DéCRYPTAGE 22/01/2011 à 00h01

Faut-il arrêter de consommer de l'aspartame ?

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89


« Il faut que j’arrête de boire du Coca Light ? » Telle est la question angoissée de mes collègues à laquelle il me faut répondre. Entre ces scientifiques qui vous ordonnent d’arrêter de consommer de l’aspartame et les autorités sanitaires qui continuent de le juger inoffensif, qui croire ?

Le Réseau environnement santé (RES) organisait ce vendredi une conférence dans le but de « réévaluer les risques de l’aspartame » sur la base de « nouvelles données expérimentales et épidémiologiques. » Invité d’honneur, le docteur Morando Soffritti, directeur de l’Institut Ramazzini de Bologne (Italie) et dont les études sur les rats révolutionnent l’approche du risque imputé à l’aspartame.

C’est quoi ?

L’aspartame est l’édulcorant le plus utilisé au monde. Son nom de code est E951. C’est une poudre blanche issue de la rencontre entre deux acides aminés, sans odeur, au pouvoir sucrant 200 fois plus élevé que le sucre naturel.
Il se retrouve dans
des milliers de produits light tels que le faux sucre Canderel, le
chewing-gum, les sodas... et compterait 200 millions de consommateurs
réguliers.

Dès sa descente d’avion, ce scientifique a été auditionné par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail).

L’agence passe en revue les dernières études scientifiques et doit dire dans « quelques semaines » si l’aspartame est aussi neutre pour la santé qu’elle l’a toujours affirmé.

Cette bataille scientifique ressemble à celle sur le bisphénol A, un composé chimique potentiellement cancérigène et présent dans le plastique des biberons. Après un an et demi de campagne pour son abolition, le réseau et ses experts ont fini par obtenir l’interdiction de ces biberons en Europe.

Le principe de précaution l’emportera-t-il encore cette fois-ci, malgré les intérêts commerciaux en jeu ?

1

Quelle est la bonne dose ?

Sa « dose journalière admissible » a été fixée à 40 milligrammes par kilo de poids corporel. Comprendre : si je consomme moins de cette dose chaque jour de ma vie, je ne risque rien pour ma santé.

L’OMS et la FAO en ont décidé ainsi en 1981, l’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a suivi, et son équivalent français a fait de même en 1988.

Selon Coca Cola, la teneur en aspartame d’une cannette de Coca Light est de 80 mg pour 33 cl (la teneur maximale pour un soda étant de 600 mg par litre, soit 200 mg pour cette contenance).

Un adulte de 60 kilos a droit à une DJA de 40 milligrammes x 60 = 2,4 grammes d’aspartame par jour, ce qui fait 30 cannettes de Coca Light. Je connais peu d’addicts qui atteignent cette dose.

Mais André Cicolella, chercheur en santé environnementale et animateur du RES, retient d’autres chiffres tirés du livre de Devra Davis,« The secret history of the war on cancer » (Basic Books, 2007). Selon lui, « il y a 200 mg d’aspartame dans une canette de Coca Light et on atteint 910 mg d’aspartame par jour avec :

  • deux cannettes soit 400 mg ;
  • deux yaourts allégés contenant chacun 125 mg, soit 250 mg ;
  • un pudding (75 mg) ;
  • quatre cafés soit 160 mg ;
  • dix chewing-gums soit 25 mg. »

Non seulement un gros consommateur d’aspartame atteindrait facilement la moitié de sa dose journalière autorisée, mais de n’est pas tout : la dose journalière admissible est très loin d’être celle qui devrait être appliquée selon les dernières données de la science.

2

Quelle nouveauté dans les études ?

Une enquête danoise menée auprès de 60 000 femmes enceintes conclut à un risque plus élevé d’accouchement prématuré chez les femmes consommant beaucoup de boissons light.

Les études de l’Institut Ramazzini menées sur des rats en 2006 et 2007 concluent :

« L’exposition à de faibles doses d’aspartame débutant au cours de la vie prénatale et continuant pendant de la vie d’adulte augmente les effets du cancer. »

Selon André Cicolella, « si l’on applique ces résultats sur les rats aux humains, avec les facteurs de sécurité couramment appliqués, on obtient une dose journalière admissible qui est 20 000 fois trop élevée. »

Les études en question ont été critiquées par l’agence européenne au nom du fait que les rats ont été exposés à l’aspartame depuis leur vie prénatale et jusqu’à leur mort naturelle vers l’âge de trois ans, et non sur seulement deux ans, comme le veulent les protocoles scientifiques habituels. Le chercheur fait remarquer que :

« Cette critique n’est pas recevable. Arrêter l’observation à deux ans, c’est comme si on observait un humain jusqu’à 55 ans, alors que l’exposition va de la gestation à la mort. »

Les premières questions sur les éventuels effets secondaires de l’aspartame se posent depuis 1996, date d’un premier article faisant le lien entre les tumeurs du cerveau et l’aspartame. Si l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa devenue Anses) s’est penchée à plusieurs reprises sur ces alertes, elle a toujours disqualifié ces nouvelles études.

