Decryptage 31/10/2010 à 11h24

A la peine à mi-mandat, Obama incompris ou impuissant ?

Charlotte Lepri | Chercheuse à l'Iris


Barack Obama lors d’un discours samedi à Bridgeport, dans le Connecticut (Larry Downing/Reuters)

Les élections de mi-mandat de la semaine prochaine vont-elles marquer un tournant dans le mandat de Barack Obama ? En tout cas, quelques tendances semblent se confirmer depuis plusieurs semaines. Les démocrates ne sont plus les « saints-sauveurs » qui venaient prendre la relève d’une équipe Bush usée et déconsidérée.

La perte de sièges est d’autant plus probable que les démocrates avaient remporté de nombreuses victoires aux élections de 2008, faisant tomber dans leur escarcelle des états jusque-là républicains. Un retour de balancier est donc prévisible.

Les élections de mi-mandat sont un piège pour la Maison Blanche

De fait, les républicains vont très probablement devenir majoritaires au moins à la Chambre des représentants, et peut-être même au Sénat. Mais c’est une tendance en politique américaine depuis au moins cinquante ans : le parti du Président perd généralement des sièges au Congrès lors des élections de mi-mandat.

Pour celles de 1994 par exemple, Bill Clinton avait connu une sévère défaite, au point que l’on a parlé à l’époque d’une « Révolution républicaine ». Cela ne l’a toutefois pas empêché d’être réélu en 1996.

L’un des seuls à avoir échappé à ce retour de bâton est George W. Bush, qui, lors des élections de mi-mandat de 2002, avait su rassembler la nation et consolidé sa majorité dans un contexte d’après 11 Septembre et de guerre contre le terrorisme.

Des attentes bien trop élevées lors de son élection

Malmené dans les sondages, critiqué sur son bilan, surpris par la montée en puissance du Tea Party, Obama peine à retrouver le souffle qui l’avait porté pendant sa campagne.

Alors que son thème de campagne avait été axé sur le changement, la majorité des Américains est aujourd’hui perplexe sur sa capacité à véritablement faire évoluer la « politique washingtonienne » et se montre très critique sur le rôle du « big government » [concept qui désigne la lourdeur et le coût du gouvernement fédéral, ndlr].

Les attentes suite à l’élection de Barack Obama étaient bien trop élevées pour que, deux ans après, son bilan soit au niveau des espoirs suscités.

En deux ans, il a réussi à faire adopter des mesures emblématiques, telles que :

  • la fermeture de Guantanamo (inachevée à ce jour)
  • la réforme de la santé en mars 2010 
  • la réforme du système financier en juillet 2010 

Mais ces mesures sont souvent incomprises et critiquées.

« It’s the economy, stupid ! » : le plan de relance insuffisant

Il a également réussi à obtenir, dès le début de son mandat, le vote du Congrès pour un plan de relance de 787 milliards de dollars permettant au pays d’éviter de sombrer dans le marasme économique.

Mais les Américains ne font que peu de cas de la capacité de l’équipe économique du Président à juguler la récession. Même si de récents rapports montrent que l’état de l’économie américaine aurait été bien pire sans le plan de relance, cela n’a que peu d’effet sur les intentions des électeurs.

En effet, il est rare qu’une équipe gouvernementale soit félicitée d’avoir évité un désastre économique qui n’est du coup pas arrivé... Et la perception qu’ont les Américains de la santé économique de leur pays est la clé des élections.

Or, même si la situation ne s’est pas détériorée depuis, elle tarde à se rétablir. Le taux de chômage reste à des niveaux record (9,6%), la consommation est en berne et les perspectives de croissance sont peu optimistes.

Politique étrangère : bilan controversé

Sur les dossiers de politique étrangère, le bilan d’Obama est discutable, notamment à cause du fossé entre les promesses et les résultats.

Sa « stratégie des grands discours » a fait long feu, et semble même avoir été abandonnée. Quelles sont en effet les répercussions positives du discours d’Obama au peuple iranien, de son discours du Caire (sur les relations avec le monde musulman) et de son discours de Prague (sur un monde sans armes nucléaires) ?

Que sont devenus les appels au « multi-partnership » [partenariats multiplies, ndlr] ? Que de désillusions et désenchantements !

Certes, il a signé avec les Russes un nouveau traité visant à réduire les arsenaux nucléaires des deux pays (le « New Start »). Mais il est possible que le Sénat s’oppose à sa ratification, surtout s’il bascule dans le camp républicain.

Certes, l’image des Etats-Unis s’est améliorée dans de larges parties du monde. Mais quel poids cela aura-t-il dans le vote des Américains ? La situation était tellement détériorée qu’il aurait été de toute façon difficile de faire pire.

La situation s’est encore détérioriée en Afghanistan

Sur le front irakien, Obama est en train de mener la politique de retrait des troupes en Irak. Mais cette décision avait déjà été prise par l’Administration Bush. Concernant le dossier israélo-palestinien, Obama a à son crédit de s’y être consacré dès son premier mandat, et de parler clairement de « deux Etats pour deux peuples ».

Mais les propos contradictoires des différents membres de son administration et le manque de fermeté à l’égard de la politique israélienne peuvent laisser perplexe quant à une réelle volonté de sortir de l’impasse.

En Afghanistan, la mise en œuvre d’une énième stratégie (basée sur la contre-insurrection, avec un renforcement des troupes sur le terrain et, parallèlement, une politique de réconciliation et réintégration avec une partie des insurgés, pour préparer la transition) ne permet toutefois pas d’envisager une amélioration de la situation à court ou moyen terme : les conditions de sécurité sur le terrain se détériorent et le gouvernement afghan n’est pas en capacité de prendre le relai.

La force du verbe de Barack Obama, qui avait fait son succès pendant la campagne électorale de 2008, n’a pas suffi pour gagner la bataille de l’opinion.

Barack Obama reconnaît des erreurs tactiques et un manque de pédagogie et de communication, d’où une large incompréhension de son bilan auprès de l’opinion publique américaine, mais semble également rattrapé par la dure réalité du pouvoir, qui révèle son impuissance à mettre en œuvre le changement tant promis.

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  • no register
    • Posté à 11h34 le 31/10/2010
    • Internaute 120050

    les neo-cons et les lobbys font se qu’ils veulent sans lobbys au usa , un président n’a aucun pouvoir un peu comme en France .
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  • Molly Hatchet
    Molly Hatchet
    d'an emgann ! d'an emgann !
    • Posté à 11h46 le 31/10/2010
    • Internaute 125979
      d'an emgann ! d'an emgann !

    Il a trop promis, trop fait rêver et c’est le problème de la gauche en général qui au vu des aspirations et des ambitions affichées ne peut que décevoir dans la mesure où ils se révèlent incapables.

    • thierry reboud
      • Posté à 11h54 le 31/10/2010
      • Internaute 20923

      Ce n’est pas tant qu’il ait trop promis : en regardant son programme avec un peu de calme, on se rendait bien compte au contraire qu’il promettait très peu. Il laissait éventuellement entendre que..., mais guère plus.

      En revanche, peut-être plus encore hors des Etats-Unis qu’à l’intérieur, on a facilement cru qu’il pourrait faire des miracles. Et, forcément, comme il n’est qu’humain...

      • Molly Hatchet
        Molly Hatchet répond à thierry reboud
        d'an emgann ! d'an emgann !
        • Posté à 12h37 le 31/10/2010
        • Internaute 125979
          d'an emgann ! d'an emgann !

        Ce que je lui repproche c’est d’avoir fait rêver les classes populaires, les plus vulnérables, et au bout du compte de les avoir déçues.
        C’est ce que je repproche le plus aux politiques de gauche en général.
        Il font croire aux plus défavorisés que leur vie va s’améliorer mais au bout du compte rien ne se passe.
        On n’a pas le droit de jouer avec l’espoir des plus démunis et des plus fragiles ...

        Jospin avait fait espérer les ouvriers de l’usine Renault de Wilvorth en disant que le maintient de cette usine dépendait de l’Etat, il a fait espéreer les imigrés clandestins en promettant une régularistaion massive, et au bout du compte tous ont fait la queue devant les préféctures avec espoir.
        Espoir qui a été déçu pour 70 % d’entre eux.
        Quand à l’usine Renault, une fois premier ministre il a expliqué que ce n’était pas du ressort de l’Etat ...
        C’est une attitude honteuses, il avait donné de l’espoir à ces ouvriers qui ont dû se croire sauvés lorsqu’il a été élu : quelle cruelle désillusion pour eux.

         
        • thierry reboud
          • Posté à 13h16 le 31/10/2010
          • Internaute 20923

          Bon, admettons ce que vous dites... En quoi est-ce propre aux politiciens de gauche ? Rappelez-vous 2007 : dans le genre faire rêver sur du creux, Sarkozy, ça n’était pas mal non plus.

          Les promesses n’engagent que ceux qui y croient, phrase attribuée à un autre homme de gauche : Charles Pasqua.

