A la Une 01/02/2011 à 19h37

La Tunisie grondait, et MAM volait aux frais du clan Ben Ali

Augustin Scalbert | Journaliste Rue89

Décidément, la crise tunisienne ne réussit pas à Michèle Alliot-Marie. Peu avant sa funeste intervention devant l’Assemblée nationale, elle et son compagnon, l’autre ministre Patrick Ollier, ont voyagé dans un jet appartenant au beau-frère du président Ben Ali et à son associé. Le Canard Enchaîné de mercredi, qui révèle l’affaire, s’attire des réponses plutôt alambiquées du porte-parole de la ministre des Affaires étrangères.


Dessin de Baudry

Le surnom que vient de lui trouver l’hebdo satirique, « MAM-la-Gaffe », résume bien le flair politique qu’a montré la patronne de la diplomatie française en planifiant ses vacances de Noël. Rappel des faits : le 17 décembre, Mohamed Bouazizi, 26 ans, s’immole par le feu à Sidi Bouzid. Son acte déclenche des émeutes incessantes jusqu’à la fuite, moins d’un mois plus tard (le 14 janvier), du président Ben Ali.

L’ami du couple n’est « pas du tout » un proche de Ben Ali...

A mi-chemin entre ces deux dates, il y a les fêtes de fin d’année, que le couple MAM-Ollier décide de passer en Tunisie. Après quelques jours dans la station balnéaire de Hammamet, nos deux ministres – monsieur est en charge des Relations avec le Parlement – décident de se rendre à Tabarka, dans un hôtel appartenant à un certain Aziz Miled, homme d’affaires de son état.

Pas par la route, qui est « un peu sinueuse et éprouvante », selon Le Canard, et peut-être aussi un peu trop longue pour ces deux vacanciers aux agendas de ministres (trois heures). Ils acceptent donc, comme un « service », de grimper à bord du jet privé d’Aziz Miled, qui le possède avec... Belhassen Trabelsi, le beau-frère – très haï du peuple tunisien – du président Ben Ali.

La ministre, qui a confirmé ces informations au Canard, a fait répondre qu’Aziz Miled est « un ami de longue date » et qu’il n’est « pas, mais alors pas du tout [sic], un proche de Ben Ali ». L’ennui, c’est que cet homme d’affaires a signé en 2010 un appel saluant les nombreuses qualités du dictateur tunisien, et l’appelant à se représenter.

MAM ne sait pas à quel nom la facture a été établie

Il était donc, aussi, l’associé de son beau-frère. Et ce n’est pas tout, écrit l’hebdomadaire :

« Miled était aussi, à l’insu de son plein gré sans aucun doute, l’un des organisateurs et bailleurs de fonds des campagnes électorales de Ben Ali. »

Pour couronner ces révélations fort embarrassantes pour la ministre, Le Canard relève une réponse faite par le Quai d’Orsay au Parisien, qui l’interrogeait ce lundi sur une éventuelle invitation de Ben Ali pour ces vacances de fin d’année :

« “J’ai payé mes vacances”, affirme-t-elle, indignée que l’on puisse soupçonner le contraire. La facture de l’hôtel de Tabarka (propriété du généreux Aziz Miled), MAM ne se souvient plus à quel nom elle a été établie, fait-elle dire au Canard. Alliot ? Marie ? Ollier ? Mais, juré-craché, elle a été réglée. »

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  • jacquesbrol
    jacquesbrol répond à in girum
    terrien
    • Posté à 19h56 le 01/02/2011
    • Internaute 136695
      terrien

    je ne sais pas ce qui est le pire : les faits, ou les explications de MAM

  • sevinilud
    sevinilud
    GAULOIS
    • Posté à 20h34 le 01/02/2011
    • Internaute 27066
      GAULOIS

    vous allez voir que MAM va démissionner, elle, la femme si droite, si vertueuse ne peut tolérer que sa réputation soit à ce point entachée. elle va démissionner au même titre que woerth, hortefeux. sarko l’avait dit « ...au moindre dérapage c’est la porte... »

  • Olivier 250
    • Posté à 21h40 le 01/02/2011
    • Internaute 10202

    Lors des supputations pour changer de 1er « sinistre » je me souviens du commentaire d’un super analyste politique sur une radio disant que MAM avait toutes les chances car elle était quelqu’un de fiable et ne se traînant aucune gamelle, ayant exercé tous les postes régaliens avec brio ; bref, un belle brosse à reluire comme on en voit tant sous le règne de Sarkozy dernier.

    S’il tombe sur mon post, j’espère qu’il se reconnaîtra ...

  • osthenos osthenos
    osthenos osthenos
    le mont analogue
    • Posté à 21h51 le 01/02/2011
    • Internaute 97951
      le mont analogue

    ce qui est le pire mon bon Monsieur , la démission du peuple Français , nous devrions être nous aussi plus de 1 million devant le palais présidentiel , que dis je 3 millions de mal logés, 5 millions de chômeurs, au moins 5 millions de travailleur précaire et rien que dalle et on regarde la Tunisie et l Egypte devant nos écrans plats comme nos cerveaux et nos couill.....

  • hagalma
    • Posté à 22h28 le 01/02/2011
    • Internaute 8451

    Tout cela a commencé avec le Bling-Bling. Ensuite, passé la surface des choses, le très superficiel, l’esbroufe, bref, le maladif d’une cinquième République malade, le vrai est remonté à la surface. L’insulte au populo (« casse-toi-pauv’con »), la ministre Datie Dior, le fils en embuscade pour un poste démesuré rapport à son C.V, le rappel à l’ordre de l’Europe sur la question des Roms, 4 millions de chômeurs, la France du fric et la Françafrique, Khadafi à Paris, Moubarak au sommet du Sommet pour la Méditérranée, les blagues hyperpoilantes d’Hortefeux sur les arabes, le projet de civilisation de Besson sur la nationalité, les gaffes de MAM la Gaffe, etc, etc. Stéphane Guillon a raison : un casting gagnant comme celui-là, ça ne se change pas ! Mais si la France descend dans la rue pour lui donner tord, je n’en serai pas offusqué pour autant !

  • affreuxjojo
    • Posté à 22h35 le 01/02/2011
    • Internaute 29421

    A peine élu Sarkozy se faisait offrir une croisière par Bolloré, une des plus grandes fortunes de France en contrat d’affaire avec l’état Français, dont les entreprises en Afrique sont aidées par la diplomatie et l’armée Française.
    Ce choix de Sarkozy traçait la voie pour la suite : une absence totale de scrupules, une confusion permanente entre public et privé, une promiscuité permanente avec l’argent, un oubli complet de l’intérêt général et le mépris des règles démocratiques.
    Avec un tel maitre, MAM a bien appris sa leçon. Ce gouvernement et ses ministres sont en vente libre. Qui en a les moyens se les payent. Pour eux, l’argent, le luxe et les cadeaux c’est toujours bien et cela n’a jamais d’odeur. Même l’odeur du sang des Tunisiens ne saurait troubler leurs vacances ensoleillées.