Sur le terrain 03/01/2011 à 20h51

Bienvenue à Saint-Dizier, la ville de Champagne-Ardenne qui fond

Nolwenn Le Blevennec | Journaliste Rue89

(De Saint-Dizier)

Le goudron est rose, le paysage boisé et glacé. La Champagne-Ardenne, ça a l'air joli. Pas assez, apparemment.La région se vide. Selon les chiffres de l'Insee, elle est la seule qui va perdre des habitants, d'ici 2040. Le département de la Haute-Marne risque d'être particulièrement touché. Ces dix dernières années,l'un de ses trois chefs-lieux d'arrondissement, Saint-Dizier a déjà vu s'envoler plus de 10 000 habitants.


Le bowling de Saint-Dizier (Audrey Cerdan/Rue89).

Plus que trois fonderies, Miko qui fond et McCormick qui morfle

Dans quarante ans, est-ce qu'on vivra tous en Vendée ?

Selon les chiffres de l'Insee, la France métropolitaine devrait compter 71 millions d'habitants d'ici 2040, une population qui va sans doute continuer de se concentrer vers le Sud et l'Ouest.

Ainsi, les régions les plus attractives devraient voir leur population augmenter de 22 à 28% entre 2007 et 2040. La croissance démographique s'annonce par ailleurs « atone » dans le Nord et l'Est.

L'Insee projette pour la Champagne-Ardenne une baisse démographique de 2 % à l'horizon de 2040. En passant de 1 339 000 habitants en 2007 à 1 312 000 habitants estimés en 2040, la région serait alors la seule à voir sa population baisser. L'âge moyen y passerait de 39,5 ans à 44,6 ans.

L'enclavement de la ville n'explique pas tout. Saint-Dizier manque aussi de moteurs économiques proches : « Reims n'a pas la taille critique qui pourrait nous permettre d'attirer du monde », explique François Cornut-Gentille, maire de Saint-Dizier depuis 1995. Elle souffre aussi d'une désindustrialisation massive. Ses habitants :

« Ce que la Lorraine a connu dans les années 80, cela nous arrive maintenant. »

Dans les années 60, ça bougeait pas mal à Saint-Diz. La métallurgie (fonderies et aciéries) faisait largement vivre le coin. Des immigrés, surtout du Maghreb, étaient appelés en renfort. Les ouvriers venaient de « 40 km à la ronde » et le glacier Miko employait des milliers de personnes. Le centre-ville fourmillait.


L'ambiance a changé. Seuls les snacks fleurissent (Chrono Food, Quizz Burger et Illico Pizza). Depuis dix ans, la ville rétrécit à vue d'œil. La presse en fait ses gros titres, les habitants s'inquiètent et les rues boudent.

Les vagues de licenciement la ravagent : il ne reste que trois fonderies à Saint-Dizier, Miko n'arrête pas de fondre et c'est maintenant au tour de McCormick, les tracteurs agricoles, de morfler.


McCormick, Saint-Dizier (Audrey Cerdan/Rue89).

Jamais sans mes grues cendrées

Si l'usine qui fabrique des boîtes de vitesse de tracteurs ne trouve pas de repreneur d'ici le 21 janvier, elle fermera. « Terminé », résume Cyrille Guillaume, délégué CGT encore abasourdi. Avec le temps, les employés sont passés de 1 200 à 700, à 500 et ainsi de suite. Il en reste environ 300. La fin de McCormick mettrait par terre des centaines de sous-traitants de la région.

Un désaccord sur la propriété des brevets rend le sauvetage de l'usine quasi impossible. Cyrille Guillaume préfère ne pas trop y penser, car il sait qu'il aura du mal à retrouver un travail : « Tout a plongé en un rien de temps. Saint-Dizier est en train de crever et cela me rend malade », dit-il, au premier degré, comme si la fièvre montait.


Cyrille Guillaume (Audrey Cerdan/Rue89).

