Coup de cœur 28/12/2010 à 19h13

Le docu kitsch et initiatique d'un étudiant belge sur Rihanna

Nolwenn Le Blevennec | Journaliste Rue89

Rihanna est son artiste préférée, c’est tout. Rien d’hystérique chez Jonathan Lambinet. L’étudiant a réalisé un documentaire complètement autofinancé sur la chanteuse pop. Cela lui a pris deux ans. Mais il jure ne pas avoir été porté par un fanatisme délirant. Il y avait, selon lui, un vrai sujet : « Ce qui m’intéressait vraiment, c’était le contraste entre la star internationale et son île natale minuscule [La Barbade, ndlr]. »

A l’époque, ce jeune Belge a 23 ans. Il fait sa première année dans une école de communication à Bruxelles et sait que ses études vont passer vite. Avant d’être prisonnier de la vie active, il veut faire quelque chose d’important. En 2008, quand il tombe sur une photo de Robyn Rihanna Fenty (alors petite fille), l’idée de faire un documentaire sur l’artiste s’impose à lui.

Un doc super kitsch, mais il « ne le prend pas mal »

Il consacre six mois à ses recherches sur Internet. Pendant un an, il travaille aussi dans un fast-food, 12 heures par semaine, pour se payer le « ticket » du voyage (1 800 euros) et le matériel (2 000 euros). L’intégralité du documentaire se trouve ici. (Voir la bande-annonce)

Super kitsch ? « C’est vrai que quand je l’ai montré à mes amis et ma famille, dans une salle de cinéma, certains d’entre eux riaient à des passages qui ne sont pas censés être drôles. Je ne le prends pas mal », dit Jonathan Lambinet.

Il assume. Son docu lui ressemble, comique malgré lui et « très impliqué ».

Ses parents, son ancien directeur d’école... mais pas Rihanna

Consciencieux, aussi. En arrivant sur l’île, Jonathan a l’ensemble de son parcours déjà en tête, « comme dans un jeu vidéo ». « J’avais repéré tous les lieux, au préalable, sur Google Earth. »

A son scénario très réglé s’ajoutent des « surprises » et des séquences émotion :

« L’un des plus beaux moments a eu lieu quand le directeur de l’école de Rihanna m’a raconté que c’était lui qui lui avait donné la permission de rater les cours pour aller montrer une démo à New York. Nous étions très émus. C’était une vraie information. »

Jonathan évoque aussi le jour où il a découvert que le père de la chanteuse vendait toujours des objets dans la rue :

« Je l’ai observé plusieurs minutes. C’était incroyable. Sa vie n’a pas changé. Et la mère de Rihanna travaille toujours dans son magasin de vêtements. »

Un regret ? Oui, loin d’être anecdotique. Rihanna est arrivée en Barbade six jours après son départ (personne ne l’a prévenu) :

« Si j’avais su, je suis sûr que j’aurais pu la rencontrer. C’est le destin et ce n’est pas grave. »

Un an de montage et des interrogations déontologiques

Après deux semaines de tournage, retour en Belgique. Passe l’année 2009 sur le montage : « Cela m’a pris du temps de maîtriser le logiciel. » L’étudiant se pose alors beaucoup de questions déontologiques sur le respect de la vie privée :

« Je n’avais pas l’autorisation de Rihanna pour faire ce documentaire. Il a fallu faire des choix sur ce que je voulais montrer et ne pas montrer. »

Il a finalement décidé de faire un portrait « positif » :

« Parce que vous savez, tout n’est pas parfait. En Barbade, il y a de la jalousie parce que Rihanna s’est vue offrir une maison et une voiture par l’Etat. De nombreux habitants trouvent qu’elle fait honte à l’île, parce qu’elle est beaucoup trop sexuelle. »

Les positions langoureuses de la chanteuse ne lui plaisent pas non plus : « Je n’approuve pas le caractère sexuel qu’elle donne à ses performances, comme quand elle lèche les baguettes de batterie. » Il trouve sage qu’elle se soit finalement séparée de son violent petit-ami, Chris Brown.

