Tribune 11/01/2011 à 05h09

Taoufik Ben Brik : « Ben Ali tablait sur une jeunesse désabusée »

Taoufik Ben Brik | journaliste

C’est fait : Ben Ali fait une reculade. Il décide, ce lundi 10 janvier, à 16 heures, de fermer les établissements scolaires et universitaires du pays pour une durée indéterminée. Décision tardive qu’il aurait dû prendre bien avant que coule le sang à Tala et Kasserine, greniers de la grogne.

Il tablait, comme nous tous d’ailleurs, sur la mollesse et la nonchalance de cette jeunesse dite désabusée, gâtée et cotonneuse. Il la croyait mutilée, sans âme, sans conscience politique et sociale. Elle s’est avérée dotée de la conscience tout court. Qu’elle avait toutes les consciences de la terre. La grande conscience, la conscience des damnés de la terre. Une jeunesse qui fait la fierté de tous les jeunes de la planète en cette année mondiale de la jeunesse. Récit.

Le 10 janvier, jour de sang et de deuil. Le pays réclame justice. Dans une ville perchée entre ciel et terre, un quartet de personnes réveillonnent depuis le premier janvier : une soirée peu ordinaire dans l’extrême nord du pays, à Bizerte. Ce ne sont pas les grands plats de Merguez et Méchoui, avec les bouteilles de vin et les miches de pain qui garnissent les longues tables en bois. Il n’y avait pour tout festin que des ordinateurs fous, des imprimantes criardes et des téléphones portables reliés à des machines diaboliques.

« C’est urgent, il faut taper les noms des morts à Kasserine et Thala. Ça nous prendra une année », s’indigne une jeune bloggeuse qui fait circuler un brulot. Les enfants sont allés se coucher après un maigre repas.

Un père encore imberbe s’approche d’un supposé trésorier : « J’ai besoin de 50 dinars pour acheter de l’encre pour l’imprimante. » Il puise dans sa poche et marque la somme sur un carnet.

Ici, c’est l’équipe du Cerf volant. Page d’amis sur Facebook. Ici, aussi, personne n’est salarié mais on peut mettre la main à la poche pour faire tourner la baraque.

Utopie ? Ou réalisation concrète ? L’histoire de Cerf volant remonte au mois de décembre 2010, quand Mohamed Bouazizi s’est immolé et le pays avec. Cette poignée de jeunes qui ne craint ni le grand large, ni le cyberespace, aux prises avec la cyberpolice, décida de créer un relais pour informer de ce qui se passe sur le terrain, là où ça barde.

Nous sommes les vrais porte-paroles d’une révolution inédite. Nous sommes les compagnons de route de nos frères qui défient un régime armé jusqu’aux dents.

Ces jeunes va-nu-pieds, poil à gratter de la société, redresseurs de torts acharnés, vomissent la bourgeoisie, les policiers et carriéristes du mouvement droit-de-l’hommiste. Un brin chicanes, ils s’opposent tant aux islamistes qu’aux libéraux et se montrent aussi hostiles au patronat qu’aux méfaits à venir de la mondialisation.

Des idées ils en ont. Pour changer la vie et changer le monde, ils décident de chater chater dans un pays muet et sourd. A leur corps défendant.

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  • vik75
    • Posté à 06h39 le 11/01/2011
    • Internaute 89761

    il n y a qu’en france qu on ne relève pas la tete....
    htt : //shifu.over-blog.com

  • spleenlancien
    spleenlancien
    Merde à l'or
    • Posté à 08h35 le 11/01/2011
    • Internaute 78672
      Merde à l'or

    En mars 1968 Le Monde publiait un article de Viansson-Ponté intitulé : Quand la France s’ennuie...
    Courage. Vous allez signifier son congé à cette oligarchie !

