TRIBUNE 09/12/2010 à 16h04

Si, on peut entreprendre en France... mais ça pourrait être mieux

Pierre Polard | ConvictionsPolitiques.midiblogs.com

Un témoignage en valant un autre, je me permets de réagir à celui du riverain Alexandre Denjean, dans lequel il affirme que « l’administration française » a tué son envie d’entreprendre.

Pour ma part, cela fait dix ans que j’exerce le métier de consultant en gestion en indépendant... et je n’ai jamais eu le moindre problème avec l’administration. Que ce soit avec le Trésor public, l’Urssaf ou les divers organismes sociaux, mes relations se sont résumées au paiement des impôts et cotisations et à l’envoi des diverses déclarations, voire à des demandes ponctuelles de renseignements.

J’exerce en EURL (société à responsabilité limitée à associé unique), je paye donc les mêmes cotisations et impôts que les entreprises « classiques » et j’arrive à vivre confortablement (plus de 3 500 euros net par mois) de mon activité.

En Aveyron, un tissu de PME innovantes

Je dois préciser que j’ai eu recours à un cabinet comptable dès le début pour tenir à jour ma comptabilité et m’aider à remplir les formalités. Cela dit, mon cas personnel n’a finalement que peu d’intérêt. Ce que je veux dire, c’est qu’il est possible d’entreprendre en France.

J’interviens sur un territoire connu pour ses vaches, son aligot et sa charcuterie : l’Aveyron. Mais ce département est aussi riche d’un tissu de PME industrielles et innovantes.

Cela est-il dû au tempérament des Aveyronnais que l’on dit durs à la tâche et rudes gestionnaires (un sou est un sou !) ? Cela est-il dû à l’enclavement qui a conduit les habitants à fabriquer sur place ce qu’ils avaient du mal à faire venir d’ailleurs ?

Cela est-il dû à la proximité géographique de Toulouse et son pôle aéronautique qui engendre une activité de sous-traitance ? Cela est-il dû à la mobilisation des pouvoirs publics (département notamment via le comité d’expansion économique, région...) qui ont conscience de l’importance du maintien d’une activité économique sur le territoire ? Sans doute une combinaison de tous ces facteurs.

Ainsi, lorsque j’ai débuté mon activité, j’ai bénéficié d’un prêt d’honneur de la part de la plateforme d’initiative local (PFIL) qui réunit les collectivités locales et les grandes entreprises du secteur pour aider à faire émerger les nouveaux projets.

Ensuite, on peut noter la mobilisation de la chambre de commerce et d’industrie en matière de formation : création d’une école d’ingénieurs en informatique, mise en place de formations pour les créateurs-repreneurs d’entreprises...

Les institutions ont compris qu’il était nécessaire de former les jeunes sur place, qu’il était important de faire « monter en puissance » les dirigeants d’entreprises afin qu’ils prennent du recul et élargissent leur vision en travaillant en réseau...

Cela dit, on trouve en Aveyron nombre de PME innovantes et efficaces :

  • un fabricant de maisons à structure métallique et isolante brevetée (montée en une semaine et à moins de 100 000 euros) ;
  • une coutellerie qui a fait d’un objet basique (le couteau du berger) un objet design qui trouve sa place dans les pages « tendance » des magasines ;
  • une entreprise qui s’est d’ores et déjà positionnée sur le recyclage des batteries des véhicules électriques ;
  • des fabricants d’outillage de précision, un fabricant de housses de siège automobile sur mesure...

Dans le Tarn voisin est basée une société qui a mis au point une alternative plus que crédible (et bien plus abordable) aux logiciels de « business intelligence » » des mastodontes Business Objects et Cognos.

Ce ne sont pas les administrations qui brident l’envie d’entreprendre

On pourrait continuer longtemps cette vivifiante énumération. Je ne pense pas que ce soit ma présence dans le secteur qui catalyse à ce point les énergies créatrices ! Sérieusement, je pense que l’on pourrait multiplier les exemples de ce type dans toutes les régions de France.

Cela dit, il serait faux de prétendre que tout va bien pour les entreprises françaises. Il suffit de constater la dégradation du solde de la balance commerciale année après année pour s’en convaincre.

En revanche, ce n’est pas, selon moi, la supposée incompétence de nos administrations qui bride la création d’entreprise française, c’est plutôt l’absence de politique industrielle et la promotion de l’entrepreneuriat « low cost ». Le dernier avatar de cette tendance est la création, dans le cadre la Loi de modernisation de l’économie (LME) du 4 août 2008, du statut d’autoentrepreneur.

Sur les 700 000 créations d’entreprises prévues en 2010, près de 460 000 le seront sous ce nouveau statut. Au-delà du cas particulier des autoentrepreneurs, on peut se poser une question plus générale : « La France a-t-elle vraiment besoin de plus d’entreprises ? »

En 2006, il y avait en France 35 entreprises pour 1 000 habitants, comme en Allemagne, contre 66 en Italie. Malgré la faiblesse relative du nombre de ses entreprises, l’économie allemande est plus productive et performante que l’économie italienne. Il n’y a donc pas de raison objective de vouloir toujours plus d’entreprises.

D’autant plus que la création d’entreprises ne se porte pas si mal que ça en France. Selon l’Insee, entre 2000 et 2007 (donc avant la création du statut d’autoentrepreneur), le nombre de créations d’entreprises avait augmenté de 48% passant de 216 214 à 321 478. Mais 86,7% de ces nouvelles entreprises ne comptaient aucun salarié...

Pas assez des grosses PME en France

La faiblesse de l’économie française ne provient pas d’un déficit de créations d’entreprises, mais de la faiblesse du nombre de « grosses » PME, capables d’investir, d’innover et d’exporter. Ce n’est pas en privilégiant la création de TPE sous-dimensionnées et sous-capitalisées que notre tissu économique comblera ses lacunes...

