Sur le terrain 03/11/2010 à 15h48

Avaries, malaises : la gestion de crise sur la Route du Rhum

Alexandre Pouchard | Journaliste


Branle-bas de combat, mardi matin, au PC course de la Route du Rhum (Alexandre Pouchard/Rue89).

Les aléas de la course à la voile sont variés. Les organisateurs de la Route du Rhum sont préparés à gérer − à distance − les situations délicates.

Des tonneaux de rhum, des feuilles de palmiers sur un faux toit en bois... Pour un peu, on s’attendrait à voir surgir un pirate dans la salle du PC course (poste central) de la Route du Rhum. Mais non. Ici, la quinzaine d’organisateurs provisoirement accueillis par la Maison de la Bretagne à Paris scrute consciencieusement les dernières positions des navigateurs et la météo des prochaines heures.

Ils sont plusieurs à se relayer depuis dimanche pour les « vacations » qui consistent à appeler quotidiennement chaque concurrent via une liaison satellite. L’occasion de prendre des nouvelles et, le cas échéant, de voir quand ça ne va pas. En cas d’extrême urgence (collisions, problèmes de santé, avaries), les concurrents peuvent joindre par téléphone 24 heures sur 24 le directeur de course, qui enclenchera ensuite la procédure.

Ce mardi matin, c’est le branle-bas de combat. Bertrand Quentin, un skipper breton de 50 ans, vient de signaler qu’il n’était physiquement pas bien :

« Dès que je me lève, j’ai des troubles, je ne vois plus rien. J’ai des douleurs dans la poitrine, et je n’ai plus de forces dès que je fais un effort... Là, j’ai déclenché la balise de détresse et j’ai dû dormir une demi-heure. Pour l’instant, ça ne passe pas. » (Ecouter le son)

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Bertrand Quentin signale son malaise

Une procédure de sauvetage rodée

Les organisateurs sont habitués à gérer ce genre d’inattendu. Journaliste et responsable du PC presse, Loïc Le Bras explique les différentes étapes à suivre :

« La procédure est toujours la même. Nous prévenons d’abord la famille et, en même temps, nous mettons tout en œuvre pour le récupérer grâce à la coordination de secours internationaux, les MRCC [acronyme anglais pour les Centres de coordination de sauvetage maritime, ndlr], appelés Cross en France [Centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage, ndlr]. Aujourd’hui, ce sont les MRCC d’Espagne qui ont décollé un hélicoptère.

Une fois que le skipper est récupéré et que tout va bien, nous envoyons un flash d’information pour tenir le public informé du bon déroulement de l’opération. » (Ecouter le son)

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Loïc Le Bras explique la procédure en cas de crise

Dans le cas de Bertrand Quentin, tout est allé très vite. Une fois prévenu du malaise du marin breton, Jean Maurel, le directeur de course, s’est aussitôt entretenu avec Jean-Yves Chauve, le médecin de l’organisation :

« Il a le dossier médical de Bertrand Quentin, et a tout de suite décidé qu’il fallait l’évacuer. Nous avons sollicité un autre avis médical, qui a été du même avis. J’ai alors demandé à Bertrand de déclencher sa balise. » (Ecouter le son)

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Jean Maurel, directeur de course de la Route du Rhum, raconte le déroulement de la matinée de mardi

Trois heures après avoir signalé son malaise, Bertrand Quentin était hélitreuillé par les sauveteurs espagnols. Une opération facilitée par sa proximité avec les côtes espagnoles. La Route du Rhum s’arrête pour lui au large de la Galice. Pour les autres navigateurs, le PC course garde le contact et se tient prêt à gérer d’autres situations délicates.


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  • 31 réactions
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  • Dani Wilde
    Dani Wilde
    Observateur
    • Posté à 15h58 le 03/11/2010
    • Internaute 87091
      Observateur

    ’ Il a le dossier médical de Bertrand Quentin, et a tout de suite décidé qu’il fallait l’évacuer. ’’

    donc tout le monde avait connaissance de ses problemes cardiaques, alors sans vouloir etre demago,n’aurait il pas ete plus raisonnable ,vu l’etat de santé de ce monsieur, de reporter ou annuler son départ ?

    Certes l’aventure est bien belle,mais il ne faut pas jouer avec le feu, car sans helicos,telephone satellites,etc...ce monsieur ne serait peut etre plus la aujourd’hui...

  • Numerosix
    Numerosix répond à Dani Wilde
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 16h19 le 03/11/2010
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Est ce bien raisonnable de partir seul affronter la mer sur une coque de noix plutôt que de rester dans sa chambre à lire des BD , d’une manière générale ?

  • cindi
    cindi
    infirmière retraitée
    • Posté à 18h56 le 03/11/2010
    • Internaute 120359
      infirmière retraitée

    Heureusement qu’on les surveille , c’est une bonne chose ce qui n’enlève rien à leur courage . Ils méritent cette surveillance ces hommes qui nous font vivre des moments intenses. La course est dure .

  • Pas tripette.
    Pas tripette.
    Si j'aurais su, j'aurais po lu.
    • Posté à 19h26 le 03/11/2010
    • Internaute 117974
      Si j'aurais su, j'aurais po lu.

    C’est différent de ce qui se passe pour tout marin ?