Alliot-Marie en Tunisie : le jet appartient bien au clan Ben Ali

Photo : le 14 janvier à Gagliari (Italie), l’avion dans lequel Michèle Alliot-Marie avait volé pendant les vacances (DR)
Trois jours après les révélations du Canard Enchaîné, celles de Mediapart viennent confirmer un point essentiel, démenti avec vigueur par la ministre des Affaires étrangères et oublié par la plupart des médias : le jet dans lequel elle a volé pendant les fêtes en Tunisie appartient aussi à Belhassen Trabelsi, le très détesté beau-frère de l’ex-président Ben Ali.
Selon Mediapart, l’avion privé emprunté par la ministre est d’ailleurs le même qui avait été contrôlé, le 14 janvier, au soir de la fuite de Zine el-Abidine Ben Ali, sur le tarmac de l’aéroport de Cagliari, en Sardaigne. La police italienne soupçonnait le dictateur d’être dedans mais, « officiellement », il n’y était pas.
L’AFP oublie le beau-frère
Le Canard Enchaîné écrivait mercredi dans son article :
« Interrogée lundi 31 janvier par Le Canard, Michèle Alliot-Marie a reconnu avoir pris place, avec son compagnon, Patrick Ollier, ministre des Relations avec le Parlement, et ses parents à bord d’un avion de 9 places Challenger 600, immatriculé TS-IBT, appartenant à l’homme d’affaires Aziz Miled et à Belhassen Trabelsi, le beauf de Ben Ali soi-même. »
Or, l’un des principaux éléments de langage martelé depuis par la ministre, le gouvernement et ses soutiens prétend exactement l’inverse : l’avion n’appartient pas au clan Ben Ali, et l’ami Miled n’appartient pas à ce clan.
Cette stratégie de communication de crise a été facilitée par l’Agence France Presse. Elle a curieusement oublié, dans sa première dépêche dès mardi soir, veille de la parution du Canard, de mentionner que le beau-frère de Ben Ali était co-propriétaire de l’avion.
Les agences concurrentes, comme la britannique Reuters, mentionnaient bien Trabelsi comme co-propriétaire du jet. Mais l’AFP, agence dans l’orbite de l’Etat à laquelle la grande majorité des médias français sont abonnés, peut donner le « la » d’un événement. Du coup, ce point crucial, gênant politiquement pour Michèle Alliot-Marie, a été éclipsé dans le bruit médiatique.
Les initiales de Belhassen Trabelsi sont sur l’avion
Selon Mediapart, rien ne prouve d’ailleurs que le jet soit également détenu par Aziz Miled. Il appartient officiellement au groupe Nouvelair, issu de la fusion d’une compagnie de Trabelsi avec celle de Miled, qui aurait été spolié par le régime, selon la défense du Quai d’Orsay.
Ce n’est en fait pas le cas :
« D’après les relevés de l’office européen d’aviation EuroControl, le jet du scandale [...] est enregistré au seul nom de la compagnie Karthago Airlines, une société fondée par Belhassen Trabelsi, le beau-frère honni de Ben Ali, et pièce centrale du système de corruption tunisien. »
Cette appartenance est d’ailleurs, pour ainsi dire, écrite sur l’avion :
« Comme cela est courant dans le milieu de l’aviation d’affaires, les deux dernières lettres de l’immatriculation d’un avion correspondent souvent aux initiales de son propriétaire ou, sinon, à celles de son principal utilisateur.
Dans le cas d’espèce, le jet utilisé par MAM en Tunisie est immatriculé TS-IBT. “BT”, comme... Belhassen Trabelsi, assurent plusieurs sources concordantes. »
- Sur Rue89La Tunisie grondait, et MAM volait aux frais du clan Ben Ali
- Sur Rue89L'Agence France-Presse a-t-elle peur du pouvoir ?
- Sur Rue89Jet pour la Tunisie : sur France 2, le trou de mémoire d'Alliot-Marie
- Sur mediapart.frMAM en Tunisie: le jet est celui du clan Ben Ali !, sur Mediapart.fr (accès payant)
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femme en colère
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Et le même avion avait fait un voyage Tunis/Biarritz le 15 octobre et Biarritz/Paris le 17 (Source Mediapart) : avec qui à bord ?




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