Depuis 1993, date des premières exonérations de cotisations sur les bas salaires, c’est l’abaissement du coût du travail et sa flexibilisation (interim, CDD, temps partiel) qui tiennent lieu de politique industrielle en France. Résultat : l’économie devient moins performante parce que ces pratiques tirent vers le bas les salaires et les qualifications.

Je pense en effet que les « élites » françaises ont une responsabilité considérable dans les blocages de la société française. En effet, la plupart des dirigeants des grandes entreprises sont énarques, inspecteurs des finances, voire un peut tout à la fois, et ils passent allègrement des cabinets ministériels, de la haute fonction publique à la direction de grandes entreprises. Ils y croisent les héritiers, qui sont légions parmi nos grands patrons.

« Ceux qui réussissent », qu’évoque Jean-François Copé avec des trémolos dans la voix, sont souvent des « fils et des filles de » : Pinault, Bouygues, Arnault... Le cas le plus emblématique est sans doute Arnaud Lagardère, plus préoccupé par ses écuries sportives que par EADS, et dont les performances mirobolantes ont conduit son groupe à être exclu du CAC 40.

Selon l’économiste Thomas Philippo :

« Dans sa dynamique propre, le capitalisme français tend à privilégier l’héritage qu’il soit direct (sous la forme de la transmission successorale) ou sociologique (sous la forme de la reproduction sociale par le diplôme et le statut). »

Cela se traduit pour ces entreprises par des résultats moins bons que les autres.

Le paysage économique français apparaît aujourd’hui dominé plutôt par des groupes exploitant une rente (Total, GDF Suez) ou bénéficiant de la commande publique (Vinci, Vivendi), que par des conquérants sur des marchés liés à l’innovation.

Par ailleurs, les avantages comparatifs de la France se sont effrités dans de nombreux domaines de moyenne ou haute technologie : le matériel de télécommunication, le matériel informatique, l’électronique grand public et, surtout, dans l’automobile.

L’Etat doit retrouver un rôle équilibré dans l’économie française

Ce dont les entreprises et les entrepreneurs ont besoin pour innover et prospérer, ce sont des partenaires industriels, commerciaux et aussi financiers. Cela milite en faveur d’une reprise en main par la puissance publique du financement de ces entreprises, puisque le secteur bancaire privé est incapable de prendre des risques industriels, englué qu’il est dans une course au profit financier à court terme, incompatible avec la prise de risque nécessaire à l’innovation.

Il faut aussi mobiliser des structures d’accompagnement efficaces pour les créateurs : conseils, formations, pépinières d’entreprises... Il faut que l’Etat retrouve un rôle équilibré dans l’économie, en plus du rôle de fournisseur de services publics (éducation, santé, sécurité, énergie...). Non à l’Etat minimal des libéraux, mais ce n’est pas pour autant que l’Etat doit produire des voitures ou de l’acier.

C’est avant tout aux dirigeants politiques de formuler une politique économique et industrielle cohérente visant à développer l’innovation, l’emploi et les qualifications. Une fois ce chemin balisé, l’initiative individuelle aura toute sa place et donnera sa pleine mesure.

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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 17h11 le 09/12/2010
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    bien vu.. c’est la différence qu’il y a entre :

    entreprendre, et se faire entreprendre....

     ; -D

    le tout c’est de bien comprendre...

  • tco
    tco
    owner
    • Posté à 19h00 le 09/12/2010
    • Internaute 122002
      owner

    Il faut avoir les nerf solide avec les administrations... Pas du tout d’accord, ils sont au contraire très compréhensifs.

    Par contre les chargés de clientèles dans les banques... Excuse moi ! , A part te proposer des produits nazes.... qui leurs permettent de toucher leurs com...

    • chonchounet
      chonchounet répond à tco
      • Posté à 11h25 le 10/12/2010
      • Internaute 89758

      vous parlez bien de l’administration française là ?

  • Schrödinger
    Schrödinger
    Poli et gentil. Très rue89.
    • Posté à 16h29 le 09/12/2010
    • Internaute 41709
      Poli et gentil. Très rue89.

    Clair, limpide, concis...

    Une belle charge contre notre système économique, un plaidoyer pour remettre l’activité au centre de l’économie et non plus le profit, activité qui ne tien qu’à l’activisme des PME.

    • mat_fr
      mat_fr répond à Schrödinger
      Doctorant
      • Posté à 17h20 le 09/12/2010
      • Internaute 106142
        Doctorant

      Activité implique consommation, vous allez avoir les adeptes de la décroissance sur le dos :)

      • Schrödinger
        Schrödinger répond à mat_fr
        Poli et gentil. Très rue89.
        • Posté à 17h24 le 09/12/2010
        • Internaute 41709
          Poli et gentil. Très rue89.

        Mais moi aussi j’adorerai manger des croissants...

    • pablico
      pablico répond à Schrödinger
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 19h46 le 10/12/2010
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      si l’on prend le cas de ceux qui ont entrepris dans le solaire.

      toutes ces entreprises PME franco-francaise, qui se sont endettées, et ont entrepris de monter le solaire français... couvertes, aidées poussées, par le grenelle..

      on a payé et investi pour de nouveaux brevets de fabrications, de réalisation, de production etc

      et voila-t’y pas que ceux qui ont poussé à faire cela... viennent subitement de changer les règles du jeu...

      edf n’achètera pas cette électricité produite..

      tous au chômage, la clef sous la porte..le marché va s’effondrer

      imaginons qu’une grosse boite va racheter tout cela, et surtout la technologie, le savoir faire... pour 4 sous...
      et que la loi va rechanger...

      et vous voulez toujours être entreprenant vous ? ? ?

      la différence entre entreprendre et se faire entreprendre...(poliment dit)

      • Serviteur involontaire
        Serviteur involontaire répond à pablico
        Informaticien
        • Posté à 10h54 le 11/12/2010
        • Internaute 135698
          Informaticien

        Tout à fait d’accord, ces revirements de politiques sont contre-productifs. Mais ce n’est pas l’administration qui en est responsable, ce sont les gouvernants (de tous bords) qui accumulent les effets d’annonce et les « grandes réformes » sans vision à long terme.

