants : officieusement, ceux qui ont permis à la France de franchir le seuil des 65m d’hab. sont les populations issues de l’immigration, alors qu’à ce rythme, la famille ’Ricoré’ risque de perdre son influence d’ici quelques décennies, sans vouloir dénaturer le débat (évolutions démographiques au Liban, Iran, Somalie, Syrie...).

    2/ Créer de nouveaux emplois en France : non-seulement dans le domaine médical (FIV), mais aussi légaliser cette économie permettant aux individus qui recherchent à tout prix de devenir parents de trouver une solution en fonction de leur situation. Puis si les enfants viennent au monde, ce seront autant de nounous et autres soins indispensables à donner aux enfants et parents... On parle de 1300 couples à la recherche de solutions, mais les données réelles seraient bien supérieures : plus de 500 000 enfants pourraient venir au monde si l’on permettait à la société d’utiliser la science pour assurer sa descendance d’ici fin 2020...

    3/ Ne pas s’opposer à l’évolution de l’humanité : la solitude se multiplie dans les grandes villes (partout !), mais elle doit elle-même se régénérer au risque de priver des populations de sa jeunesse ? Que se passera-t-il au Japon d’ici 20 ans ? Nous devons nous familiariser avec l’idée de pouvoir transmettre nos cultures sans nécessairement faire appel à l’immigration. Autre exemple embarrassant qu’à trouvé l’église pour compenser l’absence de prêtres autochtones : dans presque toutes les églises parisiennes, je fais face à des prêtres venus d’ailleurs qui en dépit de toute leur bonne volonté n’ont pas grandi dans ma culture pour en maîtriser ses sensibilités, ce qui m’agace profondément et m’enlève l’envie d’aller à la messe. Et puis quel est le poids de l’orientation sexuelle des parents dans l’éducation au final ? Exemple : allez voir au XVIème ardt de Paris après minuit tous ces pères de famille ’Ricoré’ sortir et vous comprendrez que tout le monde a besoin de soupapes ou d’évacuer d’une manière ou d’une autre ses besoins physiologiques naturels, ce qui ne les empêche pas d’être de bons pères. Mais on préfère étouffer les affaires douteuses, car ça ferait partie de notre culture...

    La France doit aussi se remettre en question et vivre avec son temps.

  • Redroom
    Redroom
    La V2, une grosse merde.
    • Posté à 11h28 le 08/02/2011
    • Internaute 23589
      La V2, une grosse merde.

    On peut ne pas avoir de sensibilité homosexuelle (comme moi) c’est normal chacun fait selon sa nature maintenant je ne comprendrais jamais au grand jamais pourquoi certains se permettent de donner des leçons de vie...

    Gérer sa propre existence est un travail surhumain à plein temps, il faut manquer de quelque chose ou en avoir trop d’autre pour aller dire aux gens comment ils doivent vivre hein...

    Mais bon si l’ump réfléchissait profondément ça se saurait ou au moins ça se verrait...

  • Edgar_Quinet
    Edgar_Quinet
    Esprit libre
    • Posté à 11h49 le 08/02/2011
    • Internaute 118925
      Esprit libre

    Cet article me fait me poser une question que je n’avais pas même pas envisagé jusqu’alors :
    pourquoi faut-il absolument un couple pour fonder une famille ?
    Ne peut-on pas fonder une famille seul(e) ? à 3 ? à 4 ?
    L’argument consistant à dire qu’au delà de 2 (d’un couple « traditionnel donc ») l’enfant serait « perdu » me parait infondé pour une raison simple :
    on se construit pas seulement avec ses parents, on se construit tout autant dans ses relations extra familiales, quelle que soit la nature et la taille de cette famille.
    Les exemples ne manquent pas d’hommes et de femmes élevés par leur grand-parents par exemple, leur oncle ou leur tante veuve, une voisine, des étrangers même (prenez l ’occupation et le sort réservé aux enfants juifs cachés des mois ou des années durant par des justes).
    Procréer est un chose, élever en est une autre.
    ET c’est tout le problème de ce débat : on cherche à tout confondre.
    Or il faut à mon sens dissocier justement ces 2 aspects.

  • fafay
    fafay
    Auvergnate d'adoption
    • Posté à 13h44 le 08/02/2011
    • Internaute 24676
      Auvergnate d'adoption

    Je n’ai pas lu tous les commentaires mais je n’ai pas vu de réaction de couples vivant la PMA.

    C’est notre cas, nous essayons d’avoir un enfant depuis bientôt 3 ans. Je ne rentrerais pas dans le détail de notre parcours mais j’aimerais que certains d’entre vous soient un peu plus conscient du désespoir des couples qui ne peuvent pas avoir d’enfant (ou qui galèrent.)

    Nous ne voulons pas un enfant comme d’un gadget, c’est pour nous l’accomplissement de 15 ans de vie commune et nous voulons participer à la création d’un citoyen.
    Je suis d’accord qu’il ne s’agit pas d’un « droit » mais bien d’une envie. Mais si vous saviez à quel point celle-ci peut être forte...
    C’est une réelle injustice de voir nos amis avoir un bébé sans se prendre la tête, tandis que nous vivons une succession de traitement plus lourd à chaque fois (car, contrairement à ce que certains pensent ici, on passe rarement directement à la FIV, il y a plein d’autres choses avant.)

    Quand à l’adoption, même si nous le voulions nous ne pourrions y prétendre, car il faut être marié ou pacsé depuis plus de 2 ans pour pouvoir y prétendre. Et je ne comprends pas en quoi il est plus égoïste de vouloir un enfant via la PMA que via l’adoption ?

    J’espère ne pas avoir de réaction trop violente de votre part, car je suis assez sensible sur ce sujet.

    Et si certains trouvent que le chiffre du nombre de personnes souffrant d’infertilité est énorme, qu’ils aillent faire un tour sur les forums, notamment ceux de doctissimo, ils risquent d’être assez surpris du nombre d’hommes et de femmes qui s’y retrouvent pour partager leur expérience, leurs peines et leurs espérances.

  • A déménagé le 22-01-2013
    • Posté à 14h20 le 08/02/2011
    • Internaute 127750
      non connue

    « la France choisit la famille Ricoré »
    ––––––––––––––––––––––––––
    L’usage supplétif du préposé des Postes ; dit aussi « l’ami du petit déjeuner » que l’on voyait dans la première version de cette publicité ?

    Ça ne réglerait qu’environ 50 % des cas.....

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