Top Rue89 : les 20 meilleurs albums pop-rock-électro de 2010
Un petit (33) tour(s) et puis s’en va... Cette année 2010 aura – comme toutes les autres finalement – un bruit singulier. Celui des pas des manifestants entre République et Nation, celui des balles qui sifflent en Côte d’Ivoire, celui de la neige qui tombe en « pagaille », celui des mots mal choisis d’Eric Besson et ceux exhibés de Julian Assange...
Entre temps et en quatre temps, certains, musiciens, laissent d’autres traces. Des belles empreintes sonores qui permettent de traverser ces 365 jours de vacarme.
Les voici (subjectivement) réunis, celles et ceux qui forment, produisent, jouent et chantent les plus savoureux moments de musique (pop, rock, folk ou electro) de cette année passée. Ils sont vingt (on a dit que c’était subjectif !) sélectionnés par Rue89... et ces vingt-là sont à consommer sans modération.
- Caribou, « Swim »
- LCD Soundsystem, « This is Happening »
- Arcade Fire, « The Suburbs »
- These New Puritans, « Hidden »
- The Two, « The Two »
- Warpaint, « The Fool »
- Trophy Wife, EP « Microlite »
- Sleigh Bells, « Treats »
- The Suuns, « Zeroes QC »
- Beach House, « Teen Dream »
- Ariel Pink’s Haunted Graffiti, « Before Today »
- Wild Nothing, « Gemini »
- Field Music, « Field Music »
- Cults, Ep « Cults 7 »
- BO « Tournée », The Sonics, « Have Love Will Travel »
- Tame Impala, « Innerspeaker »
- Foals, « Total Life Forever »
- Delano Orchestra, « Now that You are Free my Beloved Love »
- The Bewitched Hands, « Birds and Drums »
- Janelle Monae, « The ArchAndroid »
Caribou, « Swim »

Caribou, « Swim ».
Dixit Dan Snaith, Canadien sans cornes mais surnommé Caribou :
« Je voulais faire, avec “Swim”, un album de dance music qui sonne liquide. »
Et c’est merveilleusement réussi. Aqueuse et voluptueuse, la musique de Caribou ondule dans des nappes synthétiques et nous asperge de mélodies tordues et rafraichissantes. (Voir la vidéo de « Odessa »)
LCD Soundsystem, « This is Happening »

LCD Soundsystem, « This is Happening ».
Troisième opus (et sans doute le dernier) de l’incontestable héritier des « New Order » : James Murphy... LCD Soundsystem livre – encore une fois – un album très maîtrisé.
Tout y est, comme d’habitude. De la pop, du rock, un peu de new wave, de l’electro... Ce groupe opère une des fusions les plus réussies, les plus délicieuses (car on s’en délecte) de toutes ces influences.
Rappelons-nous les premières « Tribulations » et profitons encore de cette machine à danser. (Voir la vidéo de « Home »)
Arcade Fire, « The Suburbs »

Arcade Fire, « The Suburbs ».
On connaît la recette. Ils sont 714 musiciens sur scène (vous vous rappelez... subjectif !), il y a le violon de Régine Chassagne, la voix de Win Butler, les refrains grandiloquents, les symphonies pop et pastorales (notamment dans le précédent album « Neon Bible »), les concerts qui ressemblent à des messes... Mais comme cette recette reste savoureuse !
Pour « The Suburbs », peut-être grâce à un format légèrement plus rock et une approche plus « détendue » que sur leurs précédents albums, la bande de Canadiens semble prendre d’avantage de plaisir (la preuve : ils souriaient lors de leur concert à Rock en Seine 2010 !). Et le plaisir est absolument partagé... (Voir la vidéo de « We Used to Wait »)
These New Puritans, « Hidden »

These New Puritans, « Hidden ».
Incontestablement pop. Mais une pop saccadée, rugueuse, inquiétante, symphonique et qui ne tombe jamais dans une facilité – voire futilité – parfois agaçante et propre au genre... ce qui en fait une des plus intéressantes productions de l’année.
Ces (faux) puritains ont ouvert le bal de 2010 avec leur déclaration de guerre (le single « We Want War ») et la terminent grands vainqueurs (meilleur album de l’année selon NME). (Voir la vidéo de « We Want War »)
The Two, « The Two »

The Two, « The Two ».
The Two, un nom de groupe très banal. A croire que ces deux-là voulaient – à dessein – cacher sous cette banalité le fait que ce sont des « héritiers » aux patronymes (très) notoires... A savoir Ara Starck (fille de Philippe) et David Jarre (fils de Jean-Michel).
Un choix d’effacement ou de dissimulation judicieux car cela permet de s’intéresser à l’essentiel, leur musique, simple et mélodique, douce et confortable. Un « doudou » sonore en quelque sorte, qui n’a d’autres prétentions que de saupoudrer quelques notes sucrées sur un hiver rugueux. (Voir la vidéo de « I Want to be With you Again »)
Warpaint, « The Fool »

