A débattre 21/11/2010 à 18h38

Ne dites pas de moi que je suis prostitué, je suis escort gay



Un homme attache sa ceinture (bark/Flickr).

Escort gay. L'intitulé est moins trivial que pute ou gigolo. Et pourtant la profession, ou plutôt l'activité, relève de la prostitution. Que sait-on de ces jeunes qui mêlent études et escorting, massages ou actes sexuels rémunérés ? Je suis donc parti à la rencontre de quelques étudiants dont les journées sont partagées entre les cours le matin, les clients le soir. Souvent gays, mais pas toujours.

Jérémy, Alexandre, Medhi et Yoann -les prénoms ont été modifiés- sont beaux, souriants, soignés. Les raisons, qui les ont poussés à s'inscrire sur un site de rencontres et contacter des clients, sont multiples.

Pour Alexandre, bisexuel de 19 ans qui vit dans la banlieue parisienne, on est d'abord venu à lui.

« C'est un homme d'une trentaine d'années qui a trouvé mon adresse MSN sur un site de rencontres gay et qui m'a proposé de me payer contre quelques petites gâteries. En acceptant, j'ai découvert ce milieu. »

Au fur et à mesure de ces « plans », Alexandre a pris goût à l'argent et a voulu en gagner plus.

« Il y a deux ans, quand j'ai voulu me payer ma première voiture, je me suis dit que je pouvais augmenter le nombre de mes clients. Je me suis en effet aperçu que je réussirais à gagner en trois ou quatre heures ce qu'un travailleur “normal” gagne en un mois. »

Les tarifs sont en effet attractifs et cet étudiant semble déjà bien aguerri en matière de négociation.

« J'ai une technique qui permet d'aller le plus haut possible dans le prix : je demande à la personne combien elle est prête à payer, et je rajoute 50%. Cela varie donc de 120 euros l'heure à 500 euros la nuit, car je ne fais que des plans soft. »

Des scrupules, de la honte ? Alexandre dit ne pas en ressentir aujourd'hui.

« Je continue uniquement pour l'argent car au fur et à mesure que je vois des clients, c'est de plus en plus simple, voire même “normal”.

La première fois s'est bien passée. Je ne regrette pas cette activité, et ne me suis encore jamais senti sale.

Mais j'avoue avoir quelques inquiètudes par rapports à mon entourage. Je me dis : “ Pourvu qu'ils ne sachent jamais.” »

« Il n'y a pas plus facile que de faire escort »

Medhi, lui, aujourd'hui âgé de 18 ans et étudiant en comptabilité, a commencé beaucoup plus jeune, au collège.

« A l'époque, lorsque j'avais environ 14 ans, je sortais souvent dans les boîtes gays, car je faisais plus que mon âge. Mais ça exige que l'on puisse assumer les dépenses.

Même si ce n'est pas exclusivement le milieu de la nuit qui a fait de moi un escort, le prix que cela me coûtait m'a incité à me tourner vers l'argent facile. Et il n'y a pas plus facile que de faire escort. »

Il a tout de même hésité au début. Mais par naïveté et insouciance, me dit-il, il s'est lancé.

« Tout à commencé lorsque je suis tombé sur un site d'escort gay. J'ai beaucoup réfléchi avant de m'inscrire. Puis, j'ai créé mon profil, mis mes coordonnées, mes intérêts et mes tarifs.

J'ai attendu que des clients sérieux (beaucoup ne sont là que pour fantasmer) me contactent. Puis j'ai enchaîné les rendez-vous chaque semaine jusqu'à aujourd'hui. »

A l'inverse d'Alexandre, Medhi semble vivre cette « double vie » moins sereinement.

« Ma famille ne le sait pas et ne le saura jamais. Ce n'est pas une honte que j'éprouve, plutôt un dégoût.