La lenteur des institutions à réanalyser la littérature scientifique évoque à Marianne de cette semaine « un scandale Mediator dans l’alimentaire ». Un spectre qui va peut-être amener les autorités scientifiques ou les gouvernements à se réveiller. Comme le souligne Cicolella :

« Sur le bisphénol A, l’Efsa continue à dire qu’il n’y a pas de problème, alors que les gouvernements l’ont interdit. Nous disons que l’aspartame n’est pas un produit neutre et demandons que les agences fassent leur travail de garants de la santé publique. »

3

Peut-on remplacer l’aspartame ?

Il y avait une vie avant l’aspartame, il y aura une vie après. D’ailleurs, son remplaçant semble tout trouvé : la stévia.

L’édulcorant appelé « rébaudioside A » est lui aussi capable de sucrer 200 fois plus que le sucre ; il a même l’avantage de pouvoir se cuire et rentrer dans la préparation des pâtisseries. Mais il est naturel ! La stévia est une plante qui pousse en Amérique du Sud et dont les pouvoirs sucrants sont très connus et appréciés des Japonais.

Chez nous, il a fallu un peu de temps pour que son innocuité soit démontrée et qu’on lui ôte cet arrière-goût de réglisse particulièrement gênant dans le café.

Autorisée comme additif alimentaire depuis un an, la stévia mange peu à peu des parts de marché à l’aspartame.

The Coca Cola Company est déjà monté dans le train en lançant en 2010 en France Fanta Still « à base d’extraits naturels de stévia », après Glaceau VitaminWater zero et Odwalla en 2009.

Jus d’orange, thés, chocolats... de plus en plus de marques s’y mettent et le font savoir. Elles ont intérêt à monnayer la substitution de l’aspartame car la stévia coûte dix fois plus cher.

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  • big némo
    big némo
    charcutier- coiffeur et je m'en (...)
    • Posté à 00h33 le 22/01/2011
    • Internaute 86763
      charcutier- coiffeur et je m'en (...)

    euh..la vrai question c’est fallait ’il commencer a consommer de l’aspartame ?
    Sinon si on doit passer par un édulcorant évidemment la stévia..Après cela serais chouette que vous fassiez une enquete sur la stévia et tous les problèmes qu’on lui a causés ( pour évidemment favoriser l’aspartame) et les dépôts de droits du vivant qui en découlent..

  • vil2
    vil2
    Presse
    • Posté à 00h49 le 22/01/2011
    • Internaute 68295
      Presse

    Le rébaudioside A est purifié à plus de 90% et est très éloigné de la plante originelle. Alors l’argument du « oui c’est naturel prenez et mangez en tous », c’est franchement n’importe quoi.

    De plus le fait que les Indiens en consomment depuis des siècles ça ne prend pas non plus, l’homme fume du tabac depuis des siècles hein, c’est naturel, mais c’est pas pour autant que c’est inoffensif.

    La stevia fait planer quelques risques (effets teratogènes carcinogènes, etc) alors la présenter comme une alternative miracle est trompeur. Vous ne voulez prendre aucun risque ? Mangez du sucre normal, ce bon vieux saccharose, mais en quantité raisonnable, bande de gros lards !

  • Samuel_A
    Samuel_A
    Expat'
    • Posté à 01h25 le 22/01/2011
    • Internaute 112135
      Expat'

    Pour l’aspartame, j’attends de voir. Jusqu’à maintenant, les études concluaient le plus souvent à l’innocuité pour les doses couramment ingérées - même par un gros consommateur. Apparamment le consensus scientifique se fragilise, on verra ce qu’il en est et ce qu’il en ressort (interdiction pour la femme enceinte peut-être ?)