Il envisage, à 37 ans, de vivre « avec les trucs minimums de l'Etat ». C'est ça ou l'exil et l'exil n'est pas possible. C'est son coin, c'est son fief. Massif dans son jogging Adidas, l'ancien footballer de D3, qui a joué avec l'Ukrainien Aleksandr Zavarov, est sensible comme une corde de violon. Il ne veut pas quitter son père malade, le lac de Der et les grues cendrées.

« Une ville de Rmistes et de retraités »... à 100 km de Nancy

Les oiseaux ne retiennent que Cyrille. L'ancien quartier ouvrier de Saint-Dizier, construit dans les années fastes, désenfle. Au Vert-Bois, des centaines d'appartements sont désormais vacants et personne ne peut nous dire quel est l'immeuble le plus déserté.


Le quartier du Vert-Bois, Saint-Dizier (Audrey Cerdan/Rue89).

La municipalité, qui a prévu de rénover le quartier, profite de cet exode pour faire tomber les tours et reconstruire des lotissements « à taille humaine ». C'est un quartier-dominos.

On y rencontre de nombreux enfants de retraités algériens et marocains. Ils ont grandi ici et cherchent du boulot. Ils ont vu partir leurs copains et rêvent de s'en aller à leur tour, loin de Pôle emploi. En attendant, ils se retrouvent au Sahara et prennent le café. Mohammed, 46 ans :

« C'est devenu une ville de Rmistes et de retraités. Un gros bourg, quoi. Il n'y a plus qu'une fonderie qui embauche et elle ne prend pas d'Arabes. »

En 2007, pendant les émeutes, le quartier a flambé. « A l'époque, cela a fait fuir des centaines de personnes. Depuis, les départs se sont beaucoup calmés », raconte le maire. Au mois d'août 2010, une boulangère s'est fait braquer, elle dit que c'est parce qu'elle est française. Dans le quartier, le Front national fait du score.


Madeleine, 84 ans (Audrey Cerdan/Rue89).

Ceux qui restent au Vert-Bois ne peuvent pas faire autrement. Madeleine Cosson, 84 ans, ancienne « agent de vaisselle » dans un lycée, rêve de Nancy aussi fort que Liza Minelli de New York. Elle prononce le nom de la ville avec émotion. Sa fille, infirmière en chef « au cœur d'or », y habite avec son mari :

« Ici, ce n'est pas beau, alors que Nancy c'est joli, comme un petit Paris. Un de mes fils est au chômage, mais, malheureusement, il ne veut pas partir à cause de ses copains qui sont ici. J'espère arriver à le convaincre un jour. »

Six BTS et deux écoles


Khider, 48 ans, et son fils Rayan, 9 ans (Audrey Cerdan/Rue89).

Khider, 48 ans, va lui déguerpir très vite. « Y a rien dans ce quartier. C'est un trou qui se vide », dit-il. Au Vert-Bois, qui représente la moitié de la ville, les habitants « payent leurs loyers avec le RSA et mangent des pâtes ». Ici, il n'y a pas d'avenir pour son fils Rayan, 9 ans.

Il regrette que la ville manque de formations :

« J'aimerais reprendre mes études. Ici, t'as qu'une bibliothèque municipale si tu veux étudier. »

Il exagère un peu, mais le manque de cursus universitaires à Saint-Dizier explique aussi de nombreux départs.

Hugues-Alexandre Nicolas, 22 ans, est passionné par sa ville. L'étudiant, fondateur du groupe Facebook « I love Saint-Dizier », a fait le calcul : il y a dans la ville 6 BTS, une école d'aides soignantes et une école d'infirmières (430 places). Il est parti faire ses études de droit public à Paris, un master entre l'université Nanterre et l'ENS (Normal Sup).