  • Gethro
    Gethro
    Technicien helpdesk
    • Posté à 16h51 le 09/12/2010
    • Internaute 101455
      Technicien helpdesk

    Une administration incompétente et tatillonne à la fois peut parfaitement pourrir la vie d’un entrepreneur...

    Seulement ces services sont peuplés d’êtres humains (et non de machines sous déguisement humain comme le prétend la légende) aux compétences et engagement variable...

  • Pi.K
    Pi.K
    Vilain Parisien
    • Posté à 16h52 le 09/12/2010
    • Internaute 105016
      Vilain Parisien

    « Le paysage économique français apparaît aujourd’hui dominé plutôt par des groupes exploitant une rente (Total, GDF Suez) ou bénéficiant de la commande publique (Vinci, Vivendi), que par des conquérants sur des marchés liés à l’innovation. »

    Il y a du vrai, mais on trouve aussi des contre-exemples locaux assez parlants. Deux exemples, l’un à Rennes (Ille-et-Vilaine), l’autre à Béthune (Pas-de-Calais).

    Il s’agit, à Rennes, de la commande publique d’un immeuble de logement étudiant, dans le cadre du projet CQFD (Coûts Qualité Fiabilité Délais) du Puca (Plan Urbanisme Construction Architecture), agence interne du ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement (ex-ministère de l’Équipement), construit par Bouygues à la suite d’un appel d’offres public. Pour avoir visité le chantier il y a quelques mois (à l’occasion de la pose symbolique de la première pierre), j’ai pu constater que le projet combinait innovation, commande publique et grosse boîte, en vue de construire un immeuble BBC (bâtiment basse consommation), à coûts réduits (le C de CQFD), économe en énergie et confortable pour ses occupants (le Q et le F), et dans des délais réduits (le D), le tout dans une architecture très élégante, moderne, intégrée au tissu urbain et écologique.

    À Béthune, c’était du même ordre, construction par Bouygues aussi, mais pour un immeuble HLM, dessiné par Borel (architecte de classe mondiale, qui mériterait bien plus d’attention que Nouvel, et qui par certains côtés me fait penser à Renzo Piano), et qui répond aux même critères de qualité et d’innovation écologique. Là encore, on observe une combinaison adroite de commande publique, d’innovation technique et écologique, et de grosse entreprise très réputée dans son secteur. Ajoutons que, sur ses chantiers, Bouygues a introduit un « pavillon bleu », qui récompense les chantiers les plus sûrs et les plus efficaces (moins d’accidents du travail, respect des normes de sécurité, meilleure coordination des équipes présentes, respect de l’environnement, etc.).

    • Bad Time For Human Kind
      Bad Time For Human Kind répond à Pi.K
      Chieur Public
      • Posté à 20h16 le 09/12/2010
      • Internaute 53377
        Chieur Public

      Je ne comprends pas bien vos contres-exemples : Bouygues faisant partie depuis belle lurette des entreprises bénéficiant de la commande publique à un niveau presque indécent...

      • Pi.K
        Pi.K répond à Bad Time For Human Kind
        Vilain Parisien
        • Posté à 23h44 le 09/12/2010
        • Internaute 105016
          Vilain Parisien

        J’ai dû mal m’exprimer, vu que mon commentaire a apparemment beaucoup déplu. Bouygues fait effectivement partie de ces « grosses boîtes » qui vivent largement des commandes publiques. Mais ce n’est pas en contradiction avec l’innovation technique et écologique : les plus gros progrès, aujourd’hui, en matière de programmes de logement « vert » et développement durable (VUD, CQFD, etc.) se font avec des commandes publiques (les investisseurs « traditionnels » évitent de prendre trop de risques en la matière et sont relativement moins innovants).

         
        • Bad Time For Human Kind
          Bad Time For Human Kind répond à Pi.K
          Chieur Public
          • Posté à 01h44 le 10/12/2010
          • Internaute 53377
            Chieur Public

          Mais dans ce cas, c’est le client et son cahier des charges qu’il faut remercier. Parceque Bouygues ou Tartempion BTP il s’en fout un peu de tout ça, du moment qu’il y a du fric à prendre, ils vont pas cracher dessus.

          L’innovation technique et écologique vient surtout des BE, des fournisseurs et des sous traitants...

        1 autres commentaires
  • damienl
    damienl
    Chercheur
    • Posté à 17h17 le 09/12/2010
    • Expert 101560
      Chercheur

    Je suis globalement d’accord avec l’article, même s’il me semble qu’il y a une petite tension. Si les entreprises qui « réussissent » sont celles qui tirent en grande partie leur succès de rentes étatiques et de relations parfois troubles avec le pouvoir, je ne suis pas sur que le retour d’une politique industrielle serait la solution. Certes, on peut s’imaginer que l’on aurait une politique favorisant les PME, etc. mais, en pratique, il me semble bien plus plausible que l’on n’ait encore plus de relations troubles et que, in fine, cela bénéficie principalement aux entreprises ayant de bons contacts. Tout comme le financement public des entreprises d’ailleurs... Peut-on garantir que l’argent ira là où il est nécessaire et non aux favoris du moment ?

