a la une 05/01/2011 à 21h44

Hortefeux et les « Auvergnats » : la justice ne retarde pas le procès

David Perrotin | Etudiant en journalisme

Décidément, sa sortie raciste à propos des Arabes (« quand y en a un, ça va, c’est quand y en a beaucoup que ça pose problème ») colle à la peau de Brice Hortefeux. Pour augmenter ses chances lors de son procès en appel, l’avocat du ministre de l’Intérieur, Jean-Yves Dupeux, avait contesté la recevabilité du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), qui s’est porté partie civile.

Mais la cour ne l’a pas suivi, et a fixé la date de l’audience qui devra juger l’affaire sur le fond : ce sera le 9 juin, un an après sa condamnation en première instance. A charge pour le Mrap de démontrer le caractère « public et général » des propos du ministre : ce dernier était-il conscient de la présence des caméras ?

Quatre associations s’étaient portées partie civile, dénonçant les injures raciales du ministre de l’Intérieur contre Amine Benalia-Brouch, jeune militant UMP aujourd’hui « repenti ».

Trois d’entre elles (les Indigènes de la République, Soutien Ô sans papiers, Centre de recherche et d’action sur toutes les formes de racisme) se sont désistées. Si le Mrap avait été ce mercredi jugé irrecevable, Hortefeux aurait donc été en meilleure position pour se défendre.

Les procès Clearstream et Colonna déjà prévus à ces dates

L’avocat du ministre de l’intérieur, Jean-Yves Dupeux, a bien essayé pendant l’audience de retarder la date du futur procès : il a souligné l’importance de ne pas perturber les élections cantonales et a refusé que le procès se tienne pendant le procès lié à l’affaire Clearstream, qui débute en mai.

Ironique, le juge a tranché :

« Et alors ? Il y aussi l’affaire Colonna, l’Angolagate et beaucoup d’autres affaires. L’audience se tiendra le 9 juin, tout l’après-midi. »

Me Pierre Mairat, l’avocat du Mrap, est satisfait de cette décision qui
rappelle, selon lui, que « le temps de la justice n’est pas celui du
ministre Hortefeux ».

Le ministre de l’intérieur avait été condamné en première instance, le 4 juin dernier, à 750 euros d’amende et 2 000 euros de dommages et intérêts pour ses propos jugés racistes, tenus en septembre 2009 aux côtés d’Amine Benalia-Brouch, militant UMP de père algérien.

La scène, qui s’est déroulée lors de l’université d’été de l’UMP à Seignosse (Landes), avait été filmée par des caméras de Public Sénat et diffusée sur le site du Monde.fr. On y voit le ministre de l’Intérieur plaisanter sur l’origine du jeune homme. (Voir la vidéo)

A l’époque, Brice Hortefeux avait été largement soutenu par la droite et par Amine Benalia-Brouch lui-même. Ce dernier avait tenté (maladroitement) de dédouaner le ministre dans une vidéo commandée, selon lui, par un cadre UMP. (Voir la vidéo)

Dans un livre paru en novembre, « Confessions d’un sarkozyste repenti » (éd. Jean-Claude Gawsevitch), Amine Benalia-Brouch revient sur l’affaire. Il a aussi admis dans une interview au journal Sud Ouest, avoir menti en prenant sa défense :

« Je le dis très clairement : j’ai menti. Je m’excuse auprès des gens que j’ai pu blesser par ma complaisance à l’égard des propos du ministre que j’aurais dû condamner. »

Me Mairat a affirmé au juge que le jeune homme témoignerait aux côtés du Mrap au prochain procès.

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  • Musulman Citoyen Electeur Conscient
    • Posté à 09h47 le 06/01/2011
    • Internaute 112747
      Commercial

    C’est une honte d’avoir un ministre condamne pour injures raciales,dote de si peu d’eloquence et de raffinement ,c’est une injure au bon gout culturel et intellectuel francais !
    Il devrait etre limoge sur le champs et affecte a des taches plus en rapport avec son niveau !

  • chuuuch69
    chuuuch69
    omerta
    • Posté à 09h51 le 06/01/2011
    • Internaute 139279
      omerta

    Bonjour, moi ce que je ne comprend pas c’est comment on peu laisser un homme,qui a pourtant fait ces preuves dans l’immoralité, a un tel poste au sein du gouvernement. Je rejoins un commentaire de la premiere page pour dire que si les personnes cités dans les propos raciste de Hortefeux avec été les juifs, le scandale aurait surement fait plus de tapage, mais je ne pense pas que ce soit parceque la france est raciste dans sa majorité mais parceque les fait qui ont marqué l’histoire des juifs sont plus proche de nous sur un plan temporel que l’esclavage ou l’aparteid (dsl je n’ai jamais su l’écrir).Bref tout ca pour dire que ce mec est malsain et qu’il est dangereux de laisser du pouvoirs a des gens tel que lui.
    Bon journé a tous

  • Laye
    • Posté à 12h43 le 06/01/2011
    • Internaute 118795

    Amine Benalia-Brouch,
    Cette affaire est une affaire qui va au-delà de votre personne (propos racistes tenus par un élu, dans un lieu public et devant les caméras des chaines de télé. Ce qui risquait de servir de modèle mais aussi de cautionner d’autres actes). Quels que soient vos intérêts à l’époque, si vous étiez prêt à vous écraser, vous laissez piétinez pour vos intérêts personnels (perso, cela suffit pour que je vous en veuille, même si cela est votre choix et ne concerne que vous), vous n’auriez jamais dû accepter la même choses pour des intérêt qui dépassent votre propre personne (c’est presque similaire à du détournement de fond public pour un fonctionnaire) .
    Vous n’avez pas pu déceler cela à l’époque, et n’étant moins nombriliste et moins égoïste.
    Ce qui m’empêche encore aujourd’hui de me satisfaire de votre « repentance » car rien n’est moins sure qu’elle ne soit pas dans la même ligne égoïste.

  • Holocrate
    Holocrate
    Douteur plus que douteux
    • Posté à 12h58 le 06/01/2011
    • Internaute 97427
      Douteur plus que douteux

    En disant « quand y en a un, ça va, c’est quand y en a beaucoup que ça pose problème », Hortefeux a juste exprimé une opinion, ce qui relève - aurait dû relever - de la seule liberté de penser et d’exprimer ce qu’on pense.
    On ne peut dire ce qu’on veut ? J’entends bien. Mais dans ce cas, on est bien dans une dynamique de délit d’opinion.
    Soit tout le contraire de la liberté d’expression, pourtant dûment garantie par la Constitution.

    Au passage, constatons que toutes les restrictions à la liberté d’expression - loi Gayssot comprise - n’ont pas fait baisser le racisme d’un iota.
    Cherchez l’erreur...