Le jeune homme – probable futur maire de la ville – explique que ses camarades de lycée ont tous déménagé à Nancy ou Reims. François Cornut-Gentille, l'actuel maire :

« Une petite ville comme la nôtre ne peut pas prétendre avoir de nombreux cursus spécialisés. Ce n'est pas un problème que les jeunes partent. L'enjeu, c'est qu'ils reviennent. »

« Rien à faire à part regarder la télé »

Ils n'en ont pas envie. Et cette fois, pauvre Saint-Dizier, c'est le manque d'aventure qui est invoqué : « Il y a bien le bowling et un bar à chichas, mais ce n'est pas folichon », reconnaît Hugues-Alexandre. Devant le bowling, les faux palmiers clignotants le font mentir. C'est Las Vegas.


Emmanuelle et Laura (Audrey Cerdan/Rue89).

En attendant une piste, Emmanuelle et Laura, étudiantes, décrivent leur ville de façon impitoyable. En résumé : ici, c'est vraiment trop naze. Emmanuelle glousse :

« Attends, mais y a rien à faire à part regarder la télé. Jamais de la vie, je ne reviendrai y vivre. »

La jeune fille de 21 ans a réussi à s'échapper à Nancy. Elle y fait des
langues étrangères. Ensuite, elle voudrait aller vivre à Berlin.

Nouveau cinéma, centre nautique... et le Rafale

Pas loin d'Emmanuelle, une responsable d'un établissement bancaire nous explique que les habitants de Saint-Dizier ont de moins en moins de projets et qu'elle sent l'angoisse monter.


Cinémas de l'ancienne usine Miko (Audrey Cerdan/Rue89).

A la mairie, en face du majestueux « théâtre italien » tout juste rénové, on veut stopper l'hémorragie. François Cornut-Gentille explique qu'il a construit une zone commerciale, le pôle du Chêne Saint-Amand, « qui emploie 500 personnes ». La ville a été rénovée : nouveau cinéma et centre nautique, ainsi que le quartier du Vert-Bois (où les tours sont descendues).

Que de la déco, disent ses détracteurs. « Je ne vais pas m'excuser d'avoir fait un cinéma. Cela amène beaucoup de monde sur la ville, ce n'est pas un gadget », se défend François Cornut-Gentille.

Le maire explique par ailleurs que c'est lui qui a réussi à faire venir le Rafale sur la base aérienne de Saint-Dizier qui était sur le point de fermer. L'un des premiers pourvoyeurs d'emploi. Le bruit continu est « bien toléré » par les habitants (ils n'ont pas le choix).


L'entrée de Saint-Dizier (Audrey Cerdan/Rue89).

L'Etat créerait des zones mortes pour ses activités indésirables

Un journaliste de La Voix de la Haute-Marne, originaire de la ville, s'interroge sur l'absence de mesures d'envergure pour sauver le département. Il pense que cela arrange peut être l'Etat de laisser se créer des zones mortes, pour pouvoir y installer des sites comme celui de Bure (déchets nucléaires) :

« Qui va vouloir venir quand ce site sera terminé ? »

Le journaliste trouve que Saint-Dizier souffre du conservatisme bourgeois de ses élus (« nous sommes des terres très à droite, celles de de Gaulle ») et s'inquiète de l'élection de Luc Chatel, originaire du département, à la mairie de Chaumont :

« Il va capter toutes les aides et les subventions. »

« Il me manque juste un peu de soleil »

Finalement, à part Cyrille, seule Nadine, 63 ans, ex-concierge, nous a confié bien aimer vivre à Saint-Dizier. Pour des raisons plus matérielles :

« Ils sont tous partis, y compris mes enfants à Draguignan, Neufchâteau et Paris. Mais moi, je suis bien, avec mon Intermarché et mon Cora. Il me manque juste un peu de soleil. »


Le « 100% Discount ! » de Saint-Dizier (Audrey Cerdan/Rue89).

Dans une chanson qui lui a été inspirée par Cherbourg, Dominique A décrit une ville morte. Cela pourrait être Saint-Dizier. (Voir la vidéo)

Photos : Saint-Dizier, le 30 décembre 2010 (Audrey Cerdan/Rue89).

