Portrait 06/01/2011 à 17h23

Maxime Verner, 21 ans, candidat à l'élection présidentielle

Julien Martin | Ex-Rue89


Maxime Verner, en 2010 (DR).

A côté de lui, Jean Sarkozy, conseiller général de 24 ans, manquerait presque d’ambition. Agé de trois ans de moins, Maxime Verner entend se présenter à la prochaine élection présidentielle. A part leur jeunesse, pas grand-chose ne rapproche d’ailleurs ces deux jeunes gens, surtout pas l’origine sociale.

Le premier est né à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) et a pour père le président de la République. Le second vient de Bron (banlieue de Lyon) et est le fils d’un chauffeur de taxi.

Quand il arrive ce lundi matin dans les studios de « La Matinale » du Mouv, dont Rue89 est partenaire, Maxime Verner (prononcer « Vernère ») ressemble, lui aussi, à la caricature du jeune loup tête à claques. La main est dans la poche, le cheveu ramassé en arrière, la voix aiguë mais assurée, le pull en col V sur une chemise blanche...

Mais contrairement à ce que son apparence physique laisse imaginer, Maxime Verner est un garçon poli, posé, à la conversation agréable, voire sympathique. Il peut pourtant se targuer d’être en passe de faire adopter par le Parlement une réforme qu’il porte depuis trois ans : l’abaissement de l’âge de l’élection d’un député de 23 à 18 ans. Cela fait baisser automatiquement et d’autant l’âge pour se présenter aux européennes et à la présidentielle, le code électoral renvoyant aux mêmes articles.

« Si les Français votent pour vous à plus de 50% ... »

Sa marotte : « Si à 18 ans vous avez le droit de voter, vous devez avoir le droit de vous présenter. » Pense-t-il réellement qu’on peut être élu Président à 18 ans et qu’on peut être bon dans la fonction ? Il ne s’avance quand même pas trop :

« La démocratie, ce n’est pas seulement partir pour exercer le pouvoir, c’est partir pour porter la voix de ceux qu’on représente. [Mais] si vous avez 500 parrainages d’élus et si les citoyens français votent pour vous à plus de 50%, vous devez être un très bon président de la République. » (Ecouter l’extrait de l’émission)

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A la tête de l’association qu’il a créée, Jeunes de France, Maxime Verner dit être « le candidat des jeunes », celui qui va leur redonner goût à la chose publique. Quand on lui demande comment il peut se targuer de représenter une masse aussi diverse, il corrige :

« Pour moi, la jeunesse, c’est vraiment un état d’esprit, c’est quand on se dit : l’avenir est devant moi. » (Ecouter l’extrait de l’émission)

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Reste que le programme qu’il présentera le 20 juin, intitulé « Serment du jeu de paume des jeunes » et composé de 89 propositions, s’adresse d’abord aux jeunes sur leur carte d’identité. Exemple avec sa « subvention pour tous les jeunes qui iront voir l’administration et qui auront un projet », pas encore forcément bien ficelée. (Ecouter l’extrait de l’émission)

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« Sarkozy tient à vous adresser ses encouragements »

Il lui reste six mois pour finaliser son programme et il compte s’entourer pour l’édifier. Ce qu’il a fait pour porter son texte d’abaissement d’âge jusque dans les hémicycles du Parlement.

Que le chemin fut long et tortueux pour que son souhait devienne réalité dans un projet de loi organique. Il a fallu faire changer d’avis les gouvernants, dont le premier d’entre eux. En témoignent ces deux courriers, qui ont transité par l’Elysée.

