Droit de suite 21/12/2010 à 17h21

WikiLeaks : Besson répond à Lagarde (enfin, presque)

François Krug | Journaliste Rue89

Pour Eric Besson, WikiLeaks est un site dangereux, voire criminel. Pour Christine Lagarde, c’est un site défendant la liberté d’expression. Qui croire : le ministre de l’Industrie et de l’Economie numérique ou sa ministre de tutelle ? Rue89 est allé poser la question à Eric Besson.

Jeudi, au « Grand Journal » de Canal +, Christine Lagarde a saboté les efforts anti-WikiLeaks d’Eric Besson. L’air de rien, simplement en hésitant sur le choix de l’homme de l’année : Mark Zuckerberg de Facebook ou Julian Assange de WikiLeaks ?

« Ce sont des personnages vraiment intéressants, l’un et l’autre déterminés à soutenir la liberté d’expression, qui me paraît une des libertés fondamentales [...].

Je ne suis pas en train de me féliciter de tout ce qu’il a fait, mais je crois qu’au cœur de l’action, c’est la liberté d’expression, avec ses succédanés, ses inconvénients. »

Etrange : le voisin de Christine Lagarde à Bercy, Eric Besson, avait commandé le 3 décembre un rapport pour savoir s’il était possible d’interdire l’hébergement de WikiLeaks en France. Interrogée, sa ministre de tutelle a d’abord fait semblant de ne pas entendre la question, avant de répondre par une moue silencieuse. (Voir la vidéo, à partir de la 24e minute.)

Ce mardi, Eric Besson était justement en visite au siège parisien du site de commerce en ligne PriceMinister. Il était venu y présenter sa politique pour le numérique, et n’avait visiblement aucune envie d’évoquer WikiLeaks. Sauf pour préciser que le dossier relevait désormais de Matignon :

« [Le rapport] est entre les mains du Premier ministre, car il y a eu une concertation interministérielle, avec l’Intérieur, la Justice, la Défense, les Affaires étrangères, j’espère ne pas en oublier... Ce sera aux services du Premier ministre de prendre une décision. »

En commandant le rapport, Eric Besson avait évoqué des sites « qualifiés de criminels et rejetés par d’autres Etats en raison des atteintes qu’ils portent à leurs droits fondamentaux ». Loin, donc, du jugement émis par Christine Lagarde.

Le silence gêné de Lagarde versus celui de Besson

Eric Besson serait-il en désaccord avec sa ministre de tutelle, ou pense-t-il lui aussi, désormais, que WikiLeaks se bat pour la liberté d’expression ? Rue89 lui a posé la question.

Et, oui, lorsqu’on demande à Eric Besson ce qu’il pense des propos de Christine Lagarde, il a la même réponse que Christine Lagarde lorsqu’on lui demande ce qu’elle pense des propos d’Eric Besson : un silence gêné. Pas sûr, cependant, que ces silences aient la même signification : à vous de juger. (Voir la vidéo)

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  • Soye
    Soye
    Grouillot
    • Posté à 18h17 le 21/12/2010
    • Internaute 6826
      Grouillot

    A propos de la tentative d’interdiction de l’hébergement de WikiLeaks en France et de l’action pertinente ( !) menée par Besson, il y a un article très intéressant sur le blog de Maître Eolas : Lien

  • Fenrir
    Fenrir
    Ingénieur en informatique
    • Posté à 18h25 le 21/12/2010
    • Internaute 54922
      Ingénieur en informatique

    J’ai beau y réfléchir, j’ai beaucoup de mal à voir par quelles actions Mark Zuckerberg ou Facebook défendent activement la liberté d’expression.

    Dans le cas de Julian Assange, et donc Wikileaks, c’est un préalable à leur activité alors pourquoi pas...