  • 74029 visites
  • 267 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • beuvrette
    • Posté à 21h20 le 03/01/2011

    Saint-Dizier, ce n'est pas du tout ça. Ce sont mes vacances d'enfant, les courses chez Miko, les baignades dans la Marne et au Der.
    Oui, Saint-Dizier peut être une madeleine de Proust ; -)

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 21h30 le 03/01/2011
    • Internaute
      Prisonnier dans le village (...)

    Seule distraction de l'année : une visite de Sarkozy ...

    C'est trop atroce. Achevons les ..

  • la champenoise
    • Posté à 21h53 le 03/01/2011
    • Internaute

    Et pour arranger le tout, pour avoir encore un peu plus le moral dans les chaussettes si c'est possible,c'est par St Dizier que N.otre S.aigneur commence sa compagne 2012 .....

  • monOpinion-
    • Posté à 22h01 le 03/01/2011

    Bienvenue en Champagne-Ardennes.

    C'est un peu un constat général de toute la région... Seule Reims parvient à sortir la tête de l'eau..

    Vitry-le-françois, Châlons, et que dire de Sainte-Menehould...et les ardennes n'en parlons pas !

    Seul lot de consolation, l'immobilier extrêmement peu chère.

    PS : pas mal la photo, elle me fait penser au film « Enter the void », le coté nippon en moins, évidemment : )

  • monOpinion-
    monOpinion- répond à Brédala
    • Posté à 22h20 le 03/01/2011

    Un petit tour sur google maps et voilà ce qu'on trouve :

    Lien

    On est bien loin des HLM du bloc soviétique.. Saint-Dizier reste malgré tout une commune avec un centre historique, et une histoire.

  • hgnaton
    • Posté à 22h27 le 03/01/2011

    Bravo pour ce reportage de très grande qualité journalistique... C'est rare dans les média actuels d'avoir une vision de la vrai vie sans passer par le fait divers... Ce reportage doit faire plaisir aux sardons de tout poil... Il va nous en falloir plus d'ici 2012...

  • H-A NICOLAS
    H-A NICOLAS
    Etudiant
    • Posté à 23h54 le 03/01/2011
    • Internaute
      Etudiant

    Juste une rectification. Si je suis flatté d'être qualifié de « probable futur maire de la ville », sachez que je n'ai rien dit de tel. Ce serait un peu prétentieux.

    A part cela, je n'ai rien à redire sur ce constat inquiétant pour Saint-Dizier. Parfois, aimer ma ville est un acte militant mais elle le mérite. L'équipe municipale et de nombreux habitants se battent pour retourner la situation. C'est un travail de longue haleine débuté il y a 15 ans. Il y a probablement autant d'année de travail devant nous.

  • Barbeuz
    Barbeuz
    jeune diplômé
    • Posté à 02h55 le 04/01/2011
    • Internaute
      jeune diplômé

    Voilà une situation qui est un problème inextricable dès lors que l'on suppose qu'une ville ne doit pas « mourir ».
    Mais si les habitants d'une ville veulent la quitter faute de perspectives d'avenir, si les politiques - tant locaux que nationaux - n'arrivent pas à trouver un avenir à ce lieu, si les acteurs économiques n'ont aucun intérêt à s'installer dans cet endroit, alors il est inéluctable, et même souhaitable que la ville retrouve une taille « pré-industrielle » !
    Mieux vaut une ville plus modeste - avec plus espaces verts et moins de barres HLM - qu'une ville pleines de chômeurs et d'appartements vides...