Warpaint, « The Fool ».
Direction « West Coast ». Warpaint est un quatuor à cordes – vocales et électriques – de demoiselles californiennes qui nous offre un subtil et délicat voyage en « Darkwave » et vers de multiples ailleurs.
La voix s’entremêle parfois autour d’une douceur acoustique, puis part ensuite en goguette vers des territoires rock et revient atterrir sur des riffs anguleux... Tout ça pour aboutir à un album dense, dans lequel les formats éclatent et les mariages (de genre) réussissent à joliment durer. (Voir la vidéo de « Undertow »)
Trophy Wife, EP « Microlite »

Trophy Wife, EP « Microlite ».
Sans aucun doute, un morceau très « guilty pleasure “. Soit une ballade electro-pop, une petite bulle sonore charmante venue de trois garçons d’Oxford.
Idéale pour un dimanche matin, cette ritournelle sera (peut-être) oubliée en quelques instants mais aura su idéalement trouver sa place entre des effluves de pain frais et quelques limpides rayons de soleil. Rien de plus. Mais c’est déjà bien. (Voir al vidéo de ‘Microlite’)
Sleigh Bells, ‘Treats’

Sleigh Bells, ‘Treats’.
Ça ‘tabasse’. Ça sature. Les New-Yorkais de ‘Sleigh Bells’ dévergondent, distordent et malmènent la pop avec une jouissance communicative, à grands coups de beats ravageurs et crades.
Les morceaux sont disloqués, volontairement salis pour donner, au final, une puissance sonique rarement égalée et un des ‘objets’ les plus (up-)percutant de cette année. Que leur a fait la pop pour que les Sleigh Bells la maltraitent ainsi ? On ne sait pas, mais ils lui rendent vraiment bien. (Voir la vidéo de ‘Ring Ring/Rill Rill’)
The Suuns, ‘Zeroes QC’

The Suuns, ‘Zeroes QC’.
Voici un beau secret canadien qu’il est bon de dévoiler... A la lisière du prog et Krautrock, les Suuns nous irradient d’une musique crépusculaire et sans boursouflures.
Qu’il soit tantôt lisse ou parfois rugueux, leur son est ample et leurs territoires d’expression sont résolument vastes. Le secret est donc bien trop difficile à garder dans une petite boite (à musique)... Alors, laissons-donc ces Suuns rayonner. (Voir la vidéo de ‘PVC’)
Beach House, ‘Teen Dream’

Beach House, ‘Teen Dream’.
‘Beach House’ est une belle demeure, posée sur des nappes de mélodies pop, balayée par des vents froids et secs. Des murs émanent une musique diaphane, cristalline. Sans doute le vent qui cogne et s’engouffre dans les interstices de cette maison.
C’est pourtant un refuge idéal pour l’hiver. Simple, envoutant et protecteur. Et dont les pièces – bien que gorgées de pénombre – sont habitées par des sons lumineux. (Voir la vidéo de ‘Zebra’)
Ariel Pink’s Haunted Graffiti, ‘Before Today’

Ariel Pink’s Haunted Graffiti, ‘Before Today’.
Habituellement adepte des productions excessivement lo-fi, psychédéliques, uber-expérimentales, le tout (salement) enregistré sur des K7 d’un autre siècle, Ariel Pink arrive cette fois-ci à sortir un album ‘propre’ et... bon.
Oscillant entre pop, psyché et post-punk, le disque reste formidablement ancré dans une ‘coolitude californienne’, réjouissante, simple, humble et gaie. (Voir la vidéo de ‘Round and Round’)
Wild Nothing, ‘Gemini’

C’est finalement assez redoutable, ces ritournelles dream-pop. Rien d’original dans cette reformulation des Cocteau Twins, mais tout s’emboite parfaitement.
Les mélodies sont langoureuses. Les refrains sont entêtants. Et cette évidente facilité (futilité ?) offre encore de quoi passer quelques minutes très agréables... (Voir la vidéo de ‘Chinatown’)
► Field Music, ‘Field Music’ - Cults, Ep ‘Cults 7’
Field Music, ‘Field Music’

Field Music, ‘Field Music’.
C’est ambitieux, intelligent, éclectique, long (20 titres), ultra-référencé, et pourtant, absolument pas prétentieux.
Le troisième opus de ce duo anglais (les frères Bewis) peut sembler presque vertigineux, tant il déborde de bonnes intentions créatives et d’influences significatives (de Stevie Wonder en passant par XTC, de Maximö Park à Peter Gabriel...), mais il se révèle avant tout comme un disque melting-pot assez éblouissant et une des plus intéressantes productions ‘indé’ de cette année. (Voir la vidéo de ‘Let’s Write a Book’)
Cults, Ep ‘Cults 7’

