A la une 27/01/2011 à 17h01

Tunisie : le conseiller de l'ombre de Ben Ali tire encore les ficelles

José Garçon | Journaliste


Le deuxième gouvernement de transition ne compte plus parmi ses rangs les ministres les plus contestés ayant servis sous Ben Ali. Mais le Premier ministre Mohamed Ghannouchi reste contesté. Ses opposants ont découvert mercredi que son conseiller le plus proche n’était autre que Hédi Baccouche.

Or, ce dernier n’a pas seulement été un Premier ministre de Ben Ali ; il est le théoricien du fameux « coup d’Etat médical » qui a permis à Ben Ali de démettre le Président Habib Bourguiba le 7 novembre 1987 et de prendre le pouvoir. Auteur du discours prononcé par Ben Ali à cette occasion, il sera pendant vingt-trois ans l’une d’une pièces maîtresses de son système.

Son éloignement relatif du premier cercle officiel des collaborateurs de Ben Ali n’y changera rien puisqu’il n’a jamais cessé de le conseiller dans l’ombre.

Une méfiance généralisée

En réalité, sa réputation « d’homme des coups bas » remonte à bien plus loin. En 1979, il avait déjà trempé dans un complot organisé par Abdallah Farhat, alors ministre de la Défense, pour faire main basse sur le parti. Son complice de l’époque était le directeur de la sûreté tunisienne, un certain Zine el-Abidine Ben Ali...

On comprend que sa présence active aujourd’hui aux côtés de Mohamed Ghannouchi -il consulte, discute, reçoit- ainsi que celles d’autres proches de Ben Ali, tels Zouhair Mdhaffar ou Moncer Rouissi, nourrisse la méfiance des opposants à l’égard du Premier ministre de transition.

Un Premier ministre toujours contesté

Le Premier ministre Mohamed Ghannouchi a annoncé dans la soirée de jeudi le nouveau gouvernement. Les principaux ministres qui appartenaient à l’ancien régime de Ben Ali (Intérieur, Défense, Affaires étrangères, Finances), ont été écartés de postes-clés :

« Des consultations avec tous les partis politiques et les composantes de la société civile qui ont accepté d’y participer nous ont permis de former un gouvernement provisoire comme suit. [...]

Sa mission sera d’organiser des élections pour que le peuple choisisse en toute liberté, en appelant les Tunisiens “à retourner au travail”. Le gouvernement s’engage à ce que les élections soient organisées sous le contrôle d’une commission indépendante en présence d’observateurs internationaux pour en garantir la transparence. »

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), principale force d’opposition, avait dit auparavant qu’elle ne souhaitait pas participer au nouveau gouvernement.

Selon l’AFP, une explosion de joie de la part des manifestants dans les rues de Tunis a accueilli cette annonce, mais ceux-ci continuent à réclamer le départ du Premier ministre.

Mise à jour le 27/01/2011 à 21h45. Annonce du nouveau gouvernement

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  • LA TUNISIENNE
    LA TUNISIENNE
    Docteur, Chercheur en sciences (...)
    • Posté à 23h29 le 27/01/2011
    • Expert 142607
      Docteur, Chercheur en sciences (...)

    j’aimerais bien commenter l’article Tunisie : le conseiller de l’ombre de Ben Ali tire encore les ficelles, notamment l’intitule. Je comprends tres bien que pour les besoins du metier ,certains medias font recours a des « grands mots » pour vendre et ils oublient qu’ils ont la responsabilite de verifier leurs informations et de ne pas accuser gratuitement des personnalites publiques ou contribuer indirectement a la confusion qui regne deja en Tunisie (D’ailleurs, les jours ont prouve que plusieures informations diffusees par certains medias francaisetaient fausses) . Certes ,je respecte tous les points de viues mais je deplore cette accusation gratuite a Mr Ghannouchi, et en tant qu’independante, n’ayant jamais participer a aucun parti politique, je tiens a noter que la majorite des tunisiens est convaincu de l’honnetete de ce Monsieur, notamment ceux qui s’opposent au gouvernement temporaire. En effet, « L’une des constantes de ­l’énigme Ghannouchi repose dans l’homme qu’il est et qui force le respect. Il a la réputation d’être discret, intellectuellement honnête, intègre, modeste jusqu’à l’humilité et raisonnable. Ses ex-­collaborateurs louent sa compétence et le décrivent comme méthodique, organisé, rigoureux, efficace, et très à cheval sur les règles administratives et la gestion budgétaire. Lors des consultations sur des questions d’intérêt national, il parle peu, sait capter les bonnes propositions chez ses contradicteurs, et brille in fine par son esprit de synthèse et son sens de la conciliation des intérêts. Devant des auditoires avertis, il parle vrai, avec franchise et sans fioritures, en mettant les points sur les i, avec conviction et sans agressivité. Les Ministres voient en lui un “ grand frère ” à qui ils vouent un immense respect. .. Sa vie privée est une mer d’huile. Il réside dans une modeste villa qu’il avait fait construire avant de devenir Premier ministre et utilise depuis dix ans la même voiture de fonction. Ghannouchi a la réputation d’être peu mondain... Il ne donne pas de réceptions privées. Son loisir favori est la marche, qu’il pratique surtout pendant la semaine de vacances estivales qu’il passe avec sa famille dans un hôtel balnéaire (où il exige de payer sa note) »
    Veuillez consulter en appui l’article : L’enigme Ghannouchi - jeune afrique. Hope you publish my comment as it is. Thanks

  • lioe
    lioe répond à LA TUNISIENNE
    berlin
    • Posté à 14h05 le 28/01/2011
    • Internaute 6423
      berlin

    Bonjour,

    Je suis moi même Tunisien et j´ai lu avec grand intérêt votre message !
    Mais entre les supposés mensonges sur l´honnêtetée et l´intégrité de Ghannouchi et le portrait que vous nous faites de lui il y a une réalité !

    Cet homme si intègre que vous nous decrivez est un Benaliste de la première heure ! Sa présence à tous les étages du pouvoir sans discontinue pendant 23 ans justifie la colère des Tunisiens ! Je fais partie de ceux qui pense qu´un homme qui pendant 23 longue années a participé à l´installation d´un pouvoir dictatoriale n´a AUCUNE légitimité dans un processus démocratique !

    Personne ne l´a obligé à faire de la politique, personne ne l´a obligé à devenir 1er Ministre sous BenAli !

    Il ose aujourd´hui nous raconter qu´il ne connaissait rien des exactions mafieuse que commetait les Trabelsi, qu´il avait peur.. c´est une giffle de plus au visage des Tunisiens !
    Aujourd´hui encore les milices de B.A tournent la nuit, saccagent frappent, et térorrisent la population ! preuve en est que le système auquel a participé votre honnête homme est toujours en place !

    Alors de grace, cessez donc ces reflexes de soumissions desquels les Tunisiens veulent définitivement se séparer !

    La Tunisie doit effectivement se remettre au travail, mais le systeme et ses principaux sbires doivent sauter !

    Les tunisiens l´on dit eux même pendant la révolution :

    « du pain et de l´eau et Ben Ali NON »