    Le vrai enjeu, c'est d'arriver à gérer le déclin d'une ville : limiter sa rapidité afin qu'il soit socialement plus gérable (une destruction de 10 000 emploi sur 15 ou sur 30 ans, ça fait une différence ! ), et réorganiser la ville pour qu'elle ait autre chose à offrir que des barres désertées.
    On ne fera pas revenir les industries parties, on peut essayer de créer d'autres activités (en commençant par les secteurs primaire et secondaire, pas le tertiaire ! ! ! ), mais il ne faut pas se bercer d'illusion : il ne peut pas y avoir de « clusters », de pôles de compétitivités et de zones franches dans toutes les régions sinistrées. Il faut gérer l'exode « industriel », qui n'est ni le premier ni le dernier (cf exode rural avant), ralentir le mouvement, mais il est impossible de l'empêcher partout.

  • Balthazar75
    Balthazar75
    Informaticien
    • Posté à 09h58 le 04/01/2011
    • Internaute
      Informaticien

    Merci à Rue89, site que j'ai souvent brocardé et qui m'a souvent exaspéré, pour cet article sur ma ville.

    J'y suis né et y ai passé les18 premières années de ma vie, et malheureusement, c'est la mort dans l'âme que je constate aussi son inexorable déclin.

    Je me souviens, au début des années 80, comment elle était vivante : une vraie ville de prolétaires unis, une cité de 42.000 âmes (aujourd'hui 32.000 à peine ! ) où la communautarisme n'existait pas. Je me souviens aussi des soirées foot et du COSD en Division 2... enfin bref.

    Un bonjour à tous les Bragards !

  • H-A NICOLAS
    H-A NICOLAS
    Etudiant
    • Posté à 12h03 le 04/01/2011
    • Internaute
      Etudiant

    C'est cette fois en tant qu'administrateur du groupe facebook « I love Saint-Dizier » que je m'exprime. Je tiens à relater ici l'esprit de la vingtaine de mails que j'ai reçu concernant cet article. Pour information, ces personnes sont des habitants de Saint-Dizier ou en viennent. Ils savent donc de quoi ils parlent.

    Certains s'émeuvent de la noirceur du constat mais le trouvent correct. Il sont assez pessimistes sur l'avenir de la ville et ne savent plus ce que l'on peut encore faire pour inverser la tendance.

    D'autres, s'il reconnaissent que l'article dit vrai sur un certain nombre de points, ne comprennent pas pourquoi les cotés positifs de la ville n'ont pas été montrés sur les photos (centre ville rénové, quartier du vert-bois réhabilité pour une grande partie, coupure entre ces deux parties de la ville effacée...). Ces personnes regrettent également que l'on ne parle pas du « Grand projet de ville », de la politique culturelle riche de la ville ou encore des entreprises qui fonctionnent dans d'autres secteurs d'activité que la fonderie. Tout n'est pas blanc, mais tout n'est pas noir non plus.

    Enfin, certaine personnes sont très remontées contre un article qu'elles jugent caricaturale et inadmissible et critiquent le tri tout à fait partial qui a été fait dans le traitement de l'information. En clair, la trame de l'article était écrit avant même de faire le reportage.

    Je laisse chacun se faire son opinion. Sachez seulement que si l'article traite des difficultés de la ville, celle-ci a de nombreux atouts, bouge avec ses moyens, évolue à certains égards positivement même si le changement est lent, et les quelques 30000 habitants de Saint-Dizier ont une vie et donc, Saint-Dizier vit.

  • nathan52
    nathan52
    sans emploi
    • Posté à 12h13 le 04/01/2011
    • Internaute
      sans emploi

    Bonjour,

    Etant de Saint-Dizier, j'ai lu avec intérêt votre reportage sur ma
    ville. Il est vrai que vous donner une image peu valorisante de la ville
    mais bien réelle. Votre article a fait grincer des dents, il n'est jamais
    trop bon de révéler des vérités mais vous ne parlez pas de
    l'insécurité qui finirait de noircir le tableau. Je suis administrateur
    dans une association de chômeur et je peux dire que l'angoisse et
    grandissante.
    je trouve que c'est un très bon article.
    Pour finir, je souhaite lire un journal indépendant et je me demandais si
    le votre l'était.

    Cordialement.

    Lien