  • boboland
    boboland
    bobologue
    • Posté à 07h50 le 11/01/2011
    • Internaute 104841
      bobologue

    les jeunes tunisiens décrits sont comme tous les jeunes du monde.
    on a les mêmes à la maison, puis dans la rue, mais plus personne dans l’isoloir...
    c’est là où leur absence est attendue !
    Faut etre cohérents, camarades, à quoi sert de gueuler comme des anes pour exiger la démocratie si c’est pour faire la grasse matinée ou aller à la plage le jour des éléctions.
    Ceci dit je suis maintenant convaincu que l’organisation d’élection est un os à ronger pour amuser les peuples, trés attachés aux grands principes théoriques, mais si on s’en contente..., les professionnels de la politiques auraient torts de s’en priver, c’est une sorte de détournement de « bien social »

    • A déménagé le 18-1
      • Posté à 08h02 le 11/01/2011
      • Internaute 116615
        bc

      Les élections en Tunisie.....Parti du Président résultats tronqués, effectivement tu peux aller à la plage ca sert à rien d’aller voter.
      Ben Ali tombera, mais pas par les urnes. Faut enlever ces lunettes franco francaises pour essayer de déchiffrer ce qui se passe dans le monde..

      • boboland
        boboland répond à A déménagé le 18-1
        bobologue
        • Posté à 08h52 le 11/01/2011
        • Internaute 104841
          bobologue

        je n’ai justement pas de lunettes franco françaises ! je ne suis pas jeune ni plein d’illusions (en particulier sur la place de la France) et je me suis rangé à la mondialisation non par gout mais par raison. Et je pratique...
        Et c’est pourquoi je doute et je critique les idées toutes faites de l’Occident.
        A mon avis il y a « la nature humaine » avec ses faiblesses et qualités. Il y a des civilisations toutes aussi respectables partout dans le monde, des peuples, des Histoires nationales etc
        Tout comme il y a la flore et la faune...
        Par contre je ne crois pas qu’il y ait des formules de gouvernements humains qui soient universelles et obligatoires.
        Et en particulier je ne suis pas d’accord pour que l’occident -et ses valeurs des Lumiéres- prétende continuer à distribuer les bons points, les bonnets d’ane et les giffles.
        Pour la Tunisie, je connais comme tout le monde pas plus. Je les perçois comme trés proches de nous, et avec des aspirations quasi identiques, mais une situation intérieure différente,et ils réagissent en fonction de ces éléments et d’autres plus locaux.
        par contre ce dont je suis sûr c’est que je ne leur souhaite pas l’obscurantisme

  • mamane
    mamane
    le futur c'était mieux avant
    • Posté à 08h12 le 11/01/2011
    • Internaute 44657
      le futur c'était mieux avant

    un très beau texte !

    La force de la désobéissance

    Depuis de nombreuses années, je lis. Je lis tout ce qui s’écrit sur la situation politique en Tunisie. Presque tout, pour être franc.

    J’ai lu des analyses sur l’économie tunisienne qui marche ou qui marche pas, qui « marche mais » ou qui « marche pas mais ».
    J’ai lu des articles sur l’omnipotence des services de polices, sur les atteintes aux libertés, la répression, la prison, la torture et l’action des défenseurs des droits humains.
    J’ai lu des articles sur la corruption aux sommets de l’État, des informations rigoureuses, des rumeurs ou de simples ragots sur le népotisme mafieux des « familles ».
    J’ai lu des papiers sur l’influence américaine, le soutien français, l’appui européen, les connexions avec Israël.
    J’ai lu de lourdes études sur la nature de l’État et du système politique tunisiens, sur l’existence ou non d’une « société civile », sur l’existence ou non d’une « opinion publique ».
    J’ai lu des essais d’anthropologie de l’autorité, des essais de déconstruction des dispositifs de pouvoir les plus microscopiques, des analyses du discours, des recherches culturalistes explorant l’âme tunisienne depuis un siècle ou deux afin d’y déceler les raisons de Ben Ali.

    Qu’est-ce qu’il manque ?
    Le peuple.