    Par contre, l’article se discrédite totalement à la fin. Parler de la Stévia comme le produit miracle c’est quand-même de l’incompétence totale ou du foutage de gueule intégral. Surtout vu les arguments avancés :

    - La Stévia c’est naturel : la ciguë, les amanites phalloïdes et le cianure aussi.
    - Les japonais et les indiens d’amérique du sud en consomment plein : oui, pis plein d’autres choses aussi. Et ils tombent malade et ils ont même parfois des cancers, comme nous. Valeur de l’argument : zéro. En plus, la Stévia était connue chez certains peuples pour avoir des vertus... abortives ! Super, on va remplacer l’aspartame chez la femme enceinte parce qu’elle augmente les risques d’accouchement prématuré, par un produit qui favorise carrément la perte du foetus ! Le progrès c’est formidable...
    - L’arrière-goût de réglisse en a été ôté : non, désolé. Pour avoir goûté des sucrettes à base de stévia il y a pas très longtemps, ça vous gâche instantanément un café et un thé. C’est juste dégueulasse. L’aspartame aussi d’ailleurs, mais moins.
    - L’innocuité a été démontrée : ben... non. On n’a pas le quart du recul sur la stévia qu’on a sur l’aspartame. L’aspartame aussi paraissait innoffensive au départ. On n’a quasiment aucun recul sur la stévia consommée en grande quantité et dans 10 ans, on en dira peut-être exactement la même chose que l’aspartame.

    Aujourd’hui, vouloir remplacer l’aspartame par la stévia, c’est comme si j’avais un doute sur le sérieux de l’info de Rue89 alors je le remplaçais dans mes favoris par un obscur blog tenu par un anonyme : ça peut être formidable (un blog comme celui de Maître Eolas est plus sérieux dans son domaine que n’importe quel média français), mais sur le plan de l’évaluation du risque, c’est vraiment un pari à l’aveugle.

  • Ludo8866
    Ludo8866
    riverain lambda
    • Posté à 09h52 le 22/01/2011
    • Internaute 113042
      riverain lambda

    je trouve qu’il manque un truc dans votre article : une dissertation sur le goût ABOMINABLE de cette horreur d’aspartame.

    C’est bien simple je n’achète plus de produits estampillés SANS SUCRE car ils sont tout bonnement dégueulasses !

  • Molly Hatchet
    Molly Hatchet répond à big némo
    d'an emgann ! d'an emgann !
    • Posté à 10h08 le 22/01/2011
    • Internaute 125979
      d'an emgann ! d'an emgann !

    Une première autorisation de mise sur le marché est accordée à l’aspartame. Quelques mois plus tard, l’autorisation, très critiquée, est suspendue. Dans un rapport de 1976, cité par le New York Times, la FDA émet des doutes sur la qualité des études présentées par Searle au début des années 70 : « pauvrement constituées, exécutées sans soin, analysées de manière inexacte et mal retranscrites ». Dans la foulée, la FDA demande une enquête pour falsification. Le parquet de l’Illinois, en charge du dossier, n’a jamais donné suite.

    En 1981, les républicains reprennent le pouvoir aux Etats-Unis. Bien qu’il s’en défende, Donald Rumsfeld, proche de Ronald Reagan (président jusqu’en 1989), est soupçonné d’avoir participé à la nomination du directeur de la FDA, Arthur Hayes. L’autorité sanitaire donne l’autorisation définitive de mise sur le marché, dans les aliments. Quelques mois plus tard, une troisième étude, financée par Searle, blanchit l’aspartame. En 1983, l’édulcorant est autorisé dans les boissons aux Etats-Unis. La même année, Arthur Hayes démissionne de la FDA pour rejoindre le cabinet de relations publiques de Searle. Cinq ans plus tard, l’aspartame est autorisé en France.

    Searle a été racheté par Monsanto en 1985, pour un milliard de dollars. Selon un article du Chicago Tribune, daté de novembre 2006, la famille Searle aurait alors reversé 12 millions de dollars à Donald Rumsfeld, pour ses bons et loyaux services.

  • Alain Provist
    • Posté à 10h50 le 22/01/2011
    • Internaute 19517

    Le cancer de Jacques Brel était-il dû à l’aspartame ? Indice :

    Sur le sort d’Aspartame
    Ya des savants qui tentent
    D’interdire les ventes
    Des excès d’Aspartame
    Sur les torts d’Aspartame
    Les médias nous informent
    Sur ce produit infâme
    Qui dépasse les bornes...

  • Karg se
    Karg se
    Ingénieur agronome vendu à une (...)
    • Posté à 11h45 le 22/01/2011
    • Internaute 9172
      Ingénieur agronome vendu à une (...)

    rébaudioside A : vu la gueule de la molécule, elle est sans doute plus dangereuse que l’aspartame qui n’est que deux acides aminés rattaché. Mais c’est « naturel ». En chimie, plus la molécule est compliqué, plus c’est difficile de connaitre ces effets.

    Lien
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    « Une enquête danoise menée auprès de 60 000 femmes enceintes conclut à un risque plus élevé d’accouchement prématuré chez les femmes consommant beaucoup de boissons light. » Beaucoup ça fait combien ? et la caféine ? il n’y pas d’autre ingrédient dans ces boissons qui peuvent avoir cet effet ? Comme d’autre édulcolorant par exemple la saccharine, le cyclamate, ou encore l’acesulfame-K ? Pourquoi l’effet est plus fort avec des boissons gazeuses ? cet étude est très incomplète, elle met en évidence un problème, mais ne peut absolument pas viser spécifiquement l’aspartame.