Mais il faut savoir que les clients ont en général plus de mal à faire le premier pas qu'un escort, et eux parfois montrent qu'ils le vivent très mal. »

« Par amour, il fallait que je me lance »

L'histoire de Jérémy, 22 ans et ancien étudiant à l'Académie internationale de danse à Paris est plus... romantique.

Sans problème financier, homosexuel assumé, il a passé une enfance paisible sans soucis particulier. En septembre 2009, il rencontre un jeune Africain dont il tombe amoureux. Les choses se compliquent vite. Le visa de son amant arrive à expiration et l'administration refuse de lui octroyer le statut de réfugié politique en tant qu'homosexuel :

« Nous avons trouvé un avocat avec une excellente réputation dans son domaine, mais il fallait débourser au minimum 7 000 euros pour la procédure. »

Jérémy jongle entre ses cours à l'Académie et son travail à temps partiel dans une parfumerie :

« Comment trouver de l'argent en trois mois et 1 000 euros immédiatement ? La seule solution était que je devienne escort. Je connaissais déjà les sites dédiés à ça. Dans le milieu gay, c'est très connu. »

Deux semaines après s'être inscrit en janvier 2009, Jérémy surfe sur le site Gay Roméo sans répondre aux demandes.

« Je n'osais pas me lancer là-dedans. Mais j'ai repensé à mon copain et aux raisons qui me poussaient à faire ça. »

Il travaille la danse le matin, vend des parfums l'après midi, et couche (ou discute) avec des clients le soir. Il enchaîne parfois deux ou trois clients. Ses tarifs : 250 euros l'heure, chez le client ou à l'hôtel ; 800 euros la nuit, ce qui lui permet de réunir 15 000 euros en trois mois.

Le début a été très dur. Hanté par des questions et des angoisses la plupart du temps, il parvient à faire le vide pendant ses rendez-vous.

« Pendant mes plans, je ne regarde jamais l'heure, pour faire croire au client que je passe un bon moment. Au début, je me concentrais encore plus pour montrer que j'étais un professionnel. »

Même si pour lui ses raisons sont nobles, il y a « un avant et un après » la vie d'escort.

« Durant les deux premiers mois, je rentrais tous les soirs chez moi en pleurant. J'avais l'impression de perdre un peu mon honneur à chaque rendez-vous. Puis au fil du temps, on s'habitue et on se sent plus à l'aise. »

« Peu de garçons font cette activité par nécessité »

Ne pas penser à ce qu'il fait, telle est sa devise. Les exigences des clients sont parfois difficiles à satisfaire. Mais il accepte parce qu'il sait qu'un client qui assouvit un fantasme est un « meilleur payeur ». D'autres lui donnent toutefois un peu de répit tout en payant très cher.

« L'avantage de ce métier c'est que, parfois, j'ai juste à discuter avec mon client pour être payé. Je suis invité au restaurant, le client me présente comme un ami et il me donne 200 euros à la fin de la soirée.

Un autre, alors que je lui avais expliqué pourquoi j'avais besoin d'argent, m'a viré à plusieurs reprises 2 000 euros sur mon compte. »

Lors de notre rencontre, je m'étonne de ses phrases sans concession. Jérémy ne se soucie pas de ses clients, et va jusqu'à admettre qu'il « manipule » les hommes qui payent parce qu'il plaît. Une façon peut-être de se protéger.

« Certains clients pensent pouvoir acheter une amitié. Sauf que je refuse de les revoir dès qu'ils ne payent plus et ça, ils ne le supportent pas. »

Qui sont ses clients ? Il dresse un portrait plutôt simple après ses dix mois d'expérience et ses 150 rencontres.

