Voilà les livres que Rue89 vous conseille d'offrir à Noël
Si vous reteniez trois livres parmi ceux qui ont séjourné sur votre table de nuit cette année, lesquels choisiriez-vous ?
Sur la page « idées cadeaux » du site de la Fnac, les trois titres en tête des meilleures ventes 2010 sont :
- « La Méthode Dukan illustrée », du médecin qui vend son régime comme des petits pains
- « Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi », de Katerine Pancol
- « Métronome ou l’histoire de France au rythme du métro parisien », par le comédien Lorant Deutsch
Je n’ai lu aucun des trois. En revanche, j’ai déjà offert quatre exemplaires du « Chagrin » de Lionel Duroy depuis que j’ai achevé à Berlin en août le pavé qu’a écrit l’ancien journaliste de Libération.
Il m’était encore inconnu lorsque j’ai découvert sur Bibliobs cette vidéo dans laquelle l’auteur revenait sur son histoire et me cueillait, moi, en un endroit très précis de mes émotions, dans la France de la petite xénophobie ordinaire. Je précise que, peu après, j’ai réalisé que l’auteur était en fait le mari de Blandine Grosjean, qui a rejoint Rue89 mi-septembre. (Voir la vidéo)
► Le Chagrin de Lionel Duroy - éd. Julliard - 548p. - 21€.
Un autre livre qui m’a transportée cette année est « Journal de deuil » de Roland Barthes. Forcément, vous allez me trouver plombante, pourtant, je n’ai trouvé ni triste, ni terrassant ce recueil publié début 2009 sans qu’on sache si l’écrivain, tué dans un accident en 1980, l’aurait souhaité.
En décortiquant le manque, sensible et parfois tangible, de celle qu’il dit avoir soignée « comme [sa] fille » la vieillesse venant, Barthes apaise. Il donne du sens.
Par bribes de quelques lignes, parfois pas plus de deux ou trois, Barthes retrace ce deuil. Henriette B., qui a élevé son fils sans son père décédé un an après sa naissance, est morte en 1977. Elle avait 84 ans, lui 65 ans. Une semaine après, il écrit ceci :
« 31 octobre
Lundi 15 h - Rentré seul pour la première fois dans l’appartement. Comment est-ce que je vais pouvoir vivre là tout seul. Et simultanément évidence qu’il n’y a aucun lieu de rechange. »
► Journal de deuil de Roland Barthes - éd. du Seuil - 268p. - 18,90€
A Noël, j’offrirai aussi « Lulu femme nue », dernière BD (en deux tomes) d’un auteur que j’aime depuis longtemps, Etienne Davodeau. Le climat aux couleurs délavées, la sensibilité donnent envie de relire, du même Davodeau, « Chute à vélo » et même « Rural », engendré de retour d’un séjour sur une exploitation agricole.
► Lulu femme nue d’Etienne Davodeau - éd. Futuropolis - deux tomes de 77p. - 16€.
J’ai demandé à l’équipe de Rue89 et quelques amis, blogueurs ou convoyeurs de contenu, de vous suggérer leurs coups de cœur. Voici leurs réponses.

Alexandre Brachet

Alexandre Brachet
Les choix de Alexandre Brachet,
webproducteur chez Upian, partenaire de Rue89
► L’Intranquille de Gérard Garouste et Judith Perrignon
Une nuit, insomnie. Et donc lecture. Et donc découverte. Ce livre est magnifique et je vous le recommande. On y découvre le récit d’une vie d’homme moderne. Une vie d’artiste de renommée internationale mais aussi une vie simple d’un type soutenu par sa famille. Une vie difficile sur un plan psychologique, et pourtant... une vie qui touche comme si c’était la nôtre.
J’ai noté cette citation :
« Il y a deux sortes d’individus dans la vie, les Classiques et les Indiens. Le Classique est un homme pétri par la norme, il n’inventera jamais rien, ne fera qu’obéir et suivre lemouvement en rêvant d’ascension sociale. C’est mon père.
L’Indien est un intuitif, un insoumis, un créatif. C’est Casso le bonheur loin des apparences. Mais l’extrême Indien court vers la folie. Je le sais pour avoir croisé quelques Apaches dans les hôpitaux psychiatriques. Ma voie était quelque part entre ces deux hommes, ces pôles contraires de mon enfance. Vaste espace où j’avançais, égaré. »
► Transmetropolitan de Warren Ellis
C’est mon livre de chevet. Une BD (type Comics) du génial scénariste Warren Ellis qui raconte l’histoire d’un gonzo reporter fou de talent et obnubilé par la liberté d’expression (Spider Jerusalem).
Le livre est écrit en 1992 et s’impose aujourd’hui comme un chef d’œuvre d’anticipation sur le devenir de la presse. Et si vous avez suivi Wikileaks, il ne vous aura pas échappé que parfois la fiction rencontre le réel. Mais en vrai. Rien que d’en parler, ça me donne envie de chialer. Suivez Ellis sur Twitter ou sur son blog.
► La Carte et le territoire de Michel Houellebecq
Sans commentaires. Ah si : je ne parle pas aux anti-Houellebecq.