          • Molly Hatchet
            Molly Hatchet répond à thierry reboud
            d'an emgann ! d'an emgann !
            • Posté à 13h19 le 31/10/2010
            • Internaute 125979
              d'an emgann ! d'an emgann !

            Tout à fait, et puis on se souvient encore de la fameuse fracture sociale de Chirac ...
            La différence est que lorsque ce genre de propos est tenu par la droite, on n’y croit pas plus que ça ....
            Tandis que la pauvreté est le fond de commerce de la gauche.

          • Inpou
            Inpou répond à thierry reboud
            J'enfonce le clou
            • Posté à 14h44 le 31/10/2010
            • Internaute 92671
              J'enfonce le clou

            « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient, phrase attribuée à un autre homme de gauche : Charles Pasqua. »

            C’est une vision de la politique effrayante. On élit pas quelqu’un pour se faire en***** après. On élit des gens qui sont censés porter le plus possible les aspirations du peuple. Je pense comme Molly ; on ne doit pas jouer avec les espoirs du peuple. La politique est « sacrée ».

            A cause du jeu politicien, je ne voterai pas (j’ai eu ma carte électorale il y a deux ans) Je n’y crois plus. Par exemple, je n’ai pas digéré le traité de Lisbonne que Sarkozy a fait passer par voie parlementaire dans le dos des Français. Bref, j’attends patiemment l’implosion du système.

            • Tekhyla
              Tekhyla répond à Inpou
              Eudémoniste Contemporain
              • Posté à 23h14 le 01/11/2010
              • Internaute 74701
                Eudémoniste Contemporain

              C’est ça le but... que tu ne votes plus.
              Mission accomplie.

              Tu t’es encore fait avoir ^^

        4 autres commentaires
      • averageman
        averageman répond à thierry reboud
        RGPP pour tout le monde (caviar (...)
        • Posté à 05h20 le 01/11/2010
        • Internaute 116476
          RGPP pour tout le monde (caviar (...)

        Pas d’accord !

        As tu lu « the pledge », le program des republicains ?
        C’est plein de lieu commun populiste, et de simplifications a la :
        Etre vous :
        pour la libertee le libre echange et contre L’avortement et contre l’etat ?
        Pour la guerre, contre le bonheur et pour l’avortement homosexuel et pour l’etat ?

        Le republicain et le Tea party n’ont pas de program (sauf detruire les institution publique pour y mettre du prive pour faire des $$$ sur les gosses, la santee, l’education........... Comme en france bientot !)

        Essayer de reformer wall street et reformer « medicare » c’est enorme ! ! ! ! ! Surtout au US ou les « stupid white men » ont reussi a convaincre le publique que c’est du socialisme et que la sante couterait ducoup plus chere (et le peuple le croit !).

        A voir pour illustre « sicko » et a lire « stupid white men » de Moore.

        La politique US devient ultra simple apres ca ! (et c’est explique PAR un americain de base POUR les americains de base.
        Ca aide a comprendre les US, le distingo culturel est par toujours clair pour les francais (car OUI l’americain de base est sous eduque car pas d’argent, pas d’etude, La france ne realise pas sa richesse d’avoir l’education National et de l’ecole pour tous et des media « independant »)

        D’accord qu’il a des armees de gens (mieux) payees qui bossent tres dur a le faire tomber (c’est d’ailleurs le program des republicains) Obama aux election (en opposant tout).

        PS : Molly Hatchet le troll utilisant la photo de Miles Davis c’est risible !

    • Gratouille
      • Posté à 12h01 le 31/10/2010
      • Internaute 127750

      Tout est dans « promis »
      Une idée de génie de François Mitterrand (ou de ses conseillers) passée inaperçue c’est d’avoir basé son premier programmes sur 110 propositions et non promesses : c’est faire preuve de lucidité de proposer un idéal en sachant à l’avance que l’opposition, non pas politique, mais économique touchée dans ses intérêts tentera d’y faire obstacle. C’était une manière de se prémunir des critiques d’échec.
      Mais il y a pire que d’échouer, c’est de mentir sur ses promesses et de faire délibérément le contraire ; ça c’est une trahison.

    • Tatorsky
      Tatorsky répond à Molly Hatchet
      mal au derch
      • Posté à 12h43 le 31/10/2010
      • Internaute 107402
        mal au derch

      Soyons sérieux, Obama est de centre droit, pas de gauche.
      A la limite, il est Modem. Mais c’est bien le seul dans son courant politique de centre droit.
      Les USA n’ont pas de vrai débat politique de gauche car ils n’ont pas d’Homme politique de gauche sur le devant de la scène médiatique.
      En ce qui concerne la « Gauche », elle promet beaucoup et a beaucoup réalisé. Hélas, à l’instar du Brésil, l’usage du pouvoir finit par la couper de son militantisme.

      • averageman
        averageman répond à Tatorsky
        RGPP pour tout le monde (caviar (...)
        • Posté à 05h42 le 01/11/2010
        • Internaute 116476
          RGPP pour tout le monde (caviar (...)

        Merci ! ! ! !
        Socialisme est un gros mot au US.
        Il y a qu’UN socialiste sur Capitol Hill (Vermont).

        Mais c’est telement plus facile de faire le parrallele gauche droite comme en france, c’est d’ailleurs 80% de la propagande pour con (la-bas et ici.....)

    • Tristian
      Tristian répond à Molly Hatchet
      moi-même
      • Posté à 12h45 le 31/10/2010
      • Internaute 121503
        moi-même

      HA HA HA, c’est le propre de toutes les tours de Babel, de trop promettre et de se révéler, souvent, incapable, (de gauche comme de droite).

      Sarko, comme illustration du président du pouvoir d’achat, avait fait très fort.

      L’extrême gauche de 1848, en Suisse, (le parti radical démocrate), a assez bien réussi à tenir ses promesses (il y a toujours des contre-exemples).

      J’aime, aussi, beaucoup Evo Morales, qui, étrangement, arrive à respecter beaucoup de promesses et est loin d’être un incapable.

      Mais ca doit être parce qu’il n’est pas de gauche.

      Les belles promesses fachistes et nazis, un autre très belle exemple des chutes qui font très très mal. Les pauvres auraient mieux fait de ne pas y croire.

  • A déménagé le 18-1
    • Posté à 11h46 le 31/10/2010
    • Internaute 116615
      bc

    La crise impacte le vote des américains, ils consomment leurs élections, comme clients contents ou pas contents.
    La crise est durable, puisque la croissance va traverser le pacifique, la richesse et les emplois, avec.
    Comme c’est parti, les américains ne rééliront plus jamais un président deux fois, qu’il soit démocrate ou conservateur, ils veulent que les USA redeviennent ce qu’ils ne seront plus jamais.
    A moins d’une bonne guerre ou d’un nouveau satan providentiel...

  • enfumage
    enfumage
    parti de rien pour arriver (...)
    • Posté à 11h49 le 31/10/2010
    • Internaute 97031
      parti de rien pour arriver (...)

    Obama , incompris ou impuissant ? plutot descendu médiatiquement par les forces frico-judéo-réac mafio -racistes qui n’ont jamais supoorté qu’un noir démocrate de plus arrive à la maison blanche ...dès le dsicours du Caire cétait plié . Israel a mis le hola .....à défaut d’une balle dans la tete ...ils ont tout fait pour le discréditer ...et ca a marché avec l’appui des médias et le fric des banquiers ...Haro sur Obama...meme sarko s’y est mis ...

  • Gratouille
    • Posté à 11h52 le 31/10/2010
    • Internaute 127750

    « Obama incompris ou impuissant ? “
    –––––––––––––––
    Même pas : simplement victime de la haine ordinaire de la ségrégation et de la rancœur des déçus.
    J’ai bien entendu quelqu’un qui admirait beaucoup ‘l’ancienne’ Afrique du Sud (pour son développement économique) ne le citer que comme ‘le nègre Obama’ et pourtant c’est un spécimen européen ordinaire et cultivé ; alors de la part d’américains qui, il y a 50 ans l’aurait traité d’esclave, le voir président aujourd’hui doit générer beaucoup de haine.

    Si on ajoute que les défavorisés sont plus prompts à conspuer ceux en qui ils ont placé leurs espoirs lorsqu’ils ne réussissent pas assez vite que ceux qui ne faisaient rien pour eux auparavant, on a passé en revue le corps électoral.