    Le peuple qui désobéit. Le peuple qui résiste dans l’obscurité de la vie quotidienne. Le peuple qui lorsqu’on l’oublie trop longtemps se rappelle au monde et jaillit dans l’histoire sans prévenir.

    Si j’ai appris quelque chose de la lutte des esclaves noirs américains sur laquelle j’ai un peu travaillé, c’est qu’il n’y a pas de servitude volontaire. Il n’y a que l’attente impatiente que s’érode la mécanique d’oppression. Il n’y a que la tension au jour le jour, minute après minute, pour bousculer l’oppresseur. On y voit de loin d’insupportables compromissions et celles-ci existent sans nul doute, car il faut bien survivre, mais s’y mêlent presque toujours l’indiscipline, la rébellion, des résistances moléculaires qui se condensent et explosent à la vue de tous au moment venu. A l’opacité du pouvoir despotique répond l’opacité des résistances ; les formes honteuses d’allégeance et de clientélisation cheminent en parallèle à la construction de solidarités populaires ; les technologies de contrôle et de discipline se doublent de dispositifs d’esquive, de camouflage, d’évasion et de transgression qui perturbent l’ordre établi.

    Il n’y a pas d’oppression sans résistance. Il n’y a que le temps qui s’étire plus ou moins lentement avant que surgisse, inattendu – ou perdu de vue –, l’héroïsme collectif d’un peuple.

    Fasse que le despote se casse !
    Sadri Khiari, 9 janvier 2011

    • alabergerie
      alabergerie répond à mamane
      http://alabergerie.wordpress. (...)
      • Posté à 08h38 le 11/01/2011
      • Internaute 81339
        http://alabergerie.wordpress. (...)

      Merci pour cette contribution.Je me demande quel pays va accueillir Ben Ali et sa clique... Il y a des candidats. Comme me le faisait remarquer Desuisse, que je titillais un jour pour les sourires sans conscience de son pays envers les gros riches de la planète, la France est encore plus accueillante aux grands salopards, et traite sa conscience à elle comme une serpillère – avant de nous la présenter comme un drapeau.« Héroïsme colectif d’un peuple »... C’est humain, le peuple ne se lève qu’acculé, lorsque tout a été perdu, et que tout est à arracher. Les commentaires, ici et là sur la Rue, s’étonnent qu’en France on soit si mou à se rebeller  : mais c’est qu’on n’en est pas rendu si bas. Notre héroïsme à nous ne viendra qu’après encore bien des effondrements. Pendant ce temps, certains se goinfrent.

    • Samir  Daoulette - ex MacFer
      Samir Daoulette - ex MacFer répond à mamane
      Béotien de l'informatique
      • Posté à 14h12 le 11/01/2011
      • Internaute 138924
        Béotien de l'informatique

      Waou superbe merci et Bonne année
      Ça fait chaud au coeur ... :)

  • mamane
    mamane
    le futur c'était mieux avant
    • Posté à 09h11 le 11/01/2011
    • Internaute 44657
      le futur c'était mieux avant

    un autre joli texte mais sur l’Algérie cette fois (je premier qui me dit qu’il n’y a aucun rapport aura droit à un bonnet d’ane garni) :

    « Nous ne nous excuserons pas d’être vivants »