Laure Heinich-Luijer

Laure Heinich-Luijer
Les choix de Laure Heinich-Luijer,
avocate-blogueuse sur Rue89
► Puis-je vous appeler Sigmund ? de Caroline Eliacheff
Il s’agit d’un recueil des chroniques que Caroline Eliacheff présente sur France culture. Les thèmes sont divers : actualité, politique, société ou culture. Facile à lire, on peut piocher au hasard une chronique ici ou là, mais le plus souvent, quand on commence, on ne s’arrête pas. Fin, intelligent et hilarant à la fois. On en sort plus heureux qu’avant.
► J’ai mis le feu a la prison de Laurent Jacqua
Laurent Jacqua retrace ses 25 ans de prison. On vit avec lui les moments où il tue, il braque et tous ceux où il meurt un peu. On vit aussi sa naissance a l’écriture, et sa renaissance à la vie. Il nous fait peur et nous émeut, c’est l’ouvrage d’un être humain dans sa complexité. Laurent Jacqua donne des raisons d’espérer. Les prisons font rarement des poètes. Elles font des exceptions.

Jean-Pïerre Thibaudat

Jean-Pïerre Thibaudat
Les choix de Jean-Pierre Thibaudat,
qui tient le blog Théâtre et balagan sur Rue89
► Tomates de Nathalie Quintane
Il est question de la culture des tomates, de Jean-Marc Rouillan, de Tarnac, des sans papiers , du style insurrectionnel et, de fait ; ce livre inclassable (ni roman, ni récit, ni traité) parle de l’insurrection avec style non dénué d’humour. Jubilatoire.
► Voyage en Laponie de Jean-François Regnard
Depuis des années, je cherchais ce texte introuvable même sur les sites Internet spécialisés. Le voici réédité dans une édition qui reprend le texte conforme à l’édition de 1876. Un récit de voyage souvent cocasse avec un délicieux usage du passé simple. Très bien préfacé et commenté par Philippe Geslin.
► Marilyn Monroe, Fragments par elle-même
Des textes inédits (poèmes, écrits intimes, lettres) écrits en 1943 et 1962. Le monde intérieur d’une actrice devenue mythe. Bouleversant. Je donnerais tout le théâtre d’Arthur Miller pour une poignée de ces poèmes signés Marilyn. Suber travail éditorial signé Stanley Buchthal et Bernard Comment. Préface d’Antonio Tabucchi

Elven Canciani

Elven Canciani
Les choix d’Elven Canciani,
technicien informatique à Rue89
► Le Miroir dans le miroir de Michael Ende
Même s’il faut s’accrocher pour le trouver), recueil de nouvelles un peu surréalistes par le même auteur qu’un ouvrage plus connu, « L’Histoire sans fin ». J’aimerais avoir lu plus de livres comme ça.
► Dune de Frank Herbert
Sans commentaire.
► The City of Ember de Jeanne DuPrau
Bien que classé « littérature jeunesse », ce livre a un certain réalisme qui l’en éloigne tout de même.