    • D-503
      D-503 répond à Gratouille
      U topos
      • Posté à 13h34 le 31/10/2010
      • Internaute 116654
        U topos

      Sur la réaction (au sens de réactionnaire) que suscite Obama aux Etats-Unis, je vous laisse seul juge. Je ne connais pas assez ce pays pour émettre un jugement. D’ailleurs, je ne comprends toujours pas la montée du groupuscule du Tea Party.
      Par contre, votre jugement concernant l’aveuglement des classes populaires me semble un rien condescendant. Il est facile de traiter les défavorisés de cons et d’ingrats lorsqu’ils se mobilisent politiquement (et dans un cadre que la bourgeoisie a imposé pour son plus grand profit, la démocratie représentative ou ploutocratie) et de les fustiger lorsqu’ils se désintéressent de la politique en s’abstenant massivement (quoique l’abstention soit un phénomène bien plus complexe). Bref, les pauvres ont toujours tout faux. Normal, ce sont des pauvres ! Dans le cas contraire, ils ne seraient sans doute pas pauvres.
      Ce que vous semblez oublier, c’est qu’Obama s’est sans doute servi des pauvres pour conquérir le pouvoir, qu’il leur doit d’être à la Maison Blanche et que sans eux, il n’est rien sur le plan politique.
      La politique consiste non seulement dans la conquête du pouvoir (définition de Machiavel et de Raymond Aron) mais également dans la capacité à proposer une vision d’avenir. Lorsque la population y croit en élisant un représentant (qui n’est qu’un représentant, bien qu’il l’oublie très souvent), on peut effectivement les accuser de stupidité (voir le très bon sketch de Desproges sur le Père Noël) ou de naïveté. Mais le cynisme et le nihilisme ont sans doute leur utilité pour ne pas prendre des vessies pour des lanternes, mais seuls, ils ne construisent aucun monde commun.

      • Gratouille
        Gratouille répond à D-503
        • Posté à 19h28 le 31/10/2010
        • Internaute 127750

        Je ne pense pas être condescendant à l’égard des défavorisés (que je n’ai d’ailleurs pas qualifié de « cons ») mais en revanche depuis que la gauche a été en mesure de peser sur le cours de notre société (1981) j’ai souvent entendu des propos plus durs à l’égard de la gauche qui, même si elle fait le maximum n’en fait pas « assez ».
        Je pense que c’est de là que viennent les slogans tout fait « tous les mêmes » « tous pourris » « gauche caviar » etc...
        En revanche encore, la droite qui fait bien pire... c’est normal... c’est la droite.
        Et les retours de bâtons sont plus violents encore contre la gauche à qui on ne pardonne rien. Ce n’est hélas que du vérifié, pas du condescendent.
        Quant aux USA que vous dites « ne pas connaitre assez pour émettre un jugement »
        il me semble qu’affirmer « Ce que vous semblez oublier c’est qu’Obama s’est sans doute servi des pauvres pour conquérir le pouvoir, qu’il leur doit d’être à la Maison Blanche »
        est un peu « court » c’est d’entré de jeu l’accuser de les avoir manipulés alors qu’il me semble que compte tenu de la situation il aura, lui aussi, fait ce qu’il a pu.

        Malheureusement, c’est lorsque plus rien ne va qu’on appelle « la gauche » au secours et qu’elle doit se débrouiller avec les morceaux.
        Quand elle s’est bien crevée à sauver les meubles et qu’elle peut commencer à penser à améliorer le quotidien, le peuple n’en peut vraiment plus et c’est elle qui trinque.... jusqu’à la prochaine fois.

        Si Obama s’était avisé de prendre des mesures de contrôle des banques, il se serait fait traiter de communiste et on lui aurait organisé un petit voyage à Dallas. En Europe c’est Bruxelles qui s’efforcera d’étrangler le premier pays qui tentera de s’affranchir de l’ultra libéralisme.

         
        • D-503
          D-503 répond à Gratouille
          U topos
          • Posté à 20h17 le 31/10/2010
          • Internaute 116654
            U topos

          Je comprends votre analyse de ce que l’on reproche à la gauche et, parfois, il y a du « vrai ». Je pense notamment au piège des maîtres de forges au début des années 1980 lors de la nationalisation de la sidérurgie, entre autres. Il était également impossible (ou tout du moins très difficile) à Mitterrand de maintenir une politique keynésienne après l’échec complet de 1981-1982. Je suis également d’accord avec vous pour dire que la gauche parvient à conquérir le pouvoir très souvent dans des situations très difficiles (1936 ou 1981 en sont des exemples flagrants).
          Néanmoins, je persiste à penser qu’il ne faut montrer aucune complaisance vis-à-vis des élus de gauche parce qu’ils ont tendance, orientation de classe oblige sans doute (il ne faut pas se leurrer, très peu de nos représentants de gauche sont véritablement issus des classes populaires), à avoir une vision quelque peu droitière du fonctionnement social. D’ailleurs, je ne suis pas certain que les électeurs de droite pardonnent grand chose à leurs représentants. Et tout cela me paraît normal. Endosser la responsabilité de représenter des électeurs est une tâche qui doit être exigeante, sans cela la démocratie n’est qu’un vain mot cachant une ploutocratie.
          Je ne pense pas, par contre, que le « tous pourris » provient uniquement et principalement de la déception des citoyens à l’égard des personnes politiques (de gauche ou de droite, d’ailleurs). Le phénomène est, à mon sens, plus complexe et, malheureusement, plus profond : la crise de la démocratie représentative, le déclin de la classe ouvrière, ainsi que 30 de chômage de masse et de précarité croissante sont autant de facteurs qui m’apparaissent plus importants.
          Pour terminer, je me suis mal exprimé. Je n’ai pas voulu dire que Obama avait tenté de manipuler les classes populaires. A vrai dire, je n’en sais rien. Par contre, il avait sans doute besoin de leur vote pour être élu. Il est donc également leur représentant et il a des devoirs vis-à-vis d’eux. Le contexte politique dans lequel il évolue est sans doute difficile (les débats, vus de France, qui ont eu lieu lors de la réforme de l’assurance maladie en sont un exemple flagrant). Mais dans le même temps, il s’est entouré de secrétaires et autres conseillers dont il aurait pu se passer. Lawrence Summers, pour celui que je connais le mieux, n’est pas franchement un conseiller en économie que je recommanderais : lorsqu’il était vice-président de la Banque Mondiale, celui-ci ne trouvait rien de mieux que de proposer d’aller polluer les pays en développement (notamment d’Afrique) parce qu’ils n’étaient que peu pollués et que leur espérance de vie étant faible, cela n’avait pas beaucoup d’importance. Et puis, au moment où tout le monde (y compris un certain nombre d’américains) attend des Etats-Unis des gestes en matière de réduction de la pollution, prendre un conseiller pour qui ce n’est pas et cela ne constituera pas un problème, c’est se tirer une balle dans le pied.
          Ceci étant dit, peut on vraiment dire qu’Obama est de gauche ?

        1 autres commentaires
  • parousnik
    • Posté à 11h54 le 31/10/2010
    • Internaute 18991

    Le terrorisme libérale n’atteint pas que les victimes innocentes d’Afghanistan ou d’Irak mais aussi ces valets... Obama a offert plusieurs milliers de milliards de dollars a Wall Street...tandis que plus de 110 millions d’étasuniens survivent sur les rives du seuil de pauvreté...

  • jiemo
    jiemo
    123 ignition lift off
    • Posté à 12h38 le 31/10/2010
    • Internaute 21993
      123 ignition lift off

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    • speedy38-
      speedy38- répond à jiemo
      Ingénieur des travaux finis
      • Posté à 13h02 le 31/10/2010
      • Internaute 124689
        Ingénieur des travaux finis

      Beuurk ! ! !
      J’ai la nausée d’un coup.
      Excusez-moi, il faut que j’aille d’urgence régurgiter mon repas.

      • jiemo
        jiemo répond à speedy38-
        123 ignition lift off
        • Posté à 17h51 le 31/10/2010
        • Internaute 21993
          123 ignition lift off

        Hi hi hi , je ne l’avais pas mis pour être plussé !

        Quand on voit la ....bêtise des protagonistes on a effectivement envie de vomir !

         
        • speedy38-
          speedy38- répond à jiemo
          Ingénieur des travaux finis
          • Posté à 18h56 le 31/10/2010
          • Internaute 124689
            Ingénieur des travaux finis

          Hi hi hi , je ne l’avais pas mis pour être plussé !

          Je vous ai plussé, mais je constate avec désespoir que vous n’en fîtes point de même à mon égard, malgré l’acte profondément courageux d’avoir réussi à tenir 35 secondes devant ce spectacle écœurant...

          A titre de représailles je vais vous moinsser.. Un si bon repas gâché ! ! !

        1 autres commentaires
    • funkystefffff
      funkystefffff répond à jiemo
      écolo antipathique
      • Posté à 03h06 le 01/11/2010
      • Internaute 55257
        écolo antipathique

      Les médias américains ont abandonné la recherche de l’objectivité, pour la remplacer par la recherche de l’équilibre : ça paraît pas grand chose à priori, mais c’est là que c’est grave : tout se vaut, tous les points de vue valent d’être exprimés et méritent le même traitement médiatique, sans contradicteur. D’où ce ramassis de conneries... La Tea Party et ses joyeux drilles, les créationnistes, etc...

      Qu’on se rassure : ça commence à arriver chez nous ! ! !