    « Ce gouvernement dit au monde que nous sommes sortis dans les rues pour le prix de l’huile et le sucre...ils sont forts. Notre problème n’est ni l’huile, ni le sucre, de ma vie je n’ai acheté ni l’un, ni l’autre, je suis sorti pour faire bouger les murs de ma prison. Ils nous ont mis comme des poissons dans un aquarium que petit à petit ils vident de son eau » Younes, 18 ans, est intarissable, assoiffé d’être écouté, entendu : « notre problème n’est pas une question d’argent, même si tu as de l’argent tu te sens vide ». Vide comme ce quotidien qu’il décrit : « je suis comme un chardonneret en cage, je tourne en rond ». Renvoyé de l’école à seize ans, il n’a pas souhaité continuer ses études : « A quoi cela sert-il dans ce pays ? Ceux qui ont une licence, ils travaillent au bazar, ils vendent des fringues pour femmes ». Comme lui aujourd’hui qui est dans le « bizness », marchand à la sauvette : un jour il est riche, le lendemain il n’a pas un rond. Jours sans avenir, leurs revendications sont pourtant simples : « on veut un logement et du travail ». Une vie d’homme, c’est tout. Ce dimanche 9 janvier, lendemain de manifestation, il attend en retrait dans le quartier de Belcourt, vieux quartier d’Alger, que la vague d’arrestations l’épargne : « dans notre quartier, nos gardiens, el “assas, en ont arrêté deux ”. A travers tout le pays et après ces journées de protestations violentes, plus de quatre cents personnes ont été arrêtées par les forces de sécurité, le plus souvent des policiers en civils , ceux que Younes et ses amis appellent “ les gardiens ” ou encore “ les serpents ”, pêchés au petit matin ou au coin du marché, elles seront traînées dans des prisons sordides et jugées dans des procès expéditifs pour “ destructions de biens publics ” et condamnées comme des droits communs, dépossédées de leur révolte sociale et politique. Alors aujourd’hui, Younes et ses copains, ils sont une dizaine - bien que tous détenteurs d’un métier, mécanicien, boulanger, menuisier, ils sont tous au chômage comme 75% de la population active - n’iront pas à la pêche aux affaires, ils resteront à proximité du domicile familial protecteur, là où ils vivent entassés dans une proximité détestable, “ quand tu dors et que tu te retournes tu touches ta sœur ”, mais là où également ils trouveront toujours “ leur part ” de nourriture auprès de ces parents aimants qui les protègent de leurs démons. “ S’il n’y avait pas le respect de nos parents, si nous ne craignions pas de les détruire, nous aurions transformé cette terre en poussière. ” Alors, “ Oui, disent-ils, loin des caméras de surveillance qui quadrillent désormais leur quartier et que ces trois dernières nuits ils se sont fait un plaisir de détruire à coups de caillasse, loin des trois commissariats qui encerclent leur vie, nous sommes sortis pour tout casser, c’est une respiration, c’est comme un volcan qui respire ”. Ils plaident leur cause avec calme, sûrs de leur droit, répondant à leurs détracteurs, aux autorités qui, après trois jours de silence, par le biais de l’unique télévision nationale assènent aux opinions publiques, tout en leur interdisant le droit de s’exprimer : “ que nous sommes des casseurs, des maffias, des voleurs. Ils nous disent de ne pas casser, ce n’est pas comme ça que l’on revendique. Alors c’est comment ? Où est-il celui qui les dénoncera, elle est où l’opposition ? Il est où cet homme courageux qui nous dira venez les jeunes, on va faire une manifestation ? Et eux qui passent leur vie à nous juger, qui les jugera ?” Et de brocarder le ministre du Commerce qui aura été le premier à intervenir : “ Il est ministre du Commerce et il dit qu’il ne sait pas pourquoi les prix ont augmenté ?” Puis le ministre de l’Intérieur, qui expliquera le premier mort survenu à M’sila, depuis on compte trois morts à travers tout le pays, par la légitime défense des policiers, ce jeune ayant, selon la version officielle, tenté de s’introduire dans un commissariat : “ Il a dit qu’il n’y avait pas d’autre moyen. Pourquoi, ce jeune, il était armé d’un bazooka peut-être, d’un Mig ? Eux qui passent leur temps à se vanter de combattre le terrorisme, ils ne savent pas tirer sur les jambes ? On les a vus, ici à Belcourt, s’acharner sur un enfant de huit ans, ils lui tapaient sur les jambes avec leur bâton et l’un des flics encourageait l’autre et lui disait casse le, casse le... ”