    Il y a un côté schizophrène à la politique économique française. D’un côté, on met en place tout une série de politiques qui favorisent les grosses entreprises. L’exemple-type est l’amoncèlement de règles diverses dont il faut être au fait et qui augmentent de jour en jour. Cela favorise bien sur les grandes entreprises au détriment des plus petits car il s’agit d’un coût fixe...

    De l’autre côté, on favorise la création de micro-entreprises qui n’ont bien souvent pas le capital financier ou humain nécessaire pour vraiment se développer. Une personne seule ne peut pas faire grand chose et les investisseurs privés l’ont bien compris. Essayez de fonder une start-up en allant chez les VC tout seul... Les structure de type Y Combinator « conseillent » au moins 2 personnes par projet.

  • a déménagé le 17 décembre ....
    a déménagé le 17 décembre ....
    émophane stable. voir mode d' (...)
    • Posté à 17h44 le 09/12/2010
    • Internaute 130799
      émophane stable. voir mode d' (...)

    Tout dépend de ce que l’on entreprend. Se curer le nez ou creuser le tunnel sous la manche.

  • AntiNOM-
    AntiNOM-
    www.lesouffledivin.wordpress. (...)
    • Posté à 17h46 le 09/12/2010
    • Internaute 131849
      www.lesouffledivin.wordpress. (...)

    C’est évident que l’on pourrait faire mieux que de payer les heures sups au Cac40 ! Que de gaspillage d’argent ! Ségolène Royal nous montre qu’il est temps de valoriser la banlieue par son envie de créer plutôt que par la brutalité :
    Lien

    • A déménagé le 10 mai
      • Posté à 18h07 le 09/12/2010
      • Internaute 102287

      Il y a 2 problèmes avec Ségolène

      1) Elle a elle-même admis que la présidence était une ambition personnelle (bon, comme 99% des personnes qui se présentent et on avait déjà remarqué à quel point ça pouvait la rendre hystérique).

      2) Elle verrait bien DSK en premier ministre (ce type est tout aussi puant que la majorité des groupes politique)

      Il y a encore bien plus mais je préfère faire court : p

      • AntiNOM-
        AntiNOM- répond à A déménagé le 10 mai
        www.lesouffledivin.wordpress. (...)
        • Posté à 21h11 le 09/12/2010
        • Internaute 131849
          www.lesouffledivin.wordpress. (...)

        Je partage comme toi sur DSK sans aucun problème ! On verra la suite mais il est vrai que c’est dur de percer au PS et de se mettre les DSKistes à dos...

    • Oontack
      Oontack répond à AntiNOM-
       ! =
      • Posté à 23h10 le 09/12/2010
      • Internaute 60324
         ! =

      « Royal nous montre qu’il est temps de valoriser la banlieue par son envie de créer plutôt que par la brutalité

      Oui c’est l’allégorie du foutage de la gueule, il me semble.

      Mais comme le dit sainte Blague (1ère épître aux blaireaux, ch.2, v.3-5), si la Ségolène n’est pas ressuscitée, notre foi Crétine est absurde et nous sommes encore dans le péché.

  • peguyjaures
    peguyjaures
    traducteur et consultant
    • Posté à 18h50 le 09/12/2010
    • Internaute 107364
      traducteur et consultant

    Je m’étonne toujours de la polarisation extrême de ces débats, et de la désignation du statut d’auto-entrepreneur comme de l’entreprenariat « low-cost ». Bon d’accord, ce mot d’ « auto-entrepreneur » est terriblement laid et creux en lui-même, un vague collage d’idées à la mode - je travaille moi même sous ce statut, mais je rechigne à m’appeler « auto-entrepreneur » - ce qui m’intéresse, ce sont les différentes activités que je mets dessous...

    Mais pour le reste, le débat manque je crois généralement un point essentiel : la plupart des « auto-entrepreneurs » ne sont tout simplement PAS des entrepreneurs, mais de « petits travailleurs indépendants », qui peuvent exercer ainsi légalement et légitimement une activité qui sans cela serait très difficile - il me semble que, bien que cela ait été vendu (à tort) comme un nouvel entreprenariat, cela concerne en premier lieu des personnes au profil particulier, qui ne se sentent à l’aise ni dans le salariat ou le fonctionnariat, ni dans l’entreprenariat au sens propre : dans mon cas, traducteur, rédacteur indépendant, et conseil touristique. Le statut me permet de regrouper des activités que je ne pouvais faire auparavant que bénévolement ou « au noir ». Mes choix personnels me conduisent à des revenus peu élevés, mais suffisants, que je n’échangerais pour rien au monde contre la sécurité d’un travail quotidien (j’ai d’ailleurs démissionné de la fonction publique). Mais l’irrégularité, pleinement assumée, de mes ressources, aurait rendu impossible pour moi de devoir avancer des charges forfaitaires (même remboursées plus tard) à l’URSSAF : cela aurait été un casse-tête permanent (je suis à découvert plus souvent qu’à mon tour, et je n’ai pas d’accès au crédit). Pour ma part, et c’est un choix, je préfère vivre avec peu, passer plusieurs mois chaque année à voyager, et me consacrer par ailleurs à l’écriture et à des projets bénévoles. Par ailleurs, mon CV, bien que passé par certaine grande école, est bien trop atypique pour être « vendable » dans le privé.

    Dès lors, il me semble évident que le statut d’auto-entrepreneur « libère » un certain de gens qui n’ont pas d’autre ambition que de vivre de leur travail (pas vraiment des « entrepreneurs » donc) et qui étaient un peu coincés aux marges du système.