      Mais il y a aussi des gens bien : Lien

  • ysengrimus
    • Posté à 12h44 le 31/10/2010
    • Internaute 12674

    Notons que, lors de sa prestation au Daily Show de Jon Stewart, Obama a signalé à deux reprises que des pratiques coutumières non inscrites dans la constitution imposaient un vote avec majorité de 60 voix au Sénat. Il a aussi mentionné que la procédure d’obstruction systématique (filibuster) devrait être révisée car utilisée abusivement par l’autre camp. Il est patent que ce président, avoué constitutionnaliste de formation, se prépare à gouverner dans des conditions camérales plus ardues.
    Paul Laurendeau

    • gbmaven
      gbmaven répond à ysengrimus
      • Posté à 17h56 le 31/10/2010
      • Internaute 28636

      Au dernier comptage, les Républicains en sont à 375 propositions de loi bloquées au Sénat.

  • Srgvlt
    Srgvlt
    Twitter @srgvlt
    • Posté à 12h57 le 31/10/2010
    • Internaute 23660
      Twitter @srgvlt

    on attend des démocrates - ou de la gauche en france - qu’ils soient des saints-sauveurs, au point lorsque les attentes sont déçues de leur préférés les conservateurs - ou en france la droite - dont on sait pourtant qu’ils sont d’affreux empapaouteurs qui ne nous donneront que la nostalgie d’une gauche salvatrice, qui nous décevra très certainement après nous avoir fait rêver deux secondes, etc. etc.

    plutôt que de jouer à l’alternance on devrait mieux choisir le moins pire. même si, certes, ce n’est pas le comportement politique que nous espér(i)ons !

  • ZOZO
    ZOZO
    Acheteur
    • Posté à 12h58 le 31/10/2010
    • Internaute 24608
      Acheteur

    OBAMA : incompris ou impuissant ?

    Pas vraiment : simplement larbin ou vitrine légal sans autonomie d’un complexe financiaro-milataro-industriel à la ramasse, du moins en apparence !

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 13h10 le 31/10/2010
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Ce qui a couté à Obama, ça a été son ménagement de la chèvre et du chou. Il a déçu ses supporters et n’a pas converti ses adversaires.

    Il est probable que si pour lui il ne doit pas y avoir de retour sur investissement, sa politique risque de se radicaliser (particulièrement au Proche Orient et vis à vis des établissements financiers), malgré un Congrès hostile.

    Le départ de son administration de membres actifs de plusieurs lobbies donne à penser que le temps des demi-mesures est terminé.

    • Tristian
      Tristian répond à Anastaze
      moi-même
      • Posté à 13h19 le 31/10/2010
      • Internaute 121503
        moi-même

      Ca veut dire quoi, se radicaliser au Proche Orient ?

      Est-ce que ca risque d’être lui, qui enclenche la troisième guerre mondiale, en déclarant la guerre à l’Iran (ce que la fiotte de Bush fils m’avait pas eu le courage de faire) ?

      Ou, alors, suivre le radiacalisme islamo-gauchiste d’un Lula ?

      On verra voir.

      • Anastaze
        Anastaze répond à Tristian
        inconsolable
        • Posté à 13h26 le 31/10/2010
        • Internaute 53186
          inconsolable

        Ça veut dire ne plus chercher à ménager ni le complexe militaro-industriel, ni l’AIPAC.

        Quelle forme ça prendra ? Je n’en sais rien, mais ça ira certainement dans le sens de l’intérêt des citoyens US (je pense à l’emploi et au budget fédéral).

         
        • Tristian
          Tristian répond à Anastaze
          moi-même
          • Posté à 17h15 le 31/10/2010
          • Internaute 121503
            moi-même

          Aie, il me semble que les démocrates, depuis la chute du mur de Berlin, n’ont pas trop cherché à réduire les dépenses militaires des USA.

          he he, mais c’est vrai que ca serait assez drôle, qu’Obama décide de punir son parti et sa pesante administration, en laissant tomber le complexe militaro-industriel et l’AIPAC.

          Mais dans ce cas là, il devrait chercher une politique très pragmatique et de désengagement, au Moyen Orient.

          Juste qu’il avait promis de ne pas perdre la guerre, en Afghanistan.

          J’avais pensé qu’Obama serait assez intelligent pour établir des relations normales avec la république islamique d’Iran et de l’inviter, comme acteur régional, dans toutes les négociations touchant l’Irak, l’Afghanistan et même le Liban et le conflit israélo-palestinien. A la base, les USA et l’Iran ont bien plus d’intérêt commun, au Moyen Orient, que de différant.

          Mais on a vu, en 2009, la réactivation des réseaux de l’Irangate (comme le coup d’état au Honduras). Il me semble que, sous Obama, la mise en place du choc des civilisations se rapproche.

          Mais c’est vrai qu’un virage à 180°, avec un Obama qui essaye de se rapprocher des positions de ses ex-alliés brésiliens et turques, ce qui permettrait de régler les problèmes avec le nucléaire iranien, puis, avec toutes les cartes en main (grâce au soutien de l’Iran), qu’il arrive à régler le problème israélo-palestien, on aurait le principale verrou qui lâche, ce qui devrait permettre au USA de se retirer tranquillement d’un Moyen Orient pacifié et d’arrêter la plus part des programmes d’aide militaire, comme ceux en direction de l’Egypte et d’Israël.

          J’ai de la peine à y croire, malheureusement. Il semble, au contraire, que le peuple, au USA, avait trouvé Obama trop mou et qu’il devrait pouvoir s’assurer une fin de gestion tranquille et, même, une réélection, si il met en place la troisième guerre mondiale.

          • Anastaze
            Anastaze répond à Tristian
            inconsolable
            • Posté à 17h52 le 31/10/2010
            • Internaute 53186
              inconsolable

            Je partage votre avis sur les intérêts communs entre l’Iran et les USA, en particulier pour ce qui concerne le prix du Brent où le prix d’extraction du lourd iranien n’a rien à envier aux sables bitumeux US. Tout deux s’accommodent fort bien de la spéculation engendrée par les gesticulations de l’USS Eisenhower dans le golf d’Oman.

            Obama a bien tendu la main à Ahmadinejad mais celui-ci refuse de la saisir. D’abord parce que depuis l’élection de Reagan, les républicains islamiques ont toujours voté « républicain », ensuite parce que se pose la question plusieurs fois millénaire du contrôle de la région et qu’Ahmadinejad au prétexte d’aider les Palestiniens aimerait bien voir affaiblie le tête de pont US à savoir Israël.

            C’est oublier un peu vite qu’Israël à d’autres atouts dans sa manche et que la série d’humiliations infligées à l’administration Obama par Netanyahu depuis le début des négociations, n’a pas manquée d’affaiblir la crédibilité d’Obama aux USA.

            J’ai aussi du mal à croire qu’Obama comme Clinton gèrera le quotidien pendant le reste de son mandat, parce qu’il y a en lui encore un peu d’idéalisme.

            Voilà pourquoi je pense qu’il va durcir la politique sans savoir dans quel sens.

        2 autres commentaires
  • Jean-Sébastien Billard
    Jean-Sébastien Billard
    Elément à Charles
    • Posté à 13h15 le 31/10/2010
    • Internaute 125643
      Elément à Charles

    Comment Obama a-t-il été élu ? Il y a eu, pour son élection, un phénomène irrationnel où l’enthousiasme sur sa personne s’est emballé et auto-alimenté sans que cela corresponde à une adhésion réelle à son programme. Les électeurs des USA sont plus républicains, dans le fond, que leur vote l’a laissé croire. C’est ça le peuple américain, c’est lui qui a fait le pays. Obama n’est pas l’élu des européens, notre sentiment n’a rien à voir dans son succès ou son insuccès.

  • ruffryders
    ruffryders
    Jusqu'a la mort - La vie ne (...)
    • Posté à 13h16 le 31/10/2010
    • Internaute 99399
      Jusqu'a la mort - La vie ne (...)

    c’est difficile pour lui (obama) d’expliquer à des « cons » ( certains americains) dixit un politicien francais , on le juge sur ce qui arrive aux etats unis et pas sur ce qu’il fait pour les usa les etats unis avance , le racisme ne progresse pas la guerre est dur a finir mais il fait tout ce qu’il peut l’enseignement n’est pas en greve ect mais bon certains voudrait que bush revienne au pouvoir pour refaire katrina attaquer un nouveau pays faire encore moins payer d’impot a ses copains faire liberer ses potes crapuleux .....

  • speedy38-
    speedy38-
    Ingénieur des travaux finis
    • Posté à 13h18 le 31/10/2010
    • Internaute 124689
      Ingénieur des travaux finis

    « It’s the economy, stupid ! » : le plan de relance insuffisant
    Ben voui, mais s’il avait lancé un plan de relance plus audacieux, ça n’aurait pas plu à Wall Street...

    Politique étrangère : bilan controversé
    Comme la politique étrangère des USA est totalement sous le contrôle de certains lobbies, le Financier et le Militaro-Industriel entre autres, il a les mains liées...