« Il faut savoir que la plupart des gens sont humains et attentifs, mais il veulent principalement combler leur solitude. Avec l'expérience que j'ai, je dirais qu'il y a trois profils différents :

  • l'homme marié qui a appris tardivement son homosexualité, ou le vieux qui n'est plus très beau et qui a besoin de parler ;
  • l'homme actif et overbooké qui, quand il est de passage à Paris, veut tirer un coup rapidement avec un beau mec ;
  • le petit jeune de 25 ans qui a un coup de foudre et qui est prêt à payer pour passer du temps avec moi. »

La vie d'escort pour lui, c'est tous les jours et toutes les heures. Dans le milieu, dans certaines boîtes ou bars gays, les gens se mélangent, les fêtards dansent avec les escorts, les clients ne sont pas loin et les regardent.

« Je vais souvent dans un bar gay et le patron qui me connaît très bien, m'envoie des clients. Il a un appartement exprès à disposition. La seule compensation, c'est que je fasse boire un peu le client avant de m'isoler avec lui dans la chambre.

Mais il y a aussi des inconvénients : quand je viens juste boire un verre avec des amis, des clients m'abordent. »

Pourquoi se nomme-t-il escort et pas gigolo, prostitué, ou « call boy » ? Jérémy :

« Parce qu'on n'est pas des putes. Le tarif est beaucoup plus élevé, on a donc le luxe de choisir nos clients. Et le point commun avec tous les escorts est qu'ils sont tous plus ou moins beaux.

Il faut aussi savoir que peu de garçons font cette activité par nécessité. Soit ils aiment se faire payer, soit ils choisissent la facilité pour vivre dans le luxe. »

« L'hétérosexuel a des principes qu'il pourra moins transgresser »

Pour lui, cette façon de concevoir les choses, cette « facilité » qu'auraient les garçons à coucher contre rémunération s'explique par leur homosexualité.

« Je pense vraiment que c'est propre au milieu gay. Déjà parce que le sexe tient une place fondamental chez les homosexuels.

Ensuite parce que la communauté homosexuelle se rencontre principalement grâce à Internet, on ne peut donc éviter les propositions de clients sur les sites de rencontres.

Enfin, je pense que l'hétérosexuel a des principes qu'il pourra moins transgresser que le gay. Pourquoi ? Parce que le gay vit déjà un interdit moral à cause de son homosexualité, il peut donc plus facilement en transgresser un autre et devenir escort. »

Yoann, étudiant en droit de 22 ans et hétérosexuel ne partage pas cet avis.

« Je ne connaissais pas du tout le milieu gay et d'ailleurs je le connais assez peu. J'ai une copine et je mène une totale double vie.

Mais, quand on a besoin d'argent, on ne réfléchit plus trop. Et c'est beaucoup plus facile et rentable d'être escort pour les hommes plutôt que pour les femmes. »

Il admet cependant qu'il pourrait se passer de cet argent qui lui « permet de moins regarder la dépense et d'améliorer un quotidien difficile sans cet appoint ».

Chaque garçon a une histoire particulière, mais tous les quatre ont une certitude : c'est qu'ils arrêteront. D'ailleurs, Medhi « n'est plus de ce milieu », depuis qu'il a rencontré quelqu'un. Yoann lui, veut augmenter la cadence avant de tirer un trait définitif.

« Je suis à quatre clients par mois, j'aimerais bien enchaîner plus. Je pense que j'arrêterai quand je ne serai plus étudiant, dans deux ou trois ans. J'espère en avoir moins besoin, et puis, je serai moins attractif. »

Alexandre aussi est sûr d'y mettre fin.

« Evidemment, dès que j'ai un travail stable, j'arrête. C'est juste un passage que j'effacerai de ma tête plus tard, en me disant : “J'ai été con quand même.”

Enfin, Jérémy diminue les rendez-vous avant de tourner la page, dès qu'il pourra vivre de la danse.

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  • Léa Lejeune
    • Posté à 20h08 le 21/11/2010

    Choquée, perturbée, interloquée à la lecture de l'article ! C'est que le sujet est assez peu traité dans les médias sous cet angle mec. Sans compter que les témoignages sont hyper forts, humanisés, détaillés ! Sur un sujet qui suscite bien des inventions, on se sent bien renseignés, on voit plus clair dans les idées reçues/clichés/réalités à la fin du papier...