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Dès août 2007, Maxime Verner écrit au président de la République, qui lui fait répondre par la négative via le ministère de l’Intérieur. Cette lettre en date du 9 octobre de la même année se termine par un lapidaire :

« Je vous remercie toutefois pour vos intéressantes remarques et suggestions. »

Deux ans plus tard, le 15 juin 2009, Nicolas Sarkozy charge cette fois directement son directeur de cabinet de s’adresser au jeune homme. Sur un tout autre ton. Et pour lui signifier désormais son soutien :

« Nicolas Sarkozy tient à vous adresser ses plus vifs encouragements dans la poursuite de votre action. »

Entretemps, Maxime Verner a contacté nombre d’élus. Fort du soutien de près de 300 députés et 1 000 élus locaux, il lance un appel au chef de l’Etat. Celui-ci est donc entendu et lui permet de rencontrer « les équipes du président de la République, du Premier ministre et du haut commissaire à la Jeunesse » pour aboutir au résultat que l’on connaît aujourd’hui. (Ecouter l’extrait de l’émission)

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Surtout, il fédère des parlementaires de tous bords. Et l’affiche, comme lors de cette conférence de presse du 13 mai 2009 à l’Assemblée nationale. A la table, il est assis entre deux députés, le PS Gaëtan Gorce et l’UMP Valérie Rosso-Debord. Laquelle dit avoir été séduite par ce « garçon très dynamique, très engagé, qui avait bien pensé son truc ».

« Il sait appuyer sur les bons leviers »

Du dynamisme, il en aura encore besoin dans les semaines à venir. Si ledit projet de loi organique est adopté en l’état, une dernière élection échapperait encore à l’abaissement à 18 ans de l’âge d’éligibilité : les sénatoriales, bloquées au-dessus de la barre des 30 ans.

Qu’à cela ne tienne, Maxime Verner annonce le dépôt prochain d’un amendement au Sénat pour y remédier. Toujours avec le culot pour seule arme. Sans omettre d’ouvrir le carnet d’adresses qu’il est en train de se constituer. Corentin Segalen, collaborateur parlementaire de Gaëtan Gorce :

« Il nous a demandé de lui donner un coup de main, de contacter des sénateurs. Nous allons le faire. On n’arrête pas de recevoir des gens qui disent “il faut faire ci, il faut faire ça”... Lui, il fait ce qu’il dit. »

S’il parvenait, signatures en poche, à se présenter à la présidentielle, le jeune homme ne vivrait pas sa première campagne électorale. Il a déjà fait parler de lui dans le paysage politique, en 2008. Tout juste âgé de 18 ans, il se présente aux municipales dans sa ville de Bron et obtient 4% des suffrages. L’Express lui consacre un article, relève ses « dents longues » et observe ses méthodes peu orthodoxes :

« Il a offert en décembre des voyages en Tunisie par tirage au sort à deux jeunes filles, sur ses fonds propres, pour inciter les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales et promet, s’il est élu, des de 300 euros financés par la mairie à ceux qui iront voter et gagnent moins de 1 500 euros par mois. »

Une première candidature sous la bannière du Rassemblement social démocrate, le parti de Rachid Nekkaz, qui avait lui-même tenté de se présenter à la présidentielle de 2007, en vain. Son mentor balaye aujourd’hui la polémique née à l’époque, pour s’attarder sur les qualités de son ancien poulain :

« Quand le PS parle de smic à 1 500 euros, on ne trouvait pas ça choquant. Mais quand on parlait de bons d’achat pour les foyers modestes, ça choquait. Ce n’était pas que pour les gens qui avaient voté pour nous, mais pour tous les électeurs.

Moi, je n’ai jamais vu un jeune comme ça, c’est un profil hors du commun. Il sait appuyer sur les bons leviers et ça passe, c’est extraordinaire ! S’il sait mener sa carrière politique, il ira loin. »

« Je vous le dis à vous en premier... »

En attendant, celui qui aurait tout juste été majeur si Valéry Giscard d’Estaing n’avait pas abaissé l’âge de la majorité en 1974 applique ses leçons d’étudiant en communication qu’il est : faire d’abord parler de lui pour pouvoir ensuite pousser ses propositions de fond. Une technique rodée lorsqu’il était lobbyiste stagiaire à la Fédération des établissements hospitaliers et d’assistance privés à but non lucratif (Fehap).