Un autre ‘guilty pleasure’ ? Oui, résolument, pour ces ballades retro-pop, matinée de souvenirs sixties. Avec en prime, sur le morceau ‘Go Outside’, un glockenspiel suranné accompagné d’un joyeux refrain enfantin et d’une ligne de basse paresseuse. Un groupe parfait pour les amoureux de Stereolab ou de Pizzicato Five. (Voir la vidéo de ‘Go OUtside’)
BO ‘Tournée , The Sonics, Have Love Will Travel’

Un énorme standard du rock sixties accompagne une des meilleures bandes-originales de l’année d’un des meilleurs films de l’année. Quoi de plus ? Rien. Ce serait trop. (Voir la vidéo de ‘Have Love Will Travel’)
(Voir la bande-annonce du film ‘Tournée’ de Mathieu Amalric)
Tame Impala, ‘Innerspeaker’

Tame Impala, ‘Innerspeaker’.
Pour une fois, ça ne vient ni de Brooklyn, ni de Londres, mais de Sidney ! Au-delà de ce détail géographique, Tame Impala s’était déjà fait singulièrement remarqué par la blogosphère en 2008 après leur premier EP, notamment grâce à des compositions aux antipodes (quoi de plus normal pour des Australiens...) des productions rock du moment, lorgnant sérieusement vers Can (ou Neu !).
Bien que plus lisse, moins grésillant, ce ‘Innerspeaker’ reste un disque aux multiples imprévus et le groupe – valeur sure et montante du psychédélisme – se démarque fort habilement des MGMT – l’autre ‘référence’ psyché du XXIe siècle – par son aspect moins ‘contrôlé’. (Voir la vidéo de ‘Solitude is Bliss’)
Foals, ‘Total Life Forever’

Foals, ‘Total Life Forever’.
Depuis 2008, Foals est une machine à danser. Infernale et inarretable. Une machine qui malaxe des lignes de basses grasses et efficaces, des refrains tapageurs, une voix haut perchée (celle de Yannis Philippakis) de l’afrobeat, et – c’est nouveau sur ‘Total Life Forever’ – des paroles pleines de désespoir.
Le groupe a réussi là ou beaucoup échouent : réussir un excellent deuxième album. Celui-ci est toujours aussi ‘dance’ mais bien plus dense, plus mélancolique et bien plus complexe que le précédent ‘Antidotes’. (Voir la vidéo de ‘Blue Blood’)
Delano Orchestra, ‘Now that You are Free my Beloved Love’

Du folk auvergnat... Annoncé comme ça, ce peut être casse-gueule... Mais dans le cas des ‘Delano Orchestra’, c’est plutôt délectable, réussi, avec une écriture maîtrisée et des mélodies suaves. Un disque qui coule de source, doucement, et qui permet de voyager, bien au-delà de Volvic et de ‘Cocoon (une des références folk made in France). (Ecouter Seawater’ et ‘Not an Ending’)
The Bewitched Hands, ‘Birds and Drums’

The Bewitched Hands, ‘Birds and Drums’.
Voici le (pressenti) renouveau de la French Touch... Après Air, Phoenix, Daft Punk, Cassius, les Rémois de Bewitched Hands prennent à leur tour le train des groupes français qui s’exportent. Ils sont de ceux qui ‘réussissent-en-Amérique’ et embarquent à leur tour, outre-Atlantique, leurs airs enjoués, leur pop chorale, leurs mélodies qui trottent dans la tête.
Efficace et très ‘Arcade Fire’esque’, c’est dans doute pour ces (bonnes) raisons qu’ils ont assuré la première partie du concert de LCD Soundsystem (en novembre au Zenith de Paris) et que leur potentiel de ‘hype’ se fait grandissant. (Voir la vidéo de ‘Sea’)
Janelle Monae, ‘The ArchAndroid’

Janelle Monae, ‘The ArchAndroid’.
Pour certains – à l’instar de Puff Daddy qui ‘l’a signée’ sur son label– cette jeune demoiselle au look zazou parfaitment travaillé, est simplement le futur du RNB... voire de la musique ‘black’ américaine puisqu’elle revisite avec un savoir-faire incontestable et très personnel le rap, le funk, la disco...
Il est vrai que ‘The Achandroid’ est, dans sa globalité, une réussite furieusement groove, à l’énergie renversante. ‘Tightrope’ en est un bon exemple : ce titre est une bombe funk qui fait exploser tous les dancefloors et nous éclabousse de souvenirs très ‘Motown’. (Voir la vidéo de ‘Tightrope’)
- 97091 visites
- 226 réactions














5








informaticien
informaticien
Groupe ayant activement soutenu Hadopi, donc à ne consommer qu’en version piratée...




Partager