    « Les études de l’Institut Ramazzini menées sur des rats en 2006 et 2007 concluent :

    “ L’exposition à de faibles doses d’aspartame débutant au cours de la vie prénatale et continuant pendant de la vie d’adulte augmente les effets du cancer. ” »
    Faible dose ? 16 000ppm ? soit 2g d’équivalent aspartame /kg et par jour ? vous délirer ? vous avez lu l’étude complète ?
    Lien

    ça fait 600 canettes par jour ou 200l de soda. On est à des années lumières des faibles doses, et quand on lit sa publication les conclusions sont beaucoup moins alarmiste que ce qu’il raconte après dans les médiats.

    Le seul danger de l’aspartame est largement connu, c’est la formation de méthanol quand elle est digéré. La dose admissible a été établit à partir de ce constat.

  • M 200
    M 200
    Chomeur
    • Posté à 12h59 le 22/01/2011
    • Internaute 60583
      Chomeur

    Vous parlez de la « Stévia » en fin d’article...
    Question d’un mal pensant : cette nouvelle offensive sur l’aspartame (que je ne remets pas en cause en soi : nul doute qu’il s’agisse là d’une belle cochonnerie et cela se dit assez depuis longtemps ..) ne vient elle pas comme par hasard à point nomme alors que maintenant le produit de remplacement est tout à fait pret, les industriels ont encore réussi, je crois à « breveter le vivant » en récupérant un max de droits sur un produit naturel à l’origine, qui aurait ete « barré dans son utilisation fort longtemps jusqu’a ce que l’industrie ait trouvé un bon moyen d’en faire un max de pognon, avec un mini de droit et bénéfices pour les zones de production...
    Maintenant reste plus qu’ faire une compagne pour que l’aspartame disparaisse et que, ne restant que la Stevia, on fasse encore plus de pognon ! ! !
    Bravo l’artiste et attention à ne pas oublier cet aspect des choses : “Pourquoi maintenant” ? ? ?

  • olilam
    olilam
    DSTQ
    • Posté à 13h48 le 22/01/2011
    • Internaute 139441
      DSTQ

    J’aimerais que ces études (contradictoires comme celles sur les souris mâles/femelles qui réagissent différemment fasse à l’induction de cancer du poumon et du foie) expliquent comment un dipeptide hydrolysé dès qu’il est dans l’estomac puisse provoquer ces effets délétères.
    A part le méthanol (toxique) qui est produit lors de son hydrolyse, en quoi serait-ce plus dangereux que lorsque l’on mange n’importe quel produit protidique ?
    En quoi l’assimilation de deux acides aminées peuvent produire de tels effets alors qu’ils sont des produits de dégradation/digestion déjà présents dans notre métabolisme ?

    Sinon, j’apprécie beaucoup le coup du rébaudioside naturel et donc bon/sain. Top sérieux !

    Et sinon, si l’industrie productrice de l’aspartam a tout intérêt à protéger et assurer de l’innocuité de son aspartam, l’industrie sucrière a aussi tout intérêt à jeter le doute sur le produit (gros lobby dans les années 80 en France pour en interdire puis retarder la vente). Vu que nous sommes plongés depuis 30 ans dans une consommation de plus en plus sucrée et que c’est vraiment addictif. Entre le diabète et toutes ses joyeusetés, notre seul salut reste la « désucralisation » de notre consommation alimentaire. Sacré travail...

  • Xavier Denamur
    Xavier Denamur
    Restaurateur
    • Posté à 22h11 le 22/01/2011
    • Internaute 48550
      Restaurateur

    No comment
    « Nous verrons ultérieurement que le principe de la “ dose fait le poison ”, - dogme intangible de l’évaluation toxicologique des poisons modernes -, n’ est pas valide pour de nombreuses substances, dont celles qu’on appelle “les perturbateurs endocriniens” et qu’il est souvent complètement inopérant , car il ignore la multiplicité des poisons auxquels nous sommes quotidiennement exposés, lesquels peuvent interagir ou s’additionner, en vertu de “l’effet cocktail”. Mais nous n’en sommes pas encore là… »
    Extrait de Notre poison quotidien, qui sera en librairie le 7 mars prochain(et le film le 15 mas sur ARTE). Dans cet ouvrage de plus de 400 pages, Marie-Monique Robin explique notamment le rôle joué par Paracelse dans le système d’évaluation des poisons chimiques qui contaminent notre alimentation.
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