Colette Roos

Colette Roos
Les choix de Colette Roos,
qui tient le blog Les dessous de l’assiette sur Rue89
► L’Homme sans qualités de Robert Musil
Cette année, j’ai beaucoup aimé « L’Homme sans qualités », qui n’est pas exactement une nouveauté, mais un grand œuvre à commencer en vacances, loin de l’agitation et des comptes Twitter. C’est acide, moderne, drôle comme « La Montagne magique ».
► La Fausse Maîtresse d’Honoré de Balzac
Rayon vieilleries, j’ai aussi lu ce court texte merveilleusement ciselé et satire sociale n’ayant pas pris une ride.
► Savoir vivre ou mourir de Catherine Meurisse
Une BD, pardon un roman graphique comme on dit maintenant, racontant l’expérience de l’auteur, dessinatrice de Charlie Hebdo partie suivre un stage de bonnes manières chez Nadine de Rothschild.
Les choix de David Servenay
journaliste à Rue89
► La Trace de l’ange, la vie de Marco Siffredi d’Antoine Chandelier
Suivre la trace fulgurante d’un surfeur de l’extrême (il est mort sur l’Everest à 23 ans) peut être un grand moment de poésie alpine. Où j’ai découvert que les jeunes éberlués en planche pouvaient aussi être de grands montagnards.
Le texte est toujours magnifiquement édité par la rouge maison Guérin de Chamonix et les photos, même en poche, livrent les clés d’une personnalité hors norme.
► Les Sept portes du monde de Roger Faligot
Dans la rubrique spécial copinage, car l’auteur est à la fois breton, enquêteur et narrateur-né, ce docu-roman relate l’histoire du premier homme à effectuer un tour du monde par les continents.
C’était en 1593, où un certain Pierre Malherbe, 23 ans, prit le large pour le Mexique avant de traverser la terre entière. La suite est une épopée qui finit par une confidence à Henri IV. Pour les aventuriers et les Bretons.

Huvert Artus

Huvert Artus
Les choix d’Hubert Artus,
qui tient le Cabinet de lecture sur Rue89
► Knockemstiff de Donald Ray Pollock
« Un soir d’août au Torch Drive-in quand j’avais sept ans mon père m’a montré comment faire mal à quelqu’un » : ainsi débute la première nouvelle de ce recueil. Qui en compte dix-huit, et raconte la vie de tout une bourgade (réelle) du sud de l’Ohio. Pour les fans de Chuck Palahniuk et Harrry Crews.
► The Blonde de Duane Swierczynski
A l’aéroport de Philadelphie, Jack boit un verre au bar. Et sa voisine, une belle blonde, lui dit qu’elle vient de mettre du poison dans son verre. Vrai ? Faux ? Pas le temps de demander, des symptômes inquiétants arrivent, annonçant aussi un agent d’une branche officieuse des services de sécurité américains, lancé à leur poursuite. Festival de répliques et de rebondissements : un pur joyau de série B, par un co-scénariste des « Experts ».
► Urkas ! , Itinéraire d’un parfait bandit sibérien de Nicolaï Lilin
Paru en France à la rentrée, ce livre va être adapté au cinéma. Un brûlot apolitique contre le Russie poutinienne, et surtout une ode aux Urkas, une communauté qui a toujours été pourchassée pare les soviétiques, et a su s’organiser en microsociété mafieuse. Une communauté dont est issu Nicolaï Lilin, son auteur.
Les choix de Pierre Haski
fondateur et président de Rue89
► L’Eté de la vie de J.M. Coetzee
C’est un roman d’autodérision de la part du prix Nobel de littérature sud-africain. Coetzee est le héros de son propre livre. Mais un héros mort, sur lequel un jeune chercheur britannique qui ne l’a pas connu enquête en allant voir cinq personnes qui ont compté dans sa vie, quatre femmes et un homme.
A chaque rencontre, le Coetzee du roman en ressort écorné, un délice subtil quand c’est le vrai Coetzee qui écrit sa propre mise à nu cruelle. J’ai lu tous les Coetzee : celui-ci est un délice.
► Les Patientes de Sylvia Tabet
Pour être franc, j’ai commencé à lire les premières pages de ce livre parce que je connaissais l’auteur, une amie dont je savais qu’elle avait été atteinte d’un cancer du sein.
C’est cette maladie, son traitement et son salut qu’elle raconte dans ce récit romancé, qui fait rentrer dans l’univers des « patientes », avec d’incroyables pages sur la salle d’attente de l’Institut Curie à Paris, et des remarques légères ou moins légères sur la vie, l’amour, la mort. J’ai lu les premières pages par amitié, et je suis resté scotché jusqu’à la dernière, par passion.
► Mme Chiang Kai-shek, Un siècle d’histoire de la Chine de Philippe Pacquet
C’est une biographie, mais c’est aussi la passionnante histoire d’un siècle d’histoire chinoise et du monde. Mme Chiang Kai-shek est d’abord l’une des trois soeurs Soong, nées en Chine, éduquées aux Etats-Unis, et qui connurent toutes trois des destins exceptionnels.
Mme Chiang épousa le maréchalissime Chiang Kai-shek, rival de Mao et dictateur de Taiwan. Mais, comme le dit l’auteur, le journaliste belge Philippe Pacquet, cette femme morte recluse aux Etats-Unis à plus de cent ans, est beaucoup plus intéressante que son mari. Sa vie se lit comme un roman.