    Mais bien sûr ce statut a été vendu indûment de manière plus large : quelqu’un avec un vrai projet d’entreprise et des perspectives de développement, et qui peut bénéficier d’un prêt ou de fonds personnels pour lancer son activité et payer les avances de charges, ferait bien d’aller voir ailleurs, vers les autres statuts. Mais ne jetons pas le bébé « auto-entrepreneurs » avec l’eau du bain...

    Pour le reste, il y a autour de ce statut des abus qu’il faut surveiller de près : salariat déguisé, concurrence déloyale dans l’artisanat. Mais je suis persuadé que l’on peut prévenir ces dérives, tout en préservant le nouveau statut pour ceux qui en ont vraiment besoin, et qui ne font de concurrence déloyale à personne... Ceux à qui la limite de chiffre d’affaires de ce statut convient très bien. Ceux qui ont une activité complémentaire d’activités intellectuelles ou artistiques sous d’autres régimes, mais qui ne suffisent pas à les faire vivre. Etc. Une minorité peut-être des gens enregistrés comme auto-entrepreneurs, mais une minorité qui a vraiment besoin de ce statut. Je ne méprise nullement le monde de l’entreprise, et je suis plutôt d’accord avec les grandes lignes de l’article. Mais ce monde n’est pas mon monde, et je suis un peu las de ceux qui m’enjoignent de choisir entre le « véritable » entreprenariat et le salariat « comme tout le monde ». Je suis très bien avec ma petite activité, merci.

  • Luc56
    • Posté à 19h45 le 09/12/2010
    • Internaute 24243

    Dans votre optique, c’est clair et logique.
    Mais personnellement gagner 3500€ par mois et travailler 12 mois par an, ça ne m’intéresse pas.
    Produire, consommer, s’enrichir. Non, merci. Je me trouve assez riche en étant juste à l’abris du besoin (pas faim, pas froid, connecté).
    Donc dans le système, auto-entrepreneur ça me convient parfaitement ; je bosse ce dont j’ai besoin et puis je m’arrête. Et je paye ma part à la collectivité.
    Excusez-moi, mais j’ai des choses plus importantes à faire (tel que servir autrui, nettoyer ma conscience, apprendre et partager...).

    • ni soumise ni rebelle
      ni soumise ni rebelle répond à Luc56
      sans profession
      • Posté à 00h03 le 10/12/2010
      • Internaute 60828
        sans profession

      vous avez bien raison de vivre comme il vous semble le plus adapte a votre nature mais entreprendre ce n’est pas vil.
      creer des emplois,innover c’est aussi une maniere de servir la communaute.
      et 3500 euros par mois ca ne me semble pas du tout indecent comme salaire .

      • Luc56
        • Posté à 00h27 le 10/12/2010
        • Internaute 24243

        Non, ce n’est pas vraiment ma pensée. Mais vous avez raison, j’ai peut-être été trop réactif dans ma façon de m’exprimer. Réactif parce que j’ai le sentiment que dans cette société il n’y a pas de place pour ceux qui veulent être différent, qui ne se retrouvent pas dans les « valeurs » consuméristes, et que le terme low-cost pour le statut d’auto-entrepreneur me semblait un peu dénigrant.
         : -)

         
        • peguyjaures
          peguyjaures répond à Luc56
          traducteur et consultant
          • Posté à 17h40 le 10/12/2010
          • Internaute 107364
            traducteur et consultant

          D’accord avec tous les deux... Je n’ai aucun mépris pour le monde de l’entreprise, et je ne pense pas qu’entreprendre sois vil, sale, au contraire. J’ai bien apprécié d’ailleurs l’article et les pistes qu’il propose pour le monde de l’entreprise.
          En revanche, personnellement, je ne me retrouve pas dans ce monde, et je suis heureux de pouvoir vivre à côté... Mais ce n’est que moi, je n’en fais pas une règle ou une injonction générale.
          Je respecte les entrepreneurs sincères comme les salariés, mais je ne souhaiterais (pour l’instant, ça peut toujours changer) être ni l’un, ni l’autre, et j’aime bien aussi qu’on respecte mon choix et qu’on ne le désigne pas comme « entreprenariat low-cost »...
          Respect mutuel, quoi :)

        1 autres commentaires
  • fiatlux
    fiatlux
    Citoyen
    • Posté à 20h57 le 09/12/2010
    • Internaute 65719
      Citoyen

    Bonjour,

    « Dans le Tarn voisin est basée une société qui a mis au point une alternative plus que crédible (et bien plus abordable) aux logiciels de “ business intelligence ” » des mastodontes Business Objects et Cognos. »

    Petite curiosité : quelle est cette solution ? ReportOne ?

    A+

    Fiatlux

    • Pierre Polard
      Pierre Polard répond à fiatlux
      Auteur(e) de l'article ConvictionsPolitiques.midiblogs (...)
      • Posté à 10h47 le 11/12/2010
      • Internaute 83546
        ConvictionsPolitiques.midiblogs (...)

      C’est bien ça ! !

      Cordialement
      PP

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 21h00 le 09/12/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « Si, on peut entreprendre en France… mais ça pourrait être mieux »

    Ah bon ?

    C’est quoi « MIEUX »...
    ...parce que rien ne dit que vous êtes sorti de l’auberge, même si vous habitez l’Aveyron !

    Vous êtes un nouveau « Patron », mais toujours sous contrôle des autres.

    L’illusion parfois est aussi valorisante (mentalement) que l’action.
    - Il y a un peu trop de structures tentaculaires autour de vous !

    Si vous parvenez à dépasser les limites qu’on vous a octroyées...
    ...on vous reprendra tout, et en bloc !

  • les_canards
    • Posté à 21h13 le 09/12/2010
    • Internaute 20527

    Thomas PhilippoN, merci pour lui.