    La situation s’est encore détériorée en Afghanistan
    Là, c’est le bourbier complet. Même l’Armée rouge s’y est cassée les dents, et pourtant les Russes n’étaient pas des enfants de cœur...
    En plus, comme les Talibans ont été formés, armés et mis en place par la CIA ils connaissent toutes les ficelles...
    Et c’est loin d’être fini, pour le plus grand bonheur du complexe militaro-industriel.
    Tant pis s’il y a des victimes collatérales, tant que le fric rentre dans les caisses des marchands d’armes, c’est pas grave.

    Pour résumer, malgré toute sa bonne volonté que je pense sincère, il ne peut pas faire grand chose, ce n’est pas lui qui tire les ficelles...

    S’il se montre un peu trop gênant, il risque fort de se retrouver « Kennedysé » avec un remplaçant plus coopératif, façon Lyndon Johnson... Et il le sait, alors il fait ce qu’il peut.

  • wouahab-
    wouahab-
    libre
    • Posté à 13h42 le 31/10/2010
    • Internaute 130219
      libre

    Le déclin de l’hyper-puissance états-unienne est passé du stade de l’hypothèse, voici à peine une décennie lorsque des « experts » osaient encore affirmer que le XXIe siècle serait un siècle américain, à celui de la certitude. La crise financière et économique qui s’est brutalement accélérée en 2008, n’est que l’un des indices de cette chute. Un autre, plus important sans doute, est l’enlisement stratégique sur tous les fronts ouverts par les États-Unis et leurs alliés, de la Palestine à l’Asie centrale sous prétexte de combattre le terrorisme. Certes, ils garderont encore longtemps de gigantesques bases ça et là dans les territoires occupés mais le repli est amorçé et, au milieu de populations de plus en plus hostiles, on voit mal à quoi peuvent servir des troupes emmurées dans leurs forteresse.

    Comme leurs prédécesseurs en croisades, ils partiront ou périront. Un baromètre fiable en la matière est l’état des opinions publiques. Et nulle part en Occident on trouve aujourd’hui une majorité de défenseurs de ces guerres coûteuses et sanglantes dont on perçoit chaque jour un peu moins le bien-fondé.

    Autre signe qui ne trompe pas : non seulement les États récalcitrants à l’hégémonie atlantiste (comme le Venezuela ou l’Iran) tiennent remarquablement le coup face aux manœuvres cherchant à les destabiliser, mais voilà que des alliés fiables comme la Turquie (membre de l’OTAN) et l’Égypte prennent des initiatives qui les éloignent de l’alliance « usraélienne » au Moyen-Orient et les rapprochent sensiblement de l’archi-ennemi iranien, au moment même où des sanctions internationales sont imposées à ce grand pays résistant.

    Certes, les États-Unis détiennent encore la préséance en matière d’armements de pointe et de haute technologie informatique. Mais leurs adversaires, sans prétendre les rattraper, s’équipent de façon à devenir plus difficiles à écraser. La Chine inquiète par le nombre impressionnants de sous-marins sortant de ses usines et par les missiles anti-navires —capables de couler les porte-avions—en préparation. La guerre asymétrique montre toute son efficacité en Irak et en Afghanistan : leçon retenue par l’Iran, seul pays de la région capable de placer des satellites en orbite. L’économiste Hevé Juvin dresse un bilan convaincant de cet inéluctable retournement dans son livre Le renversement du monde c.f. realpolitik.tv ).

    À propos de l’Iran : une guerre a failli être lancée contre la République islamique. Washington n’y a pas officiellement renoncé, mais un tel conflit serait extrêmement risqué dans les circonstances actuelles. Seuls les néo-conservateurs au pouvoir à Tel-Aviv et toujours très influents à Washington font pression dans ce sens. Mais en contrepartie, ils ne donnent rien. Les actuelles négociations sur le sort de la malheureuse Palestine n’avancent pas. Au contraire, la colonisation illégale se prépare à reprendre à tout moment. L’emprisonnement des Palestiniens dans leur propre patrie reste une réalité quotidienne de moins en moins justifiable, même chez le grand allié US.

    D’où l’interrogation : jusqu’à quand les USA sont-ils prêt à payer le prix exorbitant de leur soutien inconditionnel à Israël sans contrepartie réelle ? Question taboue pour qui connaît la capacité de nuisance du petit État gâté ! L’ONU vient de publier un rapport qui accuse nettement Israël de crimes lors de son attaque de la flotille de paix vers Gaza en juin dernier (c.f. altermedia.info). À la Maison Blanche on refuse tout commentaire : il ne faut gêner en rien les négociations israélo-palestiniennes... Obama n’a-t-il pas promis des avancées significatives d’ici la fin de cette année ? Oui, mais rien n’avance...

    Dans un tel contexte, le mouvement de personnel qui se produit en ce moment dans les couloirs de Washington, le départ simultané de trois éminents conseillers du président connu pour leur proximité affective avec Israël, peut signifier que quelque chose de très important se prépare. Un événement au moins aussi grave que le 11 septembre 2001...
    Pure spéculation ou pronostics avisés ? L’attente d’une réponse, en tout cas, est passionnante

    Même si nombreux sont ceux – malades, ce qui est fort compréhensible, de voir de puissants intérêts juifs creuser leurs tunnels de leurs dents voraces jusqu’aux plus hautes instances du pouvoir tant en Amérique que dans le monde entier – qui se réjouissent, n’en doutons pas un instant, de la nouvelle du départ annoncé de Rahm Emmanuel (qui quitte son poste de chef du personnel de la Maison Blanche), il y a sans doute de fortes raisons de prendre en considération ce développement de la dernière heure avec plus d’appréhension que de soulagement.

    Installé à son poste de chef de la Maison Blanche de Barak Obama immédiatement après que celui-ci fut élu, Emmanuel (qui est le fils d’un terroriste de l’Irgoun dont la seule participation à nos forces armées fut entièrement consacrée au service d’un pays étranger, Israël) est effectivement devenu les yeux et les oreilles d’une puissance étrangère hostile acharnée à détruire l’Amérique en l’impliquant dans une série de guerres dévastatrices et économiquement ruineuses. En tant que tel, son installation à un poste aussi sensible représente l’opération la plus efficiente de surveillance et de flicage d’un président américain en exercice de toute l’histoire, Emmanuel jouant en quelque sorte le rôle d’une éponge informationnelle suivant pas à pas le Président américain à chaque instant de sa vie éveillée. L’on peut être certain qu’avec lui à un tel poste, il n’y a pas eu un seul bâillement, une seule quinte de toux ni un seul éclaircissement de gorge présidentiels qui n’aient trouvé finalement leur chemin jusqu’au QG du Mossad à la fin de chaque journée. La dernière fois où Israël avait eu quelqu’un d’aussi « intimement » impliqué que Rahm Emmanuel dans la surveillance des moindres faits et gestes à l’intérieur du Bureau Ovale fut lorsqu’une gente demoiselle juive nommée Monica Lewinski jouait le rôle d’ « assistante personnelle » de William Jefferson Clinton…

    Aussi le simple fait qu’Israël puisse être enclin à passer par pertes et profits une source aussi inestimable de renseignement de première main qu’Emmanuel ne peut signifier autre chose que le fait que de grandioses plans sont sur le bureau et que, comme l’Amérique ne l’a que trop bien appris en raison de son demi-siècle de relations indiscutablement toxiques avec la Compagnie du Crime, aucun de ces grandioses plans ne saurait être de bon augure.

    Ce qui rend ce dernier développement particulièrement inquiétant, c’est le fait qu’Emmanuel n’est pas le seul VIP [Very Important Person] au sein des intérêts sionistes organisés à partir ainsi. Peu après l’annonce d’Emmanuel, le monde politique a été secoué d’entendre coup sur coup – littéralement à moins de deux jours d’intervalle – que deux collègues d’Emmanuel, à savoir David Axelrod (principal conseiller politique d’Obama) et Larry Summers (premier conseiller en matière économique) annoncer qu’ils quittaient eux aussi l’exécutif. Le fait que ces annonces soient intervenues à un tel rythme indique non seulement une coordination entre tous les acteurs concernés, mais aussi la forme de coordination la plus détestable qui soit, à savoir la collusion. Il faut aussi ajouter que tant Axelrod que Summers, bien que se trouvant assurément à des positions ne leur assurant certainement pas une « vue d’aigle » aussi avantageuse pour Israël que celle d’Emmanuel, étaient à des postes d’écoute importants vis-à-vis des travaux internes de la Maison Blanche d’Obama et que, partant, leur absence doit représenter, elle aussi, une grande perte pour l’État juif en termes de renseignement humain.