Sophie Verney-Caillat

Sophie Verney-Caillat
Les choix de Sophie Verney-Caillat,
journaliste à Rue89
► Nagasaki de Eric Faye
Rien à voir avec la bombe atomique, a priori. Nous sommes dans le quotidien d’un employé modèle, célibataire, la cinquantaine, gris. Un petit bout de femme s’incruste sans qu’il le sache dans son intérieur. Et nous fait basculer dans le fantastique. Le gris se teinte de pleins de couleurs, comme le champignon nucléaire.
► La Moustache d’Emmanuel Carrère
Quand on a tout lu d’un écrivain, on retombe par hasard sur ses premiers livres. Celui-ci, paru en 1986, et adapté au cinéma (avec Vincent Lindon) en 2003, part d’un pitch tout bête : un homme se rase la moustache qu’il portait depuis des années. Sauf que, personne n’avait jamais vu sa moustache... est-il devenu fou ou victime d’un complot ?
► Lignes de faille de Nancy Huston
De Sol, gamin californien pourri gâté, à son arrière-grand-mère, enfant de la guerre, quatre générations, et toujours le regard de l’enfance sur son époque. Comment les névroses laissées par l’Histoire s’incorporent dans l’histoire des individus.

Nathalie Krafft

Nathalie Krafft
Le choix de Nathalie Krafft,
qui tient le blog Drôles de gammes sur Rue89
► Life de Keith Richards
Une sacrée bonne surprise : l’autobiographie du guitariste, compositeur, chanteur et co-fondateur des Rolling Stones n’est pas un « produit », comme il en paraît tant signé par des pseudo-stars, c’est un « vrai livre ».
Un ouvrage bien agencé, et, surtout, écrit dans un style rapide, virtuose, à mi-chemin entre Nick Tosches, James Ellroy ou Bret Easton Ellis, un style qui semble se souvenir de toutes les substances illicites dont ce toxicomane invétéré s’est imbibé.
Dès la première phrase du premier chapitre, on part avec Keith dans un road movie qui finit par son arrestation, dans un coin perdu des Etats-Unis de Richard Nixon… Quant aux fans de Mick Jagger, ils vont en apprendre de belles. Joyeux Noël !
Le choix de Yann Guégan,
webmaster et community manager de Rue89
► Poker Harrington de Dan Harrington
OK, un manuel de poker au milieu de cette sélection plutôt chic, ça jure un peu. Mais ces trois tomes vous rendront bien des services si vous participez régulièrement à des tournois de la variante la plus répandue de ce jeu en plein boom, le Texas Hold’em no limit.
Très progressifs, l’ensemble est plutôt bien écrit et n’abuse pas des tableaux de statistiques, ma hantise. Dan Harrington, un briscard encore dans le circuit pro, se concentre d’abord sur le jeu de début de compétition, puis décrit précisément ces moments de vérité, quand il reste peu de joueurs en course et que la partie peut basculer à chaque main.
L’adage dit que si vous êtes à une table de poker depuis une heure et que vous n’avez pas encore trouvé qui était le pigeon, c’est qu’il y a de bonnes chances que ce soit vous. Surtout si vous n’avez pas encore lu « Harrington ». A bon entendeur.
Les choix de Pascal Riché,
rédacteur en chef de Rue89
► Une histoire politique du pantalon de Christine Bard
Incroyable tout ce que l’on peut dire de notre société, de notre culture, de notre histoire, à travers un simple morceau de tissu à deux branches ! Christine Bard, historienne, est une spécialiste du genre puisqu’elle nous avait déjà initiés l’an dernier à l’histoire de la jupe (« Ce que soulève la jupe », éd. Autrement, 2010).
Le pantalon, lui, est un truc assez récent (il a détrôné la culotte à la Révolution) et il porte des symboles dès ses origines : république, émancipation, liberté, rupture, virilité...
Les femmes mettront du temps à le conquérir vraiment. Il faudra attendre la fin des années 60 pour que le port du futal (de l’arabe futa, « ample culotte de femme ») par une femme perde sa charge subversive (en 1954, un juge refuse encore le témoignage d’une femme en pantalon !).
Le combat des femmes, aujourd’hui, serait plutôt de pouvoir porter librement la jupe... Mais cette bataille-là n’est pas très différente de celle du pantalon : dans les deux cas, ce sont des hommes qui refusent aux femmes leur liberté sexuelle ou celle d’exister dans la sphère publique.
► Les Grandes Représentations du monde et de l’économie de René Passet
Pour ceux d’entre vous qui aiment à la fois l’économie, l’histoire la philosophie, et la politique, un livre « énorme » dans tous les sens du terme, dont j’ai déjà parlé sur Rue89.
► Quai d’Orsay, chroniques diplomatiques de Abel Lanzac et Christophe Blain
La meilleure BD de l’année ! Elle raconte l’histoire, autobiographique (Lanzac est un pseudonyme facile à percer), d’un jeune normalien recruté comme conseiller par un ministre des affaires étrangères Alexandre Taillard de Worms, directement inspiré de Dominique de Villepin.
L’ambiance du Quai, les rivalités internes au cabinet, les grandeurs et petitesses de l’action gouvernementale sont ici retracées avec drôlerie et réalisme. La vie quotidienne du pouvoir... J’attends le tome 2 avec impatience (et aussi que Julien Martin me rende le tome 1).