  • Cyril A
    Cyril A
    gérant TPE service informatique
    • Posté à 23h53 le 09/12/2010
    • Internaute 136372
      gérant TPE service informatique

    Personnellement je trouve cette analyse très opportune.
    Je suis personnellement sur une activité d’indépendant qui s’appuie sur une SARL depuis 3 ans. Les difficultés que j’ai rencontrées que ce soit à la création de la structure, ou lors de sa vie, hormis les problèmes de clients qui paient pas ou en retard que tout le monde doit rencontrer, ont été négligeables.
    Je me suis adjoint les services d’un amis comptable qui m’aide effectivement beaucoup dans les déclarations et les paiements des diverses cotisations et impôts, mais tout se passe bien pour moi, et dès que j’ai des amis qui me posent des questions sur les difficultés de mettre en oeuvre un tel projet je suis obligé de leur rapporter mon expérience très simple.

    L’un des commentaires, fort intéressant, sur le statut d’auto entrepreneur expliquant qu’il préférait ce statut parce qu’il était simple et qu’il permettait de ne pas avoir d’appels de cotisation et ainsi pouvoir avoir une gestion simplifiée de sa comptabilité, ne correspond pas à la réalité. En effet le statut normal des entreprises, même petite, permet de ne payer les cotisations que sur les salaires qui ont été réellement versés pendant les trimestres pris en compte. Ainsi sur les derniers mois où mon activité a été nulle, et donc mes revenus nuls, je n’ai eu à verser aucune cotisation. Ce régime est beaucoup plus simple que beaucoup de personnes ne veulent le dire, et le système français aujourd’hui n’est, pour moi, absolument pas un frein à l’esprit d’entreprise.
    Pour finir sur le statut d’auto-entrepreneur, je vais rapporter ici une phrase entendu sur BFM, qu’on ne peut pas taxer de radio communiste, « le statut d’auto-entrepreneur est un statut pour idiot, tout réel entrepreneur n’en a pas besoin et pourra mettre en oeuvre une réelle entreprise ».
    Le statut d’auto-entrepreneur n’a que deux objectifs : truquer les chiffres de la création d’entreprises et ainsi donner une fausse image du dynamisme de l’économie française, le deuxième objectif étant le truquage des chiffres du chômage, puisque c’est l’un des premiers statuts qui est proposé à Pôle Emploi car à partir du moment où on rentre dans ce statut on sort des statistiques du chômage.

    Par contre, dans cette compétition économique, nous pourrions peut être regarder du côté des organismes chargés de l’innovation, et des attaques régulières faites à l’éducation nationale.

    En ce qui concerne la question de l’innovation que pouvons nous penser de la transformation d’une agence telle que l’ANVAR, qui avait dans ses gènes les notions d’aide à la recherche et à l’innovation, en une simple banque de financement des entreprises innovantes ? Personnellement, c’est peut être ringard, je préfère la première version et je voyais plus ce qu’elle faisait que la seconde.

    Ensuite, en ce qui concerne l’éducation, lorsque l’on voit la décrépitude de l’éducation organisée depuis quelques années avec les suppressions de postes, la réduction de la formation des futurs enseignants, une augmentation des budgets beaucoup plus faible que dans la plupart des autres pays de l’OCDE (cf enquête PISA de l’OCDE sur l’éducation), comment voulons nous que la France reste compétitive par rapport aux autres y compris nos alliés européens.

    Je reste donc en complet accord avec le commentaire initial, et je propose d’aller chercher la source des problèmes ailleurs que dans l’administration, et s’il vous plait arrêtons de taper sur celle-ci et regardons un peu du côté des dirigeants qui font actuellement des choix qui soit ont des références datant du début du siècle précédent, soit des références que même les plus libéraux n’osent plus faire parce qu’ils ne marchent pas.

    Merci Pierre pour cette analyse.

  • psych0Dad
    psych0Dad
    sociopathe
    • Posté à 01h57 le 10/12/2010
    • Internaute 81504
      sociopathe

    3500 euros nets par mois, c’est nets de TOUS vos impots ou juste apres les cotisations sociales ? (il vous reste encore l’impot sur le revenu a payer ?)

  • a déménagé le 17 décembre ....
    a déménagé le 17 décembre ....
    émophane stable. voir mode d' (...)
    • Posté à 08h40 le 10/12/2010
    • Internaute 130799
      émophane stable. voir mode d' (...)

    on peut entreprendre en France… mais ça pourrait être mieux

    On est indéfini. Les uns réussissent et les nuls pleurent ou râlent, Un grand classique,pas la peine de chercher midi à quatorze heure.
    Le temps ne fait rien à l’ affaire.....

    • yabon
      • Posté à 12h57 le 10/12/2010
      • Internaute 98602
        Klingon

      « et les nuls pleurent ou râlent »

      Souvent, ils sombrent aussi dans le simplisme. On peut vous trouver des « nuls » qui ont « réussi », notamment parmi les fils à papa du Fouquet’s band (et sans rien foutre svp).

      • a déménagé le 17 décembre ....
        a déménagé le 17 décembre .... répond à yabon
        émophane stable. voir mode d' (...)
        • Posté à 13h00 le 10/12/2010
        • Internaute 130799
          émophane stable. voir mode d' (...)

        Si c’est un exemple de réussite pour vous, alors c’est que vous êtes le résultat d’un échec : celui de vos parents le jour ou ils vous ont conçu.

         
        • yabon
          • Posté à 13h37 le 10/12/2010
          • Internaute 98602
            Klingon

          Ce n’est pas un exemple de réussite pour moi, mais leur comptes bancaires disent le contraire.