    En Algérie, c’est ainsi que chaque nouvelle génération arrivant à l’âge adulte apprend le prix de la quête de la citoyenneté face à ce que Daho Djerbal, historien engagé appelle “ l’arrogance de l’ignorance ” ou encore “ l’incurie d’un gouvernement qui n’a même pas conscience qu’il n’est pas à la hauteur des nouvelles complexités et que rien ne lui donne le droit, il n’a même pas de légitimité populaire, d’être arrogant et que cela produit de la colère dans toute la société ”. Même si chaque génération est condamnée à se soulever dans une grande solitude, en l’absence de transmission de mémoire, des luttes passées, transmission rendue impossible par un système figé mais suffisamment fort pour interdire ce passage à coup d’interdits de parole, de répression ou de corruption des élites dans un pays qui en a les moyens avec ses 155 milliards de dollars de réserves de change, issus de la principales ressource du pays, les hydrocarbures, pétrole et gaz. L’émeute devient alors, ajoute l’historien “ un mode de régulation sociale ”, “ la matérialisation de cette colère sociale rentrée, sans canaux pour être matérialisée ”, elle s’exprime autour du moindre prétexte, chaque génération s’inventant le sien : aujourd’hui le prix de l’huile ou du sucre. Après la guerre civile des années 90, serions nous passés dans “ une guerre civile froide, une confrontation généralisée sans arme ”, comme le croit notre historien ? Avec à chaque fois les mêmes symboles à brûler : les symboles d’un état extérieur à la société, la poste, les mairies, les écoles publiques, des lieux qui ne remplissent plus leurs missions de services publics mais qui sont des “ instruments de pouvoir. ” Pendant que le libéralisme accentue les inégalités sociales et n’ouvre de perspectives qu’à une minorité de privilégiés. A Belcourt, Younes et les siens ont brûlé l’annexe de la mairie, le musée des martyrs de la guerre de libération nationale, et ils ont pillé un magasin de vêtements et de téléviseurs plasma, ni le service public, ni le marché libéral qui les exclus n’ont trouvé de grâce à leurs yeux. “ Ils veulent nous briser, bientôt ils nous mettront des compteurs au cou pour nous faire payer l’air qu’on respire. En manifestant, nous avons envoyé un message au gouvernement : nous ne nous excuserons pas d’être vivants. ”

    Ghania Mouffok

  • tOrDrE L¤RdRe
    tOrDrE L¤RdRe
    VALLSS89
    • Posté à 09h37 le 11/01/2011
    • Internaute 50571
      VALLSS89

    Dans un autre ordre :
    « Ces jeunes va-nu-pieds, poil à gratter de la société, redresseurs de torts acharnés, vomissent la bourgeoisie, les policiers et carriéristes du mouvement droit-de-l’hommiste. Un brin chicanes, ils s’opposent tant aux islamistes qu’aux libéraux et se montrent aussi hostiles au patronat qu’aux méfaits à venir de la mondialisation.

    Une jeunesse qui fait la fierté de tous les jeunes de la planète en cette année mondiale de la jeunesse. »

    après, va falloir que vous nous appreniez comment on fait, parce que nous on ne sait plus, si tant est que l’on a su un jour....

  • Holocrate
    Holocrate
    Douteur plus que douteux
    • Posté à 09h45 le 11/01/2011
    • Internaute 97427
      Douteur plus que douteux

    « Ben Ali tablait sur une jeunesse désabusée »

    C’est bien LA question : quid de la volonté de ces jeunes à aller jusqu’au bout ?
    Et bien plus fondamental encore : quid de leur capacité de rébellion ?
    Dans les années 70, j’avais été voir un film monté à partir de bobines originales réalisées par les SS eux-mêmes à des fins de propagande.

    Entre autres choses appétissantes, on y voit une longue tranchée creusée dans une forêt (en Ukraine ?) et le long de cette tranchée, plusieurs dizaines d’hommes de tous âges, entièrement nus et faisant face à la tranchée. Nul besoin de traducteur pour savoir ce qui va se passer. Ce qui va se passer dans les secondes qui vont suivre. Et pas un ne bouge... PAS UN NE BOUGE ! ! ! !