    À cela, il faut ajouter l’absence remarquée d’Israël dans le discours prononcé par Obama à l’Assemblée générale de l’Onu au cours de la troisième semaine de septembre – un événement sans précédent en tant que tel – ainsi que le message, envoyé à Obama, si fortement que même un sourd, dans un concert de Led Zeppelin, aurait pu l’entendre se faire reprocher que « Nous, peuple juif, nous vous tournons le dos, M. le Président, et nous nous en allons ».

    Sauf qu’étant donné le harcèlement qu’Obama a dû endurer ces deux dernières années en ce qui concerne Israël et ses partisans de tous poils en matière de colonies et de ses cris de guerre incessants contre l’Iran, il n’est pas douteux que le Président américain accueillerait avec satisfaction un tel développement promettant la grande paix intérieure qu’un tel abandon représente, ou plus exactement aurait représenté s’il s’était agi d’un événement de one-man-show dénué de répercussions.

    Toutefois, comme tous ceux qui ont étudié cette question ne le savent que trop bien, dès lors qu’il est question d’Israël, des intérêts juifs et de la politique du pouvoir, les « non-répercussions » sont inconnues au bataillon. S’agissant d’un peuple dont le leitmotiv est « n’oublie jamais » et qui insiste toujours pour avoir le dernier mot dans n’importe quel discussion, nous pouvons supposer que cette « rebuffade » et ce « traitement silencieux » en train d’être dirigé directement vers la présidence Obama valent déclaration de guerre. Enoncée dans un dialecte particulier du gangstérien visant à éviter la clarté là où la clarté représente une gêne, ce à quoi visent les parties intéressées dans cet exode, c’est cette forme de subtilité qui en dit des tonnes instantanément, comme une tête de cheval placée sous les couvertures du lit ou un poisson mort emballé dans un gilet pare-balles.

    Au mieux, cet « exode » à partir de la Maison Blanche d’Obama indique que les mêmes intérêts juifs qui voient en Obama « leur homme » sont en train de planifier d’ouvrir les portes du placard laissées jusqu’ici stratégiquement closes et d’ouvrir les vannes du flot bien préparé de squelettes embarrassants (voire potentiellement accusateurs) devant les yeux du monde entier, quelques semaines seulement avant les élections de mi-mandat au Congrès. De la même manière que Bill Clinton avait dû faire face à un tsunami de bruit médiatique embarrassant au sujet de sa gaudriole avec l’agent israélienne déjà citée Monica Lewinsky (un bruit médiatique conçu afin de le contraindre à céder aux exigences israéliennes), Obama risque lui aussi d’avoir à faire face à ses propres problèmes dès lors qu’Israël lui mettrait la pression afin de tenter de l’amener à dire « OK » au sujet d’une guerre contre l’Iran.

    Au pire, toutefois, et nous ne saurions écarter cette hypothèse ne serait-ce qu’une minute, étant donné la propension d’Israël à la violence sous toutes ses formes – réelles ou théoriques – ce que tout cela pourrait indiquer serait le fait que les mêmes intérêts juifs qui ont été responsables depuis un demi-siècle d’une myriade d’attentats attribués à d’autres, d’assassinats et d’actes de terrorisme contre les Etats-Unis pourraient être en train de planifier quelque chose d’encore plus dramatique. En tête de liste figurerait la démolition contrôlée de l’économie américaine en des temps où le pays des hommes libres et la patrie des hommes courageux respire à-peine et se trouve sous perfusion financière à la suite de l’effondrement financier de septembre 2008, une démolition dont les hommes bien placés dans le District of Columbia et à New York connaissent les détails, mais dont ils ne parlent jamais. Pire encore, toutefois, pourrait être le fait qu’un nouvel attentat terroriste contre l’Amérique, voire un assassinat présidentiel, risque d’être déjà dans les tuyaux.

    Les observateurs quelque peu curieux de ce film de gangsters contemporain mettant en scène Israël se souviendront que dans les derniers jours de la présidence de Bush, celui-ci avait été reçu très froidement lors d’une visite en Israël par des rabbins étroitement liés à des éléments ultraviolents de la droite israélienne, qui lui avaient soumis une liste d’exigences. Ces dix commandements d’un genre nouveau baptisés du nom hébreu de « Megillat Bush » avaient été rédigés sur un parchemin spécial conçu de manière à le faire apparaître écrit personnellement par quelque prophète tout feu et cendres tout droit sorti de l’Ancien Testament. Aussi typique du ton exigeant, menaçant, obséquieux et condescendant universellement connu pour être aussi intrinsèque à l’Etat juif que les pâtes et la sauce tomate le sont à la cuisine italienne, ce décret commençait ainsi :

    « A George Bush… venu à Jérusalem, capitale éternelle de notre pays, joie de la Terre entière…

    (…) Si vous désirez sincèrement la paix et si vous souhaitez être compté au nombre des authentiques Justes, nous vous exhortons à déclarer au monde entier ce qui suit :

    “ Moi, George Bush, je déclare que la Terre d’Israël a été promise à la nation d’Israël par le Créateur du monde, c’est Lui qui a donné cette terre à Son peuple, Israël, le peuple éternel. C’est pourquoi j’appelle toutes les nations à se sauver d’une perdition certaine et à reconnaître que cette terre est l’héritage légitime exclusif du peuple d’Israël. Quiconque nie cette vérité met en danger toute vie sur terre.”

    Cette proclamation, qui n’est pas sans évoquer d’identiques menaces de damnation et de destruction proférées par Moïse mettant la pression sur Pharaon il y a de cela pas mal d’années, continuait ainsi :

    “ Sinon, ce qu’à Dieu ne plaise, vous pouvez choisir la deuxième possibilité… c’est-à-dire contribuer de votre plein gré à votre destruction… Vous savez certainement ce que le Dieu d’Israël fit à l’Egypte et à tous les ennemis d’Israël, depuis des temps immémoriaux. Pensez-vous que vous pourrez échapperez à des guerres en cours en Iran, au Pakistan, en Arabie saoudite, en Syrie, en Egypte et au Liban simplement en sacrifiant les juifs qui sont quotidiennement massacrés par leurs ennemis ? Rappelez-vous notre aïeul Abraham, qui poursuivit les quatre plus grands souverains du monde afin de sauver son neveu de l’esclavage. Nous ne pouvons oublier les hauts-faits de nos patriarches, dont l’exemple nous guide génération après génération…

    ... Il faut que vous compreniez bien ceci : Dieu a stipulé que le rôle de toutes les nations du monde consiste à renforcer la nation d’Israël. Par conséquent, il vous incombe de déclarer : ‘ Moi, George Bush, commandant en chef des armées des Etats-Unis d’Amérique, je donne l’ordre à toutes mes armées de protéger les droits divins de la nation d’Israël, et d’en écarter toute menace ’. Vous avez le choix : soit vous méritez la vie éternelle, soit vous êtes marqué pour la disgrâce éternelle. Votre destin et celui de tous ceux qui sont avec vous est lié au destin de notre terre…”

    Quelques mois seulement après que cette liste d’exigences eut été remise à Bush, à la mi-septembre 2008, en seulement deux heures quelque 550 milliards de dollars s’évaporaient des marchés monétaires américains. D’après une déposition faite par le Secrétaire de la Réserve Fédérale Ben Bernanke et le secrétaire du Trésor d’alors Paulson devant le Congrès, n’eussent les Etats-Unis pris l’initiative de fermer les marchés monétaires, ils auraient été totalement ruinés à deux heures de l’après-midi du même jour.

    Qu’il se soit agi d’une attaque financière coordonnée contre l’économie américaine (dont le résultat planifié était vraisemblablement d’en rejeter entièrement la responsabilité sur les terroristes islamiques – l’Iran, à n’en pas douter – afin de “justifier’ des agressions militaires contre ces pays) ne relève en rien d’une quelconque théorie du complot échevelée et spéculative. Une répétition de cet événement reste une possibilité logistique, étant donné la prédominance de l’influence sioniste au sein du secteur économique américain, n’est en rien une pure hypothèse théorique.

    Toutefois, dans la traînée de scandales financiers impliquant des gens tels que Bernie Madoff, Lloyd Blankfein et les autres membres du gang, à laquelle s’ajoutent les nombreux sondages d’opinion montrant que le spectre ancestral associant les juifs à la rapacité et à l’argent émerge puis plonge alternativement à l’instar d’un cadavre dont on se serait débarrassé en hâte en le balançant dans les eaux de la pensée américaine. Ce que cela indique, c’est que les intérêts sionistes n’ont peut-être pas besoin, en réalité, d’ ‘ y aller ’.

    Il est par conséquent plus plausible que les mêmes intérêts juifs salivant sur une nouvelle guerre au Moyen-Orient impliquant l’Iran risquent de recourir à des mesures plus désespérées en obtenant que la grosse boule de la roulette continue à tourner, quelque chose plus dans la ligne de ce qui était arrivé, à Dallas, en 1963, au président américain d’alors, JF Kennedy.

