Le discours de Fillon : la « vertu budgétaire » comme talisman
Pour la deuxième fois, le Premier ministre prononce le mot « rigueur » ! Il n’a pas glissé par mégarde de ses lèvres : il a été soigneusement posé dans son discours de politique générale, à côté des mots « sérénité » et « continuité » (adieu la « rupture »).
Fillon n’a évidemment pas dit « rilance », comme l’avait fait sa ministre de l’Economie Christine Lagarde, mais bien « rigueur ». Le mot que déteste Nicolas Sarkozy, il l’a prononcé distinctement, presque avec gourmandise.
Sarkozy a donné son feu vert : la rigueur est la boussole de ce nouveau gouvernement, dirigé par un Premier ministre renforcé par le rapport de force qu’il a imposé au cours du remaniement, et qui ne cache pas sa satisfaction.
L’Allemagne, modèle affiché
Son discours de politique générale était entièrement marqué à ce sceau-là.
- Le Premier ministre plaide pour la « rigueur budgétaire pour réduire nos déficits » ;
- il entend nous « libérer des déficits » pour obtenir des taux d’intérêts plus bas ;
- il réaffirme « un choix politique que nous assumons : le choix de la vertu budgétaire » ;
- il promet qu’il n’y aura plus aucune « dépense publique supplémentaire » pour relancer la croissance ;
- il maintient la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux ;
- il annonce l’inscription de la « bonne gestion financière de l’Etat » dans la Constitution, comme en l’Allemagne...
L’Allemagne, le modèle désormais explicite du gouvernement Fillon III : n’a-t-elle pas, comme l’a expliqué Fillon, « dix ans d’avance sur nous en termes de réforme » ? (Voir la vidéo LCP du discours de François Fillon)
Plan comptable
Face aux difficultés du pays -chômage, précarité, pauvreté, ghettos...- ce discours, qui engage la France pour les dix-huit mois à venir, est-il crédible ? Face à un monde secoué par une très profonde crise financière et économique, peut-on se satisfaire de « continuité » et de « vertu budgétaire ?
François Fillon n’a porté aucune nouvelle proposition économique, rien sur la concurrence commerciale internationale, rien sur la nécessité d’une régulation économique mondiale, rien sur l’environnement, rien d’ambitieux sur la cohésion sociale.
Le discours n’a d’ailleurs même pas soulevé les élus de droite : il a eu droit à des applaudissements polis. Même le discours de politique générale de Raymond Barre avait plus de souffle, c’est dire.
Certes, c’était un discours d’étape. Mais sortir de la crise exigera plus d’imagination, de volonté, de rêve qu’un simple plan comptable.
- Sur slate.frFillon, la rigueur, sur Slate.fr
- Sur univ-provence.frLes discours de politique générale de la Ve république
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Ex-chomeur
Ex-chomeur
La rigueur de ce monsieur, comme de presque tous les gouvernements sociaux-démocrates dans le monde et européens en particulier, a pour but de nous faire avaler un second hold-up planétaire. On a déjà eu le vol de près de 20.000 milliards de dollars pour les banques et grosses entreprises et depuis, comme il faut rembourser, on nous dit de nous serrer la ceinture.
Donc les gens se disent, ok, on va juste rembourser ce gigantesque hold-up. C’est certain via les dettes, mais de plus en plus de pays nous font le coup de la crise de confiance des marchés (Irlande, Portugal, Espagne, France, Grèce...) et on nous explique qu’il faut de la rigueur,donc qu’il faut supprimer toutes les aides aux pauvres et augmenter les impôts du peuple, tout en réduisant ceux des sociétés et des riches (chez nous : ISF, taxe professionnelle...).
Au final, on va devoir payer deux fois cette crise.
Alors la relance...




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