Son positionnement politique passe au second plan. Il refuse de se classer à droite ou à gauche, mais il a adhéré l’année dernière aux Jeunes Centristes, la formation junior du Nouveau Centre d’Hervé Morin, ancien ministre de la Défense de François Fillon. Le jeune homme dit avoir uniquement voulu « voir à quoi ça ressemblait de l’intérieur les partis politiques », sans chercher à s’en servir comme marche-pied. Et de promettre, comme un scoop :

« Je donnerai ma démission -je vous le dis à vous en premier- le 22 janvier [lors du conseil national du Nouveau Centre, ndlr]. »

En premier ? Faux. Il l’avait déjà révélé sur RTL au mois de décembre. Pris la main dans le pot de confiture, Maxime Verner se reprend :

« A vous en premier... en 2011 ! » (Ecouter l’extrait de l’émission)

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Ce flagrant délit d’excès de communication fut néanmoins, ce matin-là, sa seule erreur en la matière. On attend maintenant Maxime Verner sur le fond. Rendez-vous dans six mois pour la présentation de ses propositions.

En partenariat avec « La Matinale » du Mouv


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  • vieilanarfatigué
    vieilanarfatigué
    Changer le monde, c'est se (...)
    • Posté à 17h54 le 06/01/2011
    • Internaute 125168
      Changer le monde, c'est se (...)

    Il surfe sur la vague - qui nous fait tant de mal - la com ! C’est un outil pas une fin en soi. Ce qui n’intéresse plus les gens c’est de réfléchir sur des idées , un programme, ils sont trop fatigués pour ça.
    Résultat : on vote sur les rapidités de réactions épidermiques des élites aux faits divers, et après en coulisse on ramasse le pactole !
    C’est dommage, car il y a un vrai problème avec la jeunesse, depuis l’école qui ne fait qu’à moitié son travail, et le monde du travail qui ne les accepte pas, sans parler des drogues, du sida, du fn.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 18h03 le 06/01/2011
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Pas trop envie de se moquer d’un jeune . Un candidat des jeunes, ce serait pas mal pour assener quelques évidences a ce pays de vieux ..Quand on pense en plus à son taux de natalité plus que correct par rapport à la moyenne européenne..

    C’est « étudiant en communication » le problème, je trouve..

  • Dissonance
    Dissonance
    met le doigt où ça fait mal.
    • Posté à 18h19 le 06/01/2011
    • Internaute 70089
      met le doigt où ça fait mal.

    On va la refaire une fois encore : Le temps ne fait rien à l’affaire. La question de l’âge d’éligibilité n’est pas en soi un problème, bien qu’il en existe toutefois un : Celui de la culture politique des individus.

    Il est bien là le fond du truc : En France depuis le début de la République, on peut se faire élire sans avoir la moindre culture politique que ce soit, et ce en dépit des recommandations de Condorcet en matière d’éducation. Et, sans doute plus dramatique encore, on obtient le droit de vote dans les mêmes conditions.

    C’est entre autres à cause de ça qu’on se retrouve avec un P.S. qui défend une politique de droite... Pas tant parce que les dirigeants ignorent les valeurs réelles de la gauche d’ailleurs (certains se cultivent sans qu’on ait besoin de les pousser au cul), que parce qu’ils peuvent les bafouer sans que leurs électeurs s’en rendent compte.

  • A déménagé le 04-03-2012
    • Posté à 18h47 le 06/01/2011
    • Internaute 89071
      non connue

    C’est une très bonne initiative qu’a pris ce jeune. En France, on adore gueuler, se plaindre du président, des institutions au point que s’en est devenu un sport national.

    Par contre, lorsqu’il s’agit de faire quelque chose de concret, de se bouger les fesses, il n’y a plus personne. Même pour aller voter ’ regardez les taux de participations aux dernières européennes, voire la dernière présidentielle.

