Le FBI arrête un médecin français pour délit d'initié
Etrange mélange des genres entre médecine et finance : un spécialiste français de l’hépatite C conseillait à la fois un laboratoire testant un nouveau médicament et des fonds d’investissement spécialisés dans la santé. Les informations confidentielles qu’il leur a fournies leur aurait permis d’éviter de lourdes pertes en Bourse.
Lundi, alors qu’il participait à un congrès à Boston, le docteur Yves Benhamou a eu une mauvaise surprise : des agents du FBI l’ont arrêté et lui ont annoncé qu’il était suspecté d’avoir participé à un délit d’initié. Ce spécialiste de l’hépatologie (les maladies du foie), en poste à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, va être présenté à un tribunal new-yorkais.
Des fuites sur des tests confidentiels
A l’origine de l’affaire : l’Albuferon, un médicament contre l’hépatite C testé par le laboratoire HGSI (Human Genome Sciences Inc.). Yves Benhamou appartenait au comité d’évaluation de l’Albuferon, et connaissait donc les résultats des tests confidentiels menés par HGSI.
HGSI est coté au Nasdaq : les résultats des tests ont un impact direct sur son cours de Bourse. Fin 2007, justement, ces résultats ne sont pas brillants. La mise sur le marché de l’Albuferon est compromise. HGSI l’annonce officiellement fin janvier 2008, et le cours de son action s’effondre immédiatement de 44%.
La SEC, l’autorité des marchés financiers, est intriguée : dans les semaines ayant précédé l’annonce, six hedge funds spécialisés dans la santé ont revendu toutes leurs actions HGSI. S’ils les avaient conservées, ils auraient perdu 30 millions de dollars. L’enquête de la SEC révèlera que ces fonds ont ensuite racheté des actions HGSI, à moitié prix. (Télécharger le document, en anglais.)
Un médecin consultant pour des hedge funds
Yves Benhamou était justement consultant pour la société gérant ces six hedge funds. La SEC n’en révèle pas le nom, mais selon l’agence Bloomberg, il s’agit de FrontPoint Partners, une filiale de la banque d’affaires Morgan Stanley.
Les enquêteurs de la SEC en sont persuadés : le médecin français disposait d’informations confidentielles grâce à son premier client, le laboratoire HGSI, et les a transmises à son second client, FrontPoint Partners.
Il s’intéressait d’ailleurs de près à l’évolution du titre HGSI. Dans un des e-mails récoltés par la SEC, Yves Benhamou demande ainsi conseil au financier :
« Je pense investir dans l’action et je voudrais avoir votre avis. Pensez-vous que l’action Human Genome va augmenter ? A quel prix ? Quand ? »
L’Albuferon, lui, a été abandonné. Le laboratoire HGSI l’avait rebaptisé Zalbin et avait poursuivi ses tests. En vain : en octobre, les autorités sanitaires américaines ont refusé la mise sur le marché du médicament.
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Citoyen éclairé
Citoyen éclairé
Bon article.
On aimerait avoir également des articles de fonds sur les méthodes des médecins français dans l’exercice de leurs fonctions, notamment sur le lobbying des laboratoires pharmaceutiques (si vous prescrivez nos bons médicaments vous aurez droit à un beau voyage ou une belle balance à mettre sur votre bureau) et leur refus de prendre en charge des patients qui bénéficient de la CMU (ce que je trouve ignoble car il s’agit là du non-respect de leur serment d’hypocrate et une négations des valeurs de la République). Et bien évidemment sur l’inutilité du Conseil national de l’ordre des médecins sur ces sujets. Enfin quand on voit l’état d’esprit des étudiants en médecine (pas tous mais une majorité) qui vous rient au nez quand vous leur dites que voulez faire médecin du travail ou médecin dans un centre de mutualité « on ne fait pas des études pour soigner les pauvres ». Voilà le genre de réflexion. Dès lors comment s’étonner du comportement de certains médecins comme cela est décrit dans l’article.




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