    Je suis sorti de là complètement traumatisé. Par ce témoignage de bestialité gratuite, bien sûr. Mais plus encore par la passivité de ces hommes qui aux portes mêmes de la mort, ne bronchaient absolument pas !
    Jusqu’où faut-il aller, nom de Dieu, pour qu’on se décide à dire stop ?

    • tOrDrE L¤RdRe
      tOrDrE L¤RdRe répond à Holocrate
      VALLSS89
      • Posté à 10h12 le 11/01/2011
      • Internaute 50571
        VALLSS89

      Sortez-vous (en ville) sans votre carte d’identité, réagissez-vous au pied levé lorsque des flics ou des lascars s’en prennent à plus faible qu’eux, allez-vous renversez le bureau de votre patron sur sa tronche au premier licenciement abusif d’un de vos collègue, allez vous dire au premier videur venu de boite ou de supermarché d’aller entreprendre sa maman lorsqu’il éjecte un miséreux, poursuivez-vous la manif dans le XVI eme ou vous arrêtez-vous à Opéra comme vous l’intime la cégète, allez-vous dire à un groupe de chasseurs bourrés traversant votre village avec des fusils non cassés que ce sont des gros cons dangereux, faites-vous bouffez sa sacoche à l’huissier qui vient foutre à la rue vos voisins... ? ?
      Plus besoin de nazis, c’est nous que vla les moutons bêêêê, citoyen mon cul !

      • Holocrate
        Holocrate répond à tOrDrE L¤RdRe
        Douteur plus que douteux
        • Posté à 10h40 le 11/01/2011
        • Internaute 97427
          Douteur plus que douteux

        Excellentes questions !
        Et y répondre honnêtement ne peut déboucher qu’à un seul constat : oui, par notre passivité, nous sommes en grande partie responsables des dérives de notre société.
        Juste un exemple : il y a encore 50 ans, personne n’aurait osé violé une femme devant tout le monde dans le métro.

         
        • tOrDrE L¤RdRe
          tOrDrE L¤RdRe répond à Holocrate
          VALLSS89
          • Posté à 10h55 le 11/01/2011
          • Internaute 50571
            VALLSS89

          50 ans....pourcentage de résistants en 40, svp ?

          • Holocrate
            Holocrate répond à tOrDrE L¤RdRe
            Douteur plus que douteux
            • Posté à 15h42 le 11/01/2011
            • Internaute 97427
              Douteur plus que douteux

            En 40 ? Juste une poignée, mais tout juste, hein !
            Ensuite, de plus en plus... en fonction de l’intérêt de chacun de se positionner dans le « bon » camp. ; -)
            Mais serions-nous aussi « résistants » aujourd’hui ? Quand je vois nos chapelets de démissions, rien n’est moins sûr...

        2 autres commentaires
    • Samir  Daoulette - ex MacFer
      Samir Daoulette - ex MacFer répond à Holocrate
      Béotien de l'informatique
      • Posté à 14h30 le 11/01/2011
      • Internaute 138924
        Béotien de l'informatique

      Tous n’étaient pas aussi terrorisés, loin s’en faut : rappelez-vous
      SOBIBOR... Il en eut d’autres...
      Bonne année d’espoir

      MacFer

  • rayan28101980
    rayan28101980
    inconnu
    • Posté à 13h24 le 11/01/2011
    • Internaute 139438
      inconnu

