25/11/2010 à 19h33

Primaires au PS : trois outsiders face au trio DSK-Aubry-Royal



Arnaud Montebourg, Manuel Valls et François Hollande, les trois outsiders à l'investiture socialiste pour la présidentielle, ne se précipitent pas pour commenter l'officialisation d'une entente entre Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry et Ségolène Royal. Ces derniers ont pourtant confirmé mercredi l'existence d'un pacte, en vertu duquel un seul des trois se présentera aux primaires du PS dans la perspective de 2012.

L'annonce d'une telle entente réduit considérablement l'enjeu de ces primaires. Mais aussi leur légitimité et leur bien-fondé, là où les outsiders valorisaient depuis le début une dynamique démocratique. A ce jour, seuls Valls (maire PS d'Evry, dans l'Essonne) et Montebourg (député de la Saône-et-Loire) ont annoncé officiellement qu'ils étaient candidats. François Hollande (député de la Corrèze), lui, « se prépare pour être, le moment venu, candidat ».

Aucun des trois n'a véritablement tiré à boulets rouges contre les trois poids lourds du « cartel » qui se confirme. Officiellement, pour élever le niveau, parler aux Français de « ce qui les intéresse vraiment ».

Invité ce jeudi matin sur RTL pour commenter le discours de François Fillon, François Hollande s'est borné à relever que « les pactes, ça vaut pour ceux qui les signent, pas pour ceux qui n'en sont pas ». Il a condamné du bout des lèvres l'officialisation :

« On ne se dit pas qu'on va être candidat parce qu'on aura mené telle
ou telle négociation ou compromis. Je pense qu'une élection
présidentielle, c'est une compréhension de son propre pays et une
volonté de porter un projet. » (Voir la vidéo)

Les primaires qui feraient office de chambre d'enregistrement ? François Hollande n'a pas souhaité réagir plus avant.

Arnaud Montebourg, candidat ouvertement déclaré depuis le week-end dernier, se montre pour sa part moins disert encore. « Je m'occupe de défendre mes positions, je ne veux pas prendre position là-dessus ». Ce qui apparaît comme une confiscation du processus de désignation par le trio DSK-Aubry-Royal n'aurait finalement « rien d'une OPA » à ses yeux.

Le plus critique reste Manuel Valls. Le député-maire d'Evry dénonçait dès avant l'été 2010 la « faute grave » qui consisterait à « confisquer la révolution démocratique que représentent les primaires ». A la faute éthique viendrait s'ajouter une faute stratégique, pronostiquait alors Valls, dans l'hypothèse où les poids lourds auraient fait alliance : un tel pacte, digne des « méthodes anciennes » aurait été de taille à priver carrément le PS de la victoire, estimait-il le 3 juin 2010 sur RTL. (Voir la vidéo)

Six mois plus tard, l'hypothèse du pacte est confirmée. Dans le commerce, on appelle cela « une entente entre opérateurs ». En pratique, des outsiders finissent toujours par émerger sur le marché. Ils gagnent rarement.

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  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 20h11 le 25/11/2010
    • Internaute
      délinquante avérée

    si Aubry, DSK, Roayal (par ordre alphabétique) n'ont pas compris qu'on en a marre de leur tronche et qu'on a envie de sang neuf (pas pour Hollande qui est aussi un éléphant), c'est à désespérer ! Ils s'accrochent, il s'accrochent ... et risquent fort de faire perdre la « gauche ». Enfin, la « gauche » c'est peut être un bien grand mot, mais s'il y en a un au 2e tour, beaucoup de gens ne voteront pas et le PS deviendra Parti Suicidaire.

  • Inquisiteur
    Inquisiteur
    Chanteur de charme
    • Posté à 20h12 le 25/11/2010
    • Internaute
      Chanteur de charme

    Aubry, DSK et Royal ont effectivement interet à s'allier plutot qu'à se déchirer. Notons le ton juste de la réaction de Montebourg et la relative retenue d'Hollande. Quant à Valls, il est plutot mauvais joueur sur ce coup là....
    Esperons surtout que cette alliance tripartite ne soit pas que de façade et de calcul, mais qu'elle amène le PS vers un solide programme de gouvernement à meme de féderer au delà des votants traditionnels du PS.
    Cette alliance ne vaudra que si le programme suit....

  • thierry reboud
    thierry reboud répond à caro
    • Posté à 20h50 le 25/11/2010
    • Internaute

    Le sang neuf, si c'est Valls, je refuse la transfusion !

  • thierry reboud
    • Posté à 20h51 le 25/11/2010
    • Internaute

    Un peu de sérieux, quand même : Valls, Montebourg et même Hollande ne sont là que pour amuser la galerie. Personne (pas même eux, j'espère) n'imagine qu'aucun des trois puisse aller jusqu'au bout. C'est peut-être une manière de prendre du poids dans les débats internes au PS, mais ça n'a aucune chance d'aller plus loin.

    Même Royal tend à devenir une hypothèse d'école : la campagne de 2007 a certes montré son énergie, mais elle a aussi montré ses limites. Simplement il faut avoir un peu plus d'égard avec Royal pour canaliser son pouvoir de nuisance au cas où elle se monterait le bourrichon et se figurerait qu'elle peut se présenter hors du PS. Sans compter que son principal atout, son énergie, sera très utile pendant la campagne de 2012.

    Restent donc à ce jour deux candidats sérieux : Aubry et Strauss-Kahn. Or l'un des deux risque d'avoir quelques difficultés à faire gober à la gauche non socialiste (et même à une partie non négligeable du PS) que les recettes du FMI appliquées à la Grèce ou à l'Irlande sont une grande conquête sociale. Et dans la mesure où, au second tour, il faudra convaincre tous ceux pour qui le PS doit, au minimum, rester sous surveillance d'une gauche un peu plus décomplexée, il n'en reste qu'une capable de résoudre cette quadrature du cercle.

    Sans oublier que, dans tous les cas, gagner contre Sarkozy en 2012 ne se sera pas une promenade de santé...

  • -Candide-
    -Candide-
    Jardinateur
    • Posté à 23h22 le 25/11/2010
    • Internaute
      Jardinateur

    Valls et Montebourg sont les jeunes quadras du PS

    Certes, à 48 ans on peut-bien être candidat à la présidentielle, mais en face il y a les éléphants.

    Une chance faible aux primaires, mais cela devient quasiment impossible avec une candidature unique DSK,Aubry,Royal.

    Pire pour eux, si la gauche gagne, il leur faudra attendre au moins 10 ans.
    Car au bout de 5ans, priorité au sortant
    et au bout de 10 ans, il y a risque de d'alternance que les français aiment tant.

    Bref,
    un coup dur pour ces deux ambitieux.

    Quant à Culbuto, il avait réussi opportunément à s'emparer du PS avec les résultats que l'on sait.
    Les DSK, Aubry, Royal le remettront très très vite au pas.

    Reste une interrogation sur cette entente cordiale.
    DSK devra lacher un poste payé 10 fois plus qu'un président de la république française pour satisfaire un rêve de gosse.
    Le jeu en vaut-il la chandelle pour lui ?
    Aubry, passée 60 ans également a t-elle vraiment la niak pour endurer une campagne présidentielle et une fonction loin d'être de tout repos, surtout dans le contexte économique actuel.
    Jettera t-elle l'éponge, comme son père auparavant ?
    DSK et Aubry se laisseraient probablement la place l'un pour l'autre compte tenu de l'estime réciproque qui les lient et en dépit de certaines de leur divergences, mais je les vois mal se désister tous deux pour Royal qui ne joue pas dans la même division.