          • a déménagé le 17 décembre ....
            a déménagé le 17 décembre .... répond à yabon
            émophane stable. voir mode d' (...)
            • Posté à 13h44 le 10/12/2010
            • Internaute 130799
              émophane stable. voir mode d' (...)

            Alors si vous ne savez pas ce que vous dites et que vous connaissez la situation bancaire des autres, je ne peux rien faire de plus, voyez le compte de vos parents, moi j ’ai tué les miens d ’un coup de fusil de chasse quand j’avais 10 ans et ça va.

        2 autres commentaires
  • a déménagé le 17 décembre ....
    a déménagé le 17 décembre ....
    émophane stable. voir mode d' (...)
    • Posté à 10h26 le 10/12/2010
    • Internaute 130799
      émophane stable. voir mode d' (...)

    Tant que les gens confondent les études, ou tu apprends tout ce qu’il ne faut pas faire dans la vie, et la vie ou il ne faut pas faire tout ce que tu a appris par les études ils ont pas fini.
    Vous choisissez quelque chose ? toujours ce que vous aimez donc il est impossible de réussir quoi que ce soit dans ces conditions. Faites vous souffrir et personne ne pourra jamais vous battre ni vous empêcher de faire quoique ce soit, c’est comme cela que j’ai gagné ma vie. Lorsque l’on me demandait à l’école où je voulais travailler plus tard, je répondais rien. Je suis allé partout et quand j’ai eu la confirmation que j’étais pas fait pour bosser vu que j’aimais pas ça, que c’était fatigant et que ça privait les gens de liberté et ben je me suis arrêté à l’âge ou les autres se demandent dans quoi ils pourraient travailler et ils courent dans tous les sens comme de pauvres moutons pelés qui se prennent pour des loups enragés. Les loups, les vrais, ne sont pas grégaires, ils tournent autour de la meute et du troupeau et dégustent en solitaire, les loups tarlouzes et les moutons qui se prennent pour super dingo.

  • Ermite
    Ermite
    Consultant IT
    • Posté à 10h40 le 10/12/2010
    • Internaute 37758
      Consultant IT

    LE problème avec le statut d’auto-entrepreneur est le suivant :
    S’il s’agit pour un vrai indépendant de démarrer et de poursuivre éventuellement son activité dans le cadre d’une « structure » (au sens administratif du terme), ça peut se révéler utile.
    Malheureusement, ce statut est déjà détourné de cette manière : une société qui souhaite « optimiser sa masse salariale » propose (impose en fait avec chantage au licenciement économique) à certains de ses salarié(e)s de cesser de les employer directement. L’idée étant donc que ces futurs ex-salarié(e)s prennent le statut d’auto-entrepreneur pour devenir prestataires de leur ancien employeur.
    Avantages pour l’es-employé(e) : quasiment aucun (sauf éviter le licenciement soi-diant économique)
    Désavantages : perte de la « sécurité de l’emploi » dans le cadre d’un contrat de travail ; gestion des aspects administratifs (même si prétendument allégés)
    Avantages pour l’ex-employeur : réduction de la masse salariale ; fléxibilité accrue et coûts réduits (si l’employeur décide de se passer des services de l’auto-entrepreneur, il n’a qu’à mettre un terme au contrat de services ; quitte à le reprendre dès que le beosin s’en fait de nouveau sentir, avec bien entendu mise en concurrence avec d’autres prestataires)
    Désavantages : aucun.

    • Gentil méchant
      Gentil méchant répond à Ermite
      Désosseur
      • Posté à 12h27 le 10/12/2010
      • Internaute 100693
        Désosseur

      Les détracteurs de l’auto-entreprise (qui n’est rien d’autre que l’un des régimes sociaux proposés en tant qu’entreprise individuelle) sur le sujet du détournement de salarié par un ex-employeur font un raisonnement par l’absurde.

      Dis t’on qu’une loi est mauvaise car il est possible de la détourner ?

      Par exemple, les politiques ont l’interdiction de verser des pots de vin. Ils le font quand même.

      La loi qui interdit les pots de vins est-elle mauvaise ?

      • Ermite
        Ermite répond à Gentil méchant
        Consultant IT
        • Posté à 13h59 le 10/12/2010
        • Internaute 37758
          Consultant IT

        Cette loi est mauvaise parce qu’elle est en fait rédigée pour être « détournée »...
        Une loi qui n’aurait été créée pour favoriser ce genre de magouilles aurait dû interdire l’usage du statut d’auto-entrepreneur pour permettre de supprimer un emploi en le remplaçant par une prestation précaire.
        Il faut arrêter de prendre les gens pour des cons.
        C’est un peu à l’image des lois, réglements et décrets que l’oin prétend prendre pour « favoriser l’emploi » et dont on sait trés bien qu’ils seront détournés (parce qu’ils sont fait pour l’être).

         
        • Gentil méchant
          Gentil méchant répond à Ermite
          Désosseur
          • Posté à 15h02 le 10/12/2010
          • Internaute 100693
            Désosseur

          A ce niveau-là, c’est de la parano.

          1/ Les employeurs qui abusent de ce statut en embauchant des anciens salariés en tant qu’autoentrepreneurs commencent à être inquiété par les services de l’URSSAF, et à mon avis ils vont être surpris des grosses amendes qu’ils vont prendre, car s’il y a bien un organisme très chiant pour les patrons en France, c’est l’URSSAF.

          2/ Le calcul des cotisations sociales pour les entrepreneurs individuels est beaucoup trop complexe avec des régularisations 2 ans en retard. Le régime du micro-social simplifié (l’appelllation « autoentrepreneur » selon la comm du gouvernement) voulait simplifié ça de manière forfaitaire, cela partait d’une bonne intention.