  • A déménagé le 2 mai 2011
    • Posté à 20h14 le 21/11/2010

    Entièrement d'accord. Le courage, c'est d'aller bosser à Mc Do ou caissier dans un super marché. Oui c'est sur, ça paye moins...

    Au lieu d'aller boire un verre dans les lieux branchés, on s'achète une pizza au camion du coin et on boit un petit rosé frais avec les potes à la maison... : -)

  • Samuel_A
    Samuel_A répond à Marmeladov
    Expat'
    • Posté à 20h15 le 21/11/2010
    • Internaute
      Expat'

    Je ne vois pas pourquoi vous vous arrogez le droit de juger les gens dès lors qu'ils ne sont pas « dans une situation si terrible qu'ils n'ont pas d'autre solution ».
    Les gens font encore ce qu'ils veulent de leur propre corps. Je ne vois pas au nom de quoi les principes moraux devraient primer sur le libre arbitre.

    Votre comparaison avec le fait de « vendre ses parents » montre bien dans quel état d'esprit vous êtes : « c'est mal ». Pourquoi c'est mal ? « On n'en sait rien, on s'en fout, c'est mal c'est tout. » Oui mais pourquoi ? « Parce que je le pense ».

    Pourquoi c'est mal de vendre ses parents ? Il est facile de répondre : c'est parce que les parents n'ont pas demandé à être vendus, c'est une agression contre eux.

    Pourquoi c'est mal de vendre son propre corps ? Là, l'argument ne tient plus. Vous osez pourtant la comparaison.

    Parce que vous établissez un jugement de valeur dont le fond est « le sexe, c'est mal ». Vous m'affirmerez le contraire, vous n'êtes pourtant pas contre la vente de services et de prestations... à condition qu'elle ne soit pas sexuelle. Qu'est-ce qui différencie celui qui vends sa force comme déménageur de celui qui vends du sexe ? Réponse : le sexe.

    Il s'agit pourtant de sexe entre adultes consentants : comme moralité, je ne sais pas ce qu'il vous faut de plus...

    Cette réaction épidermique, purement émotionnelle (« ça fait pleurer » dites vous), ne reposant sur aucune justification intellectuelle (vous seriez bien en peine de dire en quoi le fait d'être escort boy c'est pire qu'autre chose sans recourir à des arguments émotionnels), montre le chemin qui reste à parcourir pour dédiaboliser le sexe...

  • david528
    david528
    Etudiant en finance de marché
    • Posté à 20h25 le 21/11/2010
    • Internaute
      Etudiant en finance de marché

    Je trouve ca assez ridicule de dire « on n'est pas des putes » car ils se tapent des bobo-gay-frustrés qui les invitent dans une chambre à 500e.
    Ce sont des « putes » (je repète le terme tel qu'il est employé), des prostitués, et à la limite, une prostituée qui n'a pas le choix et qui fait ca pour ses gosses qui habitent dans une roulotte (et encore) m'inspire plus de respect que ce genre de type.
    J'en connais un qui fait ca pour paraître plus friqué dans son école de mode, c'est dire...

    C'est et ca reste un choix personnel, mais dans ces conditions, je pense qu'on a le droit de trouver ca minable.

  • un punk
    un punk répond à david528
    travailleur indépendant
    • Posté à 21h34 le 21/11/2010
    • Internaute
      travailleur indépendant

    boaf… en même temps, « Etudiant en finance de marché » c'est aussi un futur boulot où on sera la « pute » du système néolibéral. De là à vous traiter de « minable »…
    À ce propos il est très amusant de voir des gens qui sont libéraux (finance de marché) ne pas tolérer la libéralisation des mœurs. C'est bien la droite française ça : les « esclaves » du tiers monde pour travailler : oui, mais profession libérale dans le sexe : non.