    Qu’il y ait eu des ruminations allant dans ce sens est hors de doute. Des informations consensuelles émanant d’Israël, des Etats-Unis et d’Europe véhiculent le relent non équivoque de menaces contre la vie du Président en raison de sa prise de position vis-à-vis de la question des colonies israéliennes et de sa réticence à élargir l’implication américaine dans une guerre d’ores et déjà désastreuse dans la région [du Moyen-Orient]. En Israël, des protestations puissantes et coléreuses, parfois devant la résidence de Netanyahu, ont lieu, des foules brûlant des effigies d’Obama, qu’elles qualifient de ‘ Pharaon noir ’. D’autres récits, citant des ministres israéliens de haut rang, font référence à Obama en tant que ‘ descendant d’esclaves ’ qui ne sait pas se tenir à sa place et mérite une bonne correction. Il ne se passe guère de semaine où Netanyahu ne prédise un futur apocalyptique au cas où l’Amérique ne s’affairerait pas incontinent à envoyer des GIs sur le terrain.

    La question qui est posée est de savoir si Israël irait jusqu’à assassiner un président américain à seule fin de gagner certains avantages politiques ? D’après l’ex-agent du Mossad Victor Ostrovsky, la réponse à une telle question est connue d’avance, car, comme il l’explique dans son ouvrage ‘ The Other Side of Deception ’ (L’autre face de la tromperie), Israël avait planifié d’assassiner le Président George H.W. Bush lors de la conférence de paix de Madrid, en octobre 1991, afin de pouvoir faire retomber la responsabilité de son assassinat sur des ‘ extrémistes arabes ’.

    ‘ Dès lors que le Mossad avait en main toutes les dispositions en matière de sécurité, amener les assassins aussi près qu’ils le désiraient du Président Bush, puis mettre en scène l’assassinat de ce dernier aurait été pour lui du gâteau ; les Israéliens auraient engrangé une victoire de plus, voilà tout. Grâce à la complicité des assassins, il aurait été difficile de découvrir où la ’faille sécuritaire’ aurait bien pu se trouver, d’autant que plusieurs pays impliqués dans cette conférence, comme (au hasard…) la Syrie, étaient considérés comme des pays apportant leur assistance aux terroristes ’.

    D’autres indices de la manière dont une telle opération aurait pu être ourdie sont donnés pour partie dans un article paru dans le New York Times sous le titre ‘ President Apostate ’, sous la plume de l’ultra-sioniste patenté Edward Lutwak, dont voici un extrait :

    ‘ En tant que fils de son père musulman, le Sénateur Obama est né musulman d’après la loi musulmane telle qu’on la comprend dans le monde entier. Le fait que, comme le Sénateur Obama a pu l’écrire, son père ait dit qu’il avait renoncé à sa religion, n’y change rien. De la même manière, selon la loi musulmane fondée sur le Coran, l’éducation chrétienne de sa mère n’a aucune importance. Bien entendu, comme la plupart des Américains le pensent, le Sénateur Obama n’est pas musulman ; il a choisi de devenir chrétien et il a, de fait, écrit de manière convaincante une explication de la manière dont il en est venu à faire ce choix et à quel point sa foi chrétienne est importante pour lui. Sa conversion, toutefois, était un crime, aux yeux des musulmans ; il s’agit d’un ’irtidâd ou de riddah, un terme arabe signifiant apostasie ’, mais avec certaines connotations de rébellion et de trahison. De fait, c’est le pire de tous les crimes qu’un musulman puisse commettre ; l’apostasie est considérée pire qu’un crime.

    À de rares exceptions près, les juristes de toutes les écoles musulmanes tant sunnites que chiites prescrivent l’exécution de tous les adultes qui abandonnent la foi (musulmane) sans y être contraints par la torture ; le châtiment recommandé est la décapitation effectuée par un clerc religieux. Etant donné qu’aucun gouvernement n’est prêt à autoriser la persécution du Président Obama, une autre prescription de la loi musulmane est sans doute plus pertinente : elle interdit que soit châtié un musulman ayant tué un apostat et elle prohibe, de fait, toute interférence avec tout assassinat de cette nature. A tout le moins, cela risquerait de compliquer les disposition sécuritaires lors de visites d’Etat du Président Obama dans des pays musulmans, car le simple fait pour les gardes de sécurité musulmans [d’assurer la sécurité de cet apostat] pourrait être considéré comme peccamineux ”.

    Autrement dit, l’idée qu’Israël est en train de communiquer à El Presidente est celle-ci : s’il sort du rang, il sera assassiné et son assassinat sera mis sur le dos d’un “ extrémiste musulman ” en colère conter l’ “ apostasie ” d’Obama.

    Histoire de faire comprendre à Obama qu’Israël parle sérieusement et qu’il n’est que trop capable de franchir tous les barrages de sécurité et toutes les mesures défensives mises sur pied afin d’assurer la protection de l’homme le plus puissant du monde en amenant quelqu’un dans la proximité immédiate tant de sa personne que des membres de sa famille, le 24 novembre 2009, dans un événement qui fit les gros titres des journaux et occupa la nation des semaines durant, Tareq Salahi (présenté comme un Palestinien né en Israël) s’est introduit dans un dîner officiel organisé à la Maison Blanche en l’honneur du Premier ministre indien et s’est suffisamment approché du Président pour pouvoir être pris en photo à son côté, les photos étant affichées par la suite sur Facebook. A cette fin, Salahi avait dû franchir deux checkpoints de sécurité des services secrets, dont tous les deux auraient dû vérifier que son nom figurait bien sur la liste des invités (ce que ni l’un ni l’autre ne fit) et lui demander une photo d’identité. La brèche sécuritaire était tellement grave qu’elle entraîna des enquêtes criminelles tant du Congrès que du parquet, qui impliquèrent tous les services fédéraux chargés d’assurer la protection personnelle du Président.

    Qu’il puisse ou non être démontré qu’il s’agissait là d’une opération ourdie par Israël, le fait est que les médias consensuels américains détenus et/ou gérés par les juifs en tirèrent un profit maximal en faisant passer à Obama le message selon lequel “ personne n’est intouchable, M. le Président !” Les similarités impossibles à ne pas déceler entre cet événement et l’assassinat de Robert F. Kennedy par le Palestinien né en Israël Sirhan Sirhan, le 5 juin 1968 en relation avec la situation politique au Moyen-Orient furent aussi subtiles que cette tête de cheval dissimulée sous les couvertures du lit, dans le film Le Parrain.

    Toute la dramaturgie de l’exode du pouvoir juif de la Maison Blanche sous Obama rappelle point pour point ces informations infâmantes parues immédiatement après les attentats du 11 septembre (2001) où l’on apprenait que très peu d’Israéliens figuraient parmi les morts ce jour-là. Dans le cas du 11 septembre, le monde a découvert après coup que les Israéliens avaient été avertis de se tenir à l’écart via le centre du système de messagerie instantanée Odigo sis en Israël, alors que, dans le cas présent, le monde découvre la vérité avant la date de l’événement planifié. Israël et ses partisans ne veulent manifestement pas que leurs hommes de main soient “ là-bas ” au moment où une quelconque bombe à retardement explosera.

    S’il est une chose dont on puisse être sûr, c’est que pour des individus de l’acabit des Emmanuel, Axelrod et autre Summers, quitter des postes aussi prestigieux et importants non seulement pour eux, personnellement, mais aussi pour la continuation du bien-être de leur home sweet home Israël est comparable à quelqu’un qui s’éloignerait d’un sac de fric qu’il aurait trouvé par hasard, de six pieds de haut et six de large, en renonçant, ce faisant, à tout le pouvoir, aux privilèges et au prestige qu’une telle trouvaille laisse présager. En sus de la perte personnelle, il faut prendre en considération aussi le “ poids de l’histoire ”. En ce moment-même, Israël a besoin d’autant d’yeux et d’oreilles que possible à la Maison Blanche, car il en va de sa propre survie. Avec des modèles bibliques tels que ceux de Joseph et d’Esther, qui se rongèrent leur galerie jusqu’aux plus hautes places du pouvoir à leur époque respective et dans leur pays respectif, le fait que trois rats de taille XXL quittent le navire de l’État américain en ce moment particulièrement critique de l’histoire ne peut signifier qu’une seule chose, à savoir qu’à travers certains moyens extraordinaires, ils savent qu’une torpille est en train de foncer sur le navire et que celui-ci ne va pas tarder à couler.

  • Toyboy
    Toyboy
    etudiant
    • Posté à 14h00 le 31/10/2010
    • Internaute 131446
      etudiant

    Il a les mots, mais ne semble pas avoir les épaules assez solides pour être président. Manque de diplomatie, d’actes concrets plutôt qu’emblématiques. Manque de magouilles électorales peut-être aussi ? Obama est-il trop sage ?

  • Jadore
    Jadore
    verseau
    • Posté à 14h05 le 31/10/2010
    • Internaute 127928
      verseau

    Charlotte Lepri, l’auteur, est-elle membre de L’Institut de recherche et d’informations socioéconomique, ou de l’Institut de relations internationales et stratégiques ?