          3/ Le régime de l’autoentrepreneur (entrepreneur individuel au régime micro-social simplifié) est un régime de patron, il est donc précaire par nature.
          Un salarié cotise beaucoup et touche beaucoup en prestation.
          Un patron cotise peu et touche très peu en prestations sociales, il doit mettre de coté pour la retraite et cie.

          La comm du gouvernement a voulu faire croire que tout un chacun pouvait être un patron : cela n’est pas le cas. Quand on a été salarié un bon moment de sa vie, c’est difficile de se remettre en cause et de créer par soi-même en ayant à la fois les capacités techniques, commerciales et administratives.

          • Ermite
            Ermite répond à Gentil méchant
            Consultant IT
            • Posté à 15h45 le 10/12/2010
            • Internaute 37758
              Consultant IT

            Je léverai mon verre à la gloire de l’URSAFF le jour où je verrai un jour un patron condamné au titre de l’usage abusif du statut d’auto-entrepreneur.

            Mais voilà comment ça se passe pour que le patron ne risque rien.
            1) Chantage au plan social/au licenciement pour faute
            2) Proposition du patron : rupture de contrat de travail conventionnelle, statut d’auto-entrepreneur pour l’ex-salarié, contrat de prestation de service
            Comme le salarié a accepté la rupture de contrat de travail conventionnelle (sous la menace, mais cette menace est impossible à prouver), il n’y a pas suppression puis recréation de poste ; l’employeur se retrouve de fait avec un poste de travail laissé vacant qu’il peut simplement fermer et pour lequel il peut légalement décider de faire appel à de la prestation de services (on appelle ça une externalisation).
            Donc l’URSAFF ne peut strictement rien sinon constater.

            Quand on s’intéresse aux lois qui sont votées, mon brave, il ne faut pas juste examiner chaque loi individuellement mais la combinaison possibles des lois.
            Et c’est là qu’on peut commencer à voir apparaître un projet global dans le programme politique du parti au pouvoir.

            • peguyjaures
              peguyjaures répond à Ermite
              traducteur et consultant
              • Posté à 17h10 le 10/12/2010
              • Internaute 107364
                traducteur et consultant

              Sauf que non. Vous décrivez très bien le mécanisme de l’entourloupe (et le raisonnement des patrons qui *croient* comme vous qu’en procédant ainsi la manoeuvre est légale). Mais ça n’en reste pas moins explicitement, clairement illégal, et l’inspection du travail et l’URSSAF ne sont nullement impuissantes face à ça...

              Ce type de « salariat déguisé » sera considéré comme du « travail dissimulé ». Sur la base du rapport de subordination (et il y a toute une jurisprudence pour le définir) ou d’autres indices d’une relation employeur/employé (et là encore il y a tout un arsenal réglementaire), l’inspection du travail, l’URSSAF(ou encore les prudhommes en cas de plainte du salarié/pseudo-autoentrepreneur lui-même) peut de force exiger la requalification du contrat de prestations en contrat de travail. Et là, pour l’employeur qui se croyait malin : rappel de charges rétroactives avec pénalité, et amende (je ne sais pas si une indemnisation de l’employé est aussi prévue en revanche).

              En effet, ce qui distingue un contrat de prestation d’un contrat de travail, ce n’est pas le mot choisi dans l’en-tête du contrat, mais la relation réelle qu’il recouvre - et il y a des définitions légales et des jurisprudences précises.

              J’avais déjà lu plusieurs articles à ce sujet (qui confirmaient que l’URSSAF n’avaient pas l’intention de fermer les yeux). Au débotté, Google m’en ramène un qui semble bien résumer la situation :

              Lien

              Pour la route, un extrait d’une interview d’Hervé Novelli tiré de l’article ci-dessus :
              « Pour éviter des abus, les services de contrôle (URSSAF, inspection du travail) sont extrêmement vigilants et le seront plus encore à l’avenir : ils n’hésiteront pas à requalifier en contrats de travail des prestations de service d’auto-entrepreneur qui correspondraient en fait à une activité salariale. »

              • peguyjaures
                peguyjaures répond à peguyjaures
                traducteur et consultant
                • Posté à 17h24 le 10/12/2010
                • Internaute 107364
                  traducteur et consultant

                PS : et un article encore plus clair :

                Lien

              • Ermite
                Ermite répond à peguyjaures
                Consultant IT
                • Posté à 19h10 le 11/12/2010
                • Internaute 37758
                  Consultant IT

                Si cette logique était appliqué, toute forme de prestation de services serait pratiquement impossible en France.
                Or ce n’est pas le cas...
                Combien de patrons condamnés en France pour ce genre de magouilles ? Une infime minorité relativement à ceux qui se livrent à toutes les possibilités de « prêt illégal de main d’oeuvre »...
                Difficile à prouver... et l’URSAFF comme l’inspection du travail n’a pas le nombre d’inspecteurs nécessaires de toutes façons...

                Hervé Novelli ?
                Je me marre...
                Que voulez-vous qu’il vous dise d’autre ? ? ?
                Quelque chose comme « Oui les lois que nous avons voté à l’UMP permettent aux patrons de truander ? Nous le savons et nous l’avons fait en toute connaissance de cause » ? ? ?
                Votre naïveté est touchante.

        5 autres commentaires
  • yabon
    yabon
    Klingon
    • Posté à 12h59 le 10/12/2010
    • Internaute 98602
      Klingon

    Je top.

    • doxeur
      doxeur répond à yabon
      chomeur longue durée
      • Posté à 19h04 le 10/12/2010
      • Internaute 118967
        chomeur longue durée

      bien vu l’effaceur...

      • yabon
        yabon répond à doxeur
        Klingon
        • Posté à 21h36 le 10/12/2010
        • Internaute 98602
          Klingon

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