    Heureusement, qu’il y en a certains qui ont gardé une once de courage et qui vont au turbin, parce que vociférer sur la toile, tout le monde le fait mais ça n’avance à rien.

  • Veilleur
    Veilleur
    écoute
    • Posté à 18h57 le 06/01/2011
    • Internaute 75755
      écoute

    Je suis d’accord avec lui quand il dit qu’on infantilise les jeunes dans les partis politiques...déjà rien que le principe de créer une section jeune ça me fait vomir (genre « vous êtes tellement cons et immatures qu’on va vous laisser entre vous faire des lipdubs à la con, et vous pourrez vous amuser à imiter la langue de bois de vos aînés »), d’ailleurs, ils me font assez chier dans le hall de la fac !

    Sinon, le reste de son discours j’y crois pas (surtout son jeunisme à deux balles), il est étudiant en communication, et c’est pas la sincérité qu’on vous apprend dans ce genre de formation...

    Signé : un jeune (toujours) pas convaincu

  • D3nTe
    D3nTe répond à Skatman33
    Etudiant
    • Posté à 19h21 le 06/01/2011
    • Internaute 123567
      Etudiant

    La première partie de votre commentaire est vraie, a 23 ans on ne sait pas ce que c’est d’avoir une famille a gérer, mais est ce que ça fait de vous un incompétent total ?
    Est ce qu’avoir une famille fait de vous un bon président ? Je ne pense pas.

    Par contre a cet âge là on a des avantages que tous les vieux politiques n’ont pas : L’espoir.
    On pense encore qu’il est possible d’améliorer les choses, on a un idéal et on fait en sorte de l’atteindre.
    En vieillissant les gens perdent ça, ils appellent ça grandir, mûrir, ou tout autre mot que vous voulez. En réalité il s’agit simplement d’abandon, les gens abandonnent ce en quoi ils croient et se disent simplement : « Le monde est ainsi, on ne peut rien y faire ».
    C’est le début de la fin.

    Beaucoup de personnes se plaignent des hommes et femmes politiques : corrompus, complètement hors des réalités, ne s’intéressant qu’a leur petite carrière, et on peut continuer ainsi pendant longtemps.
    Mais au final tout le monde vote pour ces mêmes politiques, toujours le même profil, et on finit toujours par se plaindre.

    Vous êtes injuste en l’enfonçant simplement parce qu’il est jeune, laissez lui une chance de prouver sa valeur avant.

    Après il est évident qu’il y a beaucoup de choses qui jouent contre lui :
    -Il est jeune, et pour beaucoup être « dirigés » par quelqu’un de plus jeune qu’eux, ça ne passe pas. C’est une question d’image. Un peu comme dans votre commentaire.
    -Son discours semble bien trop centré sur « être jeune c’est cool, je suis jeune votez pour moi ». Il ne semble pas très sérieux, et je n’ai pas bien saisi même sur son site, quelles sont ses idées.
    -La mauvaise habitude des gens a voter selon un parti politique, « j’ai toujours voté a droite/gauche je m’y tiens » .

    Sinon un dernier point, sa photo donne l’impression qu’il est vaniteux, je trouve qu’elle est plutôt mal choisie.

  • Inquisiteur
    Inquisiteur
    Chanteur de charme
    • Posté à 21h08 le 06/01/2011
    • Internaute 132321
      Chanteur de charme

    Franchement, sa tete, son look, sa coiffure, je m’en fous.

    Par contre, quand on voit les bancs de l’assemblée, on se dit qu’il y a du boulot : Que des quinquas males, très peu de femmes, encore moins de noirs et d’arabes, les jeunes n’en parlont pas.

    Alors peut etre que ce type est là parce qu’il a un peu de fric et qu’il est malin car il arrive à faire du bruit avec du vent, mais n’empeche que sur le fond, il est grand temps que des jeunes s’investissent à fond en politique.

    Parce que en attendant, le parent pauvre des réformes depuis de longues années, c’est le jeune.