Vie de bureau 15/12/2010 à 18h45

Un patron a-t-il le droit d'imposer une tenue à ses salariés ?

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89


Edicter à ses salariés un code vestimentaire comme l’a fait la banque UBS, voilà qui ne choque pas tant que ça les riverains de Rue89... à condition que les contraintes du métier l’exigent. Jusqu’où peut aller le patron sans empiéter sur la vie privée ?

Tous nos lecteurs n’ont pas été choqués par le dresscode détaillé imposé par UBS à ses banquiers, loin de là :

Emmanuel M : « Ma première réaction a été allergique. Mais finalement pourquoi pas. Le manuel met par écrit ce que sont les règles de l’élégance lorsque l’on travaille avec une clientèle haut de gamme. »

Gabriel12 : « Que la banque travaille son image c’est normal, ça passe aussi par l’allure des employés. [...] Personne ne vous oblige à bosser dans cette banque ! »

Personne ne conteste la blouse blanche de l’infirmière, le tailleur de l’hôtesse de l’air ou la blouse de l’équipier de chez McDo. On est alors dans le cas de l’uniforme, qu’un employeur peut imposer aux salariés en contact avec la clientèle. Mais le cas UBS est différent car il ne s’agit pas d’un uniforme fourni par le groupe : à part le foulard rouge, le reste doit être pris dans la garde-robe privée de l’employé.

Le droit au respect de la vie privée prime en France

En France, un employeur a-t-il le droit de s’inviter jusque dans les sous-vêtements, la coiffure, les bijoux, le parfum de ses salariés ? L’article L1121-1 du code du travail précise que :

« Nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché. »

Les restrictions d’UBS sont-elles en rapport avec la tâche de ses salariés en contact avec la clientèle privée ? Delphine Zoughebi, avocate en droit social, explique qu’il faut « proportionner ses exigences aux attentes légitimes vis-à-vis du salarié ». Concrètement :

« Une tenue vestimentaire sale ou trop négligée peut être incompatible avec les fonctions du salarié. Mais le droit au respect de la vie privée prime en France. Nous sommes très attachés aux libertés individuelles, un peu plus que les Suisses visiblement. »

Le fait d’inscrire, dans le contrat de travail ou le règlement intérieur, jusqu’à la longueur de la jupe, l’obligation de porter une ceinture si l’on a des passants, le nombre et le type de bijoux, la couleur des collants... L’avocate y voit une atteinte à la vie privée.

Oui mais à l’inverse, jusqu’où peut aller la fantaisie de l’employé ? Si un salarié en contact avec une clientèle haut de gamme portait un piercing au nez ou arborait de longs ongles aux motifs extravagants, que pourrait faire son employeur ?

Il serait autorisé à lui faire des remarques, mais si elles devenaient trop insistantes, cela pourrait virer au harcèlement. Dans tous les cas, précise l’avocate, « l’échelle des réponses avant licenciement doit être proportionnée ».

Dans la célèbre « affaire du bermuda », la Cour de cassation a finalement reconnu légitime le licenciement du salarié de la Sagem qui avait dépassé le droit d’expression reconnu aux salariés dans l’entreprise. La justice a estimé que le bermuda « était incompatible avec ses fonctions et ses conditions de travail, qui pouvaient le mettre en contact avec la clientèle. »

► Et vous ? Racontez-nous vos expériences de conflit avec votre employeur sur ce point particulier.

Photo : des chaussures à talon (Valeyoshino/Flickr).

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  • gaetan09
    gaetan09
    Chef de proet
    • Posté à 20h28 le 15/12/2010
    • Internaute 137080
      Chef de proet

    On n’a jamais deux fois l’occasion de faire une bonne premiere impression... Dans le cas de metiers où les contacts sont fréquents, le « dress code » a, qu’on le veuille ou non, un impact. Je me souviens, au début de ma carriere, mon manager etait plutot habillé cool, moi un peu plus classique. Une fois sur deux, les clients me prennaient pour le manager , et un peu confus de leur meprise.... La communication passe par l’image, et trop souvent prend le dessus sur le fond, c’est comme ca. Qu’ UBS se permette de mettre noir sur blanc le dress code, cela peut choquer, mais un salarié porte son image et celle de son entreprise.... et ca peut eviter certaines faute de gout ....

  • A déménagé le 16-01-2012 3
    • Posté à 22h11 le 15/12/2010
    • Internaute 110430
      nc

    J’ai raté un entretien d’embauche à cause d’un piercing au visage (comme serveuse) mon chéri à cause de ses dreadlocks aussi. C’est normal quelque part mais ce qui est anormal : si ça pose problème je suis prête à enlever mon piercing, mon chéri prêt à se couper les cheveux sans aucun souci mais non c’est trop tard, dommage, non ?

  • assistentedivolo
    • Posté à 22h46 le 15/12/2010
    • Internaute 133745

    Perso je suis hôte d’accueil et je peux vous dire que mes collègues et moi somme obligé(e)s de porter le genre de tenues décrite dans le manuel de UBS. Etant un homme pour moi c’est costume sombre, chemise blanche (avec en dessous un t-shirt sans manche blanc), sous vêtements de couleur adéquate, cravate noire et je trouve cela parfaitement normal. De part notre métier où nous somme en contact constant avec les personnes que nous accueillons, nous nous devons d’avoir une présentation élégante et irréprochable !

    Seul bémol à ce tableau, nos tenues sont entièrement à notre charge ...

  • margauxA
    margauxA
    Graphiste
    • Posté à 23h23 le 15/12/2010
    • Internaute 91052
      Graphiste

    La cravate est souvent imposé à tord !
    porter une cravate ne rîme pas forçement avec élégance,
    surtout quand certains s’obstine à en porter des vertes à motifs violets...