A débattre 15/12/2010 à 11h10

Entre les salaires des petits et grands patrons, 569 smic d'écart

David Servenay | Ex-Rue89


Les petits patrons français vont-ils un jour se révolter ? Au vu des classements de fin d’année sur la rémunération des PDG, ils auraient de quoi. Entre les stars du CAC 40 qui émargent à plus de 200 fois le smic, et les gagne-petit des PME, le fossé est immense, comme le constate la CGPME et le cabinet Proxinvest, qui appuient leurs évaluations sur les chiffres 2008 de l’Insee, les documents boursiers du CAC 40 et du SBF 120, premières capitalisations boursières françaises.

Ainsi :

  • Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, gagne 9 240 809 euros annuels, soit 572 smic par mois (à 1 344 euros brut par mois) ;

  • Nordine Hachémi, PDG de Séchilienne-Sidec, gagne 4 322 210 euros annuels, soit 267 smic par mois ;

  • Robert Dupont, PDG d’une PME de moins de vingt salariés, gagne 48 000 euros annuels soit trois smic par mois.

La France en retard sur les questions de gouvernance

Depuis la financiarisation de l’économie au tournant des années 2000, les grands patrons français vivent sur un (très) grand pied. Juste derrière les Américains, mais loin devant tous leurs voisins européens. Le cabinet Proxinvest, peu suspect de CGTite aiguë, dresse le constat que les grands patrons n’ont pas tiré en 2009 :

« Etrangement, la France, qui était il y a quelques années encore en avance sur les questions de gouvernance, est restée à l’écart du débat concernant le vote annuel des actionnaires sur la politique de rémunération, vote aussi appelé “Say on Pay”, généralisé au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Suisse, adopté en 2009 en Allemagne et enfin en 2010 en Belgique et aux Etats-Unis. [...] »

Bien sûr, en présentant le bilan 2010 de l’application du code Afep-Medef, Maurice Lévy et Laurence Parisot se sont félicités des progrès accomplis. Il est vrai que la rémunération globale des patrons du CAC 40 a plutôt baissé ces trois dernières années. A cause de l’effondrement du cours des actions, la « part actionnariale » de cette rémunération a chuté de 46%. La « part salariale », elle, a grimpé l’an dernier de 5%.

La pente est aussi forte que rapide

Jusqu’à 50 salariés, les entreprises semblent gérer « normalement » les écarts de salaires. Que Robert Dupont gagne trois fois le smic, donc à peu près deux fois le salaire moyen de ses employés, paraît justifié au regard des responsabilités exercées.

Ainsi, en 2008, le salaire moyen des dirigeants d’entreprise atteint 61 300 euros, soit 5 108 euros mensuels. Mais c’est une moyenne. En réalité, la pente est aussi forte que rapide :

  • de 20 à 49 salariés, le salaire du patron s’élève à 6 733 euros ;
  • après 50 salariés, cela monte à 10 942 euros ;
  • au-delà de 250 salariés, on arrive à une moyenne de 17 475 euros mensuels.

Et ainsi de suite... jusqu’au sommet du CAC 40. Où l’opacité règne encore dans le flou entretenu par les conseils d’administration. Proxinvest résume cela d’un sévère : « La transparence progresse, mais la responsabilité régresse. » Le cabinet relève trois points noirs :

  • La France ne soumet pas les rémunérations des dirigeants à l’approbation de l’assemblée des actionnaires et encore moins celles des présidents non exécutifs.
  • Idem pour l’absence d’informations sur les retraites chapeau, qui échappent au contrôle des actionnaires. Le patron de Publicis et de l’Afep, Maurice Lévy, en sait quelque chose.
  • Enfin, des critères de performance, qui définissent la part variable des rémunérations, ne sont pas du tout lisibles, voire simplement pas communiqués.
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  • expat
    • Posté à 12h10 le 15/12/2010
    • Internaute 25627

    Il ya au moins une erreur, les gorsses entreprises ont commence a changer dans les annees 80, les services financiers d’au moins une multinationale francaise ont decouverts que les placement a court terme rapoortaient plus que la vente de leur production.

    Je n’avais pas d’oreilles ailleurs mais ca m’etonnerais qu’ils aient ete seuls.

    Nous somme certainement tous d’accord pour dire que les 2 premiers de la listes sont probablement surpayes et dans le cas du premier que son salaire a peu a voir avec ses performances reelles, il me semble que Nissan perdait de l’argent sous son regne et que Renault ne fait pas mieux.

    Je reconnais que le salaire du 3e est certainement plus approprie, mais si on voulait regler tous les problemes de securite sociale, assurance maladie, retraite et chomage, il serait mieux que son salaire soit seulement un tout petit peu plus eleve (et encore), l’egalite salariale devrait etre la norme.

  • Moorice
    Moorice
    assis
    • Posté à 12h43 le 15/12/2010
    • Internaute 112628
      assis

    article populiste

    comment fixé la rémunération des patrons ?

    il y a ceux qui engagent leurs capitaux
    ceux qui bossent de 6h a 22h 6à 7 jours par semaine
    ceux qui prennent des décisions qui font gagner plusieurs fois leur salaire à l’entreprise

    il y a ceux qui sont nuls, abusent etc

    en fin de compte, comme les footballeurs et les traideurs, s’ils ont un salaire énorme c’est qu’ils en raportent plus.

    que dire alors du smic qui représente plus que le salaire annuel moyen dans la majorité des pays du monde ?

    on aura toujours des raisons d’être envieu de celui qui à plus

  • Dissonance
    Dissonance répond à Moorice
    met le doigt où ça fait mal.
    • Posté à 13h49 le 15/12/2010
    • Internaute 70089
      met le doigt où ça fait mal.

    Tout le commentaire pourrait être contesté point par point mais ça n’en vaut même pas la peine. Juste une petite remarque sur la dernière phrase :

    « on aura toujours des raisons d’être envieu de celui qui à plus »

    Qu’il existe des gens qui aient plus que d’autres c’est une chose - en soit la légitimité de ce fait pourrait être discutée mais passons - là où cela devient vraiment dérangeant, c’est lorsque certains ont plus alors que d’autres n’ont rien.

    L’accumulation des richesses par certains ne peut - à l’extrême rigueur - trouver de légitimité qu’en situation d’abondance pour tous. Or ce n’est absolument pas le cas.