  • A340AMIRI
    • Posté à 21h48 le 21/11/2010

    Je vais choquer, mais pour être un habitué du site mentionné (dans la version NON-escort, pour gays classiques), et pour avoir comme potes certains « escort », ne dramatisez en rien et ne commencez pas a dire « tout ça c'est de la faute a la crise ! » ou « les pauvres jeunes en perte de repères socio culturels blablabla »
    La plupart de ceux qui sont escorts et que je connais, font du sexe a longueur de journée de toute façon....donc de la a faire payer, je vois pas trop la différence !
    pour illustrer mon propos, j » ai couché avec pas mal de gars rencontré dans la version NON-escort du site, pour m » apercevoir qu » ils avaient ensuite un profil ESCORT....d » aprés mes calculs j » ai même virtuellement gagné des milliers d » Euros en beneficiant de sexe gratuit avec ces petits malins qui exploitent les ex-beaux et les frustrados qui bavent devant leurs pecs et cuisses protéinés !

  • Ptit Louis
    • Posté à 00h23 le 22/11/2010

    Bel article, abordé sans préjugé, sans voyeurisme malsain, très bien.
    Cela en dit long sur la société quoiqu'on en pense.
    Certains riverains ont abordé le sujet en disant : de toute façon, n'est-on pas une pute devant notre patron ?
    Tout est résumé dans une phrase aussi simple et tellement évidente, sur la société néo et ultra libérale que nous « subissons » ou à laquelle la jeunesse a plutôt l'air de bien s'adapter finalement.
    Attention je ne condamne pas cette jeunesse qui assume surement plus ou moins bien ce genre de pratiques.
    Au risque de passer pour un vieux con, de soixante-huitard attardé pour reprendre les termes des réacs gavés de fric, qui polluent notre espace, et pourtant je n'ai vraiment la nostalgie de cette époque, je dirais quand même que la jeunesse (pas toute hélas) a eu le courage de retrousser ses manches pour descendre dans la rue et lutter contre les inégalités et les rigidités de la société, et que finalement maintenant on constate juste un déplacement vestimentaire, à savoir que pour s'en sortir et lutter contre la crise, on ne retrousse plus ses manches, mais on baisse son pantalon.
    Et c'est là ou je me dit que finalement ce système sordide, cette société ultra libérale ( que nous avons accepté quand même, il ne faut pas l'oublier) société qui broie les humains et les consciences, a bien réussi sa basse besogne, les gens étant réduits excusez moi du terme, à vendre leur cul pour pouvoir étudier et finir le mois.

    Sur les murs de la capitale en 1968 s'affichait un slogan :
    « déboutonnez vos cerveaux aussi souvent que vos braguettes »
    J'ai un peu l'impression qu'on déboutonne énormément la braguette mais que le cerveau ne suit pas....
    A qui la faute ? A la société ? Mais après tout, cette société, si vraiment nous n'en avions pas voulu, elle ne se serait pas imposée comme elle l'a fait avec une facilité déconcertante.
    Tous ce mots qui sont aujourd'hui des grossièretés :
    - justice sociale
    - égalité des chances
    - égalité des sexes
    - éducation pour tous

    Redeviendront-ils un jour ces mots pour remplacer :
    - compétitivité
    - performance
    - mérite
    - sélection

    Un môme de 16 ans est mort à Marseille sous les balles d'une Kala...
    Un môme de 11 ans a failli crever...
    Nous sommes en 2010.
    La France n'a jamais connu autant de misère qu'aujourd'hui
    13% de la population en dessous du seuil de pauvreté.

    Comment peut-on admettre de telles choses dans ce que l'on appelait le Pays des droits de l'homme ?
    Des filles et des garçons contraints de se prostituer pour survivre.
    Une jeunesse sans avenir plongé dans le trafic de la drogue, que bien entendu l'Autorité ne combat point, le dealer oui, mais pas le « gros »
    France réveille-toi