Pas de profit sur le dos de Rihanna

Les vidéos sont en ligne sur YouTube depuis le mois d’août, et l’étudiant, aujourd’hui 25 ans, n’a pas fait grand chose pour les faire buzzer : « Le but n’est pas de faire de l’argent sur le dos de Rihanna. » Mais ces dernières semaines, changement de cap : il a contacté plusieurs sites d’information belges et français.

Ce qui l’a décidé ? Son mémoire de fin de cursus, qu’il doit rendre dans quelques jours, traite des moyens de faire buzzer une vidéo. Cela lui a peut-être donné des idées. (Voir la première partie du documentaire)

Jonathan Lambinet ne sait pas si la chanteuse a vu son documentaire. Il l’espère de tout cœur, mais pas au point d’aller lui suggérer de le regarder lors de son prochain passage à Bruxelles :

« Il faut payer 250 euros pour avoir l’occasion de la voir avant son concert. Je trouve que c’est trop cher. »

Le village de Marc Dutroux

Il n’a pas que ça à faire, Jonathan. Il a d’autres projets. En juin, il souhaite ouvrir une petite entreprise pour soutenir des projets audiovisuels (chanteurs qui font leur premier clip, mannequins en quête de books).

Ce documentaire sur Rihanna lui a donné confiance en lui. Jonathan Lambinet, comme elle, vient de loin. Pont-à-Celles. Un petit village wallon paumé, rempli de poules et de vaches, « où la télévision ne vient jamais ». Sauf quand l’affaire Marc Dutroux a éclaté. Un ancien voisin.

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  • 42 réactions
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  • speedygonzalez-
    • Posté à 20h06 le 28/12/2010
    • Internaute 83323
      juge

    C’est qui cette Rihanna ?

  • Ashrue89
    Ashrue89
    Technicien de surface
    • Posté à 22h55 le 28/12/2010
    • Internaute 118753
      Technicien de surface

    J’ai vu un bout, c’est super kitsh mais y’a de bonnes idées, au pire y’a du boulot dans l’institutionnel ils doivent adorer ça chez Danone, Peugeot ou EDF.
    Sinon y’a trop d’effets, trop de woosh et trop de bidules qui polluent l’écran.

    En tout cas, chapeau pour le boulot, faut quand même en vouloir pour bosser autant sur un projet. Que le sujet ne plaise pas ou n’inspire pas les gens je peux totalement le comprendre mais c’est quand même pas mal. Ça reste du boulot d’étudiant mais ça peut faire une bonne carte de visite.

  • inspecteur crouton
    inspecteur crouton
    troll de tram
    • Posté à 23h31 le 28/12/2010
    • Internaute 118828
      troll de tram

    Mmmh cet article est bien incomplet.

    On n y mentionne même pas la détestation que se portent Rihanna et Beyoncé, par exemple.

    Non vraiment, le sérieux de Rue89 a bien baissé.

  • jillqc
    jillqc
    le très Honorable
    • Posté à 04h48 le 29/12/2010
    • Internaute 126813
      le très Honorable

    Ce que je trouve intéressant dans toute l’histoire, c’est que le masse média étatsunien peuvent modifier une personne (ou du moins son image) pour donner un produit de consommation musicale si calibré. Je n’ai honnêtement pas vu le documentaire et ne connais pas en profondeur Rihanna, mais il me semble que la vision d’artiste que Rihanna avait au début pour sa carrière devait être différente d’aujourd’hui. Ça peut devenir estomaquant à quel point on change les personnes de nos jours...

  • chapolin
    chapolin
    scoresdownload.com
    • Posté à 14h38 le 01/01/2011
    • Internaute 41320
      scoresdownload.com

    C’est vraiment cool cette conception des choses ! Toutes mes fellicitations pour ce documentaire. Marc si un de ces quatres tu as besoin de musique pour tes futures réalisations je suis ok !

    Un premier album co-ecrit à l’age de 17 ans et qui se vend à 2 million d’exemplaires ... Rihanna est géniale, elle a un sens du rythme étonnant pour son age et elle travaille avec des musiciens, arrangeurs etc qui sont du plus haut niveau ... faire ce qu’elle fait à moins de 25 ans c’est respectable. Dans le documentaire c’est dit à un moment, elle travaille 12 à 13 heures par jours pour enregistrer. Donc çà groove. Je lui souhaite une longue carriere et de continuer d’évoluer.