    En matière de discours la Rue 89 doit savoir qu’il est extrêmement important de savoir d’où untel/untelle parle, pour mieux prendre de la distance et comprendre ses arguments.

    Ce problème de l’explicitation claire des sources est récurrent à Rue 89.
    Celà confine à la désinformation.

  • aszdefrg-
    aszdefrg-
    ubuesque
    • Posté à 14h59 le 31/10/2010
    • Internaute 129567
      ubuesque

    Ah et dire qu’à son élection ceux qui disaient que le « messie » allait retomber comme un vulgaire soufflé se faisaient traiter de racistes...

    Le bilan d’Obama n’est pas glorieux, ne nous voilons pas la face (toujours plus de troupes en Afghanistan, silence total dans le processus de paix au Proche-Orient, Guantanamo toujours ouvert, foreclosure gate, nombre astronomique de démissions dans le gouvernement dont des très proches d’Obama, pays encore plus clivé qu’avant et où les actions se radicalisent, états en faillite comme la Californie ou le Nevada, etc.). Mais bon, c’est encore du racisme probablement, hein ?

     ; -)

  • Brainycrow
    Brainycrow
    Dubitatif radical
    • Posté à 15h09 le 31/10/2010
    • Internaute 79627
      Dubitatif radical

    Barack Obama reconnaît des erreurs tactiques et un manque de pédagogie et de communication.
    Tiens ! Ça me rappelle quelqu’un !
    Mais Bon ! Dans un pays où la politique se résume depuis toujours à un duel entre bonnet-blanc et blanc-bonnet (aucun jeu de mot intentionnel) coiffant tous deux une économie de marché impitoyable, qu’attendre de plus que les nuances d’un schéma tactique ? Sinon, qu’on m’explique en quoi virer une administration impopulaire pour remettre à sa place une administration impopulaire qu’on a bouté quelques mois auparavant fera avancer le schmilblik économique et social.
    Et malheureusement, c’est le genre de pratique politique que nos deux « partis majoritaires » nous proposent à peu de choses près en agitant la marionnette du loup-garou frontiste. On n’est pas sorti de l’auberge !

  • AttentionAuvergnate
    AttentionAuvergnate
    Étudiante droits-de-l'hommiste
    • Posté à 15h46 le 31/10/2010
    • Internaute 129939
      Étudiante droits-de-l'hommiste

    Pour moi, Barack Obama a été surtout incompris. Même s’il n’a pas tenu toutes ses promesses, il a des idées, disons, différentes de celles, un peu plus « traditionnelles », de l’Américain moyen. Ce qui ne l’aide pas, évidemment, niveau popularité. Par exemple, ce n’est apparemment pas un grand fan des déréglementations, alors que le libéralisme à outrance fait pour ainsi dire partie de la culture américaine. Remarquez bien aussi que le seul fait de ne pas avoir de dent contre les musulmans suffit, pour certains bas de plafond, à en faire automatiquement un musulman.
    Enfin, dernier « défaut » : il est noir, ou plus exactement métis. Il reste encore là-bas des racistes bien ségrégationnistes et nostalgiques du temps où les Afro-Américains n’avaient aucun droit civique, étaient contraints de s’asseoir à l’arrière des autobus, et risquaient sans cesse le lynchage (cf « Strange Fruit », chanté par Billie Holiday). Celui qui, il y a cinquante ans (et encore) aurait été taxé de « nigger » (je prends carrément la version originale), est président aujourd’hui, alors ça doit les rendre furax.
    Et puis, quelle idée, aussi, d’en faire le messie (alors qu’il n’a même pas demandé que l’on fasse un tel foin autour de lui) qui allait résoudre tous les problèmes aux États-Unis. Forcément, après ça, les gens ont été déçus, à trop en attendre...

  • sevyniloc
    sevyniloc
    retraité de la fonction publique (...)
    • Posté à 16h16 le 31/10/2010
    • Internaute 27806
      retraité de la fonction publique (...)

    Il est normal qu’OBAMA perde des électeurs car les USA n’ont plus rien à offrir au monde. Berceau de la mondialisation économique et surtout financière, les USA sont victimes de leurs errements et entraînent beaucoup de pays dans leur sillage négatif. Aujourd’hui, chacun peut constater que les seuls pays qui résistent à cette mauvaise mondialisation sont les pays qui mènent une politique très nationale en matière économique : Chine, Indes, Allemagne, Brésil, Russie sont autant d’exemples de l’echec de cette organisation. Les USA eux-mêmes agissent pour leurs seuls intérêts.
    Il faut espérer que personne ne confondra la défense des intérêts économiques nationaux avec le nationalisme et qu’il n’y aura plus de nouvelles crises financières mondiales car nul de pourra alors plus rien maîtriser. Ce cocktail est très explosif et instable, regardez la crise de 1929.
    Le défaut d’Obama, c’est que les américains n’ont aucune culture politique réelle et qu’une trop grande partie d’entre eux réfléchit à court terme. Il sera donc probablement victime de la pauvreté culturelle des américains et de la capacité des trusts et lobbyes à surfer au jour le jour sur la crédulité des américains.
    Obama est trop sérieux pour eux. Mieux valaient Clinton et ses cigares, Bush et ses guerres. Dommage, sans doute, car il méritait mieux. Celà dit, il peut rester président et agir même avec une majorité républicaine.

  • Caniveau89
    • Posté à 16h47 le 31/10/2010
    • Internaute 26147

    Obama, acclamé par les bobos français comme un sauveur, est face à ses propres limites : les bonnes intentions et le pouvoir ne font pas bon ménage !

  • Gorn
    Gorn
    Geek farceur
    • Posté à 17h57 le 31/10/2010
    • Internaute 92890
      Geek farceur

    des son election je me disais que les gens attendaient trop de lui. car une fois l’election passé, les réalités sont là, principalement 2 guerres sur les bras et l’une des pires crises économiques de l’histoire.

    C’est clair qu’il ne peut pas y avoir de miracle et c’est sur la durée qu’on pourra juger surtout qu’il y a de nombreux contre pouvoirs aux USA et qu’il n’est pas maitre de toutes les décisions.

    Un point qui va être aussi difficile a avaler pour les américains c’est aussi le fait que la période de l’hyper puissance qui pouvait tout est révolue. Par rapport à leur état d’esprit c’est difficile à accepter.

  • DANJOU
    DANJOU
    La france inquiète
    • Posté à 18h57 le 31/10/2010
    • Internaute 32845
      La france inquiète

    Obama, incompris où impuissant ? sûrement un peu des deux à la fois !
    Mais dans les conditions dans lesquelles il exerce son mandat, qui ne le serait pas ?
    Le Président des états unis est broyé, laminé par une campagne de haine avec un degré de violence jamais atteint dans ce pays contre un démocrate au pouvoir !
    La montée du chomage, la stagnation de l’économie et la réforme de santé impopulaire (selon les médias) dont vont bénéficier 30 millions d’américains éloignés des soins médicaux indispensables, n’expliquent pas à elles seules toutes les tentatives de déstabilisation émanant la fois du parti républicain que cette réforme de santé incommode, mais surtout de la part de puissants lobbyes politiques et militaires, dont il est chaque jour, l’objet !
    Des médias haineux, à l’image de la chaine de télé Fox-News, ainsi que de nombreux quotidiens, à mon avis, commandités par les lobbyes de l’argent, des armes, du pouvoir, bref, les lobbyes de la guerre, toutes croisades confondues lui livre un combat sans merci !
    Il semble qu’en matière de politique étrangère, on lui fasse chèrement payer sa « rupture » avec la politique guerrière et destructrice de Georges BUSH Junior !
    La question est jusqu’à quand tiendra-t-il ?

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 19h08 le 31/10/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Certains américains en veulent beaucoup à Obama d’avoir remplacé le buste de Churchill qui trônait dans le bureau ovale, par une statue d’Abramam Lincoln.

    Les Européens ne comprennent plus qu’ils ne sont plus le centre du monde, et que sur le plan géo-politique, les pays d’Asie (Chine et Inde) et du pacifique leur ont piqué la place.

    Rapporté à une équipe de Hand-Ball, on pourrait comparer les Présidents de (U.E) l’Europe à des joueurs qui se font des passes, mais dont aucun ne cherche à faire un panier...donc marquer des points.
    Obama a donc décidé de chercher de vrais responsables et de vrais participants à l’économie mondiale ailleurs que chez nous....et il n’a peut-être pas tort !

    ...d’autant que loin d’être con, il voit bien disparaître la Démocratie digne de ce nom au sein de la vieille €urope...
    ...désormais prise en main par une kirielle d’abrutis !

    • thyers
      thyers répond à Yvon le Zébulon
      medecin
      • Posté à 19h26 le 31/10/2010
      • Internaute 75926
        medecin

      Obama est assez inculte pour ne pas savoir qui fut Churchill,mais il a entendu parler d’Abraham Lincoln ! Tout simplement .

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