Blandine Grosjean

Blandine Grosjean
Le choix de Blandine Grosjean
rédactrice en chef adjointe de Rue89
► La vie est brève et le désir sans fin de Patrick Lapeyre
C’est un livre d’hommes à femme (et vice et versa). C’est pour cette raison que je l’ai apporté à Bruno, entre deux chimios.
Il trouvait que l’écrivain avait touché le désarroi amoureux des hommes.
La force du livre, aussi, m-a-t-il expliqué deux jours avant sa mort, « c’est que l’écrivain ne juge ni les femmes, ni les hommes ballottés par la passion. Il les accompagne ».
Je n’ai pas réussi à m’approprier d’autres romans depuis octobre. Je reste amarrée à l’amoureuse borderline, à ses deux amants sans prise sur elle. Les rues de l’Est parisien. L’ami pédé injuste et généreux.
Même quand il fait beau et chaud, la vie est grise, un peu sans joie. Tout le monde sait qu’il court à sa perte, mais il court bravement.
Les héros de Lapeyre se savent touchés par une sorte de maladie, et ils ne se plaignent pas. Ils sont tristes de s’aimer. Mais ils aiment.
Le choix d’Hugues Serraf,
blogueur vaticinateur sur Rue89
► L’Anti-Manuel du cycliste urbain d’Hugues Serraf
Avant tout, il y a évidemment cet ouvrage majeur dont on pressent qu’il aura un impact fondamental sur les choix d’infrastructures de mobilité dans le Grand Paris.

Louis Mesplé

Louis Mesplé
Les choix de Louis Mesplé,
qui tient un blog sur la photo
► Plossu cinéma de Bernard Plossu
Enfin les photographies de Bernard Plossu sur le cinéma, du cinéma, rassemblées, reconnues, finement commentées. Et cela va au-delà puisque toute l’œuvre de Plossu est au point de recherche d’accords et de désaccords indicibles de la photo et du cinéma.
Il y a des images du réel cinématographique et des évocations de celles-ci (de celui-ci) faites au coin de la rue.
Alain Bergala : « [...] Ce que Plossu a réussi dans ses photos : de l’imaginaire cinéma sans scénario ni personnages, juste des des bouffées fictionnelles sans fictions. »
► Être, à l’Ouest de Mat Jacob
Ouvrage étonnant par un fondateur de Tendance Floue. Aux lisières des craquements du monde, les négatifs couleurs se bousculent, les rencontres individuelles et collectives, dans les lieux d’éducation (écoles) ou de résistance (Chiapas) se confondent et mettent en question le temps que le flash n’arrête plus.
► Presque île de Cyrille Weiner
Un vrai livre pour l’hiver. Autour de la Villa Noailles, la Méditerranée, qui n’avait pas été aussi lumineuse en photo depuis longtemps. A l’antique. L’ambiance du Paradis perdu retrouvé.
► Mis à jour le 20/12/2010 à 16h20. Ajout de la sélection de Louis Mesplé.
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Un risque supplémentaire que peu de riverains aient envie de le lire ! ! ! ! IoI




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