    La liste des morts continue de s’allonger pendant que Ben Ali et Leila TRABELSI (son épouse) continuent de mépriser le peuple tunisien. Nous savons d’ores et déjà que des crimes atroces ont été perpétrés en Tunisie (voir twitter, vidéos sur facebook, youtube) et aucune voix discordante européenne ou américaine ne s’est encore fait entendre. La sang continue de couler sans que cela n’émeut la classe politique française, ni même les journalistes. Ces mêmes journalistes qui s’infiltrent pourtant dans des groupes talibans et qui viennent nous dire aujourd’hui que la Tunisie est un pays dangereux. Fumisterie ! ! Pas de pétrole, pas de gaz naturel non plus dans ce pays, et une économie dont la France tire largement parti. Donc pas de raison de relayer une information qui desservirait les intérêts stratégiques de la France dans ce pays. Une chance historique s’offre aujourd’hui au peuple tunisien pour changer son destin et envoyer les BEN ALI et les TRABELSI devant le Tribunal Pénal International. Ce ne sera pas chose facile certes mais qui a dit que ça allait être facile ? Renversé un régime implanté depuis 23 ans est une tâche ardue et de longue haleine mais le jeu en vaut largement la chandelle.

    • Samir  Daoulette - ex MacFer
      Samir Daoulette - ex MacFer répond à rayan28101980
      Béotien de l'informatique
      • Posté à 14h54 le 11/01/2011
      • Internaute 138924
        Béotien de l'informatique

      « Renversé un régime implanté depuis 23 ans est une tâche ardue et de longue haleine mais le jeu en vaut largement la chandelle. »

      Oui , passée le moment de terreur, certains se rebiffent, se redressent, et ... l’histoire humaine est pleine de ces exemples... Et à chaque fois, le prix à payer est terrible !

      J’adhère à votre analyse, et ma production aurait été abscon...

      Merci & bonne année

      MacFer

  • Valdo Lydeker
    Valdo Lydeker
    journaliste, auteur
    • Posté à 15h10 le 11/01/2011
    • Journaliste 7922
      journaliste, auteur

    35 morts, et et systématiquement charges de police et tabassages dans les manifs...
    Dernières victimes, : la manifestation des artistes, où des comédiennes se sont fait frapper à terre...
    Alors, monsieur Frédéric Mitterrand,la Tunisie n’est pas une dictature ?

    • Samir  Daoulette - ex MacFer
      Samir Daoulette - ex MacFer répond à Valdo Lydeker
      Béotien de l'informatique
      • Posté à 19h53 le 11/01/2011
      • Internaute 138924
        Béotien de l'informatique

      Quand perlera une minuscule quelconque compassion pour les morts et leurs familles du « trouduc » de F Mitterrand, ou d’un autre, les morts se compteront par centaines... Je suis sûr que ça démange plus d’un... Quand même !

  • vimana
    vimana
    terrien
    • Posté à 15h40 le 11/01/2011
    • Internaute 140287
      terrien

    « on peut tromper une partie du peuple tout le temps.On peut tromper tout le peuple une partie du temps.Mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. »

  • jacques13
    • Posté à 20h08 le 11/01/2011
    • Internaute 8827

    Ce genre d’évènement explique peut être les réactions extravagantes de nos « élites » face au texte d’Hessel ,ils ont peur et risquent de devenir dangereux .

  • hamilcar69
    hamilcar69
    responsable achat
    • Posté à 23h42 le 11/01/2011
    • Internaute 82006
      responsable achat

    @ Touafik Ben Brik, as tu un mail, un compte Twitt ou l on peut échanger ? Je te cherche sur la toile mais en vain !

  • gitano771
    gitano771
    (transitaire)
    • Posté à 22h17 le 12/01/2011
    • Internaute 89487
      (transitaire)

    Jeunes tunisiens, je vous admire pour votre courage. Vous êtes un exemple pour l’Humanité. Chapeau bas les mecs.

    Signé : un français (qui s’écrase)

  • Artmorik
    Artmorik
    Un peu de gauche
    • Posté à 22h51 le 12/01/2011
    • Internaute 58102
      Un peu de gauche

    J’encourage tous les jeunes tunisiens vivant en france et ne s’y plaisant pas , je les encourage à